Déchirer les ombres – Eric L’Homme

Déchirer les ombres – Eric L’Homme

Road trip mystique

Erik L’Homme, auteur jeunesse à succès, publie son premier roman adulte.

Un court récit qu’on lit d’une traite, sans reprendre son souffle. Aucune narration, description, fioritures, uniquement du dialogue. Dans les premières pages, la forme peut dérouter certains lecteurs. Des phrases courtes écrites au scalpel.

Lucius Scrofra est un ancien militaire qui a tout perdu dans la guerre d’Afghanistan. Une espèce de Rambo qui a lu Sénèque, ex prof de philo, mystique et fou sur les bords, chaman inspiré. Après une folle nuit d’amour, il embarque la jeune Anastasie, étudiante en psycho, sur sa Harley Davidson. Ils foncent à toute allure dans une quête initiatique teintée de vengeance, de folie et de sagesse à la rencontre du monde, des âmes, des fantômes, des Mystères cosmiques et des forces de la nature.

C’est intense, tranchant, brutal, percutant, fulgurant, violent, cru.

Une quête, une histoire d’amour, une histoire de mort, une tragédie grecque, une réflexion sur notre monde de consommation, cet OLNI (objet littéraire non identifié) est une expérience de lecture très perturbante et déstabilisante. Je ne la conseillerais pas à tout le monde et les âmes sensibles passeront leur chemin.  J’ai beaucoup aimé !

J’ai découvert ce livre grâce à Elsa Roch et je la remercie.

4ème Couverture

La vengeance d’un homme auquel on a tout pris, même la raison.
Un amour condamné au destin des étoiles filantes…

Officier français de retour d’Afghanistan, grande gueule désespérée par ce qu’est devenue la France, personnage hors norme, LuciusScrofa surgit avec sa Harley Davidson chez son ancien lieutenant. Anastasie, la nièce de ce dernier, est là, jeune, lumineuse. Elle est fascinée par cette force de la nature qu’est Scrofa, il est séduit par sa fraîcheur. Après une nuit d’amour, ils partent tous les deux en Harley pour ce qu’Anastasie découvrira être la dernière virée de Scrofa, une cavale furieuse et mystique à travers le pays, une course vers l’ultime sacrifice.
Réflexion sur le sel de la vie et l’évolution de notre monde, plaisir de la route, montage de fusils à pompe, scènes de passion truculentes… Une histoire d’amour et de mort tout en dialogues.

Editeur: Calmann Lévy, 160 pages, 3 janvier 2018

Sauvez-moi – Jacques Expert

Sauvez-moi – Jacques Expert

COUPABLE OU PAS  ?

Jacques Expert, un ancien journaliste spécialiste des grandes affaires criminelles, nous questionne sur les erreurs judiciaires, l’acharnement et les méthodes policières.

Nicolas Thomas, surnommé « le monstre au visage d’ange » par la presse, a été condamné pour quatre meurtres macabres grâce à une jeune enquêtrice Sophie Ponchartrain. Il va clamer et hurler son innocence durant 30 ans. Dès sa sortie de prison, il disparaît.  Un nouveau meurtre est commis, semblable à ceux commis il y a 30 ans.  L’ambitieuce Sophie Ponchartrain, devenue commissaire divisionnaire, n’a aucun doute sur le coupable.  Elle est sûre d’avoir raison, elle reprend l’enquête et va tout tenter pour arrêter le monstre.

Son dernier polar Hortense  a été un coup de coeur, déroutant et scotchant de bout en bout (voici le lien de ma chronique). Sauvez-moi est raconté à la manière d’un fait divers passionnant mais ce n’est pas le meilleur roman de l’auteur. Une mécanique bien huilée, efficace, qui se lit d’une traite mais quelque peu décevante dans l’ensemble. Une intrigue qui entremêle présent et passé en nous plongeant dans un véritable puzzle.  Le lecteur est  baladé de fausses pistes en impasses, il se retrouve piégé, sous tension, il doute et tente de démêler le vrai du faux, l’exercice n’est pas simple. Hélas, j’ai trouvé beaucoup d’incohérences et d’exagérations dans le personnage de Sophie Ponchartrain, pourquoi avoir grossi le trait aussi fort ? Cela décrédibilise fortement l’histoire.

Cela n’est bien sûr que mon humble avis.  A vous de voir !

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine pour leur confiance.

