La faim et la soif – Mickaël Koudero

La faim et la soif – Mickaël Koudero

Un thriller viscéral et terrifiant !!!

Une plongée aux confins de l’horreur, aux portes du cannibalisme.
Un voyage à la rencontre du mal entre Paris, Prague et la Roumanie.

Mickaël Koudero nous happe et nous captive dès le premier chapitre avec une scène d’une force incroyable,  on accroche tout de suite et il est bien difficile de lâcher l’histoire avant la dernière page. On en ressort sans voix, complètement abasourdi K.O. debout !

Une histoire tentaculaire qui nous fait voyager bien profondément dans le sordide, la noirceur, les trafics et la folie humaine. De quoi perdre le peu de foi qu’il vous reste pour l’humanité. C’est violent, je vous conseille de ne pas trop manger durant votre lecture, mieux vaut avoir les tripes et le coeur bien accrochés. J’ai frôlé le malaise durant les premiers chapitres, l’auteur est fort doué pour faire remonter nos peurs primitives, les miennes étaient enfouies bien profondément, des peurs d’enfance teintées du diable, Satan et autres vampires.

La construction est machiavélique, la trame est plus qu’intelligente, les fils s’entremêlent à souhait pour former une gigantesque toile et le passé de la Roumanie, la Securitate de Ceausescu, la Révolution de 1989, se mêlent savamment au présent.  Le scénario complexe sort de l’ordinaire, il se complexifie dans la deuxième partie avec quelques petites longueurs (on est quand même sur 525 pages) et la fluidité du récit en souffre par moment. Attention, je ne suis pas entrain de dire que l’auteur perd son lecteur, mais l’histoire est tellement dense avec de nombreux personnages, on a tout intérêt à ne pas déposer son cerveau durant la lecture. C’est le seul bémol que j’émettrai. J’ai quand même frôlé le coup de coeur !

J’ai adoré le personnage principal, Raphaël Bertignac, un ancien grand reporter qui a tout lâché, tout perdu, boulot et famille.   Engagé par la rédactrice de BFM TV, son instinct de chasseur se réveille, il reprend du service et s’engage dans une folle enquête pour découvrir la terrible vérité. Un gars coriace, entêté, qui n’a pas froid aux yeux, un gars touchant qu’on aime tout de suite.

J’ai beaucoup aimé l’écriture, la plume visuelle ne se perd pas dans les détails. Elle est légère, voire même poétique par moments, en contraste total avec l’ambiance noire, glauque et macabre qui se dégage du récit. Les influences de JC Grangé sont bien présentes, avec l’ambiance de ses excellents premiers romans, comme ‘Le vol des cigognes’.

Une lecture intense qui laissera des traces en moi. Les âmes trop sensibles passeront leur chemin !

Le premier roman de l’auteur « Des visages et des morts » se trouve dans ma PAL. Mon petit doigt me dit que je vais le lire dans pas trop longtemps. Retenez bien le nom de Mickaël Koudero, il a un talent de dingue et  fera beaucoup parler de lui dans les prochaines années.

Je remercie chaleureusement les éditions Hugo Thriller pour leur confiance.

4ème Couverture

Paris, juin 2015. Dans un appartement aux allures de chapelle, une jeune femme s’est tailladé les veines. Avant de commettre l’irréparable, elle a cherché à s’arracher les yeux. Plus étrange encore, ces liasses de feuilles froissées sur lesquelles elle a griffonné le même nom : Nosferatu. Un mot roumain qui renvoie aux non-morts, aux vampires et au Diable.

Ancien journaliste d’investigation, Raphaël Bertignac fait le lien avec la découverte dans un parking en construction, quelques mois plus tôt, du corps d’un jeune Roumain sans papiers. Vidé de son sang. À moitié dévoré. Les organes arrachés. Deux affaires en apparence distinctes. Et pourtant…

Cannibale, Diable, organes… des mots aux sonorités animales qui poussent Raphaël à mener l’enquête à Paris, à Prague et jusqu’au tréfonds de la Roumanie. Dans ces territoires interdits où il comprendra que sous les cendres de la révolution de 1989 et la chute de Ceaușescu, une menace est née. Intime. Cannibale. Sauvage. La faim et la soif.

