J’étais Abigail Boone – Dominic Nolan


Un thriller psychologique d’une noirceur absolue.
Une plongée viscérale dans les limbes de l’amnésie.
La confirmation éclatante d’un talent hors norme.

Après le choc absolu de Vine Street (mon immense coup de cœur 2024) et la fresque sociale puissante de White City, j’attendais le nouveau roman de Dominic Nolan avec une impatience fébrile. Autant vous le dire d’emblée : le magicien britannique a encore frappé fort. Avec J’étais Abigail Boone, il change de registre mais conserve cette plume unique, organique et profondément humaine que j’aime tant.

Certains romans vous offrent un bon moment de détente. D’autres vous coupent le souffle. Le roman de Dominic Nolan fait partie de la seconde catégorie. Il nous offre un thriller psychologique qui possède l’âme et la noirceur d’un grand roman noir, brut et sans concession.

Quatre jours. C’est le temps qu’a duré la disparition de l’enquêtrice Abigail Boone. Quand on la retrouve, elle est vivante mais totalement amnésique, traumatisée et prostrée.

Abigail rentre chez elle mais elle ne reconnaît rien. Ni sa maison, ni le visage de son mari, ni le regard de son propre fils. Elle est devenue une étrangère à sa propre vie. Mais si son esprit est une page blanche, son corps, lui, se souvient. Ses réflexes de flic sont intacts. Portée par une obsession dévorante et le besoin vital de retrouver son identité, elle va décider de reprendre sa dernière enquête là où tout a basculé. Une traque à l’aveugle, où chaque indice déterré l’approche autant de la vérité que de sa propre destruction.

Abigail Boone : une héroïne inoubliable, habitée par ses tripes

Au-delà de l’intrigue, c’est le personnage d’Abigail Boone qui porte le roman sur ses épaules et lui donne toute son humanité. Dominic Nolan a le don rare de créer des personnages qui ont du corps et une âme. Abigail est brisée, amputée de ses souvenirs, mais ses réflexes de flic sont gravés dans sa chair. C’est une combattante coriace qui n’hésite pas à se mettre en danger.

La voir avancer à l’aveugle dans sa propre vie, chercher des indices dans le regard d’un mari qu’elle ne reconnaît pas ou tenter de reconstruire un lien avec son fils m’a profondément serré la gorge. Nolan évite tous les clichés du genre pour nous offrir le portrait bouleversant d’une femme qui refuse de sombrer, quitte à flirter avec la folie.

L’auteur nous enferme dans la tête d’Abigail. Découvrir les indices en même temps qu’une héroïne qui ne sait pas à qui faire confiance – pas même à elle-même – crée une tension psychologique permanente. C’est étouffant, c’est addictif, et c’est mené avec une intelligence rare. Nous restons calés sur ses pas, nous doutons de tout le monde, nous cherchons à qui faire confiance, et cette immersion totale rend la lecture intense. Le suspense ne faiblit jamais.

Une atmosphère noire et brutale

Si vous avez aimé l’ambiance de Soho dans Vine Street, vous retrouverez ici la force des décors qui fait la griffe de Nolan. L’atmosphère y est noire, oppressante, presque palpable. On ressent le froid, la paranoïa qui s’infiltre et le danger tapi dans l’ombre.

La griffe Nolan : de la noirceur, mais pas de cynisme

On compare souvent Nolan à James Ellroy pour son exploration des bas-fonds et sa noirceur radicale. Mais comme je vous le disais déjà pour Vine Street, nous sommes à mille lieues du cynisme froid de l’auteur américain.

Même au cœur de l’enfer psychologique que traverse Abigail, le regard de Dominic Nolan reste empreint d’une immense humanité. Ses personnages ne sont pas de simples pions sur l’échiquier d’un polar : ils ont du corps, des tripes, des failles béantes, et c’est pour cela qu’ils nous marquent au fer rouge.

L’ombre de Dora Suarez

L’éditeur compare ce titre au chef-d’œuvre de Robin Cook, J’étais Dora Suarez. Un roman que j’ai lu il y a bien longtemps. Si les détails de l’intrigue se sont effacés avec le temps, sa noirceur radicale est restée gravée en moi après toutes ces années.

Retrouver ce même type d’empreinte indélébile chez Nolan prouve la force de sa plume. Mais là où Cook est d’un cynisme noir absolu, Nolan conserve ce regard unique, empreint d’une immense humanité pour ses personnages brisés.

En résumé

464 pages vertigineuses et d’une intensité à couper le souffle. J’étais Abigail Boone est en fait le premier roman de Dominic Nolan, mais le troisième à être traduit en français. Il contient déjà tout ce qui m’avait mise KO dans ses romans suivants. Plus resserré et plus psychologique que White City, il explore une autre facette de son talent.

C’est un uppercut noir, sensible et profondément humain.

Un BONHEUR ABSOLU de lecture ! Dominic Nolan confirme sa place bien méritée sur mon podium des auteurs incontournables.

Je remercie chaleureusement les éditions Rivages pour leur confiance renouvelée.


Quatrième de couverture

Se réveillant à côté d’une jeune fille morte, elle ne se souvenait de rien. Qui elle était. Qui l’avait enlevée. Comment s’échapper.

Un roman captivant et d’une noirceur redoutable, dans la lignée de J’étais Dora Suarez de Robin Cook, par le lauréat des prix Mystère de la critique 2026 et Rivages des libraires 2025.

Editeur : Rivages, 464 pages, date de sortie : 16 septembre 2026

2 commentaires sur « J’étais Abigail Boone – Dominic Nolan »

  1. Il y a longtemps que tu n’avais pas eu le souffle coupé comme cela. Que ça fait plaisir de te lire ainsi ma Nadia.

    Merci à toi pour le partage de la chronique 🙏 😘.

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