Inexorable – Claire Favan

Inexorable – Claire Favan

Claire Favan délaisse le monde du thriller pur pour nous offrir un roman noir bouleversant, un récit qui sort de ses tripes, une mise à nu très inspirée de son vécu.
Je ne parlerais pas de virage à 180°, ce roman très personnel surprendra certains lecteurs, oui et alors ? l’auteure nous a prévenu plusieurs fois.
Je dis bravo et merci Claire Favan d’avoir osé un roman qui sort du moule, un roman différent pour parler de la différence.
Un roman noir puissant, porteur d’un message fort, avec une intrigue sur des meurtres de femmes en toile de fond laissant la part belle aux personnages et aux émotions.

Inexorable est préfacé par Gabriel Favan, le fils de Claire, il nous parle de la différence et du harcèlement scolaire « Pour moi, la différence, c’est lorsque même quand je n’avais rien fait, c’est toujours moi qu’on punissait. Et plus ils agissaient ainsi et plus je perdais le contrôle, et plus je leur donnais raison de le faire. »

Il m’est bien difficile de vous parler de cette histoire sans vous en dire trop, juste quelques mots, je préfère vous laisser découvrir l’intrigue. Milo, un môme de quatre ans vit tranquillement avec sa mère et son père Victor, souvent absent pour raisons professionnelles. Il adore son père, il l’a même déifié. Une nuit la police débarque pour arrêter Victor, une arrestation musclée et violente. Cela se passe avec sous les yeux de Milo, un choc, un traumatisme pour lui, il ne s’en remettra pas. Il choisira la violence, la rage et la colère pour exprimer son mal être. Ainsi débute sa lente descente aux enfers.

Inexorable aborde beaucoup de thèmes. Celui de l’enfance abimée et la société qui stigmatise, étiquette, enferme les enfants différents dans des cases. L’école harcèle ces mômes devenus des moutons noirs, des boucs émissaires quoi qu’ils fassent. Le système les broie et l’engrenage se referme vite, tellement vite qu’il devient quasi impossible d’en sortir.

Ineroxable, le combat  d’une mère qui lutte sans relâche pour soutenir et protéger son enfant contre les préjugés, seule contre toutes les instances de la société. Les  difficultés s’accumulent, les doutes et les questions l’assaillent au quotidien, la solitude est si lourde dans ce combat… peu importe, cette mère désespérée ne lâche rien, elle ira jusqu’où point de non retour.

Inexorable, une intrigue prenante qui pose beaucoup de questions, soulève une réflexion intéressante et suscite certaines prises de conscience. Claire Favan nous parle avec beaucoup d’intelligence, de finesse et subtilité sans donner l’impression d’être une donneuse de leçon. Les émotions sont palpables à chaque page, c’est poignant, émouvant et d’une incroyable justesse.

Inexorable, le cri d’amour inconditionnel d’une mère pour son fils a touché mon coeur en plein centre. Je ne suis pourtant pas mère, mais l’immense talent de Claire Favan a suffi à ouvrir la porte.

Je remercie chaleureusement les éditions La Bête Noire pour leur confiance.  Mention spéciale pour la très belle couverture.

4ème Couverture

Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.
Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.
Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.
Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.
Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…
Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.

Editeur: Robert Laffont (coll. La Bête Noire), 384 pages, date sortie: 11 octobre 2018

Dragon noir – Frédérick Rapilly

Dragon noir – Frédérick Rapilly

Après l’excellent Le chant des âmes et sa suite Le chant du diable (hélas je n’ai pas pu le lire, le roman n’était plus disponible à l’époque), Frédérick Rapilly s’est fait attendre, il est enfin de retour avec son nouveau thriller.

Une call girl, Marina, se rend à un rendez vous dans un appartement chic à Paris. Grosse surprise en arrivant, son client est mort, une caméra semble avoir filmé le crime. L’assassin est toujours sur place, il essaie de la tuer. Mais c’est elle qui l’abat en prenant la fuite.

Ainsi commence ce thriller électrique branché sur du 20 000 volt. Prévoyez cinq heures devant vous avant de vous y plonger,  le rythme infernal vous empêchera de décrocher de votre lecture un instant.

