L’homme peuplé – Franck Bouysse

L'homme peuplé

J’ouvre toujours un roman de Franck Bouysse avec une certaine fébrilité, j’aime tellement son univers et sa plume.

Glaise et  Buveurs de vent ont été des coups de coeur. Né d’aucune femme a été un coup de foudre, ma lecture la plus marquante de 2019. Il suffit que j’y pense un court instant et les émotions déferlent. Trois joyaux d’une sensibilité exceptionnelle.

Alors cette fois, la magie va-t-elle opérer une fois de plus pour L’homme peuplé ?

J’ai beaucoup de mal à vous parler de cette lecture, je me sens tiraillée et très confuse dans mon ressenti.

Nous sommes au coeur de l’hiver dans un petit village inhospitalier, replié sur lui-même, le temps semble s’être arrêté et le passé s’entremêle au présent. Le froid glacial a figé la campagne, le brouillard et la neige recouvrent tout.

Harry, un écrivain en panne d’écriture, achète une vieille ferme complètement isolée et perdue. Au calme, loin de toutes distractions, l’endroit idéal pour retrouver l’inspiration et renouer avec la création littéraire. Le succès de son premier roman est un poids qui le bloque et son éditeur attend son deuxième roman depuis des mois.

Caleb, un guérisseur, sourcier, sorcier sur les bords, un taiseux qui n’aime pas les hommes et ne soigne que les animaux. Il vit reclus dans sa ferme avec son chien et ses fantômes. Sa mère l’a mis en garde et n’a cessé de lui répéter qu’il était différent avec son don. Quel est ce lourd secret de famille qu’il porte ?

Deux fermes voisines en pleine nature et deux personnages que tout oppose.

Harry s’installe petit à petit dans sa vieille bicoque. Il explore les environs, tente d’apercevoir son voisin mais ce sont des aboiements de chien qui résonnent. La solitude pèse-t-elle sur lui, au point d’engendrer un certain malaise ?

Les chapitres alternent entre Caleb et Harry, on passe de l’un à l’autre, mais le manque de dialogues et l’introspection des personnages installe une certaine monotonie dans l’histoire.

Franck Bouysse nous offre un roman froid et très cérébral, il s’interroge sur le processus de création et d’écriture entre doutes, retenues et remises en question. Sa plume s’est affinée devenant de plus en plus belle et poétique.

Un roman d’atmosphère peuplé de fantômes, de superstitions, de non-dits et de secrets de famille. Un récit sombre et glacial, sans réelle histoire ni intrigue. Il m’a manqué le souffle, la passion et les émotions. A aucun moment je n’ai vibré ou alors très brièvement -pour le chien et le renard-, je n’ai pas été emportée, transportée, je n’ai ressenti aucune empathie pour les personnages. C’est la froideur qui a dominé ma lecture, l’impression d’être restée à distance entrain d’observer.

Au final, mis à part la sublime plume et l’écriture, ai-je aimé L’homme peuplé ? Je vais vous donner une réponse de normand : je l’ai aimé sans vraiment l’aimer. Et je préfère de loin ses trois derniers romans. 

Je remercie chaleureusement les éditions Albin Michel pour leur confiance.

Quatrième de couverture

Harry, romancier à la recherche d’un nouveau souffle, achète sur un coup de tête une ferme a l’écart d’un village perdu. C’est l’hiver. La neige et le silence recouvrent tout. Les conditions semblent idéales pour se remettre au travail. Mais Harry se sent vite épié, en proie à un malaise grandissant devant les événements étranges qui se produisent.  Serait-ce lie a son énigmatique voisin, Caleb, guérisseur et sourcier ? Quel secret cache les habitants du village ? Quelle blessure porte la discrète Sofia qui tient l’épicerie ? Quel terrible poids fait peser la mère de Caleb sur son fils ? Entre sourcier et sorcier, il n’y a qu’une infime différence.

Editeur : Albin Michel, 320 pages, date sortie : 17 août 2022

10 commentaires sur « L’homme peuplé – Franck Bouysse »

    1. J’ai toujours promis la transparence dans mes chroniques, et oui plusieurs blogueurs partagent ce ressenti « mitigé ». Rien à voir en intensité et émotions avec ses trois derniers romans. A toi de te faire ton propre avis 😉

      J’aime

  1. J’aime bien la réponse de Normand, c’est peut-être cette origine géographique qui explique mes nombreuses oscillations 😉 je n’ai jamais lu Franck Bouysse et même si sa renommée poétique m’intrigue, je ne suis pas tentée par le rural noir français, ce n’est pas trop mon truc… peut-être faudrait-il que j’essaie celui-ci, même si tu dis qu’il est plus froid.

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