
Quand le mystère finit par se retourner contre son auteur…
Avec Donato Carrisi, je passe par de véritables montagnes russes ! Capable de me transporter avec des romans magistraux, il m’a aussi profondément déçue, notamment avec le troisième tome de sa trilogie Pietro Gerber. Autant dire que j’attendais ce nouveau one-shot de pied ferme, espérant retrouver le grand Carrisi que j’aime tant.
Tout commence dans une ferme rouge isolée, au cœur d’une campagne silencieuse. Un massacre vient de décimer une famille. Lorsque les policiers arrivent sur les lieux, ils découvrent un homme couvert de sang, seul survivant de la tragédie, qui avoue avoir tué les siens. L’affaire semble entendue. Pourtant, dix ans plus tard, une mystérieuse lettre vient raviver le drame.
Victoria Anthon, une écrivaine qui dissimule sa véritable identité derrière des pseudonymes, reçoit un article de journal relatant le massacre. Intriguée, elle décide de mener sa propre enquête et se rend sur place. Avec l’aide d’Alfredo, le journaliste qui avait couvert l’affaire, elle va tenter de démêler les fils d’une histoire où les témoignages, les souvenirs et les apparences ne concordent pas toujours.
Carrisi est un formidable conteur. Il sait installer une atmosphère, distiller le mystère et entretenir la curiosité. Le récit est visuel, presque cinématographique, et on tourne les pages avec l’envie de comprendre ce qui se cache derrière cette étrange affaire. La ferme semble hantée, les phénomènes troublants se multiplient et le doute s’installe. On se laisse volontiers embarquer.
Mais voilà… à force de vouloir complexifier son intrigue, Carrisi finit par brouiller les pistes. Les zones d’ombre s’accumulent, les éléments mystérieux se multiplient et l’on peine parfois à distinguer ce qui constitue un véritable indice de ce qui n’est qu’une nouvelle ficelle narrative. Le mystère fonctionne, certes, mais encore faut-il qu’il mène quelque part.
Et puis arrive la fin. Et là, quelle déception !
Je suis restée à 100 % sur ma faim. Après avoir entretenu tant de mystères et suscité autant de questions, Carrisi nous laisse avec un dénouement décevant. Comme si à force de vouloir manipuler son lecteur, il ne savait plus comment tirer ses dernières ficelles.
Je reste donc le doute, frustrée, avec le sentiment que toutes les promesses narratives n’ont pas été tenues.
Le talent de conteur de Carrisi est toujours là, mais il ne suffit pas à sauver une conclusion aussi décevante, non, non et non !
Je remercie chaleureusement les éditions Calmann-Lévy pour leur confiance.
Quatrième de couverture
UN CRIME MONSTRUEUX, IRRÉSOLU DEPUIS DES DÉCENNIES…
En 2005, dans le village italien de Nazareth, un père de famille assassine sa femme et ses enfants avant de se rendre aux autorités, marquant à jamais le village au fer rouge.
En 2015, Victoria Anthon, écrivaine solitaire en quête d’inspiration, reçoit une lettre anonyme remettant en cause la vérité sur les meurtres.
Entre secrets de famille, rituels macabres, visions troublantes et témoins hantés, Victoria découvre qu’un mal ancien frappe tous ceux qui approchent Nazareth.
Et qu’elle devra révéler la vérité, au péril de sa vie.
Editeur : Calmann-Lévy, 320 pages, date de sortie : 7 octobre 2026