Une extraordinaire course poursuite menée tambour battant sans aucun temps mort. Marina se retrouve pourchassée par des tueurs sans pitié, les vori v zakone, une puissante mafia russe implantée en France. Terrifiant quand on apprend que certains faits politiques sont vrais. Une belle héroïne bien mystérieuse qui me fait penser à Nikita, amnésique depuis deux ans, elle ne sait même pas qui elle est vraiment. Une call girl ? Mais pourquoi possède-t-elle de si bons réflexes de survie, des aptitudes au combat et au maniements des armes ?  Et d’où lui vient cet immense dragon noir tatoué dans son dos ?

L’auteur possède un don particulier pour enchaîner les rebondissements, c’est en apnée qu’on lit ce suspense haletant. Les pages se tournent toutes seules, nous sommes entrainés aux côtés de Marina dans sa course effrénée pour sauver sa peau, les morts s’accumulent autour d’elle, le lecteur se demande si elle va échapper aux tueurs et retrouver la mémoire.

Le style est très visuel, quasi cinématographique, je vois déjà l’adaptation cinéma. Quel super film ça donnerait, on se rapprocherait de Taken, vous voyez ce héros qui court sans arrêt du début à la fin du film ?

Plaisir garanti pour les amateurs du genre !

Je remercie chaleureusement les éditions Critic pour leur confiance.

4ème Couverture

Ce soir-là, à Paris, Marina n’aurait jamais dû accepter ce rendez-vous. Lorsque la call-girl débarque chez son client, elle découvre un cadavre ; l’homme a été torturé puis exécuté, son supplice diffusé sur Internet.Maintenant, elle fuit pour sauver sa vie, traquée par des hommes déterminés appartenant à une organisation aux moyens sans limites et aux ramifications planétaires. Mais Marina est-elle bien la jeune femme qu’elle prétend être ?
Comment a-t-elle perdu la mémoire deux ans plus tôt ? Quel est ce terrifiant secret qui la ramène sans cesse en Russie ? Qui est ce tueur qui signe chacun de ses meurtres d’un triangle sur l’aine de ses victimes ? Et pourquoi ce dragon noir la hante-t-elle ? Et si, pour une fois, la proie se retournait contre ceux qui la chassent ?

Editeur: Critic, 420 pages, date sortie: 4 octobre 2018

Enfermé.e – Jacques Saussey

Enfermé.e – Jacques Saussey

ENFERME.E est un roman à part dans le parcours de Jacques Saussey, un roman très personnel, un roman noir qui brise un sujet encore tabou aujourd’hui.

ENFERME.E est un long cri d’amour.
Une claque magistrale.
Un coup de poing d’une violence inouïe.

A travers l’histoire de Virginie, sa vie de transexuelle, sa quête d’identité et sa terrible vengeance, ce récit nous plonge dans l’horreur des violences faites aux femmes, dans l’enfer des prisons, la prostitution, l’éducation et la religion, le rejet de la différence et l’homophobie.

Jacques Saussey a une plume magnifique, elle va à l’essentiel et nous fait ressentir les émotions puissance mille. Chaque mot est à sa place, même le plus dur, aucune surenchère gratuite, aucun pathos. Tout sonne juste dans cette histoire bouleversante ancrée dans une triste réalité.

Un concentré d’émotions. Plus d’une fois, une boule s’est formée dans ma gorge, mon coeur s’est serré, mes tripes se sont retournées et mes larmes ont coulé. J’ai pleuré pour Virginie, pour toutes les Virginie du monde.

ENFERME.E, une lecture sombre, brutale, sublime, percutante, poignante, dérangeante, déstabilisante.
Une lecture pleine de sensibilité, d’amour et d’espoir.  Au plus profond des ténèbres, la lumière peut jaillir.

A lire de toute urgence. Lisez-le ! Lisez-le ! LISEZ-LE !

Un tout grand merci à Jacques Saussey d’avoir osé prendre des risques pour donner la parole à Virginie. Un coup au coeur indescriptible qui me touche dans le tréfonds de mon être.

La page « Repères » en fin d’ouvrage (les dates, les chiffres, classifications des maladies mentales) me donne envie de hurler de rage et la page « Note de l’auteur » me donne envie de serrer l’auteur dans mes bras.