Editeur: Hugo Thriller, 525 pages, date sortie : 7 février 2019

Dans l’ombre du brasier – Hervé Le Corre

Dans l’ombre du brasier – Hervé Le Corre

Immense et époustouflant roman !

Paris durant les dix derniers jours de la Commune, du 18 au 28 mai 1871. C’est l’état de siège, la fin d’un rêve. La ville est à feu et à sang, les barricades se dressent dans chaque rue, les combats font rage, le peuple refuse d’abdiquer, les troupes versaillaises sont prêtes à détruire Paris plutôt que le laisser au peuple. Au beau milieu de ce chaos, un tueur en série kidnappe des jeunes filles, il se livre à un odieux trafic en les revendant à un photographe porno, à des proxénètes et des bordels. Une de ses dernières victimes est Caroline, une infirmière de la Commune, l’amoureuse du sergent Nicolas Bellec engagé auprès des Communards. Sous les obus, dans la furie des combats, le sort de ces jeunes filles n’intéresse pas vraiment les gardiens de la paix, sauf un… il s’agit d’Antoine Roques, un citoyen relieur promu commissaire par le peuple. Il se lance sur les traces de Caroline et s’engage dans une véritable course contre la montre. Mais réussira t il à la retrouver vivante ?

Quel sacré bouquin ! Un savant mélange de polar noir au coeur d’un roman historique, un roman populaire d’aventures avec une touche de romanesque. Un roman étonnamment moderne qui entre en résonance avec le contexte social actuel. L’histoire ne serait elle qu’un éternel recommencement ?

Une exceptionnelle plume oscillant entre élégance et modernité et qui nous immerge complètement dans cette ambiance d’apocalypse, au coeur de la  barbarie sanglante des combats.  La documentation et les descriptions sont d’une extraordinaire précision, sans jamais alourdir le récit. Nous sentons les odeurs de poussière, de poudre, de boue, de sueur, de sang, nous suffoquons dans les odeurs d’excréments. Nous ressentons la colère et la peur des hommes au combat, nos tripes se nouent face à la douleur des corps meurtris par les baïonnettes, nous vibrons face au courage de ces hommes qui luttent pour porter leurs idéaux d’un meilleur avenir.

Au milieu de ce chaos, il y a des héros, des hommes et des femmes d’une grande profondeur, ils brûlent d’espoir, ils rêvent, nouent des amitiés très fortes, s’entraident, partagent, trinquent, rigolent, tombent amoureux et s’aiment.

Une fresque fascinante entre utopie, tragédie, espérance, fraternité et humanité.
De la vraie, grande et belle littérature qui nous bouleverse entièrement.

J’ai adoré l’immense talent d’Hervé Le Corre !

Je remercie chaleureusement les éditions Rivages pour leur confiance.

4ème Couverture

A Paris, pendant les dix derniers Jours de la Commune. Dans les rues de la ville bombardée où se dressent des barricades, le mal rôde. Des jeunes femmes disparaissent, enlevées par un personnage aussi pervers que repoussant. Parmi elles, Caroline, la bien-aimée du sergent Nicolas Bellec qui combat dans les rangs des Communards. Antoine Roques, promu au rang de « commissaire » de police par la Commune, enquête sur l’affaire. Mû par le sens du devoir, il se lance à la recherche de la jeune femme, bravant les obus, les incendies, les exécutions sommaires… Et tandis que Paris brûle, Caroline, séquestrée, puis « oubliée » dans une cave parmi les immeubles effondrés, lutte pour sa survie. C’est une course contre la montre qui s’engage, alors que la Commune est en pleine agonie.

Editeur: Rivages, 491 pages, date sortie: 2 janvier 2019

Bilan lecture – janvier 2019

Bilan lecture – janvier 2019

8 livres lus, soit 2853 pages

Alors là, on peut dire que l’année commence fort, TRES fort, si 2019 se poursuit sur le même ton, je signe tout de suite !  Un exceptionnel mois lecture avec de très belles découvertes, deux étonnants premiers romans, deux coups de coeur et un chef d’oeuvre.  Que demander de plus ? Mon âme de serial lectrice est comblée à 100%.

Allez, c’est parti pour découvrir mes lectures en résumé. Comme d’habitude, les liens des chroniques se trouvent en bas de page.

