Perfect Day – Romy Hausmann

Le soir de Noël, le docteur Walter Lesniak, brillant professeur de philosophie et d’anthropologie, est arrêté chez lui. La police l’accuse d’avoir enlevé et tué dix fillettes en quatorze ans. Pour sa fille Ann, c’est impossible. Son père, qui l’a élevée seul, ne peut pas être ce monstre. Persuadée de son innocence et aveuglée par un amour filial indéfectible, elle décide de mener sa propre enquête pour tenter de le disculper.

En parallèle, une mère qui fuit un conjoint violent trouve refuge avec sa fille dans un village bavarois. Mais peu après leur arrivée, une autre fillette disparaît…

La lecture de la quatrième de couverture m’avait fait saliver au plus haut point et mes attentes étaient grandes. Trop grandes ?

J’ai bien aimé l’idée de départ de Perfect Day : centrer le récit sur le point de vue de la fille du principal suspect plutôt que sur celui des enquêteurs. Cet angle permet d’explorer le déni, la culpabilité, le doute et la puissance des liens familiaux. Comment accepter l’impensable lorsque l’homme que l’on croit connaître depuis toujours est accusé des pires crimes ?

L’autrice nous immerge dans une ambiance assez sombre et les premiers chapitres installent rapidement une tension étouffante.

Mais, malheureusement, je n’ai pas réussi à m’attacher à Ann. Si son obstination m’a touchée au début, je l’ai trouvée parfois un peu égoïste et irrationnelle. Elle a fini par m’agacer à force de s’entêter et de nier ce qui semble pourtant de plus en plus évident. Son enquête personnelle se perd ensuite dans les fausses pistes et la tension finit par s’émousser, laissant place à un rythme en dents de scie.

Je crois également que la construction fragmentée du roman a beaucoup coupé mon élan. Les scènes s’enchaînent sans véritables chapitres, entrecoupées de passages issus du journal intime d’Ann enfant, d’extraits d’interrogatoires et de séquences plus énigmatiques. Ce choix m’a tenue à distance et j’ai eu du mal à me laisser complètement embarquer.

C’est finalement un paradoxe pour moi : un roman de seulement 285 pages qui m’a paru long. Heureusement, j’ai aimé la fin. Les dernières pages et les révélations sont particulièrement glaçantes, donnant une vraie force au dénouement.

Perfect Day est un thriller psychologique sombre, qui s’intéresse davantage aux liens familiaux et aux mécanismes du déni qu’à l’enquête elle-même.

Une lecture en demi-teinte pour moi : j’ai aimé l’idée de départ, l’atmosphère et le final, mais j’ai été moins convaincue par le rythme, la construction et le personnage d’Ann.

Je remercie chaleureusement les éditions Actes Sud pour leur confiance.


Quatrième de couverture

Dix fillettes enlevées, dix cadavres retrouvés, dix rubans rouges abandonnés. Pendant quatorze ans, la police traque ce tueur insaisissable, en vain. Jusqu’au soir où Walter Lesniak, célèbre professeur de philosophie et d’anthropologie, est arrêté. Pour sa fille Ann, l’accusation est impensable. Prête à tout, elle se lance dans un combat désespéré pour prouver son innocence. Loin de ce drame, Nathalie et sa fille fuient un mari violent pour se réfugier au coeur d’un paisible village bavarois. Mais peu après leur arrivée, une autre fillette disparaît… et des rubans rouges sont retrouvés dans la forêt. Avec « Perfect Day », Romy Hausmann signe un thriller psychologique haletant, une enquête parsemée de fausses pistes qui plonge le lecteur dans l’engrenage implacable du mal et les sombres ambiguïtés de l’amour filial.

Editeur : Actes Sud, 285 pages, date de sortie : 2 septembre 2026

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