Une mention toute spéciale pour la couverture en relief, elle est juste sublime.

Je remercie chaleureusement les éditions French Pulp pour leur confiance. Je les remercie d’avoir publié ce roman osé et engagé.

4ème Couverture

« Si je ne peux pas être qui je suis, je préfère être morte plutôt qu’être emprisonnée dans un corps qui n’est pas le mien »

Les premiers papillons ont éclos derrière ses paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l’océan, jaunes et violets contre le ciel d’azur. Elle était allongée au soleil, l’herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd’hui, l’astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l’odeur était celle d’une marée putride qui se retire. Les papillons s’éloignaient de plus en plus haut, de plus en plus loin. Et l’air lui manquait. Lui manquait…
Elle a ouvert la bouche pour respirer un grand coup, comme un noyé qui revient d’un seul coup à la surface.
Les papillons ont disparu, brusquement effrayés par un rugissement issu du fond des âges…

Editeur: French Pulp (coll. Roman noir), 383 pages, date sortie: 11 octobre 2018

Honky Tonk Samouraïs – Joe R. Lansdale

Honky Tonk Samouraïs – Joe R. Lansdale

Mea culpa, je n’avais jamais lu Joe R. Lansdale, personne n’est parfait, hein !
Je le découvre avec le neuvième tome de sa série Hap et Leonard et j’avoue avoir passé un très bon moment en compagnie de ces deux détectives texans, mes zygomatiques se sont déliés plus d’une fois.

Nos deux loustics marginaux terminent un boulot pépère de surveillance, ils aperçoivent un gros con maltraitant son chien, ils le bastonent méchamment pour lui donner une leçon. Une mémé filme la scène, le lendemain, elle se pointe dans leur agence en leur faisant du chantage « soit ils retrouvent sa petite fille disparue depuis cinq ans, soit elle envoie la vidéo à la police ».

Et voilà les ennuis qui commencent, ils se retrouvent embringués dans une aventure plus que rocambolesque. Ils croiseront des personnages haut en couleur, loufoques, des prostituées, un tueur vraiment spécial « l’Annulateur », un gang de motards, des méchants très méchants. Ca castagne dur, les coups de feu pleuvent de tous côtés, ça saigne beaucoup, Hap et Leonard vont sérieusement morfler pour avancer dans leur enquête.

Les deux compères sont dingues, frappadingues, leur duo atypique fonctionne à merveille. Ils sont tordants, déconnent sans arrêt, possèdent un humour ravageur, ça fuse et ça envoie des gros mots, des répliques drôles et des blagues hilarantes à la vitesse de l’éclair.

C’est noir, violent, déjanté, cru, plein d’ironie, de cynisme, on rit vraiment beaucoup.
Honky Tonk Samouraïs me fait penser à Cassandra de Todd Robinson, une de mes premières chroniques sur le blog, même ambiance, même humour.

Un super divertissement que je vous recommande vivement.

Je remercie chaleureusement les éditions Denoël pour leur confiance.

4ème Couverture

Hap, ancien activiste hippie et rebelle plouc autoproclamé, et Leonard, vétéran du Vietnam dur à cuire, noir, gay, républicain et addict au Dr Pepper, sont sur un banal contrat de surveillance dans l’est du Texas. Alors que la planque sans intérêt touche à sa fin, ils aperçoivent un homme qui maltraite son chien. Leonard règle l’affaire à coups de poing. Résultat : l’agresseur de chien, salement amoché, veut porter plainte. Une semaine plus tard, une certaine Lilly Buckner débarque dans leur nouvelle agence de détectives privés pour leur faire une proposition : soit ils acceptent de retrouver sa petite-fille, soit elle livre à la police une vidéo de Leonard tabassant l’agresseur de chien. Le duo accepte de rouvrir ce vieux dossier et découvre que le concessionnaire d’occasion où travaillait Lilly cache de sombres secrets.

Editeur: Denoël (coll. Sueurs Froides), 416 pages, date sortie: 27 septembre 2018

Au coeur de la folie – Luca d’Andrea

Au coeur de la folie – Luca d’Andrea

Il y a tout juste un an Luca d’Andrea s’est fait remarquer avec L’essence du mal, un premier thriller d’une maîtrise impressionnante. Il nous revient avec un deuxième roman où la montagne est à nouveau un protagoniste à part entière, l’histoire se déroule dans le Sud du Tyrol.

