
Comment chroniquer un roman qui impose le silence ?
Il m’est difficile de vous en parler.
Les mots, je le sais déjà, vont me manquer, et ils ne seront jamais tout à fait à la hauteur de ce que Cavillore m’a fait ressentir.
Cavillore, c’est d’abord une montagne.
Pas un décor, non.
Une présence.
Elle domine le village de Gourdon, observe les hommes, garde leurs secrets.
Elle voit tout.
Elle se souvient de tout.
À l’aube, le corps d’une jeune femme est découvert dans la rue.
Très vite, les silences se fissurent, les rumeurs circulent, les médisances s’installent et désignent les marginaux.
Mais ici, la vérité ne se crie pas.
Elle se terre.
Elle attend.
Elle patiente.
Comme la montagne.
Et puis il y a le mystère.
Un mystère diffus, presque animal, qui rôde à flanc de roche.
Des ombres.
Des présences qui remontent peut-être de trente ans en arrière.
Une chienne, surtout.
Figure troublante et fascinante, qui hante la montagne et semble en savoir plus long que les hommes.
Les secrets se livrent par petites touches.
C’est ce qui rend le récit si envoûtant.
Réduire Cavillore à un simple roman noir serait une erreur.
Une grave erreur.
Il faut entrer dans cette histoire à petits pas.
Accepter de ralentir.
Se laisser lentement immerger.
La noirceur se mêle à la lumière dans un récit habité et traversé par une poésie minérale, charnelle.
Jérémie Claes, que je découvre ici avec son troisième roman, est un conteur sacrément doué.
Sa plume est belle, sensible, ciselée, vivante.
Elle sent le soleil, la pierre chaude, la peur ancienne.
Certaines expressions provençales, savoureuses, colorent le texte et ancrent le récit dans une terre qui respire.
Autour de la montagne gravite une galerie de personnages profondément humains, cabossés, taiseux ou marginaux, dessinés avec une grande justesse et une vraie pudeur.
On sent à chaque page que ce roman est personnel.
Qu’il vient des tripes, du cœur, des racines.
Et on ne juge pas un livre qui vient des tripes.
On l’écoute.
La pudeur s’impose.
Cavillore n’est pas seulement une enquête.
C’est une ode à la nature et aux liens invisibles qui unissent la terre et ceux qui y vivent.
Un roman profond, magnétique, éclatant parfois comme un orage de montagne,
où règne une beauté sauvage,
où la lumière ne dissipe jamais totalement l’ombre.
J’ai refermé Cavillore la larme à l’œil,
le cœur chargé,
le silence plein.
Ce roman m’a touchée profondément
et il continue de vivre en moi,
bien après la dernière page.
Je remercie chaleureusement les éditions Héloïse d’Ormesson pour leur confiance.
Quatrième de couverture
De retour au village de Gourdon, Nico est renvoyé à son passé et aux meurtres non élucidés qui ont secoué le village trente ans plus tôt. Le prédateur qui sévissait à l’époque court toujours. La menace sourde plane encore. Personnage à part entière, la nature provençale colore cette intrigue de ses ombres et lumières.
Quelle est cette créature qui a déposé à l’aube le cadavre d’une jeune inconnue devant l’auberge de Gourdon ? Que veut-elle exposer ? Nul ne croit vraiment à la thèse de l’accident, et dans le village à la tranquillité bousculée, les langues médisantes accusent les Camillieri, une famille de marginaux récemment installée sur les hauteurs. La rumeur enfle et détourne l’attention des ombres menaçantes qui rôdent. Déterminée à protéger les siens, la mère Camillieri se lance à leur poursuite. Mais le silence s’installe, dense comme la roche qui les cerne, et scelle les lèvres des coupables. Patience… La vérité attend son heure.
Ode à la nature provençale et au lien charnel qui unit la terre et ceux qui y vivent, Cavillore est un roman noir aussi éclatant qu’un orage de montagne. Jérémie Claes embarque le lecteur dans une traque à flanc de falaise et sonde le coeur battant des hommes.
Editeur : Héloïse d’Ormesson, 240 pages, date de sortie : 19 février 2026
la belle chronique que voilà et qui donne plus qu envie d inscrire ce récit dans ma PAL… merci Nadia
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Oh oui, n’hésite surtout pas à le découvrir, c’est un petit bijou ♥️
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Quelle superbe chronique !
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Merci ! Quel bijou de noirceur ce Cavillore 🖤
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coucou Nadia,
quelle émotion.
J’ai adoré « L’horloger » qui est particulier.
Merci beaucoup pour cette chronique, je le note dans ma liste.
Vive les émotions par les livres
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Note le bien dans ta liste, c’est un joyau à découvrir 🖤
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Je pense que cela va me plaire ! Je prends note, merci.
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N’hésite surtout pas à le découvrir !
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Une caresse cette chronique ❤️ merci à toi ma Nadia pour le partage 🙏 😘
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Merci beaucoup ! Ce roman est un vrai joyau, j’ai tenté d’être au plus proche de mes émotions et de mon ressenti 😘
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C’est très réussi 🤗
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Une très belle chronique qui donne envie…
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Merci beaucoup ! Un magnifique roman à découvrir absolument 🖤
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Je viens de faire l’acquisition de L’Horloger…
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Bonne lecture à venir !
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Merci, je vous tiendrai au courant de ce que jen pense…
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Maintenant que j’ai lu ce polar rural, je lis ta chronique d’une autre manière et je la comprends aussi autrement, maintenant que je sais…
Je venais de laisser un comm, mais ça a planté…
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