Une saison pour les ombres – R.J. Ellory

Une saison pour les ombres

Un roman noir dans la veine de Seul le silence, magnifique et terriblement émouvant.

Exit l’Amérique profonde, R.J. Ellory nous emmène dans le nord du Canada, au fin fond du Québec, à Jasperville. Une cité minière fort inhospitalière, complètement isolée, où il fait glacial et noir huit mois par an.

Jack Devereaux revient dans la petite ville de son enfance qu’il a quittée à l’âge de dix-neuf ans, sans jamais y revenir, ni regarder en arrière durant vingt-six ans. Son frère Calvis vient d’être arrêté pour une tentative de meurtre et il s’est muré dans le silence. Dépassée, la police locale fait appel à lui. Jack va tenter d’aider son jeune frère devenu un étranger pour lui, de le faire parler pour comprendre les raisons de son geste. Folie ? Violence ? Vengeance ?  Est-ce lié à l’enquête que Calvis menait sur une vieille histoire du passé : des jeunes filles tuées et abandonnées dans la forêt. Un tueur en série était il à l’oeuvre ou un wendigo, sorte de monstre d’après les légendes indiennes ? Tant de questions sans réponse.

Les recherches de Jack le replonge dans ses souvenirs et ceux de sa famille, son passé fissuré et les ombres remontent à la surface… la mort de sa mère, de sa soeur et de son grand père, la violence de son père, sa petite amie.  Il a tenté d’oublier durant ces nombreuses années, après avoir fui brutalement pour sauver sa peau, en abandonnant tout derrière lui sans se soucier des conséquences.

Jack, hanté par sa culpabilité, détruit par ses choix passés et ses erreurs, est aujourd’hui en quête de rédemption. Un anti-héros qu’on ne peut s’empêcher d’aimer malgré ses failles et ses contradictions. Autour de lui gravite une belle galerie de personnages, décortiqués jusqu’au plus profond de l’intime, dans leurs fêlures, leurs secrets, leurs mensonges et leur complexité.

Ne cherchez pas une véritable enquête, même si elle est présente en filigranes -surtout dans la deuxième partie- nous sommes dans un pur roman d’atmosphère, plongés au coeur de l’intimité des personnages.

R.J. Ellory nous immerge dans une atmosphère sombre, pesante et mystérieuse, il nous envoûte avec ce récit oscillant entre deux temporalités, les retours en arrière dans les années 70 avec l’adolescence de Jack et aujourd’hui. Les émotions transpercent chaque page pour nous faire vibrer en profondeur, elles nous pincent le coeur au moment où on s’y attend le moins.

Le roman est porté par une magnifique plume, sensible et pleine en nuances. Des mots choisis avec soin, des silences et des respirations pour s’imprégner de la puissance et de la subtilité des propos.

La magie a opéré une fois de plus…

Je remercie les éditions Sonatine pour leur confiance.

Quatrième de couverture

 » Le froid arriva. Et puis le froid s’installa à jamais.  »
Nord-est du Canada, 1972. Dans cette région glaciale, balayée par les vents, où l’hiver dure huit mois, la petite communauté de Jasperville survit grâce au travail dans les mines d’acier. Les conditions de vie y sont difficiles. Au-delà du village, il n’y a rien. Juste une nature hostile, quelques ours, des loups. Aussi quand le corps d’une adolescente du village est découvert aux abords de la forêt, la gravité des blessures laisse supposer qu’elle a été victime d’une bête sauvage. Ce sera en tout cas la version officielle. Et tout le monde prie pour qu’elle soit vraie. Mais, quelques temps plus tard, le corps d’une autre jeune fille est retrouvé.

Montréal, 2011. Le passé que Jack Deveraux croyait avoir laissé derrière lui le frappe de plein fouet lorsqu’il reçoit un appel de Jasperville. Son jeune frère, Calvis, est en garde-à-vue pour tentative de meurtre. De retour sur les lieux de cette enfance, qu’il a tout fait pour oublier, Jack découvre qu’au fil des années, l’assassin a continué à frapper. L’aîné des Deveraux comprend alors que la seule façon de mettre fin à cette histoire tragique est de se répondre à certaines questions, parfois très personnelles. Mais beaucoup, à Jasperville, préfèrent voir durer le mensonge qu’affronter la vérité.

Dans la droite ligne de Seul le Silence, RJ Ellory nous offre un roman troublant de beauté et d’émotion à classer sans conteste parmi ses plus grandes réussites.

Editeur : Sonatine, 408 pages, date sortie : 5 janvier 2023

18 commentaires sur « Une saison pour les ombres – R.J. Ellory »

    1. Je répondais à « la plumedelulu » en disant que c’était peut être pas l’idée du siècle… mais finalement pourquoi pas les filles ? Vous avez beaucoup de chance de vous faire prendre, ça veut dire plein de temps pour lire, vous pourriez même tenir une chaine littéraire en cellule 😂

      Aimé par 1 personne

      1. Ne plus se lever le matin, ouvrir un livre, c’est donc une idée de génie qu’a eu « la plumedelulu »! Il faudrait quand-même qu’on soit ensemble, dans une une unité spéciale : haute littérature au lieu de haute sécurité, avec un bois dans lequel on pourrait se promener au moins une heure par jour et une immense bibliothèque! 😂

        Aimé par 2 personnes

  1. Je trouve que l’idée est très bonne. Merci Wivine300 de me suivre dans mes délires. On fait comme on peut pour se débrouiller pour lire. Quartier haute littérature. Et Nadia viendra nous rendre visite. Puisqu’elle est à la base de nos envies de livres. 😉😘

    Aimé par 2 personnes

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.