4ème Couverture

Après trente ans d’incarcération, Nicolas Thomas passe les portes de la centrale de Clairvaux. Il est enfin libre. Personne ne l’attend. Tout le monde l’a abandonné le jour où il a été reconnu coupable d’avoir assassiné quatre jeunes femmes dans des conditions terribles.
Quelques jours plus tard, il disparaît. Et un nouveau meurtre est commis, en tous points semblables à ceux dont il a été accusé.
Sophie Ponchartrain, commissaire divisionnaire à Paris, reçoit alors une étrange lettre signée par Nicolas, dans laquelle il nie être l’auteur des meurtres. Elle se conclut par ces deux mots :  » Sauvez-moi ! « 

Editeur: Sonatine, 400 pages, date sortie: 7 juin 2018

Qaanaaq- Mo Malo

Qaanaaq- Mo Malo

Le polar qui vient du Groenland made in France !

Qaanaaq, le polar qui me laisse de glace…

La couverture est sublime, la campagne de médiatisation autour de la sortie du livre a été énorme, le mystère autour du pseudonyme de l’auteur a attisé la curiosité des lecteurs.  Un auteur très connu fait sa première incursion dans le monde du thriller.  Tout le monde cherche à savoir qui il est. Mystère !
Je me pose la question: pourquoi donc ce bandeau mensonger en couverture ?  L’auteur est français, a-t-il choisi un pseudo à consonance danoise pour surfer sur la vague très à la mode des polars nordiques ?

Qaannaq, une immersion totale, un voyage dans le grand Nord tout blanc, tout froid, les paysages de glaces à perte de vue, la nuit polaire, les ours, les Inuits, les chasseurs de Morses. Dépaysement assuré !
L’auteur a effectué un fabuleux travail de recherche, nous apprenons beaucoup de choses sur les us et coutumes de la vie groenlandaise, leur culture ancestrale, l’exploitation du pétrole, les intérêts financiers et les enjeux économiques qui s’y jouent, les politiques et la corruption.

Une histoire de meurtres, quatre ouvriers d’une plate forme pétrolière meurent en quelques jours, leur corps complètement déchiquetés. Ont-ils été victimes d’une attaque d’ours ? Mais les ours ne fracturent pas les serrures. L’inspecteur Qaanaaq est envoyé sur place pour enquêter.

L’intrigue est alambiquée, complexe, sent le déjà lu, elle est bourrée de grosses ficelles. Il y a un gros problème de rythme, il est tellement lent que le lecteur plonge dans un ennui profond.  Sommes nous dans un polar ou un docu-fiction ? Aucun personnage n’est parvenu à sauver ma lecture, impossible de m’y attacher.

Bref, vous avez compris que le Groenland et moi, ça fait deux… sauf quand Sonja Delzongle est aux commandes et nous offre « Boréal », un excellent polar qui a des tripes et sort vraiment du lot.
Je le répète, ceci n’est que mon humble avis et non parole d’évangile.  Faites vous le votre !

Une chose est sûre, le polar nordique a la cote et Qaanaaq surfe sur la vague.

Je remercie l’agence Anne & Arnaud pour sa confiance.

 

4ème Couverture

Dans le vaste pays blanc, l’esprit de Nanook se réveille. Le grand ours polaire, seigneur des lieux, protégera les siens. Jusqu’au bout.

Adopté à l’âge de trois ans, Qaanaaq Adriensen n’a jamais remis les pieds sur sa terre natale, le Groenland. C’est à contrecoeur que ce redoutable enquêteur de Copenhague accepte d’aller aider la police locale, démunie devant ce qui s’annonce comme la plus grande affaire criminelle du pays : quatre ouvriers de plateformes pétrolières ont été retrouvés, le corps déchiqueté. Les blessures semblent caractéristiques d’une attaque d’ours polaire. Mais depuis quand les ours crochètent-ils les portes ?

Flanqué de l’inspecteur inuit Apputiku – grand sourire édenté et chemise ouverte par tous les temps –, Qaanaaq va mener l’enquête au pays des chamanes, des chasseurs de phoques et du froid assassin. Et peut-être remonter ainsi jusqu’au secret de ses origines.

Editeur: La Martinière, 496 pages, date sortie: 31 mai 2018

La griffe du chat – Sophie Chabanel

La griffe du chat – Sophie Chabanel

J’ai rencontré Sophie Chabanel au Boulevard du polar à Bruxelles, j’ai apprécié son humour, elle m’a donné envie de découvrir son univers.

