
Camilla Grebe fait partie des autrices que je suis depuis ses débuts. J’ai aimé ses cinq premiers romans, avec une mention toute particulière pour L’archipel des lärmes, mon coup de cœur absolu. J’aime sa façon de mêler suspense, psychologie et émotion, mais aussi sa capacité à créer des personnages profondément humains qui continuent de nous accompagner bien après la dernière page.
Cette fois, l’autrice suédoise s’associe à son fils Carl-David Pärson pour un thriller aux accents surnaturels, bien différent de ce qu’elle nous avait habitués à lire jusqu’ici.
Norrberga, là où tout déraille
Après un drame familial, Leo et Marika quittent la ville avec leur petite fille Bisse pour s’installer dans une ferme isolée au cœur de la campagne suédoise. Ils espèrent un nouveau départ, loin de leurs blessures. Mais très vite, d’étranges phénomènes viennent troubler leur quotidien. En parallèle, Alba, une jeune policière au tempérament explosif mutée dans la région, se retrouve mêlée à une mystérieuse affaire remontant à plusieurs décennies.
Une atmosphère qui envoûte
Dès les premières pages, l’ambiance s’impose comme l’une des grandes forces du roman. Cette maison isolée, les phénomènes inexpliqués, les cauchemars, cette impression diffuse que quelque chose ne tourne pas rond… Les auteurs installent un climat de malaise particulièrement réussi. La frontière entre le réel et l’inexplicable devient de plus en plus floue et c’est exactement ce qu’on est venu chercher.
L’alternance entre les récits de Marika et d’Alba fonctionne très bien et entretient efficacement le mystère. Les personnages sont finement travaillés, le suspense et la tension sont omniprésents. Oui, le rythme est lent. Mais cette lenteur participe pleinement à l’atmosphère pesante du récit et personnellement, cela ne m’a nullement gênée.
Ce qu’il manque… et ce final
Pourtant, malgré toutes ces qualités, il m’a manqué ce qui faisait à mes yeux la singularité des meilleurs romans de Camilla Grebe : l’émotion. J’ai été captivée, intriguée, parfois déstabilisée mais rarement touchée. Les personnages m’ont intéressée sans jamais réellement me bouleverser.
Et puis il y a ce final.
Le dénouement fait un flop retentissant. La conclusion retombe brutalement comme un soufflé sorti trop tôt du four et me laisse avec un sentiment de franche déception après un voyage pourtant prometteur.
En résumé
Le Vent de Norrberga est un roman d’atmosphère et de mystère, réussi dans sa construction et envoûtant dans son ambiance. Il séduira sans doute les amateurs de thrillers teintés de surnaturel.
Personnellement, j’ai apprécié le voyage bien davantage que sa destination.
Je remercie chaleureusement les éditions Calmann-Lévy pour leur confiance.
Quatrième de couverture
La jeune policière Alba est convaincue que Norrberga, où elle a été mutée après avoir agressé un collègue, est une petite ville où il ne se passe jamais rien.
Elle se trompe.
Leo, père d’une enfant de quatre ans pleine de vie, espère qu’un déménagement dans une ferme idyllique aidera sa famille à surmonter la mort tragique de leur fille aînée.
Il se trompe.
Marika, la femme de Leo, n’est pas à l’aise dans ce cadre pourtant calme et paisible, elle pressent que le pire est à venir.
Et elle a raison.
Dans ce thriller aux accents surnaturels, Camilla Grebe et Carl-David Pärson brouillent la frontière entre rêve et réalité, mensonge et vérité en nous offrant un roman haletant de bout en bout.
Editeur : Calmann-Lévy, 416 pages, date de sortie : 20 mai 2026