Eaux sombres – Susanne Jansson

La légende raconte que l’océan attire les enfants dans ses profondeurs
et qu’ils ne reviennent jamais…

Martin et Alexandra vivent dans une bicoque de pêcheur sur la petite île d’Orust au large de la Suède avec Adam, leur fils de quatre ans et Nellie, leur bébé de quelques mois. Martin s’est lancé dans la mytiliculture (l’élevage de moules), mais il rencontre des problèmes avec certains insulaires et reçoit même des menaces.  Alexandra part en long week-end avec sa soeur, elle emmène son bébé et laisse Adam sous la garde de son père. Ils s’apprêtent à partir pour un pique-nique, Adam échappe quelques instants à la vigilance de son père. Il disparait sur la plage. Quand la police découvre son seau rouge et une de ses bottes, elle conclut à une noyade malgré l’absence de corps. Adam s’est-il vraiment noyé ?

Le chagrin dévore le père qui s’enfonce dans une profonde dépression alimentée par la culpabilité. Complètement dévasté, il s’isole de plus en plus, il perd prise sur la réalité pour flirter avec une forme de folie. Le couple éclate et Alexandra se réfugie chez ses parents.  Maya, une photographe qui vient de s’installer sur l’ile va se rapprocher petit à petit de Martin, elle a pitié de sa détresse et lui prête une oreille attentive. La disparition du petit Adam l’interpelle beaucoup, son passé de photographe judiciaire refait surface.

En fouillant les cartons empilés au fond du grenier, Martin fait une découverte surprenante… des morts tragiques sur l’île, toujours à la même date en janvier. Il ne peut croire à une simple coïncidence et décide de creuser cette piste. Martin est littéralement obsédé par ses recherches et Maya est la seule à le suivre dans sa folie.

La mer est un personnage à part entière qui rythme la vie des habitants de l’île, elle tient une grande place dans le récit. Le flux et le reflux des vagues nous plongent dans une atmosphère contemplative. Les légendes et croyances de l’île donnent une ambiance étrange proche du mysticisme. L’histoire prend son temps pour avancer mais je me suis laissée bercer par ce rythme lent et par la très belle plume de l’auteure.

Le suspense est envoûtant et d’une très grande sensibilité  On oscille entre la vie des habitants, les us et coutumes et légendes de l’île, les descriptions des paysages, la lente descente aux enfers de Martin, son processus de deuil et son enquête désespérée. Susanne Jansson a apporté un grand soin et beaucoup de nuances à ses personnages. La tension est bien présente et le suspense est maintenu jusqu’à la révélation finale qui éclate dans les dernières pages. Séquence émotion !

Attention : les âmes sensibles sauteront la page 180… inutilement choquante, elle m’a fait bondir.

Un roman publié à titre posthume, Susanne Jansson étant malheureusement décédée en 2019.

Je remercie chaleureusement les éditions Presses de la Cité pour leur confiance.

Quatrième de couverture

La légende raconte que l’océan murmure parfois à l’oreille des enfants…

Martin, Alexandra et leurs deux enfants, Adam et Nelly, viennent d’emménager dans la maison de famille, sur une île isolée au large des côtes suédoises. Un matin, alors qu’ils descendent sur la plage, Adam échappe à la vigilance de son père, ne laissant derrière lui qu’un seau rouge et une botte. Malgré l’absence de corps et les menaces reçues par Martin peu de temps auparavant, la police conclut à une noyade.
Dévasté par le chagrin et la culpabilité, le jeune père plonge dans une profonde dépression et s’isole même de ses proches. Seule Maya, une photographe quinquagénaire fraîchement débarquée sur l’île, s’obstine à lui rendre visite. Ensemble, ils découvrent que les anciens propriétaires de la maison se sont noyés au même endroit à des années d’intervalle. Martin ne peut croire à une coïncidence. Au fil d’une quête désespérée, cet homme brisé déterrera plus d’un secret…

Editeur : Presses de la Cité, 280 pages, date de sortie : 2 septembre 2021

2 commentaires sur « Eaux sombres – Susanne Jansson »

  1. Je suis contente que tu as aimé! J’avais vu ce livre mis en évidence à la bibliothèque l’année passée (en néerlandais) j’ai lu le prologue et rien que pour l’écriture, j’ai pris le livre et j’ai beaucoup aimé l’histoire! Comme tu le souligne, la nature est un personnage à part entière, ici, la mer et dans son premier roman, « Les âmes englouties », une région de la Suède qui m’était inconnue: les tourbières du Nord de l’Europe!

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