L’empereur blanc – Armelle Carbonel

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J’ai découvert Armelle Carbonel avec son précédent roman Sinestra.  Une sacrée découverte ! Dans ma chronique, j’avais écrit « une merveille…une charge émotionnelle dévastatrice… un voyage envoûtant… ».

L’Empereur Blanc est encore plus envoûtant,
tout simplement MAGISTRAL !

Armelle Carbonel est une magicienne des mots. Sa plume est taillée dans une feuille d’or, ses mots choisis avec soin, entrelacés avec art forment de la fine dentelle littéraire, il en émane une musique si particulière, de la poésie noire teintée d’émotions.

Un thriller à la croisée des genres, un mélange de roman noir et de roman d’atmosphère.

Le prologue nous glace les sangs. 
En 1965, un drame s’est déroulé à Crescent House, une maison isolée du fin fond de l’Arkansas. Bill Ellison, un écrivain noir y aurait été assassiné avec son épouse par le Ku Klux Klan. Depuis la maison a gardé une sinistre réputation, il s’y passerait des choses étranges. 

L’empereur blanc, un étonnant voyage en deux parties bien distinctes, INSIDE ET OUTSIDE. 

INSIDE nous plonge dans Crescent House. Cinq auteurs de romans noirs décident de s’y retrouver pour un séminaire d’écriture, cet enfermement dans un lieu chargé d’histoires et de légendes est propice pour développer leur imagination et leur inspiration.  Ils se connaissent tous et sont amis depuis longtemps. Rien ne se déroule comme prévu durant le week-end,  des disparitions inquiétantes surviennent. Sont-elles en lien avec le passé ? La légende serait-elle vraie ? L’Empereur Blanc guette dans la maison, il semble surveiller tout le monde, qui est-il ?

Armelle Carbonel nous emprisonne dans un huis clos à l’atmosphère anxiogène et oppressante, limite cauchemardesque. Elle maîtrise cet art comme personne : plonger ses lecteurs dans des lieux lugubres qui deviennent des personnages à part entière de ses histoires. Elle nous ensorcèle, nous envoûte et nous trouble, installant très subtilement la peur et le malaise. La tension monte crescendo au fil des pages. Elle nous émeut jusqu’aux tripes dans les flashback en 1965 racontant l’histoire de Bill Ellisson. Ces pages de la grande Histoire sur la ségrégation raciale sont d’une force et d’une sensibilité exceptionnelle. Passé et présent s’entremêlent à merveille, le contraste entre les deux est saisissant et leur lien nous interpelle profondément.

Durant ce même week-end, une famille entière est assassinée dans la petite ville d’à côté. L’officier Dudley est en charge de ce quintuple meurtre.

OUTSIDE. Nous quittons Crescent House, sortons prendre un peu d’air frais. La deuxième partie nous immerge dans une enquête hors norme à la rencontre de personnages intéressants. Mary, l’épouse de Dudley, lectrice passionnée de romans noirs qui anime un blog littéraire. Et le docteur Amber Duke qui tiendra une place importante dans l’enquête. L’auteure nous interroge au passage à travers quelques observations bien senties -parfois pleines d’humour- sur la célébrité et le buzz des réseaux sociaux, les rivalités, les jalousies et méchancetés gratuites. Elle pose son regard sur la création et le métier d’écrivain, ses réflexions sont très pertinentes.

Je ne peux hélas RIEN mais absolument rien vous dire de cette enquête, sinon qu’elle vous retournera plus d’une fois les neurones, vous étonnera et vous scotchera à votre canapé. La bascule entre les deux parties Inside et Outside est impressionnante et la façon dont elles finissent par s’imbriquer vous coupera la voix pour très longtemps. 

Armelle Carbonel est au sommet de son art ! 

L’empereur blanc est un vrai tour de force.
Machiavélique  !!!
Passer à côté serait une grave erreur !

Je remercie chaleureusement les éditions Fayard-Mazarine pour leur confiance.

 

4ème Couverture

Cinq auteurs de romans noirs se retrouvent à Crescent House,  une maison isolée, érigée au creux d’une vallée perdue de l’Arkansas pour un week-end de création dans une ambiance propice à l’imagination la plus lugubre. De fait, la rumeur locale prétend qu’en 1965, un écrivain, nommé Bill Ellison, y aurait été assassiné par des membres du Ku Klux Klan. D’autres disent qu’il aurait lui-même tué son épouse avant de se donner la mort.
Alors que le week-end passe, les nouveaux habitants de Crescent House disparaissent l’un après l’autre … Une famille entière, bien sous tous rapports, est massacrée dans la ville voisine. Quel est le lien entre passé et présent, entre locataires d’hier et d’aujourd’hui – entre légende et réalité ?

Editeur : Fayard-Mazarine, 414 pages, date sortie : 17 mars 2021

4 commentaires sur « L’empereur blanc – Armelle Carbonel »

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