J’aime les chats, je les aime à la folie, alors vous pensez, un polar qui parle de chats, impossible de passer à côté, c’est un must !

Le pitch en deux lignes. Un crime est commis dans un bar à chat lillois, le propriétaire est retrouvé gisant dans une mare de sang.  La chat star du bar, Ruru, a disparu. L’assassin serait il un voleur de chat ? La veuve éplorée pleure. Normal, me direz-vous. Sauf qu’elle ne pleure pas son mari mais Ruru. La commissaire Romano est chargée de l’enquête avec son adjoint Tellier, beaucoup de pistes, peu d’indices.

L’intrigue  se révèle très classique, le rythme est lent, trop lent sur une bonne moitié du roman pour s’accélérer bizarrement sur la fin.

Les personnages hauts en couleurs sont le gros point fort, ils tiennent tout le roman. Des personnages super attachants qu’on suit avec beaucoup de plaisir, une mention spéciale pour la commissaire Romano. Une héroïne atypique au caractère plus que trempé, célibataire, féministe, libre, borderline, décalée, drôle.  Elle n’a pas sa langue en poche et est flanquée de son adjoint Tellier, carré, terre à terre, un brin dépressif, en révolte permanente.  Leur duo se complète et fonctionne à merveille.

Le décor est amusant, le ton léger, enlevé et loufoque. J’ai aimé les échanges caustiques, les petites touches piquantes et critiques sur certains travers de notre société.

Un polar bien sympathique, sans prise de tête, à lire avec un chat ronronnant sur les genoux.

Je remercie chaleureusement les éditions Le Seuil pour leur confiance.

4ème Couverture

Une étude américaine a prouvé que caresser un chat diminuait le risque d’infarctus, mais il n’est pas encore dit que cela arrêtait les balles : le propriétaire d’un bar à chats lillois est retrouvé gisant dans une mare de sang au milieu de ses matous. Comble de l’infamie, le chat star du commerce, Ruru, manque à l’appel. La commissaire Romano est mise sur le coup, assistée de son adjoint Tellier – aussi terre à terre qu’elle est spirituelle et borderline. Étrangement, ce duo insensé fait des étincelles sur le terrain, et l’assassin voleur de chat (si tant est que ce soit une seule et même personne) va devoir user de mille ruses s’il compte échapper à ces deux enquêteurs de choc…

Editeur: Le Seuil, 272 pages, date sortie: 1 mars 2018

Akwaba – Jean-Louis Rouillan

Akwaba – Jean-Louis Rouillan

Un roman en deux parties, j’ai lu la première « Comme l’arbre et l’écorce » il y a un an.  Je viens de lire la deuxième « Comme les voiles et le vent… ».

Je me suis écartée du chemin des polars et je suis très heureuse de cette belle découverte, un vrai cadeau du ciel !  Je craignais que le récit tombe dans la mièvrerie ou l’eau de rose, rassurez vous, il n’en est rien.

Akwaba signifie « Bienvenue » en dialecte Baoulé.

Nous sommes à la fin du 19è siècle, Jean quitte l’Indochine, il s’installe en Côte d’Ivoire pour se lancer dans une plantation d’ananas.  Dès son arrivée et au mépris des conventions sociales, il a une liaison avec Awa, une belle et mystérieuse ivoirienne.  Il rencontre ensuite Mely, une jeune bordelaise exilée par son père sur un navire à destination de l’Afrique, suite à l’échec d’un mariage arrangé.  Ils tomberont éperdument amoureux, alors que tout les oppose.  Nous allons suivre le couple pendant trente ans. Les hauts et les bas, les coups du sort, les joies, les peines, les infidélités, les secrets, les non-dits, la naissance d’un fils,  les révolutions technologiques, le succès de la plantation, la vie dans cette colonie, le monde qui continue de tourner, la guerre, la mort, les drames du quotidien.  Le récit d’une vie, et quelle vie !

A peine ai je mis le nez dedans, j’ai été transportée, immergée à 100%  dans cette  histoire épique teintée de passion. On découvre la vie sur cette terre d’Afrique, la colonisation, la modernité qui s’installe petit à petit opposée aux traditions. Les rites, la sorcellerie, les guérisseurs, les marabouts, le respect des Esprits et de la terre.
Jean-Louis Rouillan a effectué un énorme travail de documentation pour nous plonger un contexte historique très solide.