La quatrième de couverture nous parle de Marlène, une épouse qui fuit son mari, emportant avec elle des saphirs. Une banale histoire tellement vue ? Détrompez-vous !  La magnifique plume de l’auteur vous plongera vite dans  un récit de folie teinté de fantastique à la limite de l’horreur.

Luca d’Andréa est un fabuleux conteur, en quelques mots il parvient à créer un certain malaise en nous, il nous immerge dans le froid glacial des montagnes enneigées, il installe une ambiance angoissante proche de celle de certains contes cruels des frères Grimm, une peur qui nous donne des frissons en nous glaçant les os.

Quatre personnages principaux dans ce huis clos, la jeune épouse Marlène, son mari Monsieur Wegener, l’homme de confiance aux trousses de Marlène et Simon Keller qui la recueille. Ce dernier personnage est fascinant et son analyse psychologique est tout simplement extraordinaire. Simon, le vieil homme des montagnes, le Bau’r, l’ermite, l’excentrique éleveur de cochons qui entretient une relation très particulière avec Lissy. Mais qui est Lissy ? « Lissy, ma douce. Ma petite Lissy ». Dans un premier temps, Marlène se sent en sécurité dans cette ferme isolée, mais le cauchemar se dessine lentement, elle court un grand danger, elle doit fuir au plus vite.

Aucun temps mort dans cette chasse à l’homme, la tension s’installe dès les premières pages pour monter crescendo, le lecteur est piégé dans cette spirale effrayante, les chapitres très  courts accélèrent le rythme de lecture, les rebondissements se succèdent tout au long des 440 pages, jusqu’au point de rupture.
Un bémol pour la fin, le soufflé retombe brutalement dans les dernières pages, elles sont incohérentes, en contraste avec le reste du récit et me laissent un goût d’inachevé en bouche. Dommage !

Une chose est sûre, Luca d’Andrea a un indéniable talent, il fait désormais partie des auteurs que je suivrai avec plaisir.

Je remercie les éditions Denoël pour leur confiance.

4ème Couverture

Italie, hiver 1974. A bord d’une Mercedes crème, Marlene fuit à travers le Sud-Tyrol. Elle laisse derrière elle son mari, Herr Wegener, et emporte les saphirs qui lui avaient été confiés par la puissante mafia locale. Alors que, devenu fou, il retourne la région pour la retrouver, Marlene prend un mauvais virage et perd connaissance dans l’accident. Simon Keller, un Bau’r, un homme des montagnes, la recueille et la soigne. Marlene se remet petit à petit dans un chalet isolé, hors de portée de poursuivants pourtant infatigables, et fait un jour la connaissance de Lissy, le grand amour de Simon Keller.

Editeur: Denoël (coll. Sueurs Froides), 448 pages, date sortie: 11 octobre 2018

Apocryphe – René Manzor

Apocryphe – René Manzor

J’ai découvert René Manzor avec Celui dont le nom n’est plus, un énorme coup de coeur. J’ai enchainé avec Les âmes rivales  et Dans les brumes du mal , deux autres coups de coeur.  Vous l’aurez compris, j’adore l’auteur, je l’ai surnommé « le virtuose au talent fou ».

Pour son quatrième roman, il s’éloigne de son univers connu, il ose un énorme challenge, un pari un peu fou, une mise en danger avec une histoire qui se passe au Ier siècle en Palestine à l’époque de Jésus.

Le Larousse me donne la définition exacte du titre  Apocryphe: « se dit d’un texte qui n’est pas authentique, exemple: testament Apocryphe »

L’auteur nous précise une nuance, nous sommes dans un thriller biblique et non un roman historique.

