Les morts ne chantent pas – J. Adler Olsen-L. Holm & S. Bolther


Trois plumes. Un seul frisson.

J’avoue que j’ai ouvert ce onzième opus avec des craintes plein la tête. La série s’était terminée avec 7m2, et voir le Département V reprendre du service m’a d’abord fait penser à une opération commerciale. Et pourquoi Adler-Olsen s’associe-t-il à deux autres plumes ? Qu’est-ce que ça va donner ?

Et au final, c’est tout l’inverse. Ce tome 11 est une réussite totale. Une vraie belle surprise.

Le Département V reprend du service.

Carl Mørck a pris sa retraite. Il écrit des romans, profite de la vie. Il ne reste qu’Assad et Rose pour tenir le fort et encore, dans un département V menacé de dissolution. Demander à Carl de rester sagement à la retraite, loin des enquêtes, c’est un peu comme vouloir éteindre un incendie avec un verre d’eau. L’instinct du flic reprend toujours le dessus.

Un enregistrement audio va tout faire basculer. Une voix de femme. Un silence brutal. Une vieille affaire classée en drame conjugal qui n’était rien de tel. Le Département V reprend l’enquête, une nouvelle recrue les rejoint : Helena Henry, enquêtrice franco-danoise qui insuffle une énergie toute nouvelle à l’équipe. Elle porte un lourd secret, elle se confronte aux anciens, les dérange, bouscule leurs habitudes. J’ai beaucoup aimé ce personnage.

Trois plumes, un coup de peps inattendu.

Et si le vrai secret de ce tome 11 était là ? Line Holm et Stine Bolther ne se sont pas contentées de prêter leur plume, elles ont apporté avec elles une modernité, une capacité à aller dans les détails avec une fluidité étonnante pour un roman à six mains. La série y gagne en dynamisme, en rythme, en fraîcheur. On sent un souffle nouveau sans jamais perdre l’ADN du Département V. L’humour grinçant d’Adler-Olsen est toujours présent, la noirceur aussi mais quelque chose s’est allégé, vivifié. Un coup de peps qu’on n’attendait pas et qui fait tout le bien du monde.

Une construction d’horloger.

L’intrigue s’étend sur 600 pages et jongle avec deux temporalités -les années 80 et le présent- dans un récit choral qui donne la parole à de nombreux protagonistes. Sur le papier, ça peut faire peur. Dans les faits, c’est millimétré comme une horloge suisse. Une fois la mise en place des premiers chapitres, on ne voit plus les pages défiler tant on est embarqué par l’histoire.

Le point de départ : une prestigieuse école et son chœur de jeunes garçons. Façade impeccable, réputation sans tache. Mais derrière le vernis des institutions bien sous tous rapports, le Département V sait mieux que quiconque que les secrets les plus sombres se cachent souvent là où personne ne pense à regarder.

Des secrets, il y en a beaucoup. Ils seront mis à jour lentement, chacun apportant sa dose de noirceur et de suspense. Je ne dirai rien de plus de peur de tout gâcher, l’intrigue est tellement bien construite que je ne peux rien révéler sans spoiler.

Les personnages, la grande force d’Adler-Olsen.

Comme dans les autres opus, les personnages sont au centre de l’intrigue. Fort bien travaillés, nuancés, finement observés. On s’y attache, même quand ils sont les plus antipathiques.

Derrière le suspense, le roman pose des questions pertinentes : combien de temps peut-on être tenu responsable de ses actes passés ? Les blessures d’enfance peuvent-elles justifier l’injustifiable ? Des questions qui résonnent longtemps après avoir refermé le livre.

En résumé.

Les Morts ne chantent pas ne trahit rien , ni la série, ni ses personnages, ni ses lecteurs. C’est un formidable thriller. Intelligent, dense, parfaitement maîtrisé, porté par une intrigue complexe et des personnages qu’on retrouve avec un réel plaisir.

Et la fin… laisse présager le meilleur pour la suite.

J’ai vraiment hâte.

Je remercie chaleureusement les éditions Albin Michel pour leur confiance.


Quatrième de couverture

Combien de temps peut-on être tenu pour responsable de ses actes ?

Carl Mørck a depuis peu quitté le Département V pour prendre sa retraite que déjà le crime se rappelle à lui. Un enregistrement audio, la voix d’une femme agressée, un silence brutal. Une vieille affaire – un drame conjugal suivi d’un suicide – qui avait pourtant été classée. Or, la bande sonore ne laisse aucun doute : il s’agit d’un meurtre.

À la demande de Carl, le Département V, en piètre état depuis son départ, reprend l’affaire, et lève le voile sur des faits qui se seraient déroulés à la fin des années 1980, dans une prestigieuse école réputée pour son choeur de jeunes garçons.

Dans ce thriller intense qui nous parle de rêves brisés, d’innocence et de cruauté, le géant du polar danois Jussi Adler-Olsen s’allie aux journalistes et romancières Line Holm et Stine Bolther pour une nouvelle enquête du Département V. Trois plumes pour un même frisson.

Editeur : Albin Michel, 608 pages, date sortie : 4 mars 2026

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