La fille aux papillons – Rene Denfeld

Deuxième enquête de Naomi, l’enquêtrice spécialisée dans la recherche d’enfants disparus. L’an dernier, j’ai eu un immense COUP DE COEUR pour le premier tome Trouver l’enfant. Dans ma chronique, j’avais écrit : un suspense envoûtant et hypnotique, un joyau qui vous obsèdera bien longtemps après l’avoir refermé, voici le lien Trouver l’enfant.

J’ai donc ouvert celui-ci avec beaucoup d’excitation, une énorme attente et ma question récurrente : la magie va-t-elle opérer à nouveau ?

Rene Denfeld s’est inspirée de sa propre histoire pour écrire ce roman, certains passages sont liés à ses propres souvenirs. A quinze ans, elle était sans abri et vivait dans la rue. Elle est aujourd’hui journaliste, auteure et  enquêtrice spécialisée dans les peines de mort.

Enfant, Naomi et sa jeune soeur ont été enlevées et détenues durant plusieurs années. Seule Naomi a réussi à s’échapper. Depuis, elle est hantée par le sort de sa soeur et n’accepte plus de nouvelle enquête tant qu’elle ne l’aura pas retrouvée. Ses recherches l’amènent à Portland. Beaucoup d’enfants sans abri vivent dans la rue, errent comme des fantômes en quête de camaraderie, fouillent les poubelles pour manger et se prostituent pour quelques dollars ou de la drogue. Des jeunes filles portées disparues depuis des mois ont été retrouvées dans les eaux sales de la rivière. Un mystérieux tueur s’attaque aux plus faibles. Naomi va croiser la route de Celia, une gamine de douze ans qui s’est enfuie d’un foyer violent, elle trouve refuge dans les livres et les papillons qu’elle voit voler autour d’elle.

Trouver l’enfant nous plongeait dans une ambiance magique de conte étrange. J’avoue que cet enchantement m’a manqué dans cette suite. La fille aux papillons est une histoire de survie pleine d’émotions, un constat social fort émouvant qui donne la voix à des personnages pétris d’humanité. L’auteure aborde des vérités qui dérangent : les maltraitances et les traumatismes sexuels de l’enfance, les histoires qui se transmettent de génération en génération. Certains passages très poignants, déchirants et fort réalistes nous font ressentir le désespoir de ces enfants tout au fond de nos tripes grâce à la magnifique écriture de Rene Denfeld.  Sa plume soignée, subtile et teintée d’une grande sensibilité adoucit la noirceur des ténèbres.

L’enquête quant à elle m’a un brin déçue, elle manque un peu de tension et de suspense. J’ai été heureuse de retrouver Naomi, le personnage s’est étoffé avec les révélations sur son passé mais je l’ai trouvée assez froide, distante et confuse, toute obnubilée par la recherche de sa soeur, elle s’intéresse finalement peu au sort des jeunes filles disparues et ne s’implique pas beaucoup dans l’enquête. La formidable Celia lui vole un peu la vedette ! Leurs vies résonnent en écho et une connexion forte s’installe entre elles. Toutes deux sont des grandes soeurs voulant aider leur petite soeur. L’une s’inquiète pour sa petite soeur de six ans restée à la maison sous les griffes d’un beau père violent et l’autre est obsédée par sa soeur disparue.

Si La fille aux papillons ne dégage pas la même magie, le même envoûtement obsédant et n’atteint pas la puissance de Trouver l’enfant, c’est quand même une très belle lecture. J’ai aimé les thèmes forts abordés avec beaucoup d’intelligence, d’imagination et de poésie : l’enfance bafouée, les oubliés, les invisibles de la société, la résilience, la rédemption et les mémoires enfouies.

L’histoire se termine sur un message incroyablement fort : il y a toujours de l’espoir ! Et la lumière finit toujours par percer l’obscurité.

Extrait des remerciements de Rene Denfeld :
La vie est une histoire que nous nous racontons à nous-même ainsi qu’aux autres.
Nous pouvons la rendre riche de justice, de bonté et de rédemption.
Cela ne dépend que de nous.

Je remercie chaleureusement les éditions Rivages pour leur confiance.

 

 

 

4ème Couverture

Naomi, enquêtrice spécialisée dans la recherche d’enfants disparus, se lance sur les traces de sa propre soeur évanouie il y a fort longtemps. Elle n’a plus aucun souvenir de sa cadette, tout juste un champ de fraises la nuit et la poussière noire sous ses pieds nus alors qu’elle-même courait pour sauver sa vie. Son enquête la conduit à Portland, en Oregon, où des dizaines d’enfants sans abri errent dans les rues comme des fantômes, en quête d’argent, de nourriture et de camaraderie. Alors que des cadavres de jeunes filles sont retrouvés dans les eaux sales de la rivière, Naomi croise la route d’une gamine de douze ans appelée Celia, dont les seuls alliés sont les papillons qu’elle voit voler autour d’elle, comme des petites lueurs d’espoir irisées qui adoucissent les folies de ce monde.

Editeur : Rivages (Coll. Rivages Noir), 285 pages, date sortie : 27 mai 2020

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