
Il y a des auteurs que l’on découvre et qui vous marquent dès leur premier roman. On les suit, livre après livre, avec une fidélité mêlée d’excitation.
Jérôme Loubry fait partie de ceux-là depuis son premier roman Les chiens de Détroit, et cette phrase que j’avais écrite en clôturant ma chronique : « De la graine de géant et un auteur à suivre de très près ». Sept romans plus tard, je ne regrette pas de l’avoir suivi.
Je vais être honnête avec vous : L’Île m’avait laissée un peu sur le bord du chemin. J’ai aimé le voyage mais ce n’est pas mon préféré de l’auteur, il m’a manqué le vertige dont Loubry a le secret. Alors oui, j’ai ouvert Le garçon éternel avec une petite appréhension et la fameuse question que je me pose régulièrement : et si la magie n’opérait plus ?
Elle a tenu quelques pages. Pas davantage.
Parce que très vite, j’ai été embarquée à fond dans cette histoire.
Le roman tisse trois fils narratifs qui s’entrelacent avec une redoutable efficacité. D’abord, l’enquête de Manon et Salim sur le cadavre mutilé d’une femme retrouvée en forêt, mis en scène comme un rituel macabre. Un duo très attachant dans leur complicité et leurs failles, ils sont un des points forts du roman. Autour d’eux, une rumeur enfle : le garçon éternel, légende locale oubliée, et qui refait surface. Une légende fascinante, inquiétante, qui brouille les pistes et titille l’imaginaire. Et puis il y a Cédric. Journaliste hanté par la disparition de sa femme Laura, persuadé qu’elle reviendra, vivant dans cette attente suspendue. Il accepte une mission singulière : retranscrire les mémoires d’un vieil homme. Au fil des enregistrements, une voix venue des années 50 prend forme, celle d’une mère et de son enfant liés par une relation fusionnelle et troublante. Cette voix-là est particulièrement émouvante. Presque envoûtante.
Jérôme Loubry orchestre ces trois récits avec une maîtrise redoutable. Les temporalités se croisent, se répondent, se contaminent. Le rythme est addictif, les chapitres courts entretiennent une tension constante, le suspense monte crescendo et il ne redescend jamais vraiment.
L’atmosphère mystérieuse rend l’immersion totale : pluie persistante, brume, forêt oppressante, lac silencieux. Tout devient mouvant. Tout devient doute.
Mais au-delà du thriller, Le garçon éternel explore des territoires plus intimes : la mémoire comme espace instable, les blessures invisibles, ce que l’on s’invente pour tenir debout. Et une thématique centrale que je préfère taire. Elle est au cœur de tout, et la découvrir fait partie du vertige.
Et puis arrivent les derniers chapitres. Ceux où toutes mes hypothèses formulées, mes certitudes s’effondrent. Où l’auteur nous entraîne dans une plongée brutale au cœur de l’âme humaine, avec des révélations qui scotchent jusqu’à la dernière ligne.
Avec Le garçon éternel, Jérôme Loubry signe pour moi l’un de ses tout grands romans, sans hésiter dans son top 3. Un thriller psychologique dense, addictif, parfaitement maîtrisé. Et la preuve, une fois de plus, que certains auteurs ne se contentent pas de raconter des histoires. Ils fabriquent des vertiges.
Je remercie chaleureusement les éditions Calmann-Lévy pour leur confiance.
Quatrième de couverture
Dans cette forêt, la mémoire, la folie et la vengeance tissent une légende meurtrière…
Une forêt en pleine nuit recèle bien des mystères. Ces deux adolescents partis chercher le succès en filmant leur aventure vont y trouver l’inimaginable : un cadavre de femme, mains et pieds coupés…
Sur place, l’inspectrice Manon Rousseau comprend tout de suite que le tueur a mis en scène sa découverte comme un rituel. Bientôt, la rumeur du retour du « garçon éternel » – une légende locale – surgit, alimentée par les réseaux sociaux.
Parallèlement, Cédric, journaliste rongé par le départ de sa femme, accepte de retranscrire les mémoires d’un vieil homme. Au fil des enregistrements qui lui sont fournis, il plonge dans la vie d’une mère dévouée à son fils, à la fin des années 1950. Mais si ce qu’il entend est vrai, quel terrible secret est-il en train de mettre au jour ?
Du passé au présent, des clochettes funéraires aux eaux silencieuses du lac, les disparus et les vivants sont liés par un fil longtemps demeuré invisible…
Un thriller psychologique puissant qui navigue dans les méandres de l’esprit humain.
Editeur : Calmann Levy, 486 pages, date de sortie : 2 janvier 2026
Bonjour
je ne connaissais pas l auteur et j ai été très agréablement surprise par ce thriller psychologique.. j attendais avec impatience le point de convergence des trois histoires et n ai pas été déçue.
Gerer plusieurs espaces spatio-temporels est parfois complexe mais Jérôme Loubry réussit parfaitement à maintenir la tension et l intérêt du lecteur.
bref j ai très envie de découvrir les autres opus de cet auteur.
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celui ci fait parti des bouquins qui attendent dans mon salon d’êtres lus …ça fait plaisir de lire qu’il vaut le détour déja😁😁😁
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