Corruption – Don Winslow

Corruption – Don Winslow

COUP DE COEUR !

Un bouquin monumental !

Méa culpa, je découvre seulement Don Winslow, l’auteur de La griffe du chien et de Cartel, deux  thrillers exceptionnels dans le monde du polar.

Denny Malone est un flic très charismatique, à la tête « La Task force » qui règne sur les rues du nord de Manhattan gangrénées par la drogue. Une unité d’élite qui n’hésite pas à se salir les mains pour combattre les gangs, les dealers, les trafiquants d’armes. Respecté et admiré de tous depuis 18 ans, il forme une famille avec ses coéquipiers, ses amis, ses « frères ». Pas à pas, à force de flirter avec les limites, il efface la frontière entre le bien et le mal et franchit la ligne rouge en prenant quelques arrangements avec la loi et sa conscience. Un jour, il se retrouve face au FBI, coincé dans un engrenage infernal qui le précipitera dans une descente aux enfers.

Une intrigue complexe, toute en dialogues, nous raconte une histoire d’hommes, de flics terriblement humains, vidés et broyés jusqu’au fond de leur âme par la pression, la violence, les trahisons, les chantages qu’ils subissent au quotidien.

Don Winslow nous dresse un portrait réaliste d’une société hypocrite entièrement pourrie et corrompue jusqu’au plus haut degré par la toute puissance de l’argent et du pouvoir; toutes les instances sont touchées, les flics, la mairie, le bureau du procureur, les travaux publics, les mafias, les politiques, les juges et avocats, le FBI. Terrifiant et glaçant quand on sait que tout est vrai, comme le précise l’auteur dans une interview.

Nous sommes sur le terrain, entrain de patrouiller aux côtés de Denny, Russo, Monty et les autres, en immersion totale dans leur quotidien. 600 pages d’un réalisme à couper le souffle et documentées dans les moindres détails. L’auteur a mis des années à écrire ce roman, il a fait énormément de recherches, a interrogé des dizaines de flics pour écouter leurs ressentis profonds, il a arpenté les rues où se déroule l’action pour s’imprégner du décor. 600 pages électriques, d’une intensité qui balaie tout sur son passage en nous emportant dans un tourbillon vertigineux. 600 pages qui défilent à toute allure pour nous laisser sans voix et K.O. debout à la toute fin.

L’ambiance, l’intelligence narrative, le héros en quête de rédemption, la plume tranchante comme un scalpel m’ont fait penser aux romans de James Ellroy et de RJ Ellory. Et je me suis retrouvée plongée dans la brillante série The Shield (que j’adore !) aux côtés de Vic Mckay, le double de notre héros Dennny Malone.

Un roman puissant, passionnant, magistral. Un pur chef d’oeuvre !

J’ai refermé Corruption à regret en me demandant ce que j’allais bien pouvoir lire après.

Une mention spéciale pour la sublime traduction de Jean Esch.

Je remercie chaleureusement les éditons HarperCollins pour la magnifique surprise.

4ème Couverture

Denny Malone est le roi de Manhattan North, le leader charismatique de La Force, une unité d’élite qui fait la loi dans les rues de New York et n hésite pas à se salir les mains pour combattre les gangs, les dealers et les trafiquants d armes. Après dix-huit années de service, il est respecté et admiré de tous. Mais le jour où, après une descente, Malone et sa garde rapprochée planquent pour des millions de dollars de drogue, la ligne jaune est franchie.
Le FBI le rattrape et va tout mettre en oeuvre pour le forcer à dénoncer ses coéquipiers. Dans le même temps, il devient une cible pour les mafieux et les politiques corrompus. Seulement, Malone connaît tous leurs secrets. Et tous, il peut les faire tomber…

Editeur: HarperCollins, 592 pages, date sortie: 7 novembre 2018

Les heures indociles – Eric Marchal

Les heures indociles – Eric Marchal

Une véritable pépite !

La magie a opéré… j’ai adoré.

Un roman historique richement documenté, qui mêle avec maestria la grande Histoire et la petite. Aventures, intrigues, complots, amour, suspense, frissons sont au rendez-vous. Une fois entamé, vous ne le lâcherez pas, un vrai feuilleton plein de rebondissements qui vous tiennent en haleine du début à la fin.

Eric Marchal nous immerge au coeur de Londres en 1908 et nous raconte -à la façon de Ken Follet- l’histoire de trois rebelles qui feront trembler l’Angleterre.
Olympe Lovell, une suffragette très engagée dans le courageux combat des femmes dans un pays conservateur qui leur refuse le droit de vote (elles l’obtiendront en 1928, et en 1944 pour la France). Des femmes qui secouaient la société et se battaient parfois au péril de leur vie pour changer les choses.
Thomas Belamy, un brillant médecin urgentiste à l’hôpital St Bart’s. Il suscite le respect et l’admiration de ses collaborateurs, il est aimé de tous les malades, considéré comme un médecin exceptionnel qui fait des « miracles » en alliant l’acupuncture et la médecine non conventionnelle aux traitements classiques. Il cache un mystère lié à son passé. Horace de Vere Cole, un aristocrate excentrique, énervant sur les bords, un épicurien qui ne cesse de provoquer des scandales avec ses canulars.