Un passionnant thriller où l’Histoire et la fiction se croisent, une fresque épique qui revisite l’histoire officielle. J’aime beaucoup cette question que pose Ponce Pilate en première page : « La vérité ? Qu’est ce que la vérité ?
Un fabuleux divertissement qui nous plonge deux mille ans en arrière. Une chasse à l’homme haletante, des batailles sanglantes.  De nombreux personnages, certains ont vraiment existé, Judas, les apôtres, Ponce Pilate, Caligula et d’autres relèvent de l’imagination de l’auteur. Un récit bouleversant, un mélange d’aventures et d’émotions à travers la quête de David, un fils en révolte qui cherche son père, Yeshua de Nazareth.
René Manzor est un conteur exceptionnel qui fabrique des images avec ses mots.

Je me suis évadée complètement dans cette lecture, je parlerai de belle réussite, de pari réussi mais hélas, pas de coup de coeur. La raison est simple, je crois tout simplement qu’Apocryphe m’a replongée dans mes cours de catéchisme d’enfance, un vrai traumatisme pour moi.

Je remercie les éditions Calmann Lévy pour leur confiance. Une mention spéciale pour la magnifique couverture.

4ème Couverture

Jérusalem. An 30.
Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.
Son nom est David de Nazareth, et ceci est son histoire.

Editeur: Calmann Lévy, 400 pages, date sortie: 3 octobre 2018

 

 

 

Organigramme – Jacques Pons

Organigramme – Jacques Pons

Un premier roman qui explore les coulisses de la mode. Bien loin des défilés, strass et paillettes qui font rêver les foules. Nous sommes plongés dans le monde du travail, au coeur d’une entreprise de luxe, La maison Louis Laigneau.
Jacques Pons dépeint à merveille l’univers impitoyable d’un système qui ne pense qu’aux chiffres, aux actionnaires et à la compétition, au détriment de l’humain.
Bienvenue en enfer, tout y est permis: les conf call à n’importe quelle heure, le pouvoir et ses chantages, les coups bas, les hypocrisies, les jalousies, les cadences de dingue et j’en passe. Les tensions, les petages de plomb, les burn out se multiplient, mais qu’importe la souffrance, après tout… les employés sont des rouages interchangeables.

Et au milieu de tout ce stress… un tueur !
Une première exécution, suivie de disparitions, de suicides et autres bizarreries. Ah c’est sûr, il a la haine. Mais qui veut se venger ?  Et pourquoi ? Le doute, la peur et la paranoïa s’installent, tout le monde en vient à se soupçonner, à se regarder bizarrement du coin de l’oeil, les cadavres s’accumulent et l’ambiance devient carrément invivable.

Les chapitres courts, le rythme enlevé, les nombreux rebondissements, les alternances entre l’enquête et les pensées du tueur et son plan machiavélique nous immergent complètement. L’auteur a eu l’excellente idée de placer le  lecteur au centre du puzzle, il mène l’enquête en tournant les pages de plus en plus vite, il cherche en comptant les morts, il s’égarera plus d’une fois avant de connaitre le fin mot de l’histoire.

Une belle réussite pour un premier roman mais ce n’est assurément pas un coup de coeur.  Je vous avoue que je suis restée un peu hermétique à cette histoire et n’ai pas ressenti beaucoup d’empathie pour les nombreux personnages.  Ceci n’est bien sûr que mon humble ressenti personnel. Voyez par vous-même !

Je remercie chaleureusement les éditions Hugo Thriller pour leur confiance.

4ème Couverture

La vision sans exécution n’est qu’hallucination.
Telle est la devise du célèbre patron de la Maison Louis Laigneau, fleuron du luxe français. Martelée en chaque occasion, de séminaires de créativité entre beautiful people en conference calls des membres du CoDir, elle va également devenir celle d’un tueur dont le seul but est d’anéantir de façon brutale, méthodique et cruelle l’intégralité de l’entreprise et de ses salariés. Quelles sont ses motivations ? Quelles sont réellement ses cibles? Pourquoi un tel déferlement de haine froide ?Une chose est sûre: rien ni personne ne sera épargné dans la réalisation de ce mortel projet.

Editeur: Hugo Thriller, 379 pages, date sortie: 20 septembre 2018

Le douzième chapitre – Jérôme Loubry

Le douzième chapitre – Jérôme Loubry

Quand le passé vous rattrape…

Il y a tout juste un an, Jérôme Loubry s’est fait remarquer avec un brillant premier roman Les chiens de Détroit , un beau coup de coeur pour moi. J’avais écrit dans ma chronique « Jérôme Loubry… de la graine de géant » .  Il nous le prouve totalement avec Le douzième chapitre. Pas évident de négocier le deuxième virage en sachant que le public vous attend au tournant. Pari réussi ! L’auteur confirme son grand talent, il nous surprend et se renouvelle.