Avalanche Hotel – Niko Tackian : Un thriller hypnotique, envoûtant et anxiogène qui vous surprendra et vous déstabilisera plus d’une fois. Un auteur que je suis depuis ses débuts et que j’aime vraiment beaucoup.

Un demi siècle de mensonges – Jean Louis Aerts : La suite de Un siècle de mensonges. Une saga très originale à mi chemin entre le récit d’une histoire familiale mêlé d’aventures et d’Histoire.

Né d’aucune femme – Franck Bouysse :  CHEF D’OEUVRE !!!  Un coup de coeur, un coup en plein coeur, un coup de foudre… le premier de l’année et je sais que je ne pourrai rien lire d’aussi beau durant les douze prochains mois.

L’erreur – Susi Fox : Déception ! Tout ça pour ça !!! Vous voulez vraiment qu’on en parle de la révélation finale ?

L’empathie – Antoine Renand : Coup de coeur ! De la graine de géant, l’auteur frappe TRES fort avec son premier thriller. 100% impressionnant…  100% maitrisé… Totale réussite !!!

Gangs of L.A. – Joe Ide : Un bon divertissement qui m’a fait passé un chouette moment lecture. Si vous aimez Elmore Leonard, George Pelecanos, Joe R. Lansdale, il y a de fortes chances que vous succombiez au charme d’IQ.

Trouver l’enfant – Rene Denfeld : Coup de coeur ! Un huis clos à ciel ouvert. Un suspense envoûtant et hypnotique. Un roman noir et lumineux, un joyau qui vous obsèdera longtemps. A découvrir !!!

Lectio Letalis – Laurent Philipparie : Un titre énigmatique, une sublime couverture qui attire le regard, une quatrième de couverture fort intrigante…  Un livre et des oiseaux qui tuent, avouez que ce n’est pas banal. Voilà une très belle découverte !

La faim et la soif – Mickaël Koudero : lecture en cours, ouch que c’est bon ! si continue sur la même lancée, ça sent le coup de coeur !

Cliquez sur les titres pour lire les chroniques.

Avalanche Hôtel – Niko Tackian

Un demi-siècle de mensonges – Jean-Louis Aerts

Né d’aucune femme – Franck Bouysse

L’erreur – Susi Fox

L’empathie – Antoine Renand

Gangs of L.A. – Joe Ide

Trouver l’enfant – Rene Denfeld

Lectio Letalis – Laurent Philipparie

Soyez fous et déraisonnables, peu importe la hauteur de vos PAL,
achetez des livres, beaucoup de livres, prêtez les, empruntez les peu importe.
LISEZ, LISEZ, LISEZ… cela rend heureux.

Lectio Letalis – Laurent Philipparie

Lectio Letalis – Laurent Philipparie

Lectio Letalis… lecture létale…

Un titre énigmatique, une sublime couverture qui attire le regard, une quatrième de couverture fort intrigante…  ma curiosité est plus que titillée, j’ai envie de découvrir Laurent Philipparie. Oh que j’ai bien fait d’écouter mon feeling, voilà une fort belle découverte ! J’ai pris beaucoup de plaisir et j’ai passé un excellent moment lecture.

Deux mots sur l’intrigue. Paris, un jeune assistant éditeur s’ouvre les veines pendant qu’il est entrain de lire un manuscrit. C’est le troisième à mourir durant la lecture de cet étrange ouvrage. Bordeaux, un psychiatre est retrouvé mort dans son cabinet, assassiné et mutilé par un rapace. L’enquête est confiée au lieutenant Gabriel Barrias. Il y aurait un lien entre les deux affaires… c’est Anna Jeanson, la seule survivante d’une importante secte qui a choisi le suicide collectif.

Avouez que c’est pas banal comme histoire, un livre et des oiseaux qui tuent !

Fort heureusement, l’auteur n’est pas tombé dans le piège du thriller ésotérico-fantastique, il se concentre sur l’enquête et nous offre un thriller extrêmement palpitant et passionnant. Si l’histoire démarre sur des chapeaux de roue et nous happe dès la première page, le rythme oscillera ensuite entre accélérations et moments plus calmes de réflexion, j’ai beaucoup aimé le mélange des deux.