Le récit est nourrit de faits historiques, je salue l’impressionnant travail de documentation effectué par l’auteur. C’est très bien écrit, pointu, habilement décrit avec un souci du détail. Cela reste fluide sans lourdeur, ni complication et nous apprenons énormément de choses sans nous ennuyer une seule seconde.
Une immersion dans le service des urgences de l’hôpital, les progrès de la médecine et la chirurgie de l’époque en détail, la pharmacopée, la rivalité entre la médecine officielle et la non conventionnelle (personnellement j’ai été fascinée par les détails sur l’acupuncture).
Une magnifique reconstitution de Londres au début du siècle, la bourgeoisie et ses salons, la politique en vigueur, les services de police, le palais royal et le roi Edward VI. Une plongée dans les quartiers pauvres de l’East End, les misérables conditions de vie et la misère qui y règnaient.

Les 596 pages se lisent toutes seules et vous entraînent dans un tourbillon d’aventures passionnantes, foisonnantes, plus palpitantes les unes que les autres, aux côtés de personnages extrêmement attachants, hauts en couleur et finement étudiés.

Si je devais émettre un mini bémol, ce serait le dénouement fort rapide qui m’a quelque peu frustrée. Mais  ce n’est qu’un détail.

Une lecture immersive qu’on referme à regret, un pur bonheur que je vous recommande à 1000%.

Je remercie chaleureusement les éditions Anne Carrière pour leur confiance.

4ème Couverture

1908. La reine Victoria n’est plus et son fils Edward VI se rapproche de ses voisins européens. Le vieux monde britannique se fissure sous l’impulsion de groupes d’avant-garde, comme les suffragettes qui mènent une lutte acharnée pour le droit de vote des femmes. L’heure n’est pas à la révolution, mais à une révolte sociétale de moins en moins feutrée dont les hautsfaits se déroulent dans le Londres de Virginia Woolf et de Conan Doyle, celui des parcs et de la bourgeoisie de l’ouest et que des taudis de l’East End ouvrier.
Dans Les heures indociles, Éric Marchal relate le parcours de trois personnages hors du commun : Olympe Lovell, la suffragette, une guerrière au service de Mrs Pankhurst, prête à tous les sacrifices pour la cause. Thomas Belamy, l’annamite, médecin au Saint Bartholomew Hospital, le plus vieil établissement de Londres. Il travaille dans le service flambant neuf des urgences et dirige un département de médecine non conventionnelle dont le but est d’unifier les pratiques occidentales et chinoises. Enfin, Horace de Vere Cole, le plus excentrique des aristocrates britanniques, poète et mystificateur, à la recherche de son chef d’oeuvre, le plus grand canular de tous les temps.
Chacun d’eux est un rebelle. À deux, ils sont dangereux. À trois, ils sont incontrôlables et deviendront la cible du pouvoir et d’un mystérieux personnage se faisant appeler l’Apôtre.

Editeur: Anne Carrière, 596 pages, date sortie: 7 septembre 2018

Sinestra – Armelle Carbonel

Sinestra – Armelle Carbonel

Une merveille !!!
Une charge émotionnelle dévastatrice…

Suisse 1942, des mères et des enfants atteints de désordres psychiques arrivent au Val Sinestra, un refuge isolé au coeur des montagnes, pour échapper aux horreurs de la guerre et trouver la sécurité. Le piège mortifère va très vite se refermer, bienvenue en enfer au coeur du Mal !

Difficile de parler de cet OLNI troublant (objet littéraire non identifié), à l’univers inclassable, nous naviguons à la frontière du roman noir, du conte de fée et du roman gothique. Les quelques lignes de pitch suffisent, je n’ai pas envie de vous en dire plus sur l’histoire malsaine qui se dévoilera par petites touches.

Un huis clos dérangeant, oppressant et tout en contrastes, entre folie, angoisse, noirceur, espoir et lumière. Le lecteur est imprégné par l’atmosphère particulièrement anxiogène et mortifère qui se dégage du lieu et de certains personnages. L’horreur, le macabre et la violence transpirent en toile de fond.

Le Val Sinestra , une bâtisse lugubre qui donne froid dans le dos, il a valeur de personnage à part entière et l’auteure lui donne la parole. Sinestra murmure son histoire, il nous fait visiter ses lieux, ses profondeurs cachées, un vrai labyrinthe que nous parcourons en nous perdant dans ses couloirs hantés. L’auteure s’est inspirée d’un lieu qui existe réellement, au début du 20è siècle, c’était un centre thermal, reconverti aujourd’hui en hôtel de luxe.

La plume sublime et poétique nous emporte complètement. Chaque mot est choisi soigneusement pour nous faire ressentir tout un panel d’émotions, de sensations vibrantes et distiller le suspense au compte goutte.  Armelle Carbonel a tout compris de la littérature, elle nous offre une vraie leçon d’écriture.

Un voyage envoûtant qui vous sortira de votre zone de confort, un voyage 100% émotions dont vous vous souviendrez longtemps.

Les éditions RING frappent décidément très fort avec leurs auteurs polars/noirs qui sortent du cadre formaté.  Je les remercie chaleureusement pour leur confiance.

