Sous l’oeil des voisins – Christian White

Après avoir adoré L’épouse et la veuve, j’ai ouvert Sous l’œil des voisins avec une grande impatience, persuadée que Christian White m’offrirait à nouveau un excellent moment de lecture. Et pourtant… je ressors déçue, avec le sentiment d’être passée à côté de quelque chose.

L’histoire en quelques mots

Hiver 1989, banlieue australienne. Tracie, 17 ans, disparaît sans laisser de trace. Tandis que la police penche pour une fugue, Tom Witter — professeur, père de famille, voisin modèle — décide de mener sa propre enquête aux côtés du père de l’adolescente et du groupe de surveillance du quartier. Des rumeurs de rituels sataniques circulent, les soupçons se propagent de maison en maison, et bientôt la paranoïa s’installe. Tom s’enfonce dans l’enquête au point de franchir certaines limites. Mais que cherche-t-il vraiment à découvrir ou à dissimuler ?

Tous les ingrédients d’un roman captivant sont pourtant réunis : une adolescente volatilisée, une communauté repliée sur elle-même, des secrets enfouis, et cette atmosphère de banlieue où l’on s’observe, s’espionne, se juge à travers les rideaux à demi tirés.

Une atmosphère réussie

Ce qui fonctionne très bien, c’est justement cette atmosphère. Camp Hill, avec sa brousse sauvage baptisée « La Jungle », devient presque un personnage à part entière, inquiétant, insaisissable, comme des ténèbres en bordure de la ville. L’ancrage temporel est réussi aussi : fin des années 80, références musicales et culturelles, panique satanique qui contamine les esprits… On sent la tension latente, la suspicion qui se propage, la paranoïa ordinaire.

Des personnages inégaux

Les personnages, nombreux, sont très superficiels et je n’ai pas réussi à m’y attacher. Les plus intéressants sont Tom et Sean. Le premier, irréprochable en apparence, permet à l’auteur d’explorer la vulnérabilité masculine, la frustration, le besoin de contrôle. Le second, « gothique marginal » d’abord trop caricatural, devient peu à peu le personnage le plus touchant, le plus authentique.

Mais là où j’attendais d’être surprise, bousculée, déstabilisée comme dans L’épouse et la veuve, j’ai trouvé le récit trop sage. Trop linéaire. Presque prévisible. Le roman mise sur la lente révélation des non-dits, mais cette mécanique finit par ralentir le rythme au lieu de nourrir la tension. Quant au retournement final, il arrive tard, sans véritablement renverser la lecture, sans l’effet coup de théâtre.

J’ai refermé ce livre avec une grande frustration. La critique sociale est là, le décor parfaitement campé, les thèmes intéressants. Mais il manque ce souffle, cette étincelle narrative qui transforme une bonne idée en page-turner. Christian White observe, dissèque, mais ne m’a pas embarquée.

Une déception, donc, d’autant plus amère qu’elle vient d’un auteur dont j’attendais beaucoup.

Je le répète et j’insiste, ce n’est que mon très humble ressenti et je ne détiens aucune vérité. Tout est question de sensibilité, ce qui ne fonctionne pas pour moi peut totalement vous emballer.

Je remercie chaleureusement les éditions Albin Michel pour leur confiance.

Quatrième de couverture

Hiver 1989. La disparition de Tracie, 17 ans, affole la paisible banlieue australienne de Camp Hill. Tom Witter, professeur de lycée, décide de mener sa propre enquête avec l’aide du père de l’adolescente et du groupe de surveillance de quartier. Alors qu’ils suivent la piste de rituels sataniques, la police est persuadée qu’il s’agit d’une fugue.
Au fur et à mesure que des indices émergent, les relations entre voisins se tendent, jusqu’à la paranoïa et la violence. Tom franchit alors les frontières de la légalité. Est-ce pour faire oublier ses propres secrets ?
Culpabilité, chantage, mensonges… Christian White, la nouvelle star du polar australien, dissèque les apparences trompeuses d’une petite communauté où tout le monde soupçonne tout le monde et où chacun a quelque chose à cacher.

Editeur : Albin Michel, 342 pages, date de sortie : 29 octobre 2025

12 commentaires sur « Sous l’oeil des voisins – Christian White »

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