Sur le ciel effondré – Colin Niel

Sur le ciel effondré – Colin Niel

J’ai découvert Colin Niel avec Seules les bêtes , un sublime roman choral qui a été une vraie claque. Il était temps de découvrir sa série guyanaise, Sur le ciel effondré en est le 4e volet,  la 4e enquête du capitaine noir-marron Anato.

Un voyage au coeur de la Guyane secrète, lorsque les hommes vivaient aux côtés des dieux, un portrait d’un pays méconnu tiraillé entre traditions et modernité.

Il m’a fallu un peu de temps pour entrer pleinement dans cette double enquête aux ramifications multiples mais une fois embarquée, je n’ai pas pu lâcher le roman.  L’adjudante Angélique Blakaman  arrive de France, elle vient d’être mutée à sa demande, après avoir échappé de peu à un attentat qui l’a défigurée. Elle  va enquêter sur la disparition d’un jeune amérindien, le fils de l’homme qu’elle aime.  Ils craignent un suicide, une pratique très répandue chez les jeunes adolescents. Le capitaine Anato traque un gang de cambrioleurs sévissant à Cayenne. Des histoires secondaires vont se greffer aux enquêtes principales. Nous ferons la connaissance de nombreux personnages, singuliers, magnifiques, tous très attachants.

On sent tout l’amour que Colin Niel porte à la Guyane, je n’ose pas imaginer l’énorme travail de documentation effectué pour nous immerger complètement et nous décrire ce pays si paradoxal avec un sens extraordinaire du détail, il nous apprend tellement de choses sans nous donner l’impression de nous asséner une leçon. (J’avoue que pour moi, c’est une totale découverte). Les conflits entre les colonisateurs et les colonisés survivant tant bien que mal, les croyances et légendes amérindiennes disparaissant peu à peu, le chamanisme remplacé par l’église et les évangélistes, l’orpaillage clandestin et la pollution au mercure, les problèmes socio-économiques, la misère et le chômage des jeunes, l’état français qui n’entend pas les problèmes des habitants, les différentes cultures -le peuple amérindien, les créoles, les chinois, les noirs marrons, les brésiliens, les clandestins- et leur problématique de cohabitation.

L’enquête est passionnante et captivante de bout en bout, les 500 pages défilent toutes seules et le dépaysement total vous réservera bien des surprises. La nature tient une place énorme dans le récit. Nous sommes plongés dans la forêt amazonienne, nous sentons les odeurs, nous entendons les craquements, les bruits, nous ressentons la chaleur et l’humidité, nous remontons les fleuves en pirogue rafraîchi par une douce brise.

Sur le ciel effondré se situe à mi chemin entre le polar ethnologique et le très bon roman noir.

Embarquez pour ce beau voyage !

Je remercie chaleureusement les éditions Rouergue pour leur confiance.

4ème Couverture

En raison de sa conduite héroïque lors d’un attentat en métropole, l’adjudante Angélique Blakaman a obtenu un poste à Maripasoula, dans le Haut-Maroni, là où elle a grandi. Au bord du fleuve, il lui faut supporter de n’être plus la même, une femme que sa mère peine à reconnaitre, de vivre aussi dans une ville qui a changé au voisinage des rives du Suriname, avec leurs commerces chinois, leurs dancings et leurs bordels, les filles dont rêvent les garimpeiros qui reviennent des placers aurifères. Et après les derniers spots de vie urbaine s’ouvre la forêt sans bornes vers les mythiques Tumuc-Humac, le territoire des Wayanas, ces Amérindiens qui peu à peu se détachent de leurs traditions, tandis que s’infiltrent partout les évangélistes. C’est là que vit Tapwili Maloko, le seul homme qui met un peu de chaleur dans son coeur de femme. Aussi, lorsque de sombres nouvelles arrivent de Wilïpuk, son village à plusieurs heures de pirogue, hors de question qu’Angélique ne soit pas de la partie. Pour elle s’engage l’épreuve d’une enquête dans la zone interdite, ainsi qu’on rappelle parfois. Et pour affronter le pire, son meilleur allié est le capitaine Anato, noir-marron comme elle, et pour elle prêt à enfreindre certaines règles. Avec cette héroïne que ses colères tiennent comme une armure, Colin Niel nous fait entrer dans une Guyane secrète, qui n’a pas tout perdu de ses pouvoirs anciens, lorsque les hommes vivaient auprès des dieux.

Editeur: Rouergue (coll. Rouergue Noir), 512 pages, date sortie: 3 octobre 2018

La mort selon Turner – Tim Willocks

La mort selon Turner – Tim Willocks

Un western tarentinesque !