4ème Couverture

Le Val Sinestra, refuge isolé au cœur de la vallée des Grisons entouré de monumentales montagnes, accueille un convoi de réfugiés fuyant les horreurs de la guerre. Des mères brisées au bras de leur progéniture, des orphelins meurtris et atteints de désordres psychiques. Mais là où ils croyaient avoir trouvé la paix, les résidents vont réaliser que le mal a franchi la frontière avec eux.

Editeur: RING, 390 pages, date sortie: 8 novembre 2018

Le manufacturier – Mattias Köping

Le manufacturier – Mattias Köping

Coup de coeur ? le mot est trop faible… je dis COUP DE FOUDRE !!!

Je découvre Mattias Köping avec Le Manufacturier. Je n’ai pas lu son premier roman Les démoniaques, sa noirceur me faisait trop peur. J’ai rencontré l’auteur il y a quelques mois à Saint Maur en Poche et il a balayé toutes mes appréhensions en quelques minutes, un monsieur d’une grande douceur et d’une extrême gentillesse, qui prend le temps d’écouter ses lecteurs.

Je vais vous faire un aveu, je lis du noir et des thrillers depuis plus de 35 ans, environ 125 par an, faites le compte, ça donne le vertige…
Je n’avais encore jamais lu un thriller aussi percutant, je n’avais jamais vécu une telle expérience de lecture, ni pris une gifle aussi forte.  A côté du Manufacturier,  certaines de mes lectures les plus noires ressemblent à « Oui, oui, à la plage ». Mattias Köping a un talent fou et il faut le dire haut et fort !!!

Ce roman m’a laissée KO et il continue de me pourchasser, je suis restée trois jours sans lire, difficile d’ouvrir un autre livre après un tel uppercut ! Personne ne peut sortir indemne d’une telle lecture. Je me retrouve sans voix devant ma page blanche, si je m’écoutais, je me contenterais d’aligner une kyrielle d’adjectifs louant ses nombreuses qualités.

Mise en garde aux lecteurs, Le Manufacturier est destiné à un public averti, les personnes trop sensibles qui n’ont pas le coeur bien accroché passeront leur chemin.

Les années 90, le conflit dans les Balkans et la guerre que se livrent les serbes, croates et bosniaques. Milovan, un garçon croate échappe aux tortionnaires, les Lions de Serbie, qui ont massacré toute sa famille, il rejoint la France pour vivre chez un oncle. Vingt cinq ans plus tard, une avocate serbe enquête sur les criminels de guerre. Milovan va l’engager pour retrouver les bourreaux qui ont exterminé sa famille.
La ville du Havre, le trafic de drogue dans ses cités, la prostitution, la corruption, les mafias et les parrains sans état d’âme. L’univers du Dark Web où le Manufacturier propose des vidéos de ses crimes à la vente sur son site internet.

Nous allons croiser de nombreux personnages, les intrigues sont très denses, elles se croisent, s’entremêlent avec fluidité dans une construction minutieuse et intelligente, elles s’imbriquent au fur et à mesure qu’on avance pour finir  par se rejoindre et se percuter dans un final ahurissant.

Bienvenue en enfer, aucune échappatoire possible ! Le Manufacturier, c’est une plongée dans la bestialité de l’âme, la nature humaine dans ce qu’elle a de plus horrible, le Mal à l’état pur.
Une plongée dans la monstruosité du conflit serbo-croate qui a fait 200 000 morts et dont on parle très peu. Tout y est décrit sans aucune censure, les atrocités, les cruautés, les vengeances, les horreurs et tortures les plus abjectes. La plume affutée et incisive de l’auteur ne nous épargne rien. Vos tripes se retourneront plus d’une fois, la nausée vous envahira et pourtant, aucune violence n’est gratuite, tous les détails servent l’intrigue. L’auteur a effectué un énorme travail de documentation, c’est impressionnant de justesse et de réalisme.

Le Manufacturier, c’est :
548 pages à couper le souffle, d’une rare puissance et d’une brutalité effrayante
548 pages explosives, ultra noires, d’une violence inouïe
548 pages millimétrées à la perfection, pleines de rebondissements, sans aucune longueur
548 pages sacrément addictives qui soumettront vos nerfs à rude épreuve
548 pages crues et sordides qui vous décaperont et vous broieront corps et âme
548 pages qui s’imprimeront tout au fond de vous pour très longtemps

Je termine en citant l’auteur : « aucune fiction n’arrive à la cheville du monde réel en termes d’horreur ».

Le Manufacturier est un grand, un énorme, un terrible bouquin… que dire de plus ? Mattias Köping est un auteur qui a du génie, ne passez pas à côté !!!

J’ai envie de le souligner. Le Manufacturier est le troisième roman des éditions RING que je termine et la troisième claque d’affilée. Après Ghislain Gilberti « Sa majesté des ombres » et Frédéric Mars « Les marcheurs ». Je suis entrain de lire Sinestra d’Armelle Carbonel, bien parti pour rejoindre mes coups de coeur. RING, une maison d’édition qui a un don particulier pour dénicher des talents et qui ose publier des romans coup de poing qui percutent et dérangent. 

Je remercie chaleureusement les éditions RING pour leur confiance.

