In extremis – Anouk Shutterberg

J’ai découvert Anouk Shutterberg avec Bestial , un thriller noir qui sort des sentier battus. Des tripes, du cran, de l’imagination et du talent. L’année suivante, La nuit des fous, un véritable joyau noir, nous a plongés dans les tréfonds de l’âme humaine là où se cache la folie. C’est donc avec une grande excitation que j’ai ouvert In extremis, l’auteure allait-elle me surprendre une troisième fois ? Avait-elle hissé la barre encore plus haut ?

A Chambéry, le torrent de la Leysse est le théâtre de mises en scène macabres et étrangement esthétiques. Des têtes de femmes sont retrouvées, maquillées et coiffées de couronnes d’edelweiss. La police aucune piste et l’enquête piétine. Quand la jeune Marie disparait brutalement, sa soeur Axelle, journaliste en faits divers, se lance à sa recherche. Marie est une championne olympique, accro à l’adrénaline, pratiquant des sports de risque extrême. Paul, le frère et coach de Marie participe à l’enquête. Axelle, va infiltrer une communauté de fans de sports de glisse et de speed riding. Prête à prendre tous les risques et à affronter les pires dangers pour découvrir la vérité, persuadée que le psychopathe se cache parmi eux.

Nous sommes immergés dans un véritable huis-clos à ciel ouvert où la montagne devient un personnage important. Embarqué dès les premières pages dans ce décor glacial où la beauté et la blancheur contrastent avec l’horreur et la noirceur des meurtres. Les contrastes et le jeu temporel ont toute leur importance dans ce récit.

Anouk Shuttergerg a le sens du rythme, ça file tout schuss, les chapitres ultra courts sont entrecoupés d’extraits « Confidences » où l’on pénètre dans la tête du psychopathe, mesurant petit à petit l’ampleur de sa folie. Comment mettre la main sur ce tueur qui cache bien son jeu ? Tout le monde finit par devenir suspect.

Un véritable jeu de piste (de fausses pistes) où faux semblants et rebondissements nous tiennent en haleine jusqu’aux dernières pages. C’est vif, nerveux et bourré de suspense, on avance entre tension extrême et émotions fortes, en s’accrochant aux indices distillés au compte goutte.

Les quelques incohérences ne m’ont pas trop dérangées « on va dire que ça passe » mais j’avoue que le comportement d’Axelle et ses prises de risques démesurées égratignent fortement la crédibilité de l’histoire.

Au final, une bonne lecture glaçante sous haute tension. MAIS, j’ai de loin préféré les deux précédents opus. Tellement plus audacieux, plus noirs, plus bluffants, surtout La nuit des fous ! Je ne cesserai de le répéter, ces quelques lignes ne traduisent que mon humble ressenti.

Je remercie chaleureusement les éditions Récamier pour leur confiance.

Quatrième de couverture

Seules les femmes d’exception m’intéressent. Les autres m’indiffèrent. J’aime la chasse et les défis.

Dans le torrent de la Leysse, à Chambéry, sont retrouvées des têtes de femmes coupées, maquillées et coiffées d’une couronne
d’edelweiss. Axelle, journaliste aux faits divers, décide de mener l’enquête. Tout converge vers Valfréjus, station réputée pour les sports extrêmes. Derrière l’ambiance festive qui règne en altitude, au milieu des amateurs de sensations fortes, un tueur se dissimule. Un thriller machiavélique sous haute tension.

Editeur : Récamier , 400 pages, date de sortie : 13 mars 2025

6 commentaires sur « In extremis – Anouk Shutterberg »

Répondre à Collectif Polar : chronique de nuit Annuler la réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.