Le diable danse encore – Maria Grund

« La fille renard » est sorti en février 2023, c’était le premier roman de Maria Grund. « Le diable danse encore » est un tome 2, une suite directe. Il est indispensable d’avoir lu le premier pour aborder celui-ci, sous peine d’être méchamment largué. On retrouve Sanna et Eir, trois ans se sont écoulés depuis la terrible enquête qui a laissé beaucoup de traces.

Il y a énormément de références à la précédente histoire, difficile de vous parler en détail de ce roman au risque de vous le spoiler.

Nous sommes sur une petite île isolée au large de la Suède, celle où la tragédie de « La fille renard » s’est déroulée. Même décor, même ambiance sauvage de bout du monde. Sanna vient de reprendre le boulot dans un petit coin tranquille quand elle reçoit un appel, des jeunes filles ont aperçu un homme nu dans la forêt. Arrivée sur les lieux, Sanna découvre un jeune homme poignardé à mort dans les ruines d’une vieille ferme, il a le temps de balbutier un mot avant de mourir « La fille ».

L’intrigue bien ficelée nous entraîne sur les chemins d’une enquête prenante. Les deux femmes vont tenter de comprendre pourquoi un jeune homme sans histoire se retrouve mutilé au milieu de la forêt, elles étudient le moindre indice qui pourrait les mettre sur une piste. Leurs recherches les mènent vers un gang d’adolescentes, les filles à mobylette, sauvages et agressives, ces gamines paumées vivent de petits trafics en semant la violence autour d’elles. Sont-elles liées au meurtre ? Et quel mystère entoure ce bunker survivaliste caché sous terre ?

Un huis clos à ciel ouvert qui nous immerge dans une ambiance sombre et inquiétante. On se laisse petit à petit glisser vers les profondeurs de cette enquête complexe en mettant nos pas dans ceux des enquêtrices. A mille lieues d’un thriller d’action mené pied au plancher et truffé de rebondissements, nous sommes ici dans un roman d’atmosphère assez noir distillant une tension en filigrane. Un polar nordique au rythme lent, dans la pure tradition du genre.

Les deux héroïnes prennent de l’étoffe dans cet épisode, je me suis particulièrement attachée à ces femmes fortes et fragiles, un duo très efficace même si tout les oppose. Elles nous ouvrent la porte de leur intimité, nous dévoilant des facettes cachées de leur personnalité. Leur dernière enquête a laissé son empreinte, surtout sur Sanna, toujours hantée par le fantôme du passé qui n’a jamais été retrouvé et fait planer une menace sur elle.

La fille renard est une véritable course contre la montre multipliant les rebondissements et n’échappant pas à certains clichés, dans ce deuxième tome, Maria Grund a gommé les petits défauts pour gagner en profondeur, tant au niveau de l’ambiance que des personnages.

Un très bon moment lecture pour les amateurs du genre nordique.

Je remercie chaleureusement les éditions Robert Laffont pour leur confiance.

Quatrième de couverture

Un danger rôde dans les profondeurs de la forêt.
Alors que des nuages noirs s’amoncellent au-dessus d’une île au large de la Suède, la commissaire Sanna Berling découvre un jeune homme mourant dans une ferme abandonnée. L’image de son corps couvert de blessures et ses derniers mots se gravent dans sa mémoire :  » La fille… « 
L’enquête plonge Sanna et sa partenaire Eir Pedersen dans un monde violent, sous l’emprise d’adolescents délaissés, qui terrorisent les habitants de l’île et font ressortir les fantômes du passé.
Une enquête ébouriffante menée par deux femmes en quête de justice et de liberté, par la lauréate du Prix Bête noire des libraires 2023.

Editeur : Robert Laffont (coll. La Bête Noire), 445 pages, date sortie : 5 septembre 2024

7 commentaires sur « Le diable danse encore – Maria Grund »

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