Une incroyable saga d’aventures proche de « Out of Africa », un voyage aux confins de la magie, un magnifique roman d’amour baigné du soleil africain, une ode à la liberté, à la sensualité.
Les personnages sont attachants et d’une force incroyable… Awa, Mely, Tara, Désirée, Jean, Diomandé et tous les autres… J’ai vibré, j’ai pleuré, j’ai souffert, j’ai espéré à leurs côtés.
L’écriture est fluide et très visuelle, elle nous fait ressentir les couleurs, les odeurs, les parfums sucrés, la chaleur… on s’y croirait.

Tout nous enivre dans ce roman envoûtant et passionnant.  J’ai l’ai lu quasi en apnée,  les sens en éveil, en traversant une riche palette d’émotions.

Je croise les doigts très fort pour que ce roman rencontre un éditeur, il le mérite amplement.

Un tout grand merci à Jean Louis Rouillan pour sa confiance.

 

4ème Couverture

Une histoire de vies entre Voie Lactée et Chemin des Drames, où lorsque l’on pense que tout est fini, on découvre que rien ne l’est jamais tout à fait. Que certaines destinées sont liées comme l’arbre et l’écorce ou portées comme les voiles par les vents. Akwaba, « Bienvenue » en dialecte de Côte d’Ivoire. Ce pays où, en cette fin de XIXème siècle, se déroule le récit. Mais c’est aussi le nom de cette plantation, que Jean, jeune officier de la Coloniale nouvellement débarqué en Afrique, veux ériger. Akwaba, c’est ce domaine… où tout va arriver. Face à l’Histoire du Monde qui ne les oubliera pas, des rencontres, des regards qui s’échangent, s’accrochent et se lient avec la force de ces instants qui bouleversent les existences. Alors que tout pourrait les opposer. Un récit qui repousse les limites de son environnement mais qui se déroule aussi dans un espace clos : dans ces joutes humaines à travers les regards, les non-dits, les secrets enfouis, le poids du passé . Avec ces souvenirs qui s’évaporent mais qui restent suffisamment pour entraver et gangréner les vivants. Par ces gestes qui en disent souvent plus long que la parole. Ici, la sécurité est toute relative, le danger est partout. Pas seulement à l’extérieur … Il y a dans les personnages, cette espérance qui fait étinceler encore les regards, ces yeux qui sont le reflet des âmes, perdues et surtout vivantes. Une ode à la liberté d’être, la liberté de choisir, la liberté de vivre.

Auto édité, 676 pages, date sortie: 13 avril 2018

Les fantômes de Manhattan – R.J. Ellory

Les fantômes de Manhattan – R.J. Ellory

Quand les fantômes du passé résonnent avec le présent…

Deuxième roman écrit par R.J. Ellory en 2004, juste après Papillon de Nuit. Quatorze ans plus tard, il vient d’être traduit par Sonatine.

Inconditionnelle de l’auteur, j’ai plongé dans ma lecture sans aucune appréhension, 100% confiante de découvrir une oeuvre de jeunesse et une autre facette du maestro.

Les fantômes de Manhattan est un magnifique roman qui laisse émerger le génie de l’auteur.  Pour les aficionados, oubliez ses autres romans, ne comparez pas, soyez curieux en l’ouvrant et laissez vous tout simplement porter.

Une sacrée histoire qui démarre au début du siècle en Pologne, passe par le camp de concentration Dachau, se poursuit parmi les gangsters à Manhattan des années 50 à nos jours.

R.J. Ellory est un conteur au talent exceptionnel. Un virtuose qui possède deux dons particuliers. Celui de tisser des doubles récits qui entrelacent les histoires, les destins, les époques. Et celui de relier des petits fragments de nous-même au vaste monde et ainsi nous donner un sentiment d’appartenance.

Comment la grande Histoire avec un grand H résonne avec la petite, celle de nos vies étriquées emplies de solitude et de promesses oubliées ?  Nos vies où l’équilibre fragile peut se rompre à chaque instant. Nos vies bâties tant bien que mal sur de lourds secrets de famille. Comment alléger du poids du passé qui nous poursuit pour prendre son envol et oser vivre pleinement. Est-il possible de se libérer complètement ? Le chemin passe-t-il par le pardon, la vengeance ou l’amour ?