Changement de décor, changement d’ambiance dans cette histoire magnifiquement construite mêlant deux époques, le présent et 1986. L’été 1986, deux enfants de douze ans vivent un drame durant leurs vacances en Vendée. Leur amie Julie disparait brutalement. Ils n’en parleront jamais. Devenus adultes, l’un est écrivain, l’autre éditeur, ils reçoivent tous deux un étrange manuscrit relatant une partie des événements du fameux été, le douzième chapitre est différent pour chacun. Qui veut réveiller cette histoire ? Les anciennes blessures s’ouvrent et David entame une quête pour faire la lumière sur ce passé resurgissant brutalement.  Une véritable obsession pour lui, il est prêt à exhumer ses souvenirs, peu importe le prix, il veut déchiffrer le dernier chapitre.

Nous sommes immédiatement happés et envoûtés par ce mystère qui plonge ses racines trente ans en arrière. Jérôme Loubry a un don particulier pour créer des ambiances captivantes et angoissantes, le livre se dévore quasi d’une traite,  tellement curieux de connaitre le mot de la fin.

Parallèlement à la merveilleuse intrigue, le récit revisite l’enfance avec beaucoup de sensibilité, de tendresse et une certaine nostalgie, il nous interroge sur l’amitié, les premiers émois, l’insouciance, la perte de l’innocence, les secrets et les promesses tenues.

L’auteur nous manipule, il sème des indices, nous les suivons pas à pas, il brouille les pistes, nous nous égarons en émettant des hypothèses, la tension monte en puissance, les émotions affleurent dans tous les sens, nous sommes en haleine jusqu’aux toutes dernières pages et là … nous nous prenons l’éblouissant final en pleine face.

Du grand art monsieur Jérôme Loubry !

Je remercie chaleureusement les éditions Calmann Lévy pour leur confiance.

 

4ème Couverture

Été 1986. David et Samuel ont 12 ans. Comme chaque année, ils séjournent au bord de l’océan, dans le centre de vacances appartenant à l’employeur de leurs parents. Ils font la connaissance de Julie, une fillette de leur âge, et les trois enfants deviennent inséparables. Mais une ombre plane sur la station balnéaire et les adultes deviennent de plus en plus mystérieux et taciturnes. Puis alors que la semaine se termine, Julie disparaît.
30 ans plus tard, David est devenu écrivain, Samuel est son éditeur. Depuis le drame, ils n’ont jamais reparlé de Julie. Un jour, chacun reçoit une enveloppe. À l’intérieur, un manuscrit énigmatique relate les évènements de cet été tragique, apportant un tout nouvel éclairage sur l’affaire.

Editeur: Calmann Lévy Noir, 320 pages, date sortie: 5 septembre 2018

Bilan lecture – septembre 2018

Bilan lecture – septembre 2018

10 livres lus, soit 4693 pages.

Waouh, je n’en reviens toujours pas ! Quel exceptionnel et extraordinaire mois lecture !

Un bilan plus que réjouissant !!!  Imaginez… J’ai commencé le mois avec deux énormes coups de coeur.  J’ai poursuivi avec deux très belles découvertes, suivies de deux déceptions. Bah oui, même si je choisis de mieux en mieux mes lectures, c’est pas gagné à chaque fois. Ensuite, boum boum ! deux nouveaux coups de coeur. Et je termine le mois avec la confirmation d’un talent que je suis depuis ses débuts et une très belle découverte.
Si je compte bien, 2 + 2 = 4 coups de coeur pour 4 auteurs que je ne connaissais pas, j’en jubile encore !!!
Alors, elle est pas belle la vie d’une serial lectrice ?

Allez, c’est parti pour un résumé de mes lectures. Comme d’habitude, les liens des chroniques se trouvent en bas de page.

