Les invisibles – R.J. Ellory


Je lis R.J. Ellory depuis son tout premier roman. J’ai ce réflexe conditionné de la fan : dès qu’un nouveau roman paraît, je l’ouvre avec confiance, presque sans regarder la quatrième de couverture. Je n’ai jamais été déçue, grand ou petit opus, R.J. Ellory nous offre toujours le meilleur.

L’histoire en quelques mots : 1975, Syracuse, État de New York. Rachel Hoffman, jeune recrue de la police locale, débarque sur sa première scène de crime. Une institutrice assassinée, un message extrait de La Divine Comédie de Dante posé près du corps. Puis un deuxième meurtre. Puis un troisième. Un tueur en série obsédé par Dante, méthodique, insaisissable. L’affaire semble se refermer — et puis cinq ans plus tard, elle se rouvre. Et encore. Et encore. C’est le principe même du roman : une traque qui s’étale sur plus d’une décennie, une véritable descente aux enfers qui dévore la vie de Rachel et la plonge dans l’obsession et la paranoïa, aux confins de la folie.

Un récit ambitieux qui nous embarque dès les premières pages. L’atmosphère est superbement travaillée… noire, dense et étouffante. A travers cette enquête R.J. Ellory raconte la naissance du profilage criminel, cette science encore balbutiante dans les années 70 qui essayait de mettre des mots sur l’inexplicable.

Fascinée par Rachel jusqu’au bout

Rachel tient tout le roman sur les épaules. Rachel, on la regarde vieillir et s’effriter sur quinze ans. Rachel, femme dans un milieu policier qui ne lui fait pas de cadeau, jeune recrue qu’on ne prend pas au sérieux, puis inspectrice, puis agent du FBI — toujours avec ce même nœud dans l’estomac, cette affaire qui ne la lâche pas. Elle est fragile et déterminée à la fois, profondément humaine. On s’y attache énormément. On souffre avec elle. C’est rare, un personnage qui reste en tête comme ça.

Ce qui m’a véritablement aspirée, ce n’est pas l’enquête, non, c’est cette spirale dans laquelle Rachel nous entraîne : son obsession, sa descente intérieure, ce glissement progressif aux limites de la folie. On est happés, presque envoûté, par elle bien plus que par le tueur.

J’émets quand même un léger bémol. Pourquoi ? L’enquête est classique dans son fond – la traque d’un serial killer, les fausses pistes, les rebondissements – et R.J. Ellory étire parfois là où il pourrait resserrer. 542 pages, c’est long. J’ai ressenti des longueurs dans le dernier tiers, des moments où l’on tourne un peu en rond et où le suspense se dilue quelque peu.

Et puis la fin arrive. Et là, l’auteur referme son piège avec une précision implacable. On est secoués et très émus. Parce qu’on s’est vraiment attachés à Rachel et à son besoin vital de comprendre.

Les Invisibles n’est pas mon roman préféré de l’auteur. Mais c’est un R.J. Ellory – avec toute sa noirceur habitée, sa profondeur psychologique, et ses personnages inoubliables.

J’ai été embarquée. Par moments, un peu perdue. Puis rattrapée.
Mais une chose est sûre : Rachel, elle, ne me lâchera pas.

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine pour leur confiance.


Quatrième de couverture

 » Il est partout. Et il est nulle part. Exactement comme le diable. « 

1975, Syracuse, État de New York. Rachel Hoffman, nouvelle recrue de la police locale, est appelée sur sa première scène de crime : une institutrice vient d’être assassinée. À côté du corps, un étrange message tiré de La Divine Comédie de Dante. Peu après, une deuxième victime est découverte. C’est le début d’une série d’homicides à laquelle Rachel va être intimement mêlée, nouant une relation très particulière avec le mystérieux assassin. Cinq ans plus tard, alors que l’affaire semble close, une nouvelle vague d’assassinats frappe New York, étonnamment similaires à ceux de Syracuse. Rachel, qui s’apprête à rejoindre l’unité d’analyse comportementale du FBI, ignore encore qu’il lui faudra plus d’une décennie, avec nombre d’autres meurtres à la clé, pour peut-être résoudre cette enquête très personnelle qui, peu à peu, va virer à l’obsession, à la paranoïa, et la mener aux confins de la folie.

Editeur : Sonatine, 542 pages, date de sortie : 2 avril 2026

5 commentaires sur « Les invisibles – R.J. Ellory »

  1. Même s’il y a quelques bémols, l’honneur est sauf avec Rachel, surtout si elle t’a marquée comme cela 🤗
    Merci à toi ma Nadia pour le partage 🙏 😘

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  2. Ellory est un GOAT et depuis le début j aime son univers.

    Donc sans aucune retenue mais en vous remerciant pour cette chronique qui donne quand même envie de lire aussi,celui ci je le rajoute à ma PAL qui va sans doute s écrouler mais avec classe sous le poids des Invisibles..😊 merci Nadia

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  3. je viens de lire « Everglades » et j’ai été enthousiasmée, une fois de plus, par Ellory. La puissance de ses récits, intrigue, personnages, atmosphère… Formidable ! Alors oui, je lirai ces « Invisibles » ! Ta chronique, même avec un bémol, ns embarque déjà 🙂.

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