Dégradation – Benjamin Myers

GROS COUP DE COEUR !

Benjamin Myers n’est pas un inconnu en Angleterre, il a déjà publié huit romans et a remporté le prix GORDON BURN en 2013 pour son roman Pig Iron.

Dégradation (« Turning blue » en version originale) est un roman exceptionnel, une vraie déflagration ! Les amateurs de David Peace seront comblés. Les éditions Le Seuil ont eu du flair en dénichant ce bijou noir.

Le bandeau sur la couverture « Ames sensibles vous auriez tort de vous abstenir » nous annonce la couleur, j’avoue que certains lecteurs devront avoir les tripes bien accrochées pour résister à certaines scènes horribles, violentes, limite gore.

Le paysage est un personnage à part entière dans cette peinture extrêmement noire et sordide du nord de l’Angleterre. Imaginez, un hameau sans nom dans une vallée isolée des Dales, les montagnes gelées tout autour, la grisaille, la pluie, la neige, le froid, les crevasses dans la lande battue par les vents. Une atmosphère sombre qui vous met le cafard en moins de deux.

A deux jours de Noël, une adolescente disparait en baladant son chien dans les landes du Yorshire. C’est la fille du riche homme d’affaires local Ray Muncy. Le chef de la police locale ne prend pas l’affaire au sérieux, il évoque une fugue. Les autorités finissent par envoyer un policier de Londres.  James Brindle, un drôle de gus, un solitaire, un brillant détective qui ne vit que pour son boulot, un obsessionnel compulsif rempli de tocs. Il mènera l’enquête avec Roddy Mace, un journaliste qui a fuit les tabloïds et sa vie de débauche Londonienne pour s’enterrer à la campagne et écrire son roman. Deux personnages aux antipodes qui se détestent d’emblée et finiront par se rapprocher pour les besoins de l’enquête.

Steve Rutter est vite soupçonné, un « monstre » répugnant qui a perdu toute humanité, maltraité par sa mère depuis l’enfance, un taiseux crasseux qui vit seul dans sa ferme au milieu des cochons. L’enquête est passionnante, elle nous fera voyager dans son passé trouble pour tenter d’éclairer le présent. Il sera question de secrets obscurs enfouis, de corruption, de notables mafieux, de pornographie, de tortures, de meurtres. Le lecteur est sous tension dès les premières pages et il aura bien du mal à lâcher l’histoire avant le mot de la fin.

L’auteur nous englue jusqu’au cou dans son univers glauque par la force de son écriture. Sa plume est juste magnifique. Ne laissez pas le manque de ponctuation -l’auteur n’utilise aucune virgule- vous décourager. Certes c’est un peu déroutant au début, il faut s’adapter, mais vous oublierez vite pour vous concentrer sur la beauté du style.

Un terrible roman … noir, macabre et décadent. Les vrais amateurs de noir vont l’adorer.

La suite, « These Darkening days » est déjà écrite et paraîtra bientôt en France. Quelle heureuse nouvelle !

Benjamin Myers est un auteur bourré de talent, je vais le suivre de très près.

Je remercie chaleureusement les éditions LE SEUIL pour leur confiance.

4ème Couverture

Au plus profond de l’hiver, dans la lande rugueuse et désolée du nord de l’Angleterre, une jeune fille disparaît. Deux hommes la recherchent : le détective James Brindle, solitaire, taciturne, obsessionnel, et Roddy Mace, ex-journaliste des tabloïds fuyant son passé de débauche à Londres. Ils ne tardent pas à dénicher le suspect idéal : Steven Rutter, terrifiant personnage, plus proche de la bête sauvage que de l’homme, qui vit retiré dans une ferme isolée et rumine de sombres secrets. Mais il n’est pas le seul, et ce qui s’annonçait comme un banal fait divers va bientôt basculer dans l’horreur, à mesure que Brindle et Mace plongent dans les coulisses insoupçonnées de la vie du hameau.

Editeur: Le Seuil, 400 pages, date sortie: 6 septembre 2018

5 réflexions au sujet de « Dégradation – Benjamin Myers »

  • 21 septembre 2018 à 13 h 59 min
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    Totalement sur la même ligne ! Un exceptionnel roman noir sans……………………….virgule !!!! Et c’est génial !!

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    • 21 septembre 2018 à 17 h 13 min
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      Merci Jean Michel… je reconnais bien l’amateur de noir que tu es !

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  • 23 septembre 2018 à 11 h 23 min
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    Je n’aime pas forcément le très (trop) glauque mais je suis tentée. D’ailleurs, à voir les critiques des romans de l’auteur sur Goodreads, il semble que l’auteur soit très bon.
    Je note.

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    • 23 septembre 2018 à 17 h 48 min
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      Je confirme, et ce n’est que mon humble avis, l’auteur est excellent. Une très belle découverte !

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  • Ping :Bilan lecture - septembre 2018 - Livresse du Noir

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