4ème Couverture

Le 19 novembre 1991, une poignée de paramilitaires serbes massacrent une famille à Erdut, un village de Croatie. Laissé pour mort, un garçonnet échappe aux griffes des tortionnaires, les Lions de Serbie. Un quart-de-siècle plus tard, l’avocate Irena Ilić tente de remonter la piste jusqu’à la tête du commando, le sinistre Dragoljub.

Le 1er avril 2017, les cadavres d’une femme et de son bébé sont retrouvés dans la banlieue du Havre, atrocement mutilés. Niché dans le dark Web, un inconnu sous pseudonyme revendique le double meurtre et propose les vidéos de ses crimes à la vente sur son site Internet… Depuis quand sévit-il ? Prêt à transgresser la loi, le capitaine de police Vladimir Radiche s’empare de l’affaire qui sème la panique sur le pays, au risque de voir l’inimaginable s’en échapper.

Les deux investigations vont se percuter avec une violence inouïe. L’avocate et le flic ont des intérêts divergents et sont prêts à se livrer une guerre sans merci. Emportés dans l’abîme du terrifiant conflit yougoslave, les enquêteurs évoluent dans un vertige noir, gangrené par la violence et la corruption, où les plus pourris ne sont peut-être pas ceux que l’on croit. Crimes contre l’humanité, meurtres en série, fanatismes religieux, trafics entre mafias sans scrupules, l’étau se resserre au fil des chapitres. Les égouts de l’Histoire finiront par déborder, et vomir des monstres trop vite oubliés.

N’ayez pas peur. Oui, il y a tout cela dans Le Manufacturier. Non, il n’y a pas d’autre issue.

Editeur: RING, 548 pages, date sortie: 25 octobre 2018

Enfermé.e – Jacques Saussey

Enfermé.e – Jacques Saussey

ENFERME.E est un roman à part dans le parcours de Jacques Saussey, un roman très personnel, un roman noir qui brise un sujet encore tabou aujourd’hui.

ENFERME.E est un long cri d’amour.
Une claque magistrale.
Un coup de poing d’une violence inouïe.

A travers l’histoire de Virginie, sa vie de transexuelle, sa quête d’identité et sa terrible vengeance, ce récit nous plonge dans l’horreur des violences faites aux femmes, dans l’enfer des prisons, la prostitution, l’éducation et la religion, le rejet de la différence et l’homophobie.

Jacques Saussey a une plume magnifique, elle va à l’essentiel et nous fait ressentir les émotions puissance mille. Chaque mot est à sa place, même le plus dur, aucune surenchère gratuite, aucun pathos. Tout sonne juste dans cette histoire bouleversante ancrée dans une triste réalité.

Un concentré d’émotions. Plus d’une fois, une boule s’est formée dans ma gorge, mon coeur s’est serré, mes tripes se sont retournées et mes larmes ont coulé. J’ai pleuré pour Virginie, pour toutes les Virginie du monde.

ENFERME.E, une lecture sombre, brutale, sublime, percutante, poignante, dérangeante, déstabilisante.
Une lecture pleine de sensibilité, d’amour et d’espoir.  Au plus profond des ténèbres, la lumière peut jaillir.

A lire de toute urgence. Lisez-le ! Lisez-le ! LISEZ-LE !

Un tout grand merci à Jacques Saussey d’avoir osé prendre des risques pour donner la parole à Virginie. Un coup au coeur indescriptible qui me touche dans le tréfonds de mon être.

La page « Repères » en fin d’ouvrage (les dates, les chiffres, classifications des maladies mentales) me donne envie de hurler de rage et la page « Note de l’auteur » me donne envie de serrer l’auteur dans mes bras.

Une mention toute spéciale pour la couverture en relief, elle est juste sublime.

Je remercie chaleureusement les éditions French Pulp pour leur confiance. Je les remercie d’avoir publié ce roman osé et engagé.

4ème Couverture

« Si je ne peux pas être qui je suis, je préfère être morte plutôt qu’être emprisonnée dans un corps qui n’est pas le mien »

Les premiers papillons ont éclos derrière ses paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l’océan, jaunes et violets contre le ciel d’azur. Elle était allongée au soleil, l’herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd’hui, l’astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l’odeur était celle d’une marée putride qui se retire. Les papillons s’éloignaient de plus en plus haut, de plus en plus loin. Et l’air lui manquait. Lui manquait…
Elle a ouvert la bouche pour respirer un grand coup, comme un noyé qui revient d’un seul coup à la surface.
Les papillons ont disparu, brusquement effrayés par un rugissement issu du fond des âges…

Editeur: French Pulp (coll. Roman noir), 383 pages, date sortie: 11 octobre 2018

Sur le toit de l’enfer – Ilaria Tuti

Sur le toit de l’enfer – Ilaria Tuti

COUP DE COEUR !!!

Une nouvelle voix féminine dans le thriller italien… 

Découvrir un premier roman, c’est toujours un grande excitation pour moi. Et à force de lire des thrillers, polars et noirs, je sens très vite quand je tiens une pépite en main, un roman qui possède ce petit « quelque chose » de plus que les autres.

Sur le toit de l’enfer est un incroyable premier roman, un thriller d’atmosphère d’une maîtrise impressionnante, comme si Ilaria Tuti était née avec une plume en or en main.