 Quand le Bien affronte le Mal… 

Direction l’Afrique du Sud, dans la banlieue du Cap. Après une soirée de beuveries avec une bande de potes, Dirk un jeune riche Afrikaner renverse une jeune métisse, une pauvresse sous alimentée entrain de fouiller une benne à ordures près d’un bar du township. Il s’enfuit sans prévenir les secours, laissant la victime agoniser seule. Une mort dont tout le monde se fiche, les flics du Cap ne lèvent pas le petit doigt, ils ont d’autres chats à fouetter. Sauf Turner qui décide de mener l’enquête pour trouver les coupables. Turner, un excellent flic noir, d’une intégrité absolue face à la corruption régnante, farouchement déterminé à rendre justice, peu importe le prix à payer. Pour lui, tout le monde est soumis à la même loi. Turner, un spécialiste des arts martiaux, un mélange entre Dirty Harry et Rambo. Rien ne l’arrête, même quand il apprend que les possibles meurtriers sont des blancs richissimes habitant très loin du Cap et qu’il sera bien dur de les mettre derrière les barreaux.

Nous ne sommes pas dans une simple enquête de police puisque nous connaissons très vite le coupable.  La mort selon Turner est l’affrontement impitoyable entre Turner, l’incorruptible et Margot Le Roux, la mère de Dirk, une richissime Afrikaner, propriétaire minière qui règne en seigneur local sur ses terres. Le flic veut faire triompher la justice, la mère veut protéger son fils. La mort selon Turner est le récit d’une croisade justicière, une traque sans pitié par un policier hors norme qui n’a rien à perdre, il ira jusqu’au bout de lui même en franchissant toutes les limites, semant la mort et le chaos autour de lui.

Ce western dans un décor de désert sud africain ne vous laissera pas souffler un instant, les scènes s’enchaînent à un rythme incroyable ! C’est puissant, très noir, violent, sanglant et bourré de testostérone. C’est épique, entre l’opéra et la tragédie grecque, plein d’excès et ça vous coupe le souffle ! La plume de Tim Willocks est sublime, poétique et la façon toute particulière qu’il a de plonger dans l’esprit humain -n’oublions pas que l’auteur est psychiatre- pour l’explorer dans les moindres replis donne une touche exceptionnelle à l’histoire.

Dans cet affrontement du Bien et du Mal, le lecteur se posera plus d’une fois la question: qui a raison et qui a tort ?

Un grand roman noir que je vous conseille vivement !

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine pour leur confiance.

4ème Couverture

Lors d’un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire sans logis qui erre dans la rue. Ni lui ni ses amis ne préviennent les secours alors que la victime agonise. La mère du chauffeur, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Northern Cape, décide de couvrir son fils. Pourquoi compromettre une carrière qui s’annonce brillante à cause d’une pauvresse ? Dans un pays où la corruption règne à tous les étages, tout le monde s’en fout. Tout le monde, sauf Turner, un flic noir des Homicides. Lorsqu’il arrive sur le territoire des Le Roux, une région aride et désertique, la confrontation va être terrible, entre cet homme déterminé à faire la justice, à tout prix, et cette femme décidée à protéger son fils, à tout prix.

Editeur: Sonatine, 384 pages, date sortie: 11 octobre 2018

Bilan lecture – novembre 2018

Bilan lecture – novembre 2018

8 livres lus, soit 3669 pages

Un magnifique et exceptionnel mois lecture, je jubile en écrivant mon bilan.  8 livres lus dont 4 gros pavés de plus de 500 pages. J’ai découvert 7 auteurs dans des genres complètement différents.
J’ai lu un roman mystère dont je ne peux vous parler pour l’instant.
Vous imaginez ? Un truc de ouf de dingue, c’est Noël avant l’heure, découvrir Mattias Köping, Armelle Carbonnel, Tim Willocks, Eric Marchal, Fiona Cummins et son premier roman, tout ça sur un mois…. dis donc, quel choc !  Elle est pas belle la vie d’une serial lectrice ? A l’heure où j’écris mon bilan, je termine juste Les heures indociles, je peux déjà vous dire que je l’ai refermé à regret, triste de quitter les personnages. Sinon, mea culpa, j’ai accumulé du retard dans mes chroniques, pas encore écrit celle sur La mort selon Turner, c’est promis, je m’y colle ce week-end.

Allez, c’est parti pour un résumé de mes lectures. Comme d’habitude, les liens des chroniques se trouvent en bas de page.

Promenons nous dans ce bois-Nele Neuhaus : Un ressenti en demi teinte pour moi. Un polar classique qui lorgne du côté du thriller psychologique. L’intrigue est bien ficelée, la plongée dans l’ambiance du village très réussie mais le roman souffre de beaucoup de longueurs !

