La mue – Céline Denjean

Je suis Céline Denjean depuis ses débuts et son tout premier roman Voulez-vous tuer avec moi ce soir. J’aime sa sensibilité, son univers, son regard acéré et la façon qu’elle a de gratter le vernis des apparences. Au fil des ans, elle s’est imposée comme une auteure incontournable dans le paysage du polar français. Son neuvième roman nous confirme qu’elle monte en puissance et malgré sa marque de fabrique reconnaissable entre toutes, elle parvient encore à nous surprendre.

Dans une bergerie isolée au coeur des Pyrénées, une femme est séquestrée par un homme qu’elle appelle « le Fou ». Lui, il l’appelle « Maman » et répète cette phrase dès que sa prisonnière ne se plie pas à ses règles strictes « Alors, maman… tu fais encore la zizanie ! ». Pas très loin de là, au fond d’une vallée encaissée, un homme est retrouvé le crâne défoncé dans une grotte. La major Louise Caumont est appelée sur place avec son équipe. Cette découverte fait écho à une vieille affaire irrésolue depuis vingt-six ans, dans la même grotte un nouveau né a été retrouvé le crâne fracassé.

D’un côté, un huis-clos psychologique des plus stressant et angoissant. Un véritable travail d’orfèvre pour nous immerger complètement dans une ambiance étouffante et nous faire ressentir la détresse de cette femme qui grave les jours de captivité dans le bois de la table pour ne pas sombrer dans la folie et qui s’accroche à l’espoir de revoir son fils. De l’autre, une enquête cold-case, passionnante et terriblement excitante qui plonge ses racines dans le passé.

Quels sont les liens entre ces deux histoires et comment vont-elles se rejoindre ?

Les chapitres consacrés au huis clos angoissant alternent avec ceux de l’enquête complexe. Deux atmosphères, deux rythmes, deux palettes d’émotions, deux dynamiques radicalement différentes, le mélange joue sur deux tableaux opposés et apporte une véritable profondeur à l’histoire. Fort troublant. Une belle surprise !

C’est avec une maîtrise incroyable que l’auteure a construit son intrigue. Tout est orchestré avec beaucoup de soin et de précision, rien n’est laissé à l’approximation. Un gigantesque puzzle prend forme sous nos yeux. Les sauts temporels passé-présent, les révélations au compte goutte nous réservent bien des surprises. Méfiez-vous si vous croyez avoir compris le fin mot de l’histoire, la complexité se cache dans les détails.

Comme elle sait si bien le faire, Céline Denjean plonge dans les failles de l’âme humaine à la recherche du point de rupture qui provoque le passage à l’acte. Ce fameux point de basculement. Elle fouille ses personnages avec sensibilité dans leur profondeur, là où se nichent les pires contradictions. Elle tourne son regard acéré vers la maternité et tous les traumas qui l’entourent, le déni de grossesse, l’infanticide. Ces thématiques très sensibles sont traitées tout en finesse, avec beaucoup d’humanité.

L’enquête et les recherches progressent en multipliant les questions. Le suspense est si intense et les émotions si palpables qu’on a envie de poser notre lecture pour ralentir les battements de notre coeur… Le dénouement arrive nous assénant un dernier coup final. Bouleversant !

Céline Denjean n’a pas fini de me surprendre… Allez-y sans aucune hésitation, c’est excellent !

Je remercie chaleureusement les éditions Michel Lafon pour leur confiance.

Quatrième de couverture

 » Il se tient devant elle et la scrute d’un œil brillant plein d’espoir. Parce qu’elle ne bouge pas, le sourire du Fou dégringole, et son regard devient noir et liquide, comme du mazout. – Alors, maman… tu fais encore la zizanie ! « 
Au cœur des Pyrénées, une femme est séquestrée par celui qu’elle appelle le Fou. Non loin de là, un jeune homme est retrouvé le crâne défoncé dans une grotte. À travers la brume hivernale, la major Louise Caumont mène une traque complexe pour débusquer l’acteur d’un jeu macabre.

Editeur : Michel Lafon, 400 pages, date de sortie : 6 février 2025

19 commentaires sur « La mue – Céline Denjean »

      1. Au point où elle en est, elle va finir à l’asile. C’est plutôt moi qu’elle déteste, vu que je traîne sur les blogs. Ne t’inquiète pas, je ne dirai pas ton nom. 😉 Suis pas une balance 🤣

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