Un petit village austère dans les montagnes du Frioul, un paysage hostile, une atmosphère angoissante, magnétique. Tout est décrit avec tant de nuances, le lecteur voit la beauté de la nature sauvage, il ressent le froid, la neige et la blancheur partout, les falaises, il entend le silence de la la forêt.

Un corps est retrouvé, horriblement mutilé, les mains posées sur un coussin de mousse, un pétale de fleur entre les doigts, un tableau peint à la couleur rouge sur la neige blanche. Le froid a figé la scène macabre.

L’enquête démarre lentement, elle est confiée à Teresa Bataglia, une commissaire spécialisée dans le profilage, hyper douée pour entrer dans l’esprit de ceux qu’elle traque. J’ai adoré cette héroïne atypique, complexe, très touchante, d’une humanité extraordinaire. La soixantaine, elle cache une maladie et une fragilité émotionnelle par son attitude réservée, odieuse et hostile. Elle travaillera en tandem avec Massimo Marini, un tout jeune flic inexpérimenté mais prometteur.

Ilaria Tutti maitrise l’art de plonger dans l’âme de ses personnages, elle les décortique en leur donnant une belle profondeur.

Les agressions brutales se poursuivent, un fantôme se cache dans la forêt, il épie. Vous n’avez jamais, oh grand jamais croisé un tueur comme celui ci. La peur s’empare de la petite communauté repliée sur elle-même, le maire et la police locale refusent de coopérer.

Une passionnante enquête qui maintient le lecteur sous tension et le fait naviguer entre présent et passé. Un saut dans les années 80 dans une cabane au coeur de la forêt. Un autre en 1978, en Autriche, une étrange institution appelée L’école. Existe-t-il un lien avec les événements d’aujourd’hui ?  Les habitants se taisent et protègent des secrets bien enfouis depuis des décennies. Teresa Bataglia se battra sans relâche pour dénouer cette intrigue, elle écoutera sa profonde intuition, elle creusera jusqu’aux racines profondes, là où se cache le mal.

Sur le toit de l’enfer possède ce supplément d’âme que j’aime tant. J’ai adoré la sensibilité toute particulière de l’auteure. Vous garderez longtemps en mémoire la bouleversante rencontre entre la commissaire et le tueur… sublime d’émotions !

Je vous invite vivement à lire les dernières pages où l’auteure se présente, elle explique que son roman « plonge ses racines dans sa terre d’origine » et même ses remerciements possèdent quelque chose de très touchant.

Ilaria Tuti a reçu de nombreux éloges, dont celui de Donato Carisi. Retenez bien son nom car elle va faire beaucoup de bruit dans les prochaines années, j’en suis sûre. Ce roman est le premier d’une trilogie, j’ai hâte de retrouver la commissaire Bataglia.

Une mention spéciale pour le fabuleux travail de traduction de Johan-Frédérik Hel Guedj. Une autre mention spéciale pour la sublime couverture.

Je remercie chaleureusement les éditions La Bête Noire pour leur confiance.

4ème Couverture

 » Les tueurs voient l’enfer que nous avons sous nos pieds, tandis que nous, nous ne voyons que les fleurs…  »
Dans les montagnes sauvages du Frioul, en Italie, le commissaire Teresa Battaglia, la soixantaine, la langue acérée et le coeur tendre, est appelée sur les lieux d’un crime pour le moins singulier : un homme a été retrouvé mort, les yeux arrachés. À côté de lui, un épouvantail fabriqué avec du cuivre, de la corde, des branchages… et ses vêtements ensanglantés.
Pour Teresa, spécialiste du profilage, cela ne fait aucun doute : le tueur frappera à nouveau. Elle va devoir rassembler toute son énergie et s’en remettre à son expérience pour traquer cette bête humaine qui rôde dans les bois. Si tant est que sa mémoire ne commence pas à lui faire défaut…
 » L’Italie tient enfin sa reine du thriller !  » Sandrone Dazieri.
 » Inoubliable !  » Donato Carrisi.

Editeur: Robert Laffont (coll. La Bête Noire), 416 pages, date de sortie: 6 septembre 2018

Dégradation – Benjamin Myers

Dégradation – Benjamin Myers

GROS COUP DE COEUR !

Benjamin Myers n’est pas un inconnu en Angleterre, il a déjà publié huit romans et a remporté le prix GORDON BURN en 2013 pour son roman Pig Iron.

Dégradation (« Turning blue » en version originale) est un roman exceptionnel, une vraie déflagration ! Les amateurs de David Peace seront comblés. Les éditions Le Seuil ont eu du flair en dénichant ce bijou noir.

Le bandeau sur la couverture « Ames sensibles vous auriez tort de vous abstenir » nous annonce la couleur, j’avoue que certains lecteurs devront avoir les tripes bien accrochées pour résister à certaines scènes horribles, violentes, limite gore.

Le paysage est un personnage à part entière dans cette peinture extrêmement noire et sordide du nord de l’Angleterre. Imaginez, un hameau sans nom dans une vallée isolée des Dales, les montagnes gelées tout autour, la grisaille, la pluie, la neige, le froid, les crevasses dans la lande battue par les vents. Une atmosphère sombre qui vous met le cafard en moins de deux.

