L’emprise du chat – Sophie Chabanel

Je retrouve avec plaisir l’univers loufoque et désopilant de Sophie Chabanel. Je vous le dis d’emblée, je ne suis pas une grande fan de ses enquêtes, peu crédibles, trop classiques et gentilles pour moi, mais j’adore les deux personnages principaux.
Des personnages hauts en couleurs, sympathiques et hyper attachants. La commissaire Romano, borderline, son caractère plus que trempé, son humour grinçant, décalé, son franc parler et ses deux chats Ruru et Mandela. Et son adjoint Tellier, intègre, dépressif, révolté et psychorigide sur les bords. Un formidable duo qui nous en fait voir de toutes les couleurs, leurs échanges et certains dialogues caustiques valent leur pesant d’or.

Tout commence par une mort étrange. Léa Bernard, une jeune femme banale et sans histoire, est retrouvée empoisonnée dans sa salle de bain, seule dans son appartement Lillois. Peu avant sa mort, elle a travaillé à Genève comme hôtesse d’accueil dans une exposition de cadavres plastinés. C’est la seule piste dont dispose la commissaire Romano. En route pour la Suisse sur les traces du passé de Léa.

Le ton est léger, impertinent et loufoque. Sophie Chabanel manie l’humour à merveille, avec beaucoup de finesse. Et l’air de rien, au delà de la légèreté, elle jette un regard piquant sur notre société, pointant du doigt et dénoncant certains travers d’une grave hypocrisie. Le trafic des corps et leur déshumanisation, l’indécence, le cynisme et les gros mensonges autour des expositions de cadavres plastinés « True Bodies ». On les présente comme « éducatives, pédagogiques » alors qu’elles ne sont que des grosses pompes à fric. Tout le monde semble aveugle, incapable de s’indigner, ça donne à réfléchir.

Une lecture jouissive, un chouette polar sans prise de tête. En ces temps moroses et anxiogènes, ne boudons pas notre plaisir.

Je remercie chaleureusement les éditions Seuil pour leur confiance.

4ème Couverture

Une jeune femme est découverte empoisonnée dans la salle de bain de son appartement lillois, aussi gai qu’un abri antiatomique. Hormis son métier d’hôtesse d’accueil – idéal pour se limiter à des relations humaines superficielles – rien ne semble avoir éclairé le quotidien de Léa Bernard. Seule piste : peu avant sa mort, elle a travaillé à Genève dans une exposition de cadavres plastinés, au succès planétaire mais interdite en France. Cela aurait-il un rapport avec son assassinat ? C’est sur quoi vont devoir plancher la frondeuse commissaire Romano et son adjoint Tellier : direction la Suisse !
Côté vie privée, Romano doit faire face aux déboires de Ruru et de Mandela, le chaton qu’elle s’est laissé fourguer au prétexte qu’il est plus facile d’avoir deux chats qu’un seul – comment a-t-elle pu croire un bobard pareil ?

Editeur : Seuil, 314 pages, date sortie : 1 octobre 2020

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