Un roman noir et blanc, teinté de poésie, de lumière et d’espoir.  L’intrigue est forte, prenante et émouvante, la construction précise et infaillible, l’alternance des époques donne un beau rythme au récit, la profondeur des personnages et le souffle particulier nous emporte complètement.

La plume de l’auteur est sublime, il manie les mots comme un magicien, les choisit avec tant de soin, les mots qui touchent et nous font vivre beaucoup d’émotions.

Un grand roman, un roman brillant tout simplement !

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine pour leur confiance.

4ème Couverture

Et si un livre détenait les clés de votre existence ?
Annie O’Neill, 31 ans, est une jeune fille discrète. Elle tient une petite librairie en plein cœur de Manhattan, fréquentée par quelques clients aussi solitaires et marginaux qu’elle. Son existence est bouleversée par la visite d’un nommé Forrester, qui se présente comme un très bon ami de ses parents, qu’elle n’a pratiquement pas connus. L’homme est venu lui remettre un manuscrit. Celui-ci raconte l’histoire d’un certain Haim Kruszwica, adopté par un soldat américain lors de la libération de Dachau, devenu ensuite une des grandes figures du banditisme new-yorkais. Quel rapport avec l’histoire intime d’Annie ? Et pourquoi le dénommé Forrester est-il si réticent à lui avouer la vérité ? Lorsqu’elle lui sera enfin dévoilée, celle-ci sera plus inattendue et incroyable que tout ce qu’elle a pu imaginer.

Editeur: Sonatine, 464 pages, date de sortie: 7 juin 2018

Tu seras si jolie – Pierre Rehov

Tu seras si jolie – Pierre Rehov

D’un côté Emma, une jeune femme banale, très intelligente et mal dans sa peau. Elle a besoin d’une grosse somme d’argent pour sauver son petit chien « l’amour de sa vie » gravement malade.  Contrainte et forcée, elle se voit obligée de participer à une émission de télé réalité qui va la rendre belle à coups de chirurgie esthétique.
De l’autre, Faouzi, un jeune ado paumé et misogyne dont la mère est décédée. Jugeant ses soeurs trop émancipées, il se laisse manipuler par les islamistes jusqu’à dériver vers l’intégrisme et la barbarie du terrorisme.
Les deux vont se rencontrer, l’une aide l’autre.

Deux civilisations opposées, deux excès et une dénonciation fine et intelligente.
La publicité, le star system, l’image de la femme qui doit absolument répondre à des critères de mode imposés par les magazines. Sois belle et tais toi !
Le regard de la civilisation islamiste sur la femme, une moins que rien qui n’a aucun droit et sert juste à satisfaire les plaisirs de mâles.  Cache toi et tais toi !

Un roman résolument féministe. Une belle réflexion sur la femme au coeur de notre société. Une analyse pertinente de l’endoctrinement qui mène à la radicalisation.

Un récit au ton léger. Deux histoires touchantes pleines de bons sentiments.
Un étonnant cocktail que j’ai lu à une vitesse dingue. Il fallait oser mêler une histoire sentimentale à la légèreté, à l’humour pour dénoncer ces sujets graves !
Au final, je me demande si cela ne déforce pas un peu le propos ?  A vous de voir !

Pierre Rehov est réalisateur, journaliste, il a approché et étudié des terroristes islamistes à Gaza, en Irak et autres zones de guerre. Il est également romancier et a déjà publié « Cellules blanches ».

Je remercie chaleureusement les éditions Belfond pour cette belle découverte.

4ème Couverture

Jusqu’où iriez-vous par amour… pour votre animal de compagnie ? Emma, célibataire endurcie et mal dans sa peau, apprend que sa petite chienne, l’amour de sa vie, est atteinte d’une maladie grave et que seuls des traitements au coût exorbitant pourront la sauver. Qu’à cela ne tienne, pour payer les frais vétérinaires, et malgré l’aversion que cela lui inspire, Emma accepte de participer à une émission de téléréalité qui transforme des candidates au physique disgracieux en canons de beauté, à coups de chirurgie plastique.

De son côté, Faouzi est un adolescent perdu, en quête de valeurs, et terrassé par le récent décès de sa mère. En conflit avec son père, et avec ses soeurs qu’il juge trop émancipées, il décide de squatter une résidence avec ses nouveaux frères, qui lui ont promis la paix spirituelle… à condition qu’il suive leurs traces.

