Dette de sang – Michael Bennett

Dette de sang

Une immersion passionnante dans la culture maorie !

Premier polar néo-zélandais que je lis, quelle belle surprise !

On est happé dès le premier chapitre. Le roman s’ouvre sur un meurtre horrible. Le 5 octobre 1863, un groupe d’officier britanniques a fièrement pendu un homme au sommet d’un Mont, après l’avoir torturé. Les marques sur son corps montrent que c’était un grand chef maori. La scène est immortalisée sur un daguerréotype.

Cent soixante ans plus tard, on fait la connaissance d’Hana Westerman, inspectrice maorie à Auckland. Elle fait équipe avec Stan, une jeune recrue qui se forme à ses côtés et travaille sous les ordres de Jaye, son ex mari avec qui elle a gardé d’excellents contacts. Etre une femme flic n’est déjà pas simple mais quand on est maorie, cela complique la situation : les préjugés, les conflits internes liés à son métier et sa loyauté envers ses racines maorie et son sentiment de trahison. Elle jongle entre les pressions de sa carrière et son rôle de mère célibataire d’une adolescente en pleine crise de rebélion.

Un jour, elle reçoit une mystérieuse vidéo, celle d’un homme pendu dans une pièce secrète. Hana est sûre que le tueur lui a envoyé un message. Ce meurtre est le premier d’une longue série, d’autres vont s’enchaîner, les victimes n’ont aucun lien apparent entre elles. Aucun doute possible, ils ont affaire à un tueur en série et rien ne semble arrêter sa folie meurtrière. Quand Hana comprend que l’affaire est enracinée profondément dans le passé, elle sait qu’elle est la seule à pouvoir la démêler, il lui faudra replonger dans des événements douloureux de son histoire pour trouver la clé qui la conduira au tueur.

Cette histoire singulière est prenante et fort bien ficelée. On est suit cette chasse à l’homme pleine de tension et de rebondissements. On s’attache aux personnages complexes et bien développés, l’auteur leur a donné des nuances et de la profondeur. J’ai ressenti une empathie immédiate pour Hana, fine, intelligente, entière et tiraillée par ses contradictions.

D’origine maorie Michel Bennett connait bien son sujet. Il ne se contente pas de nous offrir une enquête captivante, il parsème son  thriller de références culturelles, riches et fort intéressantes. Il nous ouvre les portes d’un univers méconnu, les coutumes et l’histoire des maoris, le peuple indigène de Nouvelle Zélande. Les thématiques sont explorées avec beaucoup de finesse. L’auteur nous offre aussi une belle réflexion sur les traumatismes de la colonisation et les effets du post colonialisme en Nouvelle Zélande avec toutes les injustices et persécutions qui persistent. Leur terre a été volée par les colons, dans le sang, la violence et les massacres, 2% seulement leur ont été restitué, on comprend pourquoi le peuple a besoin de réparation et crie vengeance.

« Mieux vaut le sang des innocents que pas de sang du tout. Et la dette ne s’amenuise pas avec le temps. Elle ne disparaît que lorsque l’équilibre est rétabli ».

Un premier roman qui mérite le détour, Michael Bennett prépare l’adaptation en mini série et il est entrain d’écrire une suite. En voilà une bonne nouvelle !

Je remercie chaleureusement les éditions Les Arènes pour leur confiance.

Quatrième de couverture

Inspectrice maorie de la police d’Auckland, Hana Westerman jongle entre son ado rebelle, les pressions de sa hiérarchie et les préjugés de ses collègues.
Sur une scène de crime, elle découvre un homme pendu : près de lui, une inscription en forme de spirale. Elle retrouve ce symbole à côté d’un autre cadavre. Son enquête permet de relier ces deux assassinats avec celui commis cent soixante ans auparavant : six soldats britanniques ont injustement exécuté un chef maori pendant la colonisation brutale et sanglante de la Nouvelle-Zélande. Hana comprend que les meurtres sont un utu, le rituel maori qui cherche à réparer un crime du passé.  Lancée à la recherche du premier tueur en série de Nouvelle- Zélande, Hana Westerman va devoir choisir son camp, entre la fidélité à ses origines et sa loyauté à la police.

Editeur : Les Arènes, 352 pages, date sortie : 20 avril 2023

7 commentaires sur « Dette de sang – Michael Bennett »

  1. Dis donc ma Nadia, ma whislist a cru lire que tu étais en vacances. 🤣Pas les chroniques visiblement. Si la culture maori t’intéresse, il faut que tu lises Utu, Zulu de Caryl Ferey.
    Merci à toi pour la chronique qui dépote. 🙏😘

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    1. Ah mais non, pas de vacances pour le blog, je voulais juste vous souhaiter de belles vacances à tous. Disons que je vais fonctionner au ralenti jusqu’au 15 août, mais vous aurez quelques chroniques et des petits coucous sympas sur la page FB. Alors, j’ai déjà essayé mais j’ai beaucoup de mal avec Caryl Ferey 😏. Bel après midi 😘

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      1. Caryl c’est vrai que c’est assez particulier, ma belle-sœur s’est arrêtée net, n’est pas allée au bout du troisième chapitre de l’un des deux livres cités au dessus.
        Bon qu’elle dit ma whislist, on va faire avec. Je me doute bien que tu as du grain à moudre à nous faire lire, et baver d’envie sous le coude.
        J’attends toujours le livre de Michel Moati commandé suite à la lecture de ta chronique. Je ne sais pas comment se débrouille mon libraire. 😂
        Bises et bel après-midi à toi également 😘😘

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      2. Moi, j’ai tenté de lire Lëd de Caryl Ferey, je me suis accrochée une grosse moitié. En fait, le côté ethno polar est trop présent pour moi, par rapport à l’enquête. Bah, il en faut pour tous les goûts, j’aurai essayé. Et pour ta commande, peut être que ça prend du temps car c’est une petite maison d’édition ou ton libraire est fort lent 😂. Des bises 😘

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