L’affaire est fort complexe, elle se resserre autour d’une étrange secte qui utilise l’hypnose pour manipuler les esprits et dresse des rapaces à tuer. Les scènes d’actions musclées sont plus vraies que nature (l’auteur est policier, il sait de quoi il parle), les rebondissements et surprises s’enchaînent à un rythme parfait. Les deux personnages principaux sont fort attachants. Gabriel Barrias, un ex indic SDF devenu flic, il ne passe pas inaperçu et son caractère plus que trempé énerve sa hiérarchie. Anna, très mystérieuse, victime ou manipulatrice, qui est-elle vraiment ? Ensemble, ils forment un duo de choc qui nous causera quelques frayeurs et palpitations cardiaques.
Petite note à l’auteur, j’aimerais en savoir plus sur Gabriel et le retrouver dans une prochaine aventure.

368 pages de pur plaisir, 368 pages qui se tournent toutes seules.

Un roman très original que je vous conseille fortement.

Lectio Letalis est le second roman de Laurent Philipparie, après Ne regarde pas l’ombre publié aux éditions Vents salés.

Je remercie chaleureusement les éditions Belfond pour leur confiance.

4ème Couverture

Oserez-vous tourner les premières pages du LECTIO LETALIS ?
Paris. Un assistant d’édition tout juste embauché se tranche les veines à la lecture du premier manuscrit qui lui est confié. C’est la troisième fois, en quelques semaines, que le même scénario-suicide se produit dans cette maison d’édition.

Bordeaux. Le lieutenant Gabriel Barrias, ancien indic devenu flic, enquête sur l’assassinat atypique d’un psychiatre massacré par un rapace, dans son cabinet, en pleine consultation.

Deux affaires éloignées en tout point, et pourtant. Un nom apparaît des deux côtés. Celui d’Anna Jeanson, qui fut, dix ans plus tôt, l’unique survivante d’un suicide collectif survenu dans une secte dressant des animaux à tuer.

Un livre et des oiseaux qui tuent, personne ne pourrait y croire. Mais sous la plume de Laurent Philipparie, capitaine de police, tout est si vrai que c’en est effrayant.

Editeur: Belfond, 368 pages, date de sortie: 17 janvier 2019

Gangs of L.A. – Joe Ide

Gangs of L.A. – Joe Ide

L’auteur, Joe Ide, a grandi à South Central, un quartier chaud de Los Angeles. Passionné par Arthur Conan Doyle et Sherlock Holmes, il est persuadé qu’une personne peut triompher de n’importe quel adversaire par sa seule intelligence. Gangs of L.A. est son premier roman, le premier d’une série qui en compte déjà trois aux Etats Unis et récemment adapté en série TV.

Isaiah Quintabe, dit IQ, est un détective privé sans licence, une sorte de Sherlock Holmes noir qui vit à East Long Beach en Californie, un quartier en proie à la criminalité où les gangs latinos et afro-américains s’entretuent. Il vivote en enquêtant pour les personnes qui ont besoin de ses services, il n’accepte que les demandes que la police ne traite pas et reçoit des rémunérations dérisoires, quand ce n’est pas une tarte aux patates douces ou un poulet. IQ est un drôle de gus, hyper intelligent, passionné de lecture, doté de capacités de raisonnement hors du commun, observateur. Il refuse de porter une arme mais a étudié le Krav Maga (une forme d’arts martiaux de l’armée israélienne) et ses mouvements sont rapides comme l’éclair.

Un jour, Dodson, son ex co-locataire, un dealer notoire, refait surface et tente de le convaincre d’accepter une affaire qui leur rapportera gros. IQ accepte à contre coeur et les voilà engagés par un chanteur de rap dépressif, une vraie star convaincue qu’on veut sa peu.

Une enquête plus que mouvementée pour nos deux loustics qui croiseront une galerie de personnages hauts en couleur et des pitbulls géants pas vraiment sympas.