A deux jours de Noël, une adolescente disparait en baladant son chien dans les landes du Yorshire. C’est la fille du riche homme d’affaires local Ray Muncy. Le chef de la police locale ne prend pas l’affaire au sérieux, il évoque une fugue. Les autorités finissent par envoyer un policier de Londres.  James Brindle, un drôle de gus, un solitaire, un brillant détective qui ne vit que pour son boulot, un obsessionnel compulsif rempli de tocs. Il mènera l’enquête avec Roddy Mace, un journaliste qui a fuit les tabloïds et sa vie de débauche Londonienne pour s’enterrer à la campagne et écrire son roman. Deux personnages aux antipodes qui se détestent d’emblée et finiront par se rapprocher pour les besoins de l’enquête.

Steve Rutter est vite soupçonné, un « monstre » répugnant qui a perdu toute humanité, maltraité par sa mère depuis l’enfance, un taiseux crasseux qui vit seul dans sa ferme au milieu des cochons. L’enquête est passionnante, elle nous fera voyager dans son passé trouble pour tenter d’éclairer le présent. Il sera question de secrets obscurs enfouis, de corruption, de notables mafieux, de pornographie, de tortures, de meurtres. Le lecteur est sous tension dès les premières pages et il aura bien du mal à lâcher l’histoire avant le mot de la fin.

L’auteur nous englue jusqu’au cou dans son univers glauque par la force de son écriture. Sa plume est juste magnifique. Ne laissez pas le manque de ponctuation -l’auteur n’utilise aucune virgule- vous décourager. Certes c’est un peu déroutant au début, il faut s’adapter, mais vous oublierez vite pour vous concentrer sur la beauté du style.

Un terrible roman … noir, macabre et décadent. Les vrais amateurs de noir vont l’adorer.

La suite, « These Darkening days » est déjà écrite et paraîtra bientôt en France. Quelle heureuse nouvelle !

Benjamin Myers est un auteur bourré de talent, je vais le suivre de très près.

Je remercie chaleureusement les éditions LE SEUIL pour leur confiance.

4ème Couverture

Au plus profond de l’hiver, dans la lande rugueuse et désolée du nord de l’Angleterre, une jeune fille disparaît. Deux hommes la recherchent : le détective James Brindle, solitaire, taciturne, obsessionnel, et Roddy Mace, ex-journaliste des tabloïds fuyant son passé de débauche à Londres. Ils ne tardent pas à dénicher le suspect idéal : Steven Rutter, terrifiant personnage, plus proche de la bête sauvage que de l’homme, qui vit retiré dans une ferme isolée et rumine de sombres secrets. Mais il n’est pas le seul, et ce qui s’annonçait comme un banal fait divers va bientôt basculer dans l’horreur, à mesure que Brindle et Mace plongent dans les coulisses insoupçonnées de la vie du hameau.

Editeur: Le Seuil, 400 pages, date sortie: 6 septembre 2018

Les marcheurs – Frédéric Mars

Les marcheurs – Frédéric Mars

Déstabilisant… Percutant !

Un roman paru en 2011 sous le titre « Non stop », bien avant la vague d’attentats multiples qui a touché le monde. Glaçant, ça donne froid dans le dos ! Publié récemment en poche à La mécanique générale, il change de titre, fait peau neuve et s’orne d’une sublime couverture.

Un thriller politique qui file à mille à l’heure, une intrigue très réaliste qu’on suit en temps réel durant trois jours, à la manière de la série 24 heures. A peine ouvert, vous sentez que vous tenez une bombe entre les mains. Il vous sera impossible d’arrêter votre lecture, condamné à tourner frénétiquement les pages jusqu’à la dernière dans un état de stress incroyable. Un conseil: prévoyez du temps devant vous et pensez à respirer de temps en temps !

Marcher ou mourir, voilà le défi lancé à des milliers d’américains porteurs d’un pacemaker trafiqué. Transformés en kamikaze à leur insu, le 9 septembre 2012 ils reçoivent une lettre leur donnant une consigne claire, ils doivent se rendre dans un lieu stratégique précis -commissariat, central téléphonique, stade sportif- où ils trouveront les instructions pour désamorcer la bombe, ils ne peuvent jamais s’arrêter de marcher, sinon BOUM. Les explosions s’enchaînent et sèment le chaos à travers tout le pays. L’état d’urgence et le couvre-feu sont déclarés. Qui transforment d’honnêtes citoyens en bombe humaine onze ans après les attentats du 11 septembre ? Et pourquoi ? Des terroristes ? Une secte ?

Un récit haletant aux ramifications multiples qui mêle politique internationale, conspiration et théorie du complot. Les grandes instances du pays -FBI, Homeland security, NYPD, le maire de New York, le président des Etats Unis- entrent en jeu pour gérer la crise et sont confrontées aux multiples failles des systèmes de sécurité. Il y a tant de protagonistes en action que le lecteur pourrait craindre d’être perdu, rassurez-vous le récit est fluide de bout en bout.
Liz, du Homeland Security coordonne l’action, Sam le capitaine du NYPD dont la fille fait partie des Marcheurs et Benton du FBI, son ennemi juré, le président Cooper et quelques autres personnages secondaires. Des personnages fort attachants dont l’histoire personnelle nous accroche et donne une belle touche d’émotion à l’enquête.