Le manufacturier-Mattias Köping : Je n’avais encore jamais lu un thriller aussi percutant, je n’avais jamais vécu une telle expérience de lecture, ni pris une gifle aussi forte. A lire absolument, attention pour public averti.   Coup de coeur ? le mot est faible… je dis COUP DE FOUDRE !!!

Le collectionneur-Fiona Cummins : Un premier roman parfaitement maîtrisé, l’auteure apporte un « petit quelque chose » d’original et une touche de sensibilité particulière à l’histoire. Un page turner glaçant de 509 pages qui ne nous laisse aucun répit et se lit quasi d’une traite tant la mécanique est bien huilée. 100% glaçant, 100% plaisir !

Sinestra-Armelle Carbonel : Une merveille… une charge émotionnelle dévastatrice !
Armelle Carbonel a tout compris de la littérature, elle nous offre une vraie leçon d’écriture. Un voyage envoûtant qui vous sortira de votre zone de confort, un voyage dont vous vous souviendrez longtemps.

La mer qui prend l’homme-Christian Blanchard : Mal de mer garanti, vous voilà prisonnier des vagues dans un huis clos glaçant. Entre les secrets, les histoires de vengeance et de paranoïa, rien ne se passe comme prévu, les choses vont sérieusement déraper jusqu’au bain de sang. Tension, violence larvée, histoire bien ficelée mais bémol pour la fin, il m’a manqué quelque chose.

La mort selon Turner-Tim Willocks : Un western en Afrique du sud. Quand le bien affronte le mal. C’est très noir, sanglant, puissant, épique, ça vous coupe le souffle !

Les heures indociles-Eric Marchal : Si vous aimez Ken Follet, vous allez adorer !
Un médecin, une suffragette, un aristocrate excentrique, trois rebelles qui font trembler l’Angleterre. Intrigues, aventures, passions, rebondissements. 100% plaisir de lecture garanti. Truculent, foisonnant, passionnant, addictif.

Un livre mystère dont je ne peux rien dire pour l’instant, il sortira en mars 2019

MERCI A VOUS DE ME SUIVRE !

Je vous souhaite à toutes et tous d’excellentes lectures…
Soyez fous et déraisonnables, achetez des livres, beaucoup de livres, prêtez les,
empruntez les, peu importe, mais lisez, lisez, lisez… cela rend heureux !

Cliquez sur les titres pour lire les chroniques entières

Promenons nous dans ce bois – Nele Neuhaus

Le manufacturier – Mattias Köping

Le collectionneur – Fiona Cummins

Sinestra – Armelle Carbonel

La mer qui prend l’homme – Christian Blanchard

Les heures indociles-Eric Marchal : ma chronique arrive tout bientôt.

La mort selon Turner-Tim Willocks : ma chronique arrive tout bientôt.

La mer qui prend l’homme – Christian Blanchard

La mer qui prend l’homme – Christian Blanchard

Trois ex militaires de la guerre d’Afghanistan ont du mal à se réintégrer dans la société, ils souffrent de stress post traumatique. Ils vont embarquer à bord du Doux Frimaire, un chalutier de pêche en partance pour la mer d’Irlande. L’expérience est suggérée par le lieutenant Emily Garcia des services sociaux de l’armée française. L’idée de cette thérapie de choc est de les immerger dans un contexte extrêmement dur pour éradiquer leurs peurs et les guérir. Elle embarque à leurs côtés pour les encadrer et s’assurer que tout se passe bien, ce sera la seule femme à bord.
Sur l’île de Batz, Walter Colley, un copain des trois autres, semble s’être suicidé en incendiant sa maison. Saadia Aleph va mener l’enquête mandatée par sa compagnie d’assurance, elle sent quelque chose de pas net. Les deux histoires s’entremêlent et finissent par se rejoindre.

Préparez vous à tanguer de tous les côtés sur la mer déchainée, mal de mer garanti, vous voilà prisonnier des vagues dans un huis clos glaçant. Entre les secrets, les histoires de vengeance et de paranoïa, rien ne se passe comme prévu, les choses vont sérieusement déraper jusqu’au bain de sang.

Les chapitres alternent à merveille entre présent et passé rendant la lecture très dynamique. D’un côté la vie à bord du chalutier, les dures conditions des marins dans le froid et l’humidité; de l’autre les embruns de l’île de Batz et la minutieuse enquête de Saadia décidée à faire la lumière sur cet étrange suicide; entre les deux, les souvenirs d’Afghanistan, l’histoire de nos trois protagonistes, le terrible secret qui les lie et une plongée dans leur psyché abimée.