C’est bien rythmé, noir, violent par moment mais on rit beaucoup des engueulades mémorables des deux compères. C’est bourré d’humour, de dialogues trash et truculents et certains personnages méritent le détour, comme Deronda, ex Miss Bon Gros Burger ou Cal, le rappeur dépressif.
L’enquête est passionnante même si on s’emmêle parfois les pinceaux. J’ai beaucoup aimé l’alternance des époques et les flash back huit ans en arrière, dans le passé d’IQ, jeune adolescent marqué à tout jamais par un drame personnel qu’il vivra. Cela donne une belle profondeur au personnage.

Un bon divertissement qui m’a fait passé un chouette moment lecture. Si vous aimez Elmore Leonard, George Pelecanos, Joe R. Lansdale, il y a de fortes chances que vous succombiez au charme d’IQ.

Je remercie chaleureusement les éditions Denoël pour leur confiance.

4ème Couverture

La police de Los Angeles ne parvient pas à juguler la criminalité galopante dans les quartiers mal famés à l’est de Long Beach : meurtres impunis, retraités dépouillés, enfants kidnappés… Mais on murmure le nom d’un citoyen qui peut aider ceux à qui la police tourne le dos : Isaiah Quintabe.
On l’appelle IQ. Un loup solitaire qui n’a jamais fait d’études, et qui cache sous une apparence nonchalante une ténacité à toute épreuve et une intelligence hors du commun. Ses clients, reconnaissants mais sans le sou, lui donnent ce qu’ils peuvent en paiement : un jeu de pneus neufs, un gratin fait maison… Mais pour survivre il doit également accepter des contrats en espèces sonnantes et trébuchantes.
Cette fois, il est appelé par un célèbre chanteur convaincu qu’on veut sa peau. L’enquête d’Isaiah lui fera croiser une ex-femme rancunière, une bande de malfaiteurs notoires, un molosse aux crocs acérés et un tueur à gages sanguinaire.

Editeur: Denoël, 400 pages, date sortie: 10 janvier 2019

Né d’aucune femme – Franck Bouysse

Né d’aucune femme – Franck Bouysse

S’il n’en restait plus qu’un….

Sur mon montage photo, j’ai écrit ces quelques mots: « un roman d’une sensibilité incroyable, d’une beauté et d’une poésie rare. On touche au sublime ». Je ne suis pas sûre de pouvoir en dire plus tant il m’est difficile, voire impossible de vous parler de ce roman.

Je me souviens que dans ma chronique de Glaise, j’avais hésité à écrire le mot chef d’oeuvre, quand tant d’autres l’avaient fait.

Aujourd’hui, j’ai envie de l’écrire plusieurs fois, en italique, en gras, en majuscule.  Né d’aucune femme est un CHEF D’OEUVRE !!!
Un coup de coeur, un coup en plein coeur, un coup de foudre… le premier de l’année et je sais que je ne pourrai rien lire d’aussi beau durant les douze prochains mois.

S’il vous plait, ne lisez pas les chroniques qui vous raconteront le livre de long en large, vous allez vous gâcher toute la magie de cette lecture, la quatrième de couverture est parfaite.
Il faut tourner les pages délicatement pour entrer à petits pas dans ce joyau et se laisser surprendre. Cette histoire, c’est l’histoire de Rose, une petite fille de quatorze qui nous murmure des mots dans l’oreille… des mots si beaux que nous relisons chaque phrase deux fois.

Comment vous dire que Franck Bouysse s’est glissé dans la peau d’une petite fille de quatorze ans jusqu’à ressentir les vibrations sortant de ses entrailles…
Comment vous dire l’immense talent et le génie de l’auteur pour fouiller l’âme de ses personnages…
Comment vous dire les émotions rarement ressenties à la lecture d’un livre, les larmes qui coulent et qui coulent encore, le coeur au bord des lèvres…
Comment vous dire le désespoir et la noirceur de ce récit touchant de si près la lumière et l’espoir…
Comment vous dire la plume exceptionnelle de Franck Bouysse, influencée par Faulkner, Giono, Morrisson, McCarthy… Les mots si beaux, les respirations, les silences, la sensibilité et la musique particulière qui s’en dégage…
Comment vous dire que Rose vous hantera à tout jamais.  Que son histoire intemporelle est l’histoire de milliers de femmes…
Comment vous dire toute la magie, toute la pudeur de ce chef d’oeuvre…
Comment vous dire que je suis restée plusieurs jours sans pouvoir ouvrir un autre livre…

Les mots me manquent, tout simplement…

Merci monsieur Franck Bouysse, merci du fond du coeur pour ce moment rare.

