La mariée silencieuse – Piergiorgio Pulixi


COUP DE COEUR !

Six tomes des enquêtes d’Eva, Mara et Vito Strega.
Six fois le même vertige.
Et à chaque fois, l’impression que Piergiorgio Pulixi vient de signer son meilleur roman.

Ceux qui me suivent savent que P. Pulixi est bien plus qu’un auteur sur ce blog — c’est une histoire d’amour qui dure depuis L’île des âmes.
Une révélation, un choc, une fidélité absolue.
Alors j’ai ouvert La Mariée Silencieuse avec une immense fébrilité, persuadée d’en prendre plein le coeur !

Un prologue. Deux pages.
C’est tout ce qu’il faut à P. Pulixi pour vous attraper et ne plus vous lâcher.

Milan. Une robe de mariée. Un père brisé.

Maria Donata a été retrouvée assassinée, vêtue d’une robe de mariée qui n’était pas la sienne. Huit mois ont passé. L’enquête piétine. L’affaire va être classée.

Et pendant ces huit mois, Italo, son père, vieil homme venu de Sardaigne, s’est installé à Milan pour élever Pippo, quatre ans, le petit-fils qu’il ne connaissait presque pas. Il attend. Il résiste. Il refuse d’abandonner.

Personne ne l’a jamais vraiment écouté — jusqu’à Bepi Pavan, profondément touché par cet homme d’une dignité absolue. C’est lui qui va convaincre Vito Strega de rouvrir le dossier.

Et pendant ce temps, Milan brûle. Les violences contre les femmes se multiplient, les forces de l’ordre sont débordées. Strega et son équipe sont convaincus que la mort de Maria Donata n’est pas isolée — qu’elle est le fil qui mène à quelque chose de bien plus sombre et de bien plus vaste.

Italo et Pippo, le cœur battant du roman

Italo Seu est une des figures les plus émouvantes que j’aie rencontrées dans un roman noir depuis longtemps.

Ce vieil homme simple, digne, taiseux. Ce père sarde qui a quitté ses vignes et ses silences pour une ville qui lui est étrangère. Il ne réclame pas la vengeance, il veut la vérité, juste la vérité, pour pouvoir la raconter un jour à Pippo. Pour que son petit-fils sache qui était sa mère.

Certaines scènes entre Italo et Pippo sont d’une justesse et d’une puissance rare.
On ralentit. On retient son souffle, la gorge serrée. On encaisse.
P. Pulixi ne force jamais l’émotion. Il la laisse monter, tout simplement.

L’auteur sonde les âmes comme personne. Et avec Italo, il touche quelque chose d’universel et d’intime à la fois.

Les personnages, plus que jamais au centre

C’est là que P. Pulixi frappe le plus fort. Dans ce sixième tome, les personnages ne sont plus seulement des enquêteurs — ils sont le récit lui-même. Leurs failles, leurs fantômes, leurs silences portent l’histoire autant que l’enquête.

Quel immense bonheur de les retrouver ! Eva, Bepi, Clara. Au fil des enquêtes, ils sont devenus des proches. Leurs failles, leurs silences, leur humour salvateur, leurs fantômes nous sont familiers. Et P. Pulixi les creuse encore davantage, les met à nu avec une tendresse et une précision qui forcent l’admiration.

Vito Strega revient d’une opération humanitaire en mer, les voix dans sa tête plus intenses que jamais, traversant une crise profonde. Eva porte toujours le deuil de sa fille. Bepi se bat avec ses propres démons et son humour irrésistible continue d’alléger les moments les plus sombres. Et Mara ? Elle est restée en Sardaigne, toujours fâchée contre Vito après leur dernier conflit mais elle enquête de là-bas sur le passé de Maria Donata, et sa présence se fait sentir à chaque page.

On pensait bien les connaître, on s’y attache encore plus.

Une enquête tenue d’une main de maître

L’intrigue est passionnante à suivre de bout en bout. P. Pulixi maîtrise comme un véritable orfèvre le juste équilibre entre rebondissements, réflexion et émotion. On avance dans l’enquête avec l’adrénaline du thriller, mais sans jamais perdre cette profondeur humaine qui est sa marque de fabrique. La tension est savamment distillée, le suspense tenu jusqu’aux dernières pages et le final vous laisse sans voix.

Un polar qui ose parler du monde tel qu’il est

La Mariée Silencieuse ne détourne pas les yeux. Il regarde en face la haine des femmes, les féminicides, cette violence sourde et quotidienne qui ravage nos sociétés. L’auteur ne juge pas, non, il montre. Avec une précision chirurgicale et une humanité constante.

La robe de mariée portée par Maria Donata n’est pas un détail, c’est un symbole féroce. C’est une mise en scène. Une humiliation. Une façon de punir. Froid. Lucide. Implacable.
Mais jamais P. Pulixi ne sombre dans le discours. Il est romancier, avant tout.

La Mariée Silencieuse est une réussite absolue. Profondeur, sensibilité, émotion, analyse sociétale, enquête haletante — tout y est. Un roman qui serre le coeur autant qu’il tient en haleine.

Précision pour ceux qui se posent la question. Oui, il peut se lire seul car l’enquête est indépendante.
Mais ce serait passer à côté de l’essentiel. C’est en suivant l’équipe de Vito Strega depuis le début, en vivant avec eux chaque affaire, chaque blessure, chaque évolution, qu’on mesure toute la puissance et le poids de cette fabuleuse série. Commencez par
L’île des âmes Et laissez-vous happer.

Piergiorgio Pulixi confirme une fois encore qu’il est un maître du polar italien.

Six tomes.
Et il continue de viser juste — en plein cœur.

Je remercie chaleureusement les éditions Gallmeister pour leur confiance.


Quatrième de couverture

Une vague de féminicides d’une violence inouïe secoue la ville de Milan. Lorsque Maria Donata est retrouvée assassinée, vêtue d’une robe de mariée qui n’est pas la sienne, son père Italo, vieil homme brisé mais déterminé, supplie qu’on ne laisse pas l’affaire sombrer dans l’oubli. Après huit mois d’enquêtes infructueuses, il n’a plus qu’un seul espoir : Vito Strega. Si Eva et Mara, ainsi que les autres membres de l’équipe de Vito, traversent une mauvaise passe, aucun n’a le cœur de décevoir Italo. Entre Milan et la Sardaigne, les policiers plongent dans les abîmes de la haine et de l’obsession. Mais dans cette affaire plus déstabilisante que prévu, certains secrets du passé menacent de tout faire basculer.

Piergiorgio Pulixi nous entraîne dans les ténèbres d’une société contemporaine où, chaque jour, la haine des femmes prospère.

Editeur : Gallmeister, 445 pages, date de sortie : 8 avril 2026

3 commentaires sur « La mariée silencieuse – Piergiorgio Pulixi »

  1. que dire après cette chronique ?

    a part une impérieuse envie de le lire.. tout le bien que je pense de Pulixi est exactement résumé dans vos propos chère Nadia

    je succomberai sans effort à ce nouvel opus d autant qu il a l air particulièrement bon!

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  2. bonjour Nadia,

    trop contente de cette sortie.

    j’ai un roman de retard , je dois lire Stella.

    quelle joie de savoir qu’avec ce dernier opus j’ai 2 Pulixi à lire 😁

    bon dimanche et bon amusement ❤️

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