Le lecteur n’a pas beaucoup de répit pour souffler.  Une tension s’installe très vite, elle monte crescendo au fil du récit, la violence larvée est bien présente, prête à exploser à chaque moment. Les pages se tournent toutes seules, même si on connait le dénouement, l’histoire est captivante, très bien ficelée, on sent que l’auteur nous manipule à souhait et on a envie de comprendre ce qui s’est réellement passé à bord du navire pour aboutir à un tel carnage.
J’ai fort accroché à l’histoire mais la tension est retombée sur la fin que j’ai trouvé très tirée par les cheveux. Il m’a manqué quelque chose !  Un très bon moment lecture dans l’ensemble. A découvrir !

Pour info: ce roman est paru aux éditions Palémon en 2014, sous le titre Pulsions salines.

Je remercie chaleureusement les éditions Belfond pour leur confiance.

4ème Couverture

Au large des côtes du Finistère, un chalutier à la dérive est localisé. Lors de l’opération de sauvetage, une femme est retrouvée dans une remise, prostrée, terrorisée et amnésique. Le reste de l’équipage a disparu.
Parmi eux se trouvaient trois anciens militaires français. Xavier Kerlic, Franck Lecostumer et Paul Brive avaient embarqué sur le Doux Frimaire à Concarneau, encadrés par le lieutenant Emily Garcia, des services sociaux de la Défense. Celle-ci devait expérimenter avec eux une méthode de lutte contre le stress post-traumatique en les insérant dans un groupe d’hommes soudés par de rudes conditions de travail – les marins du Doux Frimaire.
 » Je ne le sens pas, ce coup. Qu’est-ce qu’on vient faire dans cette galère ?  » avait lancé Franck en montant à bord, avant que le chalutier ne lève l’ancre en direction de la mer d’Irlande et ne disparaisse des radars…

Editeur: Belfond, 320 pages, date sortie: 18 octobre 2018

Sinestra – Armelle Carbonel

Sinestra – Armelle Carbonel

Une merveille !!!
Une charge émotionnelle dévastatrice…

Suisse 1942, des mères et des enfants atteints de désordres psychiques arrivent au Val Sinestra, un refuge isolé au coeur des montagnes, pour échapper aux horreurs de la guerre et trouver la sécurité. Le piège mortifère va très vite se refermer, bienvenue en enfer au coeur du Mal !

Difficile de parler de cet OLNI troublant (objet littéraire non identifié), à l’univers inclassable, nous naviguons à la frontière du roman noir, du conte de fée et du roman gothique. Les quelques lignes de pitch suffisent, je n’ai pas envie de vous en dire plus sur l’histoire malsaine qui se dévoilera par petites touches.

Un huis clos dérangeant, oppressant et tout en contrastes, entre folie, angoisse, noirceur, espoir et lumière. Le lecteur est imprégné par l’atmosphère particulièrement anxiogène et mortifère qui se dégage du lieu et de certains personnages. L’horreur, le macabre et la violence transpirent en toile de fond.

Le Val Sinestra , une bâtisse lugubre qui donne froid dans le dos, il a valeur de personnage à part entière et l’auteure lui donne la parole. Sinestra murmure son histoire, il nous fait visiter ses lieux, ses profondeurs cachées, un vrai labyrinthe que nous parcourons en nous perdant dans ses couloirs hantés. L’auteure s’est inspirée d’un lieu qui existe réellement, au début du 20è siècle, c’était un centre thermal, reconverti aujourd’hui en hôtel de luxe.

La plume sublime et poétique nous emporte complètement. Chaque mot est choisi soigneusement pour nous faire ressentir tout un panel d’émotions, de sensations vibrantes et distiller le suspense au compte goutte.  Armelle Carbonel a tout compris de la littérature, elle nous offre une vraie leçon d’écriture.

Un voyage envoûtant qui vous sortira de votre zone de confort, un voyage 100% émotions dont vous vous souviendrez longtemps.

Les éditions RING frappent décidément très fort avec leurs auteurs polars/noirs qui sortent du cadre formaté.  Je les remercie chaleureusement pour leur confiance.

4ème Couverture

Le Val Sinestra, refuge isolé au cœur de la vallée des Grisons entouré de monumentales montagnes, accueille un convoi de réfugiés fuyant les horreurs de la guerre. Des mères brisées au bras de leur progéniture, des orphelins meurtris et atteints de désordres psychiques. Mais là où ils croyaient avoir trouvé la paix, les résidents vont réaliser que le mal a franchi la frontière avec eux.

Editeur: RING, 390 pages, date sortie: 8 novembre 2018

Le collectionneur – Fiona Cummins

Le collectionneur – Fiona Cummins

100% glaçant, 100% addictif, 100% plaisir !

