
Quand l’intime devient une arme
Un simple test ADN. Un geste anodin, presque banal. Et pourtant, tout part de là. Avec L’ADN du chaos, Elena Sender poursuit dans la veine de son dernier roman : prendre une avancée scientifique bien réelle, l’ancrer dans le quotidien, puis nous montrer sa face sombre sans jamais lâcher l’humain. Ici, le thriller avance main dans la main avec un drame familial émouvant et le mélange fonctionne fort bien.
Une histoire de famille… avant tout
Hannah, enquêtrice privée, accepte de se prêter à un test ADN lors d’une réunion de famille. Par curiosité. Par jeu. Sauf que les résultats ne collent pas. Pas du tout. Ce qui devait être une simple recherche d’origines fissure la cellule familiale, réveille les secrets et les silences. Et Hannah, fidèle à elle-même, ne peut pas laisser ça en suspens. Elle cherche. Elle creuse. Même quand ça fait peur, très peur. Au fil des chapitres, on s’attache à Hannah. À ses doutes, à son courage, à cette façon qu’elle a d’avancer malgré l’angoisse et le danger. C’est ce drame intime qui porte tout le récit.
Données génétiques, extrêmes et manipulation
Très vite, L’ADN du chaos dépasse le cadre familial. Les tests ADN deviennent une marchandise. Les données, une mine d’or. Et certaines idéologies y voient un outil rêvé. Mélangez génétique, réseaux sociaux, algorithmes, IA… et vous obtenez un portrait glaçant d’une société prête à être manipulée et radicalisée. Imaginez un parti fasciste qui se saisit de nos données génétiques pour nous cibler et nous envoyer là où il le souhaite, transformant l’intime en outil politique. Ce n’est pas une simple hypothèse gratuite, c’est une possibilité très concrète, et c’est bien ce qui glace. La question peut sembler brutale : notre cerveau nous appartient-il encore ? Elena Sender n’appuie jamais lourdement. Elle expose. Elle relie les points. Et elle laisse le lecteur faire le reste. Comme dans son précédent roman RePlay, l’aspect scientifique est solide, documenté, mais toujours digeste. Rien de démonstratif, tout est au service de la tension et du suspense.
Un thriller ancré dans notre époque
Filatures, fake news, réseaux sociaux, extrêmes politiques, IA… tout s’imbrique avec fluidité dans une intrigue haletante où chaque découverte resserre l’étau. L’ADN du chaos n’a rien d’un roman d’anticipation. Tout ce que l’auteure décrit existe déjà, ce monde est le nôtre. Il n’y a pas de futur lointain pour se rassurer, seulement un présent qui glisse dangereusement. Elena Sender raconte une histoire en restant au plus près de ses personnages, un drame humain plein d’émotions pour nous interroger.
En bref
L’ADN du chaos est un thriller familial passionnant et intelligent, porté par une héroïne attachante et une réflexion inquiétante sur l’exploitation de nos données les plus intimes. Un roman qui nous divertit, mais surtout qui nous questionne. Et après la dernière page, une question continue de tourner en boucle : nos données nous survivent déjà. Nos clics, nos profils, nos origines. Nos silences aussi. À qui appartiennent nos données quand nous ne les contrôlons plus ? Et surtout, que se passera-t-il le jour où quelqu’un décidera de s’en servir contre nous ?
Je remercie chaleureusement les éditions Albin Michel pour leur confiance.
Quatrième de couverture
Un simple test ADN. Il a suffi de cela pour faire voler en éclats la vie de Hannah. En remontant le fil de ses origines, cette enquêtrice privée déterre un secret de famille… et met au jour une menace bien plus vaste : l’exploitation de données génétiques par des groupes prêts à manipuler l’opinion et à attiser les extrêmes.
Entre propagande toxique et dérives numériques, L’ADN du chaos plonge au coeur d’un monde où l’intime devient une arme redoutable. Avec ce drame familial aussi passionnant qu’émouvant, Elena Sender signe un thriller ancré dans les inquiétudes les plus brûlantes de notre époque.
Editeur : Albin Michel, 372 pages, date de sortie : 28 janvier 2026
j’essaierai par la suite,la je sors de LA PROIE qui propose une atmosphere flippante et je viens de demarrer ICI 😁
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Là, tu me tentes fortement et tu devrais avoir honte 😆
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Ça file à moitié la trouille ta chronique. En plus, il est déjà trop tard, l’eugénisme n’est plus très loin je suppose. Merci à toi ma Nadia pour le partage qui fait froid dans le dos. 🙏😘
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Je viens de le commencer et je sens déjà que c’est du bon. Tu me confortes dans ce choix de lecture et lirai sans doute son précédent thriller par la suite.
Merci Nadia !
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… « Quand l’intime devient une arme
Un simple test ADN. Un geste anodin, presque banal. Et… »
Je vous lis… je pars, je reviens, je vous suis, ou plutôt vos papiers (je ne suis pas de la keuf), envie parfois de répondre, prolonger la lecture et… là, je me décide. Une entrée en matière qui m’interpelle🧐
NON, ce n’est pas anodin, ce n’est pas banal.
Si dans le geste, cela peut l’être, dans tous les cas, c’est une porte que l’on envisage d’ouvrir. Et dernière une porte ( et là, on va me dire… « tu les enfonces Alphonse »…), il y a toujours un espace qui est, connu ou inconnu comme nous l’aimons dans nos lectures; un espace incommensurablement à disposition de tout, emplis d’interstices et de déchets, de merdre et aussi de joies (incommensurablement, trop de points au scrabele🤣) , mais trop souvent explosifs et éphémères.
Alors, par Odin, prudence…c’est un acte très lourd de sens, qui, du reste ouvre la porte à…ce roman. C’est dit 😅
Désolé, de cette intervention aussi inattendue que la buée sur les lunettes de Macron, lorsqu’il est aussi la victime, des chauds- froids qu’il affectionne; mais, j’avais envie, en ces jours de jeux olympiques, de slalomer entre… des… « c’est super…je le mets sur ma liste, oh, trop envie de me lancer »… Ne faut-il pas passer le seuil 😝et décrire ce que l’on y voit ou veux voir, lorsque l’envie se fait pressente 🙃
Tout ceci, Sans aucune animosité, juste pour un monde sans Ventolin
amitiés et merci de votre engagement
Pascal Stéphane Alexandre (je suis seul, mais mes parents, ne le savent toujours pas) 😇
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