Une mention spéciale pour la sublime couverture. Je remercie chaleureusement La Manufacture de livres pour leur confiance.

4ème Couverture

 » Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile.
— Et alors, qu’y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je.
— Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés.
— De quoi parlez-vous ?
— Les cahiers… Ceux de Rose. »
Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec Né d’aucune femme la plus vibrante de ses oeuvres. Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l’âme humaine.

Editeur: La Manufacture de livres, 336 pages, date sortie: 10 janvier 2019

Un demi-siècle de mensonges – Jean-Louis Aerts

Un demi-siècle de mensonges – Jean-Louis Aerts

En 2017, je vous avais parlé d’une belle découverte, Un siècle de mensonges , c’était le premier roman d’un « jeune » auteur belge.

Deux ans plus tard, voici la suite des aventures palpitantes de Marylou. Une saga très originale à mi chemin entre le récit d’une histoire familiale mêlé d’aventures et d’Histoire.

Notre héroïne Marylou s’est posée à la campagne pour y mener une vie calme avec sa famille. Le répit sera de courte durée, son grand père décède, la police penche pour la thèse de l’assassinat et la voilà rattrapée par son douloureux passé.

Nous allons remonter le cours de trois histoires familiales tout en re-visitant une partie de l’histoire de Belgique, l’exposition universelle de 1958, l’incendie de l’Innovation en 1967…
Le passé s’emboîte à merveille dans le présent, ces différentes histoires sont intimement liées et imbriquées comme les pièces d’un gigantesque puzzle.

Je me suis laissée porter par le récit mais j’avoue avoir été un peu moins surprise, un peu moins déroutée que dans le premier tome des aventures de Marylou. J’ai trouvé certains passages un peu tirés par les cheveux, même si l’ensemble cohérent.  Le rythme est parfait, il oscille entre accélérations et moments de respiration. L’enquête est complexe, les révélations nombreuses, on ne s’ennuie pas un instant. Entre mensonges et mystères, Jean-Louis Aerts nous embarque et nous manipule de bout en bout en déroulant son récit sur un demi siècle d’histoire.

Un très agréable moment lecture !  Pour ceux qui se poseraient la question, il faut bien entendu les lire dans l’ordre.

Je remercie les éditions 180° pour leur confiance.

4ème Couverture

1940 : Émilie a quatorze ans quand la Deuxième Guerre mondiale vient bouleverser ses rêves d’adolescente.
1961 : Jeanne a dix-huit ans lorsque sa vie vole en éclats.
2006 : Marylou a quarante ans au moment où deux drames font basculer son existence et lui rappellent son douloureux passé.
Quel lien unit ces trois femmes ? Qui donc a intérêt à déterrer les vieux démons ? L’inspecteur Gleizner mène l’enquête et tente de démêler l’écheveau de mensonges qui entoure les mystérieux incidents dont est victime Marylou.

Editeur: 180°éditions, 352 pages, date sortie : 24 novembre 2018

Avalanche Hôtel – Niko Tackian

Avalanche Hôtel – Niko Tackian

Envoûtant

Le jour de Noël, j’ai réservé la chambre 81 à Avalanche Hôtel, un hôtel hostile et mystérieux perdu au milieu des montagnes enneigées. J’ai eu froid durant toute mon séjour et pourtant, j’étais bien emmitouflée.

Le pitch en deux mots : nous sommes en 1980, en pleine tempête de neige, Joshua, agent de sécurité à Avalanche Hôtel fait une chute, il tombe dans le coma durant deux jours. Il se réveille, nous sommes en 2018. Est-il entrain de rêver ? Plongé dans un mauvais cauchemar ? Est-il schizophrène ?

Dès les premières pages, l’auteur distille un suspense et une tension qui ne nous lâcheront pas jusqu’au dénouement imprévisible. Il réussit à nous retourner le cerveau en mêlant  habilement rationnel et irrationnel, il installe le doute en nous et nous fait voyager entre rêve et réalité, tout en restant bien ancré dans l’intrigue.
Il nous questionne sur la mémoire, les souvenirs, les rêves et la mort avec une subtilité étonnante.