Deux enfants sont enlevés, une troisième enfant a disparu depuis un an. Ils ont tous un point commun, lequel ? Ils ont croisé la route du Collectionneur. Un homme effacé, un monsieur tout le monde le jour, qui se transforme en un redoutable serial killer la nuit. Un tueur complexe et terrifiant qui collectionne les os humains pour son musée morbide transmis de père en fils. Mais attention pas n’importe lesquels, il cherche la rareté, des os spéciaux et uniques. Les enfants enlevés sont atteints de malformation osseuse. Clara  a une malformation au niveau des mains et Jakey est atteint d’une maladie génétique rare, la fybrodisplasie ossifiante progressive, appelée la maladie de l’homme de pierre, des os supplémentaires poussent jusqu’à l’enfermer petit à petit dans son corps.

Fiona Cummins nous offre un premier roman parfaitement maîtrisé, un page turner glaçant de 509 pages qui ne nous laisse aucun répit et se lit quasi d’une traite tant la mécanique est bien huilée.

L’auteure apporte un « petit quelque chose » d’original et une touche de sensibilité particulière à l’histoire, elle donne une belle profondeur à tous ses personnages, les parents, les victimes, l’inspectrice et nous les rend tellement proches. Elle nous immerge complètement dans la vie des parents en nous faisant ressentir ce qu’ils endurent au quotidien avec la maladie de leurs enfants, leur désarroi, leur fragilité et leurs angoisses face à l’enlèvement. Criant de vérité et très touchant ! J’ai beaucoup aimé l’inspectrice qui mène l’enquête, une femme forte, déterminée, fragile, instable, en proie à des problèmes de couple et pleine d’empathie pour les victimes. Un mini bémol concernant le Collectionneur, il m’a manqué un petit truc, peut être aurais-je aimé qu’il soit plus mis en lumière. Je pense que l’auteure a fait le choix de mettre sa collection morbide au premier plan.

Un course contre la montre qui nous maintient sous tension permanente, les chapitres très courts donnent un rythme de dingue à l’histoire, nous tournons frénétiquement les pages pour savoir si les enfants vont être sauvés par l’inspectrice Etta Fitzroy. Les rebondissements s’enchaînent de plus en plus vite jusqu’à la fin. Et quelle fin ! Je vous en parle ? WTF, j’ai juste failli jeter mon livre par terre.

Mon petit doigt me disait que Fiona Cummins avait prévu une suite, elle vient de paraître en Angleterre, il n’y a plus qu’à patienter.

Avis aux amateurs… un thriller que je vous recommande vivement !

Je remercie chaleureusement les éditions Slatkine & Cie pour leur confiance.

4ème Couverture

Un tueur en serie encore plus effrayant qu’Hannibal Lecter.
Le Collectionneur a tout organisé et mène une double vie. Dans l’une, il est comme vous et moi. Dans l’autre, il est le gardien d’un macabre musée de famille : une collection d’ossements humains.
Les collectionneurs cherchent toujours la rareté, l’objet unique. Deux enfants, Jakey Frith et Clara Foyle, souffrent l’un et l’autre d’une maladie génétique orpheline (une centaine de cas en France) qui fait se dédoubler les cartilages puis pousser les os jusqu’à l’étouffement, lamaladie de l’homme de pierre. Le Collectionneur se doit d’avoir ces deux pièces rarissimes que sont deux petits squelettes au tout début de leur déformation.
Dans sa traque éperdue, il déjoue la vigilance du père de Jakey et celle d’un détective trouble, Etta Fitzroy, qui enquête sur une série d’enlèvements.

Editeur: Slatkine & Cie, 509 pages, date sortie: 18 octobre 2018

Promenons nous dans ce bois – Nele Neuhaus

Promenons nous dans ce bois – Nele Neuhaus

Je découvre Nele Neuhaus avec ce 8è opus de la série mettant en scène le commissaire Oliver von Bodenstein et l’inspectrice Pia Kirchhoff. Une série qui rencontre visiblement un gros succès, le 2è tome « Blanche Neige doit mourir » s’est vendu à 1 million d’exemplaires en Allemagne.

Nous sommes plongés au coeur du village natal du commissaire, petit coin isolé dans la région montagneuse du Taunus. Quelqu’un s’acharne à tuer des gens sans histoires, les cadavres s’accumulent. Les victimes ont un point commun : elles se connaissent toutes.

Le commissaire est mal à l’aise car il connait les victimes et les habitants, l’enquête s’annonce très complexe. Il est persuadé que le meurtrier est un des villageois et que ces meurtres sont liés à des évènements du passé. De vieux secrets enfouis depuis quarante ans vont être déterrés… jalousies, trahisons, adultères.  Artur, le meilleur ami de Bodenstein a disparu brutalement durant l’été 1972, que s’est-il réellement passé ? Bodenstein a enfoui ce traumastime d’enfance.
Les enquêteurs devront faire face au silence des villageois, tout le monde semble avoir des choses à cacher et il leur faudra beaucoup de patience pour assembler les pièces du puzzle et percer les zones d’ombre.

