
Voilà bien longtemps que je n’ai lu un Bernard Werber, le dernier était Depuis l’au-delà (en 2017), je préfère l’auteur dans ses one shot, je n’ai jamais trop accroché à ses « Cycles ».
La thématique des Chimères m’a de suite fort attirée.
Petite parenthèse : Le temps des chimères n’est pas un roman de science fiction, loin de là, juste une légère anticipation. Pour info, en 2019, le Japon a officiellement autorisé la création d’embryons hybrides humains-animal au delà de quatorze jours. En Chine et en Russie, il n’y a aucune limitation éthique aux recherches sur la fabrication d’hybrides. Les intérêts scientifiques et médicaux prendront bientôt le dessus sur la bioéthique.
Suite aux radiations nucléaires de la troisième guerre mondiale, l’humanité a quasi disparu, il reste quelques survivants disséminés dans le monde. Alice Kammerer, une jeune et brillante scientifique est persuadée d’une chose : l’humain doit s’adapter pour survivre ou il est condamné à disparaître, pas d’autre choix possible. Elle a un projet fou pour peréniser l’espèce humaine : la diversifier dans sa forme en créant des Hybrides -des Chimères- mi-homme, mi-animal. Les Aerials seront ailés, les Nautics seront palmés et les Diggers dotés de longues griffes. La théorie de Lamarck face à celle de Darwin : est ce l’usage qui crée l’organe ou l’inverse ?
Une cinquantaine d’années séparent le début et la fin de l’histoire et il est difficile de vous en dire plus sans spoiler. Bernard Werber nous embarque dans un passionnant roman d’aventures. Quelques passages de l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu sont insérés dans le récit, ils nous apprennent énormément de choses et nourrissent la réflexion sans aucune lourdeur ni ennui.
Comment les Hybrides vont-ils se comporter face aux Sapiens ? La violence est-elle inscrite dans leurs gènes ? Vont-il se croire supérieurs aux Sapiens avec le même esprit de domination ? Et entre eux, comment la cohabitation va-t-elle se passer ? Vont-ils accepter leurs différences ? S’enrichir au contact de l’autre ? Attendez vous à de bien belles surprises. J’ai été très sensible au mantra personnel qu’Alice Kammerer ne cesse de répéter « on a que deux options : l’amour ou la peur ». Et il faut beaucoup d’intuition pour faire le bon choix. Au final, la peur crée-t-elle le mal ou l’inverse ?
Embarquée à fond, j’ai dévoré cette histoire au rythme enlevé et je me suis beaucoup amusée. Le cocktail est parfait entre aventures, rebondissements, divertissement et un certain questionnement sur notre humanité. Ouf, l’auteur ne nous donne aucune réponse, il excite notre curiosité et nous laisse seul face à notre réflexion personnelle.
Je terminerai pas deux questions : est-ce que la vie trouvera toujours un chemin pour perdurer ? L’espoir est-il permis ?
Petit bémol pour la fin quelque peu précipitée, un ou deux chapitres supplémentaires auraient été bienvenus.
Je remercie chaleureusement les éditions Albin Michel pour leur confiance.
Quatrième de couverture
Que deviendrait le monde si l’être humain changeait de forme ?
C’est le projet fou d’Alice Kammerer, jeune et brillante scientifique, qui parvient, au lendemain de la troisième guerre mondiale, à inventer de nouvelles espèces hybrides : des chimères, mi-homme mi-animal.
Tandis qu’elle assiste, fascinée, à l’évolution de ces bébés pourvus d’ailes, de griffes ou de nageoires, un monde différent se construit.Il est à la fois porteur d’alliances et de conflits, de passion et d’espoir…
Mais quelle place l’ancienne humanité pourra-t-elle conserver face à ces nouveaux « voisins » ?
Editeur : Albin Michel, 512 pages, date de sortie : 27 septembre 2023
Alors ce genre de lecture. Je me demande si c’est fait pour moi ma Nadia, malgré le fait que tu donnes envie de lire ce livre. Merci à toi pour la chronique. Des bisitous 😘 🥰
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Et heureusement que nous ne sommes pas sensibles aux mêmes lectures… Bonne nouvelle pour ta PAL 😉
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Elle fait des cabrioles. 🤣
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bonjour qu’il y ait des recherches sur ce thème, n’empêche pas ce récit d’appartenir pleinement au genre « SF » dont l’anticipation l’inscrit d’autant mieux ,ça fait toujours aussi peur de parler de « science-fiction » ça rebute tant que ça, il n’y a pas que la « hard sf » la partie attribuée aux sciences pures (astrophysique, génétique etc…) il y a la sf des sciences sociales (soft sf si vous voulez) ,celle philosophique (qui s’applique plus à Werber)
Sans cela l’amateur de polar que je suis vous suit régulièrement et apprécie.
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