Une course contre la montre teintée de paranoïa, un cauchemar anxiogène à mourir qui nous immerge totalement.  Les chapitres très courts, la construction complexe orchestrée dans les moindres détails happe complètement le lecteur. Tout est chronométré à la minute près et le suspense intense est maintenu jusqu’aux toutes dernières pages.
La plume est sèche, tranchante, incisive, très visuelle, tout à fait adaptée au récit que je verrais bien au cinéma ou en série.

Frédéric Mars a fourni un colossal travail de documentation sur la géopolitique et les organisations terroristes, dans les pays occidentaux, au Proche Orient, en Iran, sur tous les intérêts économiques qui les lient. Une analyse réaliste, claire et précise qui n’alourdit en rien l’histoire.

Un dernier détail : je suis plutôt du genre hermétique aux thrillers politiques. En général je n’y comprends pas grand chose ou ils me laissent de marbre. Mais là, je vous assure que j’ai jubilé du début à la fin de ma lecture ! 

Les marcheurs, un thriller brillant et intelligent.
Un parfait mélange entre Politique, Enquête et Emotion.
Un thriller qu’on ne lit pas, on le vit à 100% le coeur au bord de l’explosion !

Je remercie chaleureusement les éditions Ring et La mécanique générale pour leur confiance.

4ème Couverture

9 septembre, Manhattan. Un homme ordinaire reçoit une enveloppe anonyme et se met à marcher en direction du métro. À peine s’est-il arrêté sur le quai de la station qu’il explose, semant la mort autour de lui. Très vite, les mises en marche et explosions de ce genre se multiplient à une allure folle. Sam Pollack et Liz McGeary, les deux agents chargés de l’enquête, doivent admettre qu’ils sont confrontés à une attaque terroriste d’une envergure inouïe. Une attaque non revendiquée et d’autant plus difficile à contrer qu’elle transforme des innocents en bombes humaines, faisant d’eux les agents de ce scénario apocalyptique. Tous se sont vu implanter un pacemaker piégé dans les deux dernières années. Tous reçoivent ces fameuses enveloppes kraft et se mettent à marcher. S’ils s’arrêtent, la charge explosive se déclenche, où qu’ils soient, quels que soient leur âge, leur sexe et leur couleur de peau. La cavale sans fin de ceux qu’on appelle les marcheurs de la mort ne fait que commencer.

Editeur: La mécanique générale (coll. Ring noir), 719 pages, date sortie: 26 avril 2018

Sa majesté des ombres – Ghislain Gilberti

Sa majesté des ombres – Ghislain Gilberti

J’ai pris une claque phénoménale !

Je découvre enfin Ghislain Gilberti et je suis sans voix face à son talent fou.  Purée, mais pourquoi ne l’ai je pas lu plus tôt ? J’ai « Le festin du serpent » dans ma PAL depuis au moins deux ans. Entre nous, je crois que j’avais tout simplement peur de sa noirceur. J’ai rencontré l’auteur il y a deux mois à Saint Maur en Poche, il a balayé toutes mes appréhensions en dix minutes.

Sa majesté des ombres est une pure merveille, c’est le premier tome d’une incroyable trilogie qui s’annonce explosive et hautement additive. Trash et magistrale !

Bienvenue en enfer ! L’auteur nous immerge complètement dans un réseau de dealers de la pire espèce qui déploie  leur cartel dans toute l’Europe. Tous les membres portent le même tatouage au poignet Ecce Lex. Quand les dealers sont capturés, ils n’offrent aucune information sur leur patron.

Un récit en deux parties. La première en forme de prologue.  2003, Villa Venezia, la police se prépare pour l’arrestation d’un grand dealer de la région. L’interpellation vire au drame et au carnage, elle se termine dans un bain de sang. L’affaire est classée sans suite.
2010, la commissaire Cécile Sanchez -une flic mentaliste hors du commun, à l’esprit d’analyse implacable- est appelée à Strasbourg pour élucider plusieurs carnages aux modes opératoires similaires.  En étudiant les documents, elle trouve des similitudes avec la Villa Venezia en 2003. Assistée d’une équipe de flics hors norme, elle entame une enquête complexe et dense pour tenter de remonter jusqu’à la tête de ce cartel sanguinaire.  Y parviendra-t-elle ?

Le lecteur est plongé au coeur du mal, dans les rouages d’une enquête aux ramifications multiples. C’est réaliste dans les moindres détails, hyper bien documenté et parfaitement construit. Le rythme de dingue ne nous offre pas une seconde de répit. Les personnages sont bien campés, une mention spéciale pour Cécile Sanchez, une héroïne d’une rare puissance, comme on en croise peu. Les flics, les ripoux, les dealers, les salauds, tous sont travaillés, fouillés, décortiqués jusqu’au tréfonds de leur âme. Nous allons vivre, souffrir, rager, angoisser avec eux de bout en bout jusqu’au final qui nous laissera K.O. debout.

740 pages qu’on dévore en apnée à une vitesse incroyable, sans pouvoir décrocher un instant.
740 pages hallucinantes qui envahiront vos journées et raccourciront vos nuits.
740 pages à couper le souffle, bourrées d’adrénaline, d’action et de rebondissements.
740 pages d’une rare intensité qui décoiffent sec et balaient tout sur leur passage.
740 pages puissantes, noires et violentes qu’on referme à regret, on n’est pas prêt de les oublier !