Ne vous attendez pas à des rebondissements incessants, l’intrigue très dense démarre fort lentement.  Nele Neuhaus prend son temps pour nous présenter les nombreux personnages et nous immerger dans le décor et l’atmosphère oppressante du village, au coeur des secrets, des non-dits, des mensonges et des vieilles rancoeurs.

Un ressenti en demi teinte pour moi. Globalement, j’ai passé un bon moment de lecture avec ce polar classique qui lorgne du côté du thriller psychologique. L’intrigue est bien ficelée, la plongée dans l’ambiance du village très réussie mais le roman souffre quelque peu d’un manque d’originalité (oui, je sais, je suis difficile et j’aime être surprise) et de beaucoup de longueurs (544 pages quand même !).

Un livre que je conseillerais aux amateurs d’ambiance de polars nordiques. Et je le répète, ceci n’est que mon humble avis, faites vous le vôtre.

Une mention spéciale pour la sublime couverture ! Je remercie les éditions Calmann Lévy pour leur confiance.

4ème Couverture

Dans la région montagneuse du Taunus, la forêt prédomine. Peut-on alors parler d’accident quand en pleine nuit, au coeur des bois, un feu tue un homme dans sa caravane ? Et quand non loin, dans un village reclus, deux autres morts suspectes se succèdent ?
Le commissaire Bodenstein et sa jeune collègue Sander comprennent vite qu’un même meurtrier s’acharne, mais pourquoi s’en prend-il à des gens sans histoires et qui se connaissaient tous ? Peu à peu, l’enquête les ramène à l’été 1972, lorsque le meilleur ami de Bodenstein, Artur, disparut sans laisser de traces. Un traumatisme d’enfance pour lui, et un drame que beaucoup auraient préféré oublier. Et si un lien existait avec les victimes récentes ? Pour arrêter le coupable, un seul moyen : découvrir ce qui s’est vraiment passé à l’époque, là-bas, dans ce bois…

Editeur: Calmann Lévy, 544 pages, date sortie: 10 octobre 2018

Bilan lecture – octobre 2018

Bilan lecture – octobre 2018

10 livres lus, soit 3934 pages

Octobre a été un mois très riche avec beaucoup de belles lectures.
Sept retrouvailles avec sept auteurs que je suis de près et aime beaucoup. Certains ont confirmé leur talent, d’autres ont réussi le pari de se renouveler, d’oser, de me surprendre en allant là où je ne les attendais pas. Et trois découvertes… deux en demi teinte et une qui m’a délié les zygomatiques.
Allez, c’est parti comme d’habitude avec les résumés et les liens des chroniques en bas de page !

Le douzième chapitre-Jérôme Loubry : Pari réussi avec ce deuxième roman. L’auteur a un don particulier pour créer des ambiances captivantes et angoissantes, le livre se dévore quasi d’une traite,  tellement curieux de connaitre le mot de la fin.

Organigramme-Jacques Pons : Un premier roman qui dépeint à merveille l’univers impitoyable d’un système qui ne pense qu’aux chiffres, aux actionnaires et à la compétition, au détriment de l’humain. Bienvenue en enfer, tout y est permis. Hermétique à cette histoire, je n’ai pas ressenti beaucoup d’empathie pour les nombreux personnages.

Apocryphe-René Manzor : Un passionnant thriller où l’Histoire et la fiction se croisent, une fresque épique qui revisite l’histoire officielle. Un fabuleux divertissement qui nous plonge deux mille ans en arrière. Une chasse à l’homme haletante, des batailles sanglantes. L’auteur est un conteur exceptionnel qui fabrique des images avec ses mots.

Au coeur de la folie-Luca d’Andrea : En quelques mots il parvient à créer un certain malaise en nous, il nous immerge dans le froid glacial des montagnes enneigées, il installe une ambiance angoissante proche de celle de certains contes cruels des frères Grimm, une peur qui nous donne des frissons en nous glaçant les os. Le lecteur est piégé dans une spirale effrayante, impossible d’en sortir avant la fin. Petit bémol pour la fin !

Honky Tonk Samouraïs-Joe R. Lansdale : Neuvième tome de la série Hap et Leonard et j’avoue avoir passé un très bon moment en compagnie de ces deux détectives texans, mes zygomatiques se sont déliés plus d’une fois.C’est noir, violent, déjanté, cru, plein d’ironie, de cynisme, on rit vraiment beaucoup.