Sa majesté les ombres – Ghislain Gilberti : COUP DE COEUR !
740 pages qu’on dévore en apnée à une vitesse incroyable, sans pouvoir décrocher un instant.
740 pages hallucinantes qui envahiront vos journées et raccourciront vos nuits.
740 pages à couper le souffle, bourrées d’adrénaline, d’action et de rebondissements.
740 pages d’une rare intensité qui décoiffent sec et balaient tout sur leur passage.
740 pages puissantes, noires et violentes qu’on referme à regret, on n’est pas prêt de les oublier !

Les marcheurs – Frédéric Mars : COUP DE COEUR !
Un thriller brillant et intelligent. Un parfait mélange entre Politique, Enquête et Emotion.
Un thriller qu’on ne lit pas, on le vit à 100% le coeur au bord de l’explosion !

Moi, témoin – Niki Mackay : La surprise que je n’attendais pas. Un thriller psychologique qui m’a embarquée complètement, lu d’une traite. Une belle réussite pour ce premier roman très prenant.

Parfois c’est le diable qui vous sauve de l’enfer – Jean-Paul Chaumeil : Le roman s’inscrit dans une actualité sensible mais se démarque de tous les autres abordant la radicalisation. L’auteur ose le pari risqué d’explorer l’autre face du terrorisme, la face cachée dont on parle si peu, les groupuscules d’extrême droite qui veulent plonger la France démocratique dans le chaos. Tout aussi terrifiant que l’extrémisme islamique. Excellent !

La rivière de l’oubli – Cai Jun : L’histoire est longue, très dense, elle se déroule sur vingt ans. Si elle démarre rapidement, elle est loin d’être linéaire, elle va et vient dans le temps sans aucune logique. L’enquête est très originale mais complexe et assez difficile à suivre. Le lecteur s’embrouille, il doit s’accrocher pour suivre la pensée « zigzagante » de l’auteur et les nombreux personnages. Pour les amoureux de la culture chinoise !

Délicieuse – Marie Neuser : Un roman inclassable entre le roman d’amour, la tragédie grecque et le thriller psychologique, un brillant exercice littéraire, un roman original, une plume exceptionnelle mais j’ai eu beaucoup de mal à m’accrocher à ce texte. C’est long, très long, un long monologue de 480 pages. Un roman qui fera le bonheur des psychanalystes, j’en suis certaine.

Dégradation – Benjamin Myers : COUP DE COEUR !
Un roman exceptionnel.  Les éditions du Seuil ont déniché une pépite noire. Un terrible roman … noir, macabre et décadent. Les vrais amateurs de noir vont l’adorer.

Sur le toit de l’enfer – Ilaria Tuti : COUP DE COEUR !
Un incroyable premier roman qui possède ce petit quelque chose de plus que les autres. Un thriller d’atmosphère d’une maîtrise impressionnante, comme si Ilaria Tuti était née avec une plume en or en main. Sur le toit de l’enfer possède ce supplément d’âme que j’aime tant. J’ai adoré la sensibilité toute particulière de l’auteure. Retenez bien son nom, elle va faire beaucoup de bruit dans les prochaines années.

Torrents – Christian Carayon : L’intrigue criminelle en toile de fond n’est qu’un prétexte pour aborder les thèmes chers à l’auteur : la famille, ses secrets et leur poids, les non-dits et leurs conséquences, l’enfance, ses blessures et ses rêves. La grande Histoire et ses liens avec nos petites vies, la collaboration et la résistance durant la seconde guerre, ses plaies et ses cicatrices, les horreurs commises en toute impunité à la libération.

La coupure – Fiona Barton : Un excellent thriller psychologique. L’histoire de trois femmes liées par un secret. Un entrefilet dans un journal va bouleverser la vie de ces trois femmes. Il relate la découverte d’un squelette de bébé sur un chantier, probablement enterré là depuis les années 80.

Je vous souhaite à toutes et tous d’excellentes lectures…
Soyez fous et déraisonnables, achetez des livres, beaucoup de livres, prêtez les,
empruntez les, peu importe, mais lisez, lisez, lisez… cela rend heureux !

