La cité des nuages et des oiseaux – Anthony Doerr

La cité des nuages et des oiseaux

COUP DE COEUR !

Et si seule la littérature pouvait nous sauver ?

Il y a deux semaines, j’avais envie de vous mettre l’eau à la bouche avant sa sortie et je vous ai proposé un court retour sur ma page Facebook. Vous avez été très nombreux à réagir, curieux, emballés et intrigués. Ce matin, face à mon écran blanc, j’essaie de trouver les mots pour vous parler plus longuement de ce fabuleux roman, inclassable et exceptionnel à plus d’un titre. Et je sais déjà qu’ils ne seront pas à la hauteur. Lectrice incurable depuis un demi siècle, j’ai lu des centaines, des milliers de livres mais c’est la toute première fois que je me plonge dans un récit d’une telle ambition, ce fut une expérience de lecture à nulle autre pareille.

Je me méfie toujours des bandeaux de couverture, des accroches souvent trompeuses et mensongères. Cette fois, j’adhère à 100% pour La cité des nuages et des oiseaux, il mérite le qualificatif de chef d’oeuvre.

Une ode à la littérature et aux mots,
une déclaration d’amour aux livres,
une célébration des livres et leur pouvoir sur nos vies.

Une pure MERVEILLE !

Un roman qui m’a fait TOUT oublier autour de moi, une immersion totale, 700 pages dévorées en deux jours et demi. J’ai vainement essayé de ralentir ma lecture pour faire durer le plaisir, mais impossible, j’étais comme prisonnière entre les pages. Une chose est sûre, je le relirai, chose que je ne fais jamais.

Comment vous raconter cette folle, étonnante et foisonnante histoire ?

Un voyage dans le temps à travers différentes époques, du XVè au XXIIè siècle. Constantinople et l’empire ottoman, les années 40, la guerre de Corée en 1952, les années 70, le présent et le futur à bord d’un vaisseau spatial fuyant la terre en ruine. On suit cinq personnages qui n’ont apparement rien en commun, Anna, Omeir, Seymour, Zeno et Konstance. Leurs vies et leurs destins vont s’entrelacer grâce au pouvoir d’un livre, un manuscrit de la Grèce antique qui traverse les siècles, unissant le passé, le présent et l’avenir de l’humanité.

Un livre dans le livre. Des fragments d’un manuscrit de Diogène ouvrent chaque chapitre, vingt quatre au total. Un extraordinaire récit d’aventure qui raconte l’histoire d’un berger, Aethon, qui part à la découverte de la cité des nuages et des oiseaux.

Les cinq personnages sont magnifiques, si vivants et si vibrants. Des personnages qu’on apprivoise immédiatement et pour lesquels on ne peut ressentir qu’un immense attachement..

De nos jours dans l’Idaho, Zeno 86 ans, vétéran de la guerre de Corée, passionné de grec ancien, met en scène une pièce de théâtre avec un groupe d’enfants à la bibliothèque de la ville. La répétition est interrompue par Seymour, prêt à faire exploser une bombe. Seymour, un jeune garçon solitaire et inadapté à la vie en société, écoterroriste en colère depuis que des promoteurs immobiliers ont saccagé son coin de nature.

La scène d’ouverture est plus que tendue, on retient son souffle, avant de basculer cinq cent ans en arrière à Constantinople, ville célèbre pour ses bibliothèques. Là, on fait la connaissance d’Anna, une jeune orpheline qui vit avec sa soeur dans un atelier de broderie. Les travaux d’aiguilles ne l’intéressent pas du tout, elle rencontre un vieux professeur qui lui enseigne quelques rudiments de grec ancien. La lecture deviendra son unique passion. 

A la même époque et à trois cent kilomètres, on rencontre Omeir, un jeune berger de douze ans, né avec une fente labiale et rejeté de tous car il porte la marque du démon. Il vit avec sa mère, ses soeurs, son grand père et ses deux boeufs adorés Moonlight et Tree. Obligé de quitter sa famille car ses boeufs ont été réquisitionnés, le voilà enrôlé dans l’armée du sultan faisant route pour assiéger Constantinople.

En 2146, on rencontre Konstance, une jeune fille de quatorze ans qui vit à bord de l’Argos, un vaisseau spatial à destination de la planète Bêta Oph2. Le vaisseau est contrôlé par Sybil, une intelligence artificielle qui contient la somme de toutes les connaissances de l’humanité.

De prime abord, cette esquisse de résumé laisse craindre un roman complexe et inabordable, alors que c’est tout le contraire. A aucun moment, je ne me suis sentie perdue en route. Durant les premiers chapitres, certains lecteurs seront peut être déstabilisés par les sauts temporels, ne voyant pas où tous ces fragments d’histoire les emmènent. Laissez vous simplement porter par les mots et petit à petit, les différentes pièces s’imbriqueront, la lumière jaillira, le sens apparaîtra et vous toucherez à la magie de ce récit.

Anthony Doerr est un conteur hors pair. Chacune de ces histoires est presqu’un roman à part entière, ensemble elles forment un immense roman. Tout à la fois épopée captivante à couper le souffle, roman historique, roman d’aventures aux multiples rebondissements, roman de science fiction futuriste. La façon dont l’auteur entremêle les époques, les lieux et les personnages tout en gardant un fil conducteur qui les relie -une réflexion profonde sur les livres, comment ils survivent aux siècles qui passent et se transmettent, comment beaucoup d’entre eux se perdent ?- est tout simplement prodigieuse. On navigue dans un gigantesque puzzle qui s’étend sur six siècles, on fait des sauts temporels, on passe d’un univers à l’autre avec une extrême fluidité.

Le plaisir de lecture est immense et jubilatoire !

J’avoue être impressionnée face à l’immense talent d’Anthony Doerr. Son imagination débordante et sans limite, le parfait mélange d’intelligence et de savoir, d’émotions et de finesse, d’humanité et d’humilité force l’admiration. Il y aurait tant de choses à dire et à écrire sur La cité des nuages et des oiseaux, je vous ai exprimé le tiers du quart de mon ressenti mais les mots me manquent cruellement.

S’il ne devait en rester qu’UN en cette rentrée, ce serait lui sans l’ombre d’une hésitation. 

Je remercie chaleureusement les éditions Albin Michel pour leur confiance.

Quatrième de couverture

Un manuscrit ancien traverse le temps, unissant le passé, le présent et l’avenir de l’humanité.

Avez-vous jamais lu un livre capable de vous transporter dans d’autres mondes et à d’autres époques, si fascinant que la seule chose qui compte est de continuer à en tourner les pages ? 

Le roman d’Anthony Doerr nous entraîne de la Constantinople du XVe siècle jusqu’à un futur lointain où l’humanité joue sa survie à bord d’un étrange vaisseau spatial en passant par l’Amérique des années 1950 à nos jours. Tous ses personnages ont vu leur destin bouleversé par La Cité des nuages et des oiseaux, un mystérieux texte de la Grèce antique qui célèbre le pouvoir de de l’écrit et de l’imaginaire.

Et si seule la littérature pouvait nous sauver ?

Editeur : Albin Michel, 704 pages, date sortie : 14 septembre 2022

11 commentaires sur « La cité des nuages et des oiseaux – Anthony Doerr »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.