Enfermé.e-Jacques Saussey :  Coup de coeur !!!
Un long cri d’amour. Une claque magistrale. Un coup de poing d’une violence inouïe. A lire de toute urgence. Lisez-le, lisez-le, LISEZ-LE !!!

Dragon noir-Frédérick Rapilly : Un thriller électrique branché sur du 20 000 volt. C’est en apnée qu’on lit ce suspense haletant.  Nous sommes entrainés aux côtés de Marina dans sa course effrénée pour sauver sa peau, va-t-elle échapper aux tueurs et retrouver la mémoire ?

Inexorable-Claire Favan : L’auteure a osé un roman qui sort du moule, un roman différent pour parler de la différence. Bravo ! Un roman noir puissant, porteur d’un message fort, avec une intrigue sur des meurtres de femmes en toile de fond laissant la part belle aux personnages et aux émotions.

Tu tairas tous les secrets-Hervé Jourdain : Personne n’en parle et c’est bien dommage ! Deux meurtres, deux enquêtes en parallèle. Complexes, minutieuses, criantes de réalisme, très prenantes, hyper bien ficelées. Aucune longueur, un tempo parfait, le lecteur est captivé de bout en bout, le suspense et la tension vont crescendo jusqu’au final scotchant.

Irrespirable-Olivia Kiernan : Un bandeau très accrocheur nous présente ce premier roman « Entre Le poète et Le silence des agneaux ». Tous les ingrédients d’un bon polar sont réunis. MAIS mes attentes (liées à ce bandeau mensonger) étaient trop grandes, la serial lectrice  espérait la surprise, le choc de lecture et forcément, j’ai été déçue.

MERCI A VOUS DE ME SUIVRE !

Je vous souhaite à toutes et tous d’excellentes lectures…
Soyez fous et déraisonnables, achetez des livres, beaucoup de livres, prêtez les,
empruntez les, peu importe, mais lisez, lisez, lisez… cela rend heureux !

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Le douzième chapitre – Jérôme Loubry

Organigramme – Jacques Pons

Apocryphe – René Manzor

Au coeur de la folie – Luca d’Andrea

Honky Tonk Samouraïs – Joe R. Lansdale

Enfermé.e – Jacques Saussey

Dragon noir – Frédérick Rapilly

Inexorable – Claire Favan

Tu tairas tous les secrets – Hervé Jourdain

Irrespirable – Olivia Kiernan

Tu tairas tous les secrets – Hervé Jourdain

Tu tairas tous les secrets – Hervé Jourdain

J’ai découvert Hervé Jourdain avec Femme sur écoute, j’ai beaucoup aimé. C’est avec une certaine excitation que j’ai ouvert Tu tairas tous les secrets. Levons le secret tout de suite, j’ai pris énormément de plaisir durant ma lecture.
Dans « Femme sur écoute », il fallait attendre une centaine de pages avant que l’histoire démarre vraiment. Changement de ton dans ce nouvel opus,  le lecteur est happé dès le prologue. En pleine forêt, une femme sur le point d’accoucher est entrain de fuir, ses pieds ensanglantés, elle court pour chercher de l’aide, sauver sa vie et celle de son bébé.

Deux meurtres et deux enquêtes en parallèle. Une éditrice retrouvée noyée dans la Seine, elle sortait d’une soirée organisée par sa boîte. Une femme retrouvée dans un parc naturel des Ardennes, sur son pull on retrouve des traces de l’ADN de Sylvie Desgranges, l’épouse du commandant, disparue depuis longtemps. Desgranges ne veut plus en entendre parler. Zoé Dechaume et Lola Rivière vont enquêter en toute clandestinité, en marge l’enquête officielle et de leur hiérarchie, mettant en péril leur carrière.

Nos deux héroïnes occupent le devant de la scène et nous réservent bien des surprises, elles sont attachantes, très humaines, téméraires. Elles franchiront plus d’une fois les limites en suivant leur intuition, mettant leur vie en danger. Leur enquête les mènera jusqu’en Belgique, au fin fond des Ardennes où elles croiseront de curieux personnages et un médecin très particulier. L’auteur nous immerge complètement et nous fait ressentir l’ambiance brumeuse, sombre et étrange de ce minuscule village.

Hervé Jourdain est un ancien capitaine de la brigade criminelle, il sait de quoi il parle, les enquêtes sont complexes, minutieuses, criantes de réalisme, très prenantes, hyper bien ficelées. Aucune longueur, un tempo parfait, le lecteur est captivé de bout en bout, il aura bien du mal à lâcher sa lecture avant la fin tant le suspense et la tension vont crescendo jusqu’au final scotchant.

Un polar très efficace que j’ai beaucoup aimé, je vous le recommande chaudement.