Alors que l’une est à l’aube de sa transformation physique et l’autre en voie de radicalisation, Emma et Faouzi verront leurs chemins se croiser. Pourront-ils s’entraider ou vont-ils s’attirer mutuellement des ennuis qu’ils n’auraient pu soupçonner ?

Editeur: Belfond, 400 pages, date sortie: 14 juin 2018

Au coeur du solstice – Jacques Vandroux

Au coeur du solstice – Jacques Vandroux

A dévorer d’une traite !

Après le gros coup de coeur pour Projet Anastasis  et Le sceau des sorcières, j’entame mon troisième roman de Jacques Vandroux avec beaucoup d’excitation.  D’autant plus que je viens de rencontrer l’auteur à Saint Maur en poche.

Juste pour vous mettre l’eau à la bouche, nous sommes à Grenoble, un jeune homme suit une belle femme vêtue de blanc, elle entre dans une église et disparaît. Personne d’autre ne semble l’avoir vue, a t il eu une vision ?  Le lendemain, on retrouve son cadavre dans le baptistère. L’autopsie révèle que l’assassin lui a retiré le coeur.

La capitaine de choc Nadia Barka est chargée de cette enquête complexe, aucune piste, aucun indice. Lorsqu’un deuxième cadavre est trouvé, c’est une véritable course contre la montre qui débute pour stopper ce tueur dément.

Quel plaisir de retrouver Nadia Barka, rencontrée dans Le sceau des sorcières . Nous allons en apprendre plus sur cette femme au caractère bien trempé.

Un parfait mélange de thriller, d’aventures, d’action, teinté d’un brin de paranormal. Une magnifique intrigue, un récit haletant aux multiples rebondissements. La construction est habile, le suspense monte crescendo et nous tient en haleine jusqu’à la toute fin. L’auteur a une plume très fluide et possède un incroyable sens du rythme, les pages se tournent toutes seules sans aucun temps mort et les chapitres courts nous empêchent de poser notre lecture.

Un mini bémol, ce n’est qu’un détail ! Deux love affaires dans l’histoire, si la première sert le récit, la deuxième entre Nadia et son collègue me semble superflue.

Au final, si vous me demandiez lequel j’ai préféré, je vous dirais ex aequo Le sceau des sorcières et Projet Anastasis, suivi de près par Au coeur du solstice.

Vivement le prochain !!!

Je remercie chaleureusement les éditions Robert Laffont pour leur confiance.

4ème Couverture

Grenoble, mois de juin. Le corps d’une jeune femme est découvert dans l’ancien baptistère. Très vite, l’autopsie révèle que l’assassin a retiré le coeur de sa victime. Quelques jours plus tard, un second cadavre va plonger la ville dans la psychose. Meurtres rituels ? Actes d’un dément ?
Saisis de l’enquête, le capitaine Nadia Barka et son équipe ne disposent d’aucun indice, si ce n’est du témoignage surprenant de Julien Lombard, qui se dit averti des disparitions et des meurtres par d’étranges visions. Mythomane, illuminé ou piste providentielle ? La policière, en proie au doute, va devoir s’appuyer sur des alliés parfois singuliers pour tenter de stopper ce tueur à l’efficacité redoutable.

Editeur: Robert Laffont, 416 pages, date sortie: 14 juin 2018

Nuit blanche – Nicolas Druart

Nuit blanche – Nicolas Druart

Ah que j’aime découvrir un tout jeune auteur et son premier roman, je ressens toujours la même excitation mêlée d’une certaine appréhension.

Nicolas Druart est infirmier, il connait et maîtrise parfaitement le décor de son intrigue.

Fermez les yeux… Imaginez…
La nuit, un hôpital isolé et perdu au fond de la campagne. Julie, la jeune interne aspire à une nuit de garde calme. Un violent orage éclate, un malade très dangereux dans le coma arrive dans le service escorté par deux gendarmes. La tempête se déchaîne, coupant les routes et les communications. Peu après l’arrivée de l’étrange malade, la mort commence à frapper sauvagement.

Et me voilà plongée dans un huis clos angoissant à l’atmosphère étouffante et glaçante. L’auteur réussit à m’immerger complètement, impossible de sortir. Je suis prisonnière avec les personnages entrain d’errer dans les couloirs de l’hôpital, de suspecter tout le monde, le trouillomètre à zéro. Je flippe à mort, oh que c’est bon !