Cliquez sur les titres pour lire les chroniques entières

Sa majesté des ombres – Ghislain Gilberti

Les marcheurs – Frédéric Mars

Moi, témoin – Niki Mackay

Parfois c’est le diable qui vous sauve de l’enfer – Jean-Paul Chaumeil

La rivière de l’oubli – Cai Jun

Délicieuse – Marie Neuser

Dégradation – Benjamin Myers

Sur le toit de l’enfer – Ilaria Tuti

Torrents – Christian Carayon

La coupure – Fiona Barton

 

La coupure – Fiona Barton

La coupure – Fiona Barton

Un excellent thriller psychologique !

Je découvre enfin Fiona Barton avec son deuxième roman. Et je dois vous dire que c’est une très belle surprise pour moi.

La coupure, c’est l’histoire de trois femmes en souffrance liées par un secret.

Kate, une journaliste qui a peur d’être mise au placard, prête à tout pour dénicher le scoop.
Emma, une éditrice free lance qui traine un gros problème psychologique et un lourd secret.
Angela, elle n’arrive pas à faire le deuil de son bébé enlevé à la maternité dans les années 70.

Un entrefilet dans un journal va bouleverser la vie de ces trois femmes. Il relate la découverte d’un squelette de bébé sur un chantier, probablement enterré là depuis les années 80.

Kate flaire le bon papier,  elle décide de mener l’enquête, déterminée à identifier le bébé.  Les blessures d’Angela se rouvrent, son douloureux passé ressurgit et la submerge, elle se demande s’il s’agit des restes de son bébé. Emma a beaucoup de mal à contenir son secret, il remonte petit à petit à la surface en ouvrant des portes qu’elle croyait fermées.

L’histoire démarre lentement, l’auteure prend son temps pour installer l’ambiance, touche après touche. Des éléments sans lien apparent entre eux pourraient dérouter certains lecteurs au début. Rassurez-vous, toutes ces histoires vont s’entremêler à merveille pour composer un magnifique puzzle.

L’une après l’autre, les trois femmes vont dérouler leurs vies… les failles, les douleurs, les doutes, les remords, les angoisses, les mensonges. Nous les suivrons dans leurs souvenirs à différentes époques et c’est fort émouvant.
J’ai eu une énorme empathie pour ces femmes, je les ai ressenties de l’intérieur avec beaucoup d’émotions. Fiona Barton les étudie en profondeur, comme si elle était dans leur peau et nous offre de très beaux portraits, fouillés, précis, subtils. Elle décrit aussi tellement bien les relations mère-fille, la maternité et le sentiment d’être mère.

Je vous avoue avoir été complètement happée dès les premières pages, j’ai beaucoup aimé l’ambiance et les longueurs ne m’ont nullement gênée. (Je le dis souvent, il y a les longueurs inutiles qui m’ennuient et celles qui apportent quelque chose au récit !).
Curieuse du dénouement de l’histoire, je n’ai pas pu lâcher ma lecture en cours de route. J’ai eu l’impression de mener l’enquête avec Kate, de deviner, de tout comprendre… pour réaliser que j’étais complètement à côté de la plaque, que je partais sur une fausse piste. Dans la deuxième moitié, la tension monte crescendo, l’enquête prend de la vitesse, je vais de surprises en révélations jusqu’au twist final bouleversant.

A découvrir absolument !

Je remercie chaleureusement les éditions Fleuve pour leur confiance.

4ème Couverture

Quand quelques lignes en bas de la colonne des brèves révèlent la découverte d’un squelette de bébé sur un chantier de la banlieue de Londres, la plupart des lecteurs n’y prêtent guère attention. Mais pour trois femmes, cette nouvelle devient impossible à ignorer.
Angela revit à travers elle le pire moment de son existence : quarante ans auparavant, on lui a dérobé sa fille à la maternité. Depuis, elle cherche des réponses.
Pour Emma, jeune éditrice en free lance, c’est le début de la descente aux enfers, car ce fait divers risque fort de mettre son secret le plus noir à jour et de détruire sa vie à jamais.
Quant à Kate, journaliste de renom et avide d’une bonne story, elle flaire là le premier indice d’une affaire qui pourrait bien lui coûter quelques nuits blanches.
Car toutes les histoires ne sont pas bonnes à être publiées… Encore moins quand elles font resurgir des vérités que personne ne souhaite connaître.

Editeur: Fleuve (coll. Fleuve noir), 480 pages, date sortie: 13 septembre 2018