Je remercie chaleureusement les éditions Fleuve pour leur confiance.

4ème Couverture

Une femme est retrouvée morte dans le parc naturel des Ardennes.
À plusieurs kilomètres de là, le corps d’une autre est repêché dans la Seine.
Sur le pull que portait la première victime, l’ADN de l’épouse d’un chef de brigade de la PJ de Paris. Au cou de la seconde, un curieux médaillon en forme de chouette.
Le commandant Guillaume Desgranges est chargé de l’enquête parisienne. Et ce qui se passe dans les Ardennes, il refuse d’en entendre parler : il a élevé seul son fils et remué ciel et terre pour retrouver celle qu’il aimait. Le temps a passé. Son évaporation ne regarde qu’elle, à présent, où qu’elle soit.
Le brigadier Zoé Dechaume ne l’entend pas de cette façon et n’a qu’une idée en tête : remonter la piste ardennaise. Alors, en toute clandestinité, et en duo avec sa coéquipière Lola Rivière, elle va se lancer sur les traces d’une femme qu’elle ne connaît pas, mais dont elle a toutes les raisons de penser qu’elle vit encore.
Mettant en péril leurs carrières et bien plus encore, les deux jeunes femmes vont se heurter aux secrets qui contraignent au silence, écorchent, et finissent par tuer ceux qui les portent.

Editeur: Fleuve, 416 pages, date sortie: 11 octobre 2018

Inexorable – Claire Favan

Inexorable – Claire Favan

Claire Favan délaisse le monde du thriller pur pour nous offrir un roman noir bouleversant, un récit qui sort de ses tripes, une mise à nu très inspirée de son vécu.
Je ne parlerais pas de virage à 180°, ce roman très personnel surprendra certains lecteurs, oui et alors ? l’auteure nous a prévenu plusieurs fois.
Je dis bravo et merci Claire Favan d’avoir osé un roman qui sort du moule, un roman différent pour parler de la différence.
Un roman noir puissant, porteur d’un message fort, avec une intrigue sur des meurtres de femmes en toile de fond laissant la part belle aux personnages et aux émotions.

Inexorable est préfacé par Gabriel Favan, le fils de Claire, il nous parle de la différence et du harcèlement scolaire « Pour moi, la différence, c’est lorsque même quand je n’avais rien fait, c’est toujours moi qu’on punissait. Et plus ils agissaient ainsi et plus je perdais le contrôle, et plus je leur donnais raison de le faire. »

Il m’est bien difficile de vous parler de cette histoire sans vous en dire trop, juste quelques mots, je préfère vous laisser découvrir l’intrigue. Milo, un môme de quatre ans vit tranquillement avec sa mère et son père Victor, souvent absent pour raisons professionnelles. Il adore son père, il l’a même déifié. Une nuit la police débarque pour arrêter Victor, une arrestation musclée et violente. Cela se passe avec sous les yeux de Milo, un choc, un traumatisme pour lui, il ne s’en remettra pas. Il choisira la violence, la rage et la colère pour exprimer son mal être. Ainsi débute sa lente descente aux enfers.

Inexorable aborde beaucoup de thèmes. Celui de l’enfance abimée et la société qui stigmatise, étiquette, enferme les enfants différents dans des cases. L’école harcèle ces mômes devenus des moutons noirs, des boucs émissaires quoi qu’ils fassent. Le système les broie et l’engrenage se referme vite, tellement vite qu’il devient quasi impossible d’en sortir.

Ineroxable, le combat  d’une mère qui lutte sans relâche pour soutenir et protéger son enfant contre les préjugés, seule contre toutes les instances de la société. Les  difficultés s’accumulent, les doutes et les questions l’assaillent au quotidien, la solitude est si lourde dans ce combat… peu importe, cette mère désespérée ne lâche rien, elle ira jusqu’où point de non retour.

Inexorable, une intrigue prenante qui pose beaucoup de questions, soulève une réflexion intéressante et suscite certaines prises de conscience. Claire Favan nous parle avec beaucoup d’intelligence, de finesse et subtilité sans donner l’impression d’être une donneuse de leçon. Les émotions sont palpables à chaque page, c’est poignant, émouvant et d’une incroyable justesse.

Inexorable, le cri d’amour inconditionnel d’une mère pour son fils a touché mon coeur en plein centre. Je ne suis pourtant pas mère, mais l’immense talent de Claire Favan a suffi à ouvrir la porte.

Je remercie chaleureusement les éditions La Bête Noire pour leur confiance.  Mention spéciale pour la très belle couverture.

4ème Couverture

Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.
Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.
Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.
Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.
Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…
Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.

Editeur: Robert Laffont (coll. La Bête Noire), 384 pages, date sortie: 11 octobre 2018