Laissez-moi brûler en paix – Peter Farris

Première rencontre avec Peter Farris, et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’homme connaît ses armes. Peut-être même un peu trop.

Sallie, quarante ans, ex-flic de la task force, a ouvert une école de tir. Une reconversion qui lui permet d’apprendre aux femmes à manier le Glock ou le Remington. Elle a trouvé un nouvel équilibre dans sa nouvelle vie, elle roucoule avec son amoureux Tommy et son chien qu’elle adore. Mais son passé la rattrape quand un ancien juge se fait descendre. Puis c’est une femme de cette même task force qui se fait assassiner dans sa caravane. Et quand Sallie trouve une douille dans son pick-up, le message est limpide…. elle est dans le viseur.

Une vieille bavure puante ressurgit : une intervention de la task force qui a mal tourné… une grenade balancée dans un berceau, un gamin de trois ans défiguré. Le scandale a été été étouffé à l’époque et personne n’a été inquiété. Le gamin a grandi avec le visage ravagé, animé d’un désir de vengeance, il est devenu fer de lance d’un discours anti flics.

Le juge assassiné écrivait ses mémoires et comptait tout déballer, y compris sur son ancien chef qui brigue aujourd’hui un siège au Sénat.

Quelqu’un semble vouloir se venger et Sallie, aux prises avec ses propres tourments, va devoir se battre pour sa survie.

L’intrigue est classique mais efficace, menée d’une main sûre. Tout le roman repose sur les épaules de Sallie. Une femme forte, en proie à sa mauvaise conscience, qui évolue dans un univers d’hommes brutaux où les flingues parlent plus que les mots. L’auteur lui donne la parole à la première personne et ça fonctionne bien, on s’attache à cette force de la nature cabossée.

A travers son thriller Peter Farris aborde la culture des armes aux Etats Unis, véritable passion nationale où chacun est armé jusqu’aux dents, les violences policières, la corruption, la politique pourrie jusqu’à l’os et la vengeance.

Mais l’auteur nous noie sous une avalanche de spécifications balistiques et de détails techniques. Démontage de fusils, calibres, modèles… on se croirait parfois dans un catalogue d’armurier. Dommage !

Je remercie chaleureusement les éditions Gallmeister pour leur confiance.

Quatrième de couverture

Sa carrière de policière derrière elle, Sallie s’occupe maintenant d’un stand de tir dans le comté de Caliban, non loin d’Atlanta. Son affaire a le vent en poupe et elle se tourne de plus en plus vers l’avenir. Mais, un juge à la retraite impliqué avec l’ancienne unité d’intervention de Sallie est retrouvé mort chez lui. Le même jour, Sallie reçoit des appels menaçants d’un numéro inconnu. Dans une Amérique surarmée, la guerre contre la drogue a octroyé l’impunité à sa force policière. Impunité qui a souvent bénéficié à cette unité d’intervention. Ses membres méritent-ils la vengeance qui menace de s’abattre sur eux maintenant que la justice a failli ? Aux prises avec ses propres tourments, Sallie va devoir se battre pour sa survie, parfois plus que pour la justice.

Peter Farris signe un thriller haletant avec un point de vue original pour aborder des questions de société propres aux États-Unis : le port d’arme et les violences policières.

Editeur : Gallmeister, 430 pages, date de sortie : 3 septembre 2025

9 commentaires sur « Laissez-moi brûler en paix – Peter Farris »

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