La nanny – Gilly Macmillan

Je la suis depuis ses débuts, Gilly Macmillan ne m’a jamais déçue et son cinquième roman nous prouve que son talent est immense. Elle est passée maître dans l’art des intrigues psychologiques d’une grande finesse et des huis-clos étouffants. Elle maîtrise à merveille les récits à plusieurs voix et l’alternance passé-présent.

Jocelyn vit aux Etats Unis, le décès brutal de son mari la laisse sans ressources avec sa fille de dix ans, elle est obligée de revenir s’installer dans le manoir familial de son enfance, auprès de sa mère. Les deux femmes n’ont jamais eu de bonnes relations, lady Virginia Holt a toujours été froide et distante avec elle, Jocelyn a été élevée par Hannah, sa nounou adorée. Elle avait sept ans quand celle-ci a  disparu brutalement sans laisser de trace, la laissant ravagée et inconsolable. Aujourd’hui, mère et fille cohabitent tant bien que mal entre non-dits et affrontements, la tension sature l’air du manoir. Peu de temps après son retour, un crâne humain est découvert dans le lac de la propriété. S’agit il des restes de la nounou ? Jocelyn échafaude les pires théories, quand un beau matin Hannah vient sonner à la porte, la voici de retour après trente ans.  Surprise ! Tant de questions surgissent. Est-ce bien elle ou un sosie ? Que s’est-t-il réellement passé ? Lady Virginia Holt détient le secret de l’histoire. Quoique… Les apparences sont trompeuses, il ne faut jamais s’y fier.

Gilly Macmillan n’est jamais là où on l’attend, une fois de plus, elle parvient à nous surprendre en évoluant hors des sentiers battus du polar, elle axe son intrigue non pas sur la disparition mais sur la réapparition soudaine d’un personnage.

« La nanny » est certainement son roman le plus noir, un cold case et une sombre histoire de famille dysfonctionnelle. Conseil : les amateurs de thrillers qui filent à 100 à l’heure passeront leur chemin. L’auteure pose lentement le cadre et développe l’atmosphère par petites touches, une autres de ses grandes forces.
Elle tisse sa toile patiemment fil après fil, pour piéger son lecteur entre ses lignes envoûtantes.

Un huis clos oppressant magnifiquement construit, un mystère s’étalant sur trente ans. Trois femmes et une petite fille sont au centre de ce récit axé essentiellement sur les personnages, complexes et finement étudiés, le lecteur passe de l’empathie à l’irritation la plus totale. Les différentes voix alternent au fil des chapitres, nous donnant à entendre l’histoire sous différents angles et nous manipulant au passage.

Gilly Macmillan a une certaine obsession pour la mémoire et ses défaillances, les souvenirs d’enfance et la perception que nous en avons. Elle explore avec beaucoup d’intelligence les relations mère-fille, la famille, ses lourds secrets et ses rapports malsains. Elle distille son suspense au compte goutte et nous maintient en haleine en faisant monter la tension avec beaucoup de subtilité. C’est un peu sa marque de fabrique !

Secrets, mensonges, doutes, trahison, jalousie, manipulation, meurtres, vengeance… voici les ingrédients de ce cocktail typically English, servi par une magnifique plume. A déguster sans modération !

Je remercie chaleureusement les éditions Les Escales pour leur confiance.

4ème Couverture

Jocelyn, sept ans, aime sa nourrice plus que tout. Lorsque celle-ci disparaît sans laisser de traces, Jo est inconsolable. Comment a-t-elle pu partir ainsi, sans même lui dire au revoir ?
Trente ans plus tard, Jo se voit obligée de retourner vivre dans la demeure familiale, malgré la relation conflictuelle qu’elle entretient avec sa mère.
Alors qu’elle passe des jours sombres dans la bâtisse immense et inquiétante, une nouvelle vient bouleverser son quotidien : Hannah, sa nourrice, est de retour. Jo exulte, ravie de retrouver enfin la seule personne qui l’a réellement aimée.
Mais lorsque des restes humains sont découverts dans le jardin, la situation vire au cauchemar. Que s’est-il réellement passé lorsqu’elle était enfant ? Quels secrets cachait sa nourrice et que fuyait-elle ? Peut-elle faire confiance à sa mère ?

Editeur : Les Escales, 432 pages, date sortie : 11 juin 2020

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