Niko Tackian maîtrise à 100% l’art du huis clos. Après l’immensité du désert dans « La nuit n’est jamais complète », nous voilà entrain de trembler dans l’immensité des montagnes. Sa plume très visuelle nous immerge complètement dans une ambiance mystérieuse, lugubre, glaçante.

Un thriller hypnotique et anxiogène qui vous surprendra et vous déstabilisera plus d’une fois.

A lire d’une traite si possible, bien au chaud sous un plaid, en retenant votre souffle.

Un seul petit bémol, j’ai trouvé mon séjour trop court, j’aurais aimé jouer les prolongations.

Si vous avez aimé La nuit n’est jamais complète, vous aimerez Avalanche Hôtel. Par contre, si l’irrationnel vous hérisse le poil, vous devriez peut être passer votre chemin et vous ruer sur l’excellente série du commandant Tomar Khan (Toxique et Fantazmë, tous deux sortis en poche).

Je remercie chaleureusement les éditions Calmann Lévy pour leur confiance. Mention spéciale pour la sublissime couverture.

4ème Couverture

SURTOUT, NE VOUS FIEZ PAS À VOS SOUVENIRS !
Janvier 1980. Joshua Auberson est agent de sécurité à l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Il enquête sur la disparition d’une jeune cliente avec un sentiment d’étrangeté. Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua a si froid qu’il perd connaissance… et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma. Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps. Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma. Un rêve, vraiment ?

Editeur: Calmann Lévy Noir, 270 pages, date sortie: 2 janvier 2019

Bilan lecture – décembre 2018

Bilan lecture – décembre 2018

8 livres lus, soit  3379 pages.

Je termine l’année avec de belles retrouvailles. Une sacrée découverte avec le premier roman de Pierre-Jean Verhoye. Une déception avec le dernier Fabio M. Mitchelli. Une claque monumentale d’un immense auteur que ne je n’avais encore jamais lu : Don Winslow. J’ai déjà lu deux sorties de 2019, Avalanche Hôtel et L’erreur, mes chroniques vont arriver.

Allez, c’est parti pour un résumé de mes lectures. Comme d’habitude, les liens des chroniques se trouvent en bas de page.

Corruption – Don Winslow : Une claque monumentale ! Coup de coeur !  Je me suis retrouvée plongée dans la brillante série The Shield (que j’adore !) aux côtés de Vic Mckay, le double de notre héros Dennny Malone. Un roman puissant, passionnant, magistral. Un pur chef d’oeuvre ! J’ai refermé Corruption à regret en me demandant ce que j’allais bien pouvoir lire après.

Sur le ciel effondré – Colin Niel : L’enquête est passionnante et captivante de bout en bout, les 500 pages défilent toutes seules et le dépaysement total vous réservera bien des surprises. A mi chemin entre le polar ethnologique et le très bon roman noir.

Et Quest – Jean Louis Rouillan : Globalement, j’ai passé un bon moment de lecture avec Et Quest, une intrigue à connotation fantastique qui démarre sur les chapeaux de roue. Un roman qu’on lit quasi d’une traite sans une seconde d’ennui.

La fille du port de la lune – Simone Gélin : Réédition du premier roman de l’auteure, entre le roman et le polar. J’ai retrouvé toutes les graines de son immense talent, prêtes à germer et à exploser dans ses romans suivants. J’ai retrouvé sa sensibilité à fleur de peau qui me touche et m’émeut profondément, sa subtilité, sa force, sa poésie noire.

No trace – Pierre-Jean Verhoye : Une lecture qui laisse des traces ! Un premier roman mené de main de maître, un parfait mélange de thriller et de fantastique avec un zeste de romance. L’auteur a une imagination débordante, il nous offre une intrigue intelligente, passionnante, ficelée à merveille, qui nous tient en haleine tout au long des 550 pages.

Le dernier festin – Fabio M Mitchelli : Ca ne l’a pas fait pour moi. J’ai erré comme une âme perdue dans cet immense dédale, je me suis perdue dans les boucles de cet univers parallèle en essayant de m’accrocher aux multiples histoires peuplées de trop nombreux personnages auxquels je ne me suis pas du tout accrochée.