Les rebondissements s’enchaînent, la tension monte, la peur me donne des sueurs froides, le suspense me vrille les nerfs, les chapitres courts et les nombreux cliffhangers m’empêche de poser ma lecture.

Je vous parle de la fin complètement dingue ou pas ?

Si vous avez trop chaud durant cet été caniculaire, n’hésitez pas un instant… frissons et nuit blanche assurée !

Franck Thilliez ne s’est pas trompé en lui accordant le Prix Suspense 2018.

Je remercie chaleureusement les éditions Les Nouveaux Auteurs pour leur confiance.

4ème Couverture

Saint-Florentin-sur-Lot : trois mille deux cents habitants répartis dans un isthme, encerclés par le Lot ; un hôpital reclus dans les bois, à l’extrémité nord de la presqu’île. Et une tempête déferlante. Julie est interne dans le service de médecine et n’aspire qu’à une seule chose : une nuit de garde calme. Mais l’arrivée d’un nouveau patient vient bouleverser ses projets.
Un homme plongé dans le coma, escorté par deux gendarmes, va perturber la quiétude du centre hospitalier. Aussitôt après son admission, les tragédies s’enchaînent. Une nuit d’enfer se profile…

Gagnant Prix du Suspense Psychologique 2e Edition 2018 présidé par Franck Thilliez.

Editeur: Les nouveaux auteurs, 435 pages, date sortie: 19 avril 2018

La sirène qui fume – Benjamin Dierstein

La sirène qui fume – Benjamin Dierstein

Un premier roman récompensé par le prix Sang Froid et loué par Caryl Férey.

Benjamin Diersten, un tout jeune auteur qui n’a pas froid aux yeux, il tape très fort avec son premier roman.

100% noir, 100% sombre, 100% tripes

Côté influence, il y a du David Peace (Quatuor du Yorkshire) et du James Ellroy.

En 2011, durant la campagne présidentielle, des prostituées mineures sont assassinées. L’affaire est plus que sordide et l’enquête mettra en lumière les liens politiques et policiers avec le gigantesque trafic de prostitution de filles mineures de l’Est.

L’enquête ne sera qu’un décor, un prétexte au thème principal du roman.
Le duel et à la descente aux enfers de deux flics. Deux personnages fort que vous n’oublierez pas de sitôt. Gabriel Prigent, le méticuleux, l’obsédé de l’éthique et Christian Kertesz, le dépressif corrompu de haut en bas.
Deux flics torturés par leur lourd passé, poursuivis par leurs démons et rattrapés par leurs obsessions. Deux flics que tout oppose en apparence jusqu’à ce que les masques tombent.

Un récit écrit à la manière d’un scénario, il laisse une grande place aux dialogues.  Certains à la première personne pour Prigent, d’autres à la deuxième pour Kertesz. Un style vraiment très spécial. Entre les dialogues, de très longues phrases avec peu de ponctuation.

J’ai adoré les personnages, la réalité du décor, les émotions, la noirceur, la tension, le rythme effréné de l’histoire mais j’ai eu beaucoup de mal avec l’écriture.
Dommage ! La sirène qui fume a frôlé le coup de coeur.

Une belle réussite, un roman plus qu’abouti et un jeune auteur à suivre de très près.

Je remercie chaleureusement les éditions Nouveau monde pour leur confiance.

4ème Couverture

Mars 2011. La campagne présidentielle bat son plein, plus d’un an avant les élections. Le capitaine Gabriel Prigent débarque à la brigade criminelle de Paris après avoir vécu un drame à Rennes. Obsédé par l’éthique, il croise sur son chemin le lieutenant Christian Kertesz de la brigade de répression du proxénétisme, compromis avec la mafia corse et tourmenté par un amour perdu. Alors qu’éclate une sordide histoire d’assassinats de prostituées mineures, ils plongent tous les deux dans une affaire qui rapidement les dépasse, entraînant dans leur chute une ribambelle d’hommes et de femmes qui cherchent à sauver leur peau – flics dépressifs, politiciens salaces, médecins corrompus, gangsters imprévisibles et macs tortionnaires. Poursuivis par leurs propres obsessions et les fantômes qui les hantent, Prigent et Kertesz vont se livrer un duel sans merci, au coeur de la barbarie et des faux-semblants du monde contemporain.

Editeur: Nouveau Monde éditions, 525 pages, date sortie: 5 avril 2018