
La haine est un poison.
Elle ne tue pas tout de suite. Elle s’infiltre lentement, s’accroche aux blessures, nourrit les souvenirs et finit souvent par dévorer celui qui la porte.
C’est ce qu’explore Olivier Bal dans Le Piège.
Depuis dix ans, Harry Miller refuse de laisser Frank Lombardo disparaître. Il le traque à travers les États-Unis, le retrouve encore et encore, où qu’il aille. Ce qui aurait pu n’être qu’une vengeance est devenu autre chose. Une obsession. Une raison de vivre. Une folie qui consume autant celui qui poursuit que celui qui fuit.
Oui, Le Piège est addictif. Oui, cette traque implacable à travers les États-Unis est remarquablement efficace. Oui, le suspense redoutable nous pousse à tourner les pages toujours plus vite. Oui, Olivier Bal maîtrise son récit de bout en bout. Oui, mais ce n’est pas ce qui m’a le plus marquée. Et réduire ce roman à un simple page-turner serait passer à côté de l’essentiel.
Depuis Les Limbes, Olivier Bal m’a entraînée dans des univers très différents. Fantastique, thriller psychologique, polar, suspense… Il refuse manifestement de s’installer dans une zone de confort. C’est ce qui me plaît tant chez lui. Roman après roman, il a réussi à me convaincre, à me surprendre, à m’emporter. Son talent traverse tous ses récits. La seule ombre au tableau reste Malaven, dont le jeu m’avait laissée sur le bord du chemin.
À noter : Le Piège est une réécriture totale de Mille morts, un roman autoédité par Olivier Bal il y a une dizaine d’années. Je n’ai pas lu cette première version et ne peux donc les comparer mais cette démarche témoigne sans doute de l’attachement particulier de l’auteur à cette histoire.
Comment vous dire que j’attendais Le Piège avec curiosité… et une légère appréhension. J’ai été vite rassurée.
Une plongée dans les ravages de la haine
Moi, ce qui m’a fascinée, ce que j’ai vraiment aimé, c’est cette plongée vertigineuse dans les ravages de la haine et de la vengeance. Cette haine qui grandit, s’enracine jusqu’à devenir un moteur, une raison de vivre. Cette vengeance qui dépasse toute notion de justice pour se transformer en obsession. Cette lente descente vers une folie qui s’installe pas à pas, année après année.
Harry Miller et Frank Lombardo sont liés par un drame qui les a détruits tous les deux. L’un poursuit. L’autre fuit. Mais au fil des pages, ces rôles deviennent presque secondaires face à la violence émotionnelle qui les consume. Olivier Bal ne les juge jamais. Il les dissèque. Il les creuse jusqu’à l’os. On partage leurs blessures, leurs contradictions, leurs failles. On ressent leur peur, leur rage, leur douleur.
On s’immisce dans leurs pensées au point de ressentir cette violence qui les habite et les dévore peu à peu. À tel point qu’il devient parfois difficile de savoir lequel des deux est réellement prisonnier.
Une construction remarquable
La construction du roman est remarquable, alternant les temporalités et les points de vue avec une fluidité impressionnante. Derrière la mécanique parfaitement huilée, ce sont les personnages qui portent le récit. Harry et Frank ne sont pas simplement un chasseur et une proie. Ce sont deux hommes incapables de se libérer du passé, enfermés dans une spirale qui les entraîne toujours plus loin.
Le final est d’une force incroyable. Une fois la dernière page tournée, je réalise que je suis complètement tombée dans le piège.
Je remercie chaleureusement les éditions XO pour leur confiance.
Quatrième de couverture
» Tu n’auras nulle part où te cacher. Je serai là. Partout. «
Depuis dix ans, Harry Miller traque Frank Lombardo à travers les Etats-Unis. Il le laisse disparaître. Changer de ville. Recommencer une vie. Et puis, quand Frank croit enfin être libre, le piège se referme. Une nouvelle fois. Pourquoi cet acharnement ? Dans la guerre que se livrent ces deux hommes, une enquêtrice, Leah, est rongée par le doute. Qui est le chasseur… qui est la proie ? Et si le véritable piège n’était pas celui que l’on croit ?
Editeur : XO, 414 pages, date de sortie : 23 avril 2026
Allez, encore une tentation ! 😆 Bon, vu ce que tu en dis, ça m’a l’air de la balle, alors, je note le piège et je sens que je vais tomber dedans.
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on m’en a parler aujourd’hui justement …retour positif également ..il est dans ma pal..ça sera probablement ma prochaine lecture😁
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L’an dernier, Malaven m’est resté en travers du gosier. Alors on verra. Merci à toi pour la chronique ma Nadia 🙏 😘
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