Le manque se fait déjà sentir et l’attente du deuxième tome sera longue. Je vais patienter en lisant les autres romans de Ghislain Gilberti.

Comment ne pas s’incliner face à un tel talent ?
Amateurs de noir, ne passez surtout pas à côté de ce tourbillon hypnotique, addiction grave garantie !

Je remercie chaleureusement les éditions RING pour leur confiance.

4ème Couverture

Un cartel d’un nouveau genre, invisible et sans pitié.
Une drogue d’une pureté inédite.
Un réseau de dealers sous pression, déployé à travers l’Europe et coupé de la tête de l’organisation.
Un signe commun aux membres du cartel : Ecce Lex, tatoué sur le poignet. Quand des dealers sont capturés, ils se révèlent incapables de livrer le moindre indice sur leur commanditaire… Quand leurs cadavres ne servent pas déjà de bornes kilométriques.
Une légende de la police judiciaire aux dons de mentaliste, Cécile Sanchez, fait face à des tueries aux modes opératoires sans précédent.
Est-il possible de mettre des ombres en cage ? Dans quel enfer devra-t-elle descendre pour faire face au mal absolu ?
Bienvenue dans le Réseau Fantôme.
Entre Braquo et Breaking Bad, Sa Majesté des Ombres ouvre magistralement la nouvelle épopée du thriller hexagonal.

Editeur: RING, 738 pages, date sortie: 8 mars 2018

Helena – Jérémy Fel

Helena – Jérémy Fel

Premier coup de coeur de la rentrée littéraire.

J’ai eu un véritable choc en découvrant son premier roman il y a deux ans, Les loups à leur porte.  Un tel talent, ça surprend et ça ne s’oublie pas ! J’ai eu un soupçon (un mini soupçon, hein) d’appréhension en entamant Helena.  Jérémy Fel va t il réitérer l’exploit ?

Ma réponse est OUI, OUI et OUI… sans aucune hésitation, Helena est dans la même vaine que le premier, voire beaucoup plus fort (plusieurs clins d’oeil en référence au premier, mais rassurez vous, il se lit indépendamment, sans problème).
Bluffant, scotchant, terrifiant de bout en bout, Helena frôle la perfection.

735 pages sans aucun temps mort, hyper addictives, je les ai dévorées en apnée, à la vitesse de l’éclair. Dès les premières pages, l’auteur nous prend la main, que dis-je ? le bras, le corps tout entier pour nous happer, nous engluer dans son histoire infernale et nous relâcher abasourdi et épuisé à la toute fin.

Quatre personnages pris au piège qui vont tenter de s’en sortir en osant l’innommable. Je ne vous en dirai pas beaucoup plus plus pour ne pas gâcher votre surprise. Une construction parfaite, un puzzle machiavélique à plusieurs voix, les bourreaux vont croiser les victimes, les victimes deviennent des bourreaux et l’inverse. Des personnages complexes, d’une force incroyable que vous n’oublierez pas de sitôt.

C’est suffocant, haletant, bouleversant, percutant, noir, très noir et violent.  Jérémy Fel est un conteur hors pair qui nous met sous tension constante, nous empêche de respirer, joue avec nos nerfs et vient titiller nos angoisses les plus profondes. La plume de l’auteur est très visuelle, d’une beauté à couper le souffle,  emplie d’une poésie noire et influencée par les grands romanciers et le cinéma américain.

Comme dans Les loups à leur porte, il explore les tréfonds de l’âme humaine, les différentes facettes du mal, de la violence, les mécanismes de la déviance à travers un drame familial effroyable. Il nous questionne sur l’instinct maternel, l’enfance, la transmission, l’inceste, la folie.  Il ne nous épargne rien, il est très fort pour nous faire peur, nous bousculer et nous donner le vertige.  Accrochez vous ! les âmes sensibles passeront leur chemin.

Helena, un roman coup de poing d’une rare puissance, à lire immédiatement.

Je remercie chaleureusement les éditions Rivages pour leur confiance.

Chut, juste un détail, je n’aime pas la couverture, elle me fait penser à un roman teen-ager boutonneux.

4ème Couverture

Kansas, un été plus chaud qu’à l’ordinaire. Une décapotable rouge fonce sur l’Interstate. Du sang coule dans un abattoir désaffecté. Une présence terrifiante sort de l’ombre. Des adolescents veulent changer de vie. Des hurlements s’échappent d’une cave. Des rêves de gloire naissent, d’autres se brisent. La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue. Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des champs, essaie tant bien que mal de maintenir l’équilibre familial. Quant à Tommy, dix-sept ans, il ne parvient à atténuer sa propre souffrance qu’en l’infligeant à d’autres… Tous trois se retrouvent piégés, chacun à sa manière, dans un engrenage infernal d’où ils tenteront par tous les moyens de s’extirper. Quitte à risquer le pire. Et il y a Helena… Jusqu’où une mère peut-elle aller pour protéger ses enfants lorsqu’ils commettent l’irréparable ?

Editeur: Rivages, 735 pages, date sortie: 22 août 2018