Parfois c’est le diable qui vous sauve de l’enfer – Jean-Paul Chaumeil

Une sacrée belle découverte !

Boris a perdu sa femme dans les attentats de New York le 11 septembre 2001, il survit miraculeusement.  Rongé par la culpabilité et le chagrin, il sombre dans la dépression et n’est plus capable de s’occuper de sa fille Julia, il la confie à sa belle soeur et part combattre les talibans en Afghanistan pour calmer sa haine.  Quinze ans plus tard, il vit à Bordeaux où il est enquêteur privé.  Une nuit, il intervient dans une bagarre, un groupe d’extrémistes s’en prend à des homosexuels.  Durant la bagarre, un homme est jeté d’un balcon, il meurt en s’écrasant au sol. C’était un policier en infiltration. Grâce à ses contacts dans la police, Boris visionne la vidéo de la bagarre. Le responsable du meurtre est un certain Wolf, leader au Groupe Identitaire d’ultra droite. A ses côtés, Boris aperçoit sa fille Julia qui semble faire partie du groupe.
Sa fille Julia, petite fille d’anarchistes catalans,  a choisi la radicalisation d’extrême droite, la voie de la haine et de la colère, la voie de la vengeance envers ceux qu’elle juge responsable de la mort de sa mère. Boris se promet de tuer Wolf et de sauver sa fille. Il entame une impitoyable chasse à l’homme, aidé de Manuel, le colombien qui a combattu dans les Farc et Carole, une journaliste gauchiste. Il est prêt à tout, même à mourir, pour sauver sa fille et la ramener à la raison.

Le roman s’inscrit dans une actualité sensible mais se démarque de tous les autres abordant la radicalisation. Jean-Paul Chaumeil ose le pari risqué d’explorer l’autre face du terrorisme, la face cachée dont on parle si peu, les groupuscules d’extrême droite qui veulent plonger la France démocratique dans le chaos. Tout aussi terrifiant que l’extrémisme islamique.

Un roman de société qui pose des questions pertinentes.  Et un magnifique roman d’amour. L’amour d’un père désespéré en quête de rédemption, la souffrance et la culpabilité d’un père cherchant à tout prix le pardon de sa fille.

J’ai adoré la plume de l’auteur, des coups de bistouris qui t’arrachent les tripes.

Noir, extrêmement noir. Un roman dur et puissant. Une violence qui donne froid dans le dos. Le final est bouleversant, on n’en sort pas indemne.  A découvrir absolument !

Je remercie chaleureusement les éditions Rouergue pour leur confiance.

4ème Couverture

La femme de Boris est morte à New York, le 11 septembre 2001. Aujourd’hui, revenu de ses vengeances qui l’ont mené combattre les talibans en Afghanistan, il vit sur la dalle de Mériadeck, à Bordeaux, où il est enquêteur privé. Une nuit, alors qu’il intervient dans une ratonnade anti-homos, un homme est jeté dans le vide. C’était un flic, il infiltrait un mouvement d’extrême droite préparant un attentat. Or, sur une vidéo clandestine, aux côtés du leader du Groupe Identitaire, Boris reconnaît sa fille Julia. Julia à qui il n’aura transmis, en définitive, que la force de sa haine. Et qui est, selon les rapports du renseignement, « en voie de radicalisation violente ». Dans un Bordeaux envoûtant et électrique, arpenté par des sentinelles, où défilent les manifestants contre la loi travail et où veillent les partisans des Nuit debout, Boris va tenter de prendre la police de vitesse. S’il n’a pas su élever sa fille, du moins croit-il pouvoir la sauver. Sur la face cachée de l’ultra droite, Jean-Paul Chaumeil jette un ancien mercenaire, père défaillant mais protecteur, et une poignée de flics qui tentent de ne perdre ni leur âme ni leur conscience dans une France sous la menace de tous les terrorismes.

Editeur: Rouergue, 272 pages, date sortie: 5 septembre 2018

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