Ce qui dort sous le camélia – Caudie O. Wetterwald

Petit coup de gueule : j’ai malheureusement vu passer plusieurs retours qui en dévoilent beaucoup, beaucoup trop. Quel dommage ! La quatrième de couverture en dit juste assez pour donner envie de découvrir l’histoire, alors pourquoi gâcher la surprise du lecteur en lui révélant ce qu’il devrait découvrir au fil des pages ?

Je vais donc rester très discrète.

Moins vous en saurez sur l’histoire, plus vous en profiterez.

Et pourtant, j’ai tellement envie de vous parler de ce formidable roman !

Il faut que je vous dise : je n’aurais probablement jamais choisi ce roman de moi-même. Les récits d’effondrement ne sont vraiment pas ma tasse de thé et cette thématique me faisait même un peu peur. J’ai donc ouvert Ce qui dort sous le camélia avec une certaine appréhension, malgré une quatrième de couverture intrigante et la promesse de l’éditeur : une « fresque bouleversante ».

Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre que mes craintes étaient totalement infondées.

Dès le prologue, j’ai été happée. Claudie O. Wetterwald nous plonge dans une scène qui scotche et soulève immédiatement une multitude de questions. Ensuite, le récit remonte le temps, et nous découvrons Lisenn et son avocate Rym. Quatre temporalités vont alors s’entrecroiser : Avant le Désastre, Le jour du Désastre, L’ère du Désastre et Le Procès.

J’avoue que cette construction m’a un peu inquiétée au départ. Quatre temporalités, plusieurs personnages… j’avais peur de m’y perdre.

Pas une seconde.

Chaque chapitre nous indique clairement qui nous raconte l’histoire et dans quelle période nous nous trouvons. La construction est brillante, d’une grande fluidité et surtout très efficace : elle distille les informations, entretient les zones d’ombre et nourrit un suspense qui m’a tenue en haleine jusqu’au bout.

Le destin de deux femmes

Ce qui dort sous le camélia est un roman résolument féminin, traversé par la sororité et par des liens entre femmes qui ont résonné en moi.

Cette intrigue est vraiment réaliste. Je n’ai jamais eu l’impression d’être dans un monde invraisemblable ou dans un futur lointain. Tout paraît crédible, proche, presque familier. Et c’est ce qui rend le récit si troublant : cette histoire semble tellement possible qu’elle en devient glaçante.

Le récit est centré à 100 % sur ses personnages. C’est à travers eux que tout passe : le suspense, la peur, les choix, les émotions, les interrogations. L’autrice s’intéresse moins au spectaculaire qu’à ce que les événements révèlent de l’humain, à nos réactions lorsque tous nos repères disparaissent et aux limites que nous sommes capables de franchir.

Et puis il y a le procès.

Glaçant !

254 femmes alignées sur les bancs des prévenues d’un procès extraordinaire, accusées d’avoir commis le pire au cours du Désastre. Parmi elles, Lisenn.

Le roman pose les questions.
Il ne donne pas les réponses.
Il ne donne pas de leçon.

Ce qui dort sous le camélia secoue et dérange. Il nous plonge au coeur de nos propres dilemmes. Il nous pousse dans nos retranchements et met parfois à mal notre propre humanité.

J’ai traversé absolument toute la palette des émotions au fil des pages : la peur, l’angoisse, la tension, l’attachement, la colère, la tendresse… et parfois les larmes aux yeux, le cœur serré.

Et la plume.

Quelle plume ! Claudie O. Wetterwald a une écriture ciselée, précise, fluide et immersive. Elle ne se contente pas de raconter : elle fait ressentir. Avec beaucoup de finesse, elle sait installer l’inquiétude dans une scène apparemment banale, faire monter la tension sans jamais en faire trop.

Je découvre l’autrice avec ce deuxième roman, n’ayant pas lu La fille d’encre et de lumière, paru en 2022. Cette maturité d’écriture est tout simplement impressionnante.

450 pages que j’ai littéralement dévorées.

Moi qui pensais y entrer à reculons, je me suis retrouvée complètement immergée dans cette histoire, fascinée par ses personnages, happée par son suspense et traversée d’émotions.

L’éditeur parle d’une « fresque bouleversante ». Pour une fois, je trouve que la formule est parfaitement choisie.

Ce qui dort sous le camélia est une sacrée expérience de lecture.

Un coup de cœur complètement inattendu.

Je remercie chaleureusement les éditions du Gros Caillou pour leur confiance.


Quatrième de couverture

« Si ceux qui veulent nous intimer le silence sont furieux contre nous, ce n’est pas pour nos crimes, mais parce que nous leur avons fait le plus terrible des affronts. Nous avons survécu. »

Elles sont 254, alignées sur les bancs des prévenues d’un procès extraordinaire.
Des femmes de tous âges, de tous milieux, accusées d’avoir commis le pire au cours du Désastre.
Parmi elles, il y a Lisenn Delors. Jamais on ne la soupçonnerait du moindre crime. Et c’est peut-être cela qu’on lui reproche le plus.
Pour la défendre, Rym Kettani, son avocate, replonge dans ses souvenirs de cette période sombre.
Elle aussi y a survécu, mais le monde d’après semble encore pire.

Dans ce roman aux personnages profondément humains, Claudie O. Wetterwald  nous confronte à nos propres dilemmes. Elle décrit avec finesse la fragilité d’une société quand survient le chaos et envoûte son lecteur jusqu’au mot fin.

Editeur : Gros Caillou, 450 pages, date de sortie : 27 août 2026

3 commentaires sur « Ce qui dort sous le camélia – Caudie O. Wetterwald »

  1. Et bien ma Nadia, merci. Des fois que je n’aurais pas d’idée pour ma future lecture 😁 ma pal s’écroule, moi dessous, Attililie dessus, plus on est de fous, n’est-ce pas ? 😂. Elle est magnifique cette chronique 😍.
    Merci à toi pour le partage 🙏 😘

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