Avalanche Hôtel – Niko Tackian > chronique à venir

L’erreur – Susi Fox > chronique à venir

Cliquez sur les titres pour lire les chroniques entières

Corruption – Don Winslow

Sur le ciel effondré – Colin Niel

Et Quest – Jean Louis Rouillan

La fille du port de la lune – Simone Gélin

No Trace – Pierre-Jean Verhoye

Le dernier festin – Fabio M. Mitchelli

Avalanche Hôtel – Niko Tackian > chronique à venir

L’erreur – Susi Fox > chronique à venir

Je vous souhaite une magnifique année 2019, remplie d’excellentes lectures.
Qu’elle vous soit douce et vous réserve de belles surprises.

Soyez fous et déraisonnables, peu importe la hauteur de vos PAL,
achetez des livres, beaucoup de livres, prêtez les, empruntez les peu importe.
LISEZ, LISEZ, LISEZ… cela rend heureux.

Le dernier festin – Fabio M. Mitchelli

Le dernier festin – Fabio M. Mitchelli

J’ai découvert Fabio M. Mitchelli avec La compassion du diable, une sacrée découverte (non chroniqué car je n’avais pas encore de blog), Une forêt obscure  fait partie de mes coups de coeur 2016 et Le tueur au miroir est un de mes coups de coeur 2017. L’auteur ne m’a jamais déçue, c’est donc toute confiante et excitée que j’ai entamé Le dernier festin, un thriller horrifique fantastique, une réédition de la Trilogie des verticales publiée entre 2010 et 2012.

Et là, je suis bien embêtée, je tournicote depuis des heures devant ma page blanche et les mots ne veulent pas sortir. Comment vous dire que « ça ne l’a pas fait pour moi », je ne suis pas parvenue à entrer pleinement dans l’histoire et je le regrette d’autant plus que j’aime l’auteur.

Peut être est-ce le mélange entre fantastique et délires oniriques qui m’a dérangée ?  J’ai erré comme une âme perdue dans cet immense dédale, je me suis perdue dans les boucles de cet univers parallèle en essayant de m’accrocher aux multiples histoires peuplées de trop nombreux personnages auxquels je ne me suis pas du tout accrochée.

Vous pourriez y voir un énorme paradoxe, vous pourriez même être surpris ou penser que je suis cinglée si je vous dis que Le dernier festin est très bon et bluffant d’originalité.

Fabio M. Mitchelli explore le Mal et l’anthropophagisme  à travers l’histoire de l’ogre de Rostov, un des pires criminels du XXè siècle. Il est tellement doué pour plonger dans nos peurs les plus profondes, c’est noir, violent, horrible et baroque à la fois. Certains passages sont terrifiants à vous couper le souffle ou vous retourner les tripes tant la plume de l’auteur est exceptionnelle.

Je ne m’étendrai pas beaucoup plus et j’assume entièrement mon ressenti. Peut être ne devrais-je plus lire les premiers romans d’auteurs qui ont atteint des sommets, ils sont trop en décalage avec mes attentes ?
Ce ressenti n’est que mon humble avis, faites vous le vôtre. Le dernier festin est salué unanimement par la critique.   Je terminerai en vous disant que j’ai hâte de lire le prochain roman de Fabio M. Mitchelli.

Je remercie chaleureusement les éditions French Pulp pour leur confiance.

4ème Couverture

Clarisse est morte. Elle ouvre les yeux sur son corps mutilé, entouré par la police scientifique qui s’affaire sur la scène de crime de son propre meurtre, quelque part sur une route de montagne des Alpes françaises…
Clarisse va vivre ses derniers instants post-mortem dans une bien singulière situation : celle de refaire à l’envers le chemin des heures qui ont précédé sa mort, afin de confondre son propre meurtrier.
Chris Lanzman, officier de police judiciaire, va chercher à découvrir ce qui a bien pu se produire cette nuit-là, sur cette route isolée. Egalement chargés de l’affaire, deux autres enquêteurs accompagnés d’un médium vont tenter d’entrer dans la tête du redoutable criminel.
Mais à trop vouloir approcher le monstre, on en oublie parfois que la vie ne tient qu’à un fil…

Editeur: French Pulp, 382 pages, date sortie: 11 octobre 2018