Cache-cache – Søren Sveistrup

Il y a quelques années, j’ai découvert Søren Sveistrup avec l’excellent Octobre. Pour ceux qui ne connaissent pas l’auteur, c’est le scénariste de la série culte The Killing. Alors quand Cache-cache est arrivé dans ma PAL, j’étais impatiente de retrouver le duo d’enquêteurs Naia Thulin et Mark Hess. Un deuxième roman qui confirme le grand talent de l’auteur.

L’histoire en quelques mots

En mai 1992, lors d’une excursion scolaire dans une réserve naturelle, une partie de cache-cache tourne au cauchemar : les enfants découvrent le corps d’un garçon de 9 ans dans les roseaux.

De nos jours. Une femme disparaît brutalement. Sa disparition est signalée par son ex-mari et sa fille. Elle subissait un harcèlement téléphonique. Les enquêteurs Naia Thulin et Mark Hess sont mis sur l’affaire et vont devoir plonger dans un passé qui refuse de rester enterré. Quand d’autres personnes disparaissent à leur tour, le compte à rebours est lancé.

Un, deux, on va jouer à un jeu…

Une innocente comptine enfantine, chantée par les enfants lorsqu’ils jouent à cache-cache, devient le fil rouge de cette enquête glaçante. Un tueur particulièrement sadique harcèle ses victimes avec ces quelques mots, un, deux.. trois… trouvé ! : SMS, photos des victimes dans leur quotidien…

Cette comptine m’a poursuivie tout au long de ma lecture, impossible de ne pas frissonner à chaque fois qu’elle réapparaissait.

Parallèlement à l’enquête, on suit Marie, la mère de Caroline, une jeune lycéenne de 19 ans assassinée deux ans plus tôt. Le meurtre reste non résolu. La mère ne baisse pas les bras et continue d’enquêter de son côté.

L’idée de départ peut paraître simple, mais Søren Sveistrup la transforme en une intrigue complexe et troublante baignant dans une atmosphère sombre et oppressante. L’histoire est menée de main de maître et ficelée avec beaucoup d’intelligence. L’équilibre entre l’enquête et les personnages est juste parfait.

Une construction narrative maîtrisée

Søren Sveistrup maîtrise la construction. Chaque rebondissement crée la surprise, chaque secret dévoilé soulève une nouvelle question, nous entraînant dans un tourbillon haletant. Suspense et tension se mêlent habilement durant 700 pages avec une montée en puissance qui rend la lecture fort captivante.

Des personnages qui marquent

J’ai retrouvé avec plaisir le duo d’enquêteurs Naia Thulin et Mark Hess. Ils portent leurs blessures, leurs failles, et c’est justement ce qui les rend si attachants. Ils ne sont pas des super-héros de l’enquête, ils se débattent avec leurs propres démons tout en traquant un tueur terrifiant. Leurs dilemmes personnels se mêlent à l’intrigue, ajoutant une dimension humaine rare au thriller.

Mais c’est Marie qui m’a vraiment marquée. La maman de Caroline. La façon dont l’auteur dépeint son deuil, sa douleur sourde, sa quête désespérée de réponses… c’est d’une justesse déchirante. Marie n’est pas qu’un personnage secondaire, elle incarne toute la dimension émotionnelle de ce thriller. Comment rester insensible face à elle ?

700 pages… et alors ?

Cache-cache est un roman dense, rythmé par des chapitres courts. Et malgré quelques petites longueurs, je suis restée captivée jusqu’à la dernière page. Je n’ai jamais décroché. Pas une seule fois. On est complètement immergé dans l’enquête et l’atmosphère angoissante m’a tenue en haleine du début à la fin. L’auteur distille les indices avec parcimonie, sème des fausses pistes, et surtout, il maintient cette tension qui monte crescendo. On tourne les pages pour assembler les pièces du puzzle, pour comprendre ce qui lie tous ces événements. On est aux côtés de Thulin et Hess face à un sacré sac de noeuds à démêler. Et je défie quiconque de deviner le coupable avant la fin.

Le rythme aurait peut-être pu être légèrement resserré par endroits, mais l’auteur compense largement par la richesse de son intrigue et la profondeur de ses personnages. Et puis, quand on aime se perdre dans une enquête complexe, 700 pages passent finalement très vite.

Un dénouement à la hauteur

Je ne spoilerai rien, évidemment, mais je peux vous dire que le dénouement est scotchant ! Dans les derniers chapitres, les révélations s’enchaînent, le palpitant atteint des sommets, les mystères trouvent leur réponse, et on referme le livre avec le sentiment d’avoir été mené en bateau jusqu’à la dernière page.

En résumé

Cache-cache est une très bonne lecture et un excellent thriller nordique. Ce n’est pas un coup de cœur, mais c’est un roman que je recommande sans hésiter aux amateurs d’enquêtes complexes, d’atmosphère angoissante et de personnages fouillés.

Je remercie chaleureusement les éditions Albin Michel pour leur confiance.

Quatrième de couverture

Un, deux, on va jouer à un jeu

Tout commence par une innocente comptine que chantent les enfants lorsqu’ils jouent à cache-cache…

Trois quatre, je vais te battre comme plâtre

Pour soudain tourner au cauchemar…

Cinq, six, il faut que le jeu finisse.

Et réveiller le souvenir d’un passé sanglant.

Editeur : Albin Michel, 700 pages, date de sortie : 1 octobre 2025

20 commentaires sur « Cache-cache – Søren Sveistrup »

  1. J’avais vraiment bien aimé « Octobre » et j’ai déjà noté le suivant !! Je suis contente de lire ta chronique et de voir que tu n’as pas été déçue par le final… cela laisse présager quelques bonnes heures de lecture sous haute tension 😉

    J’aime

Répondre à Ingannmic Annuler la réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.