Peurs en eau profonde – Olivier Descosse

Peurs en eau profonde

Une lecture en apnée

Le prologue et la scène d’entrée sont très spectaculaires, on retient son souffle. Séquence émotion !

Une jeune femme complètement nue est retrouvée dans les filets d’un chalutier au large de Marseille, le corps couvert de morsures et le pied gauche sectionné. L’affaire est confiée à Chloé Latour, commandante de la brigade criminelle. Elle ne croit pas à une simple noyade et penche pour la théorie du meurtre. Les analyses confirmeront que le cadavre contient de l’uranium et un plancton issu du Groenland. Et l’enquête révèle que la défunte était liée intimement à Jean Sardi. Un spécialiste de la plongée, le meilleur dans son domaine. Après avoir plongé dans toutes les mers du monde, il a créé sa société de plongée technique près de Toulon. Il se retrouve en tête de liste des suspects mais malgré ça, il coopérera avec la police et aidera Chloé dans son enquête en lui ouvrant les portes du milieu très fermé de la plongée technique -la TEK-. Ces plongeurs qui font des interventions techniques, missions de réparations, maintenance sur des plateformes pétrolières, des épaves, des câbles sous marins…  Soumis à des procédures rigoureuses pour descendre dans grandes profondeurs -mélanges gazeux complexes pour respirer, temps de décompression très longs pour remonter-, la moindre erreur peut être fatale.

Olivier Descosse est lui même un plongeur passionné mais il s’est beaucoup documenté pour coller de près à la réalité.

Si l’intrigue reste très classique et se laisse deviner par moment, elle est bien construite et nous réserve quelques surprises. Son originalité est liée au fait qu’elle nous immerge dans un décor hostile peu habituel, les Abysses. Ce monde fort mystérieux devient un personnage à part dans le roman. Un huis clos particulièrement angoissant qui nous garantit le dépaysement total. On frissonne par moment, on cherche l’air proche de l’asphyxie et on écoute le silence des profondeurs.

Quand un deuxième corps est retrouvé selon le même mode opératoire, le mystère s’épaissit et la question du serial killer des fonds marins se pose. On se laisse surprendre par les rebondissements bien placés et les révélations nous tiennent en haleine. Hormis quelques longueurs abordant le plancton sous tous ses angles, le suspense ne faiblit quasi pas. Les deux personnages principaux sont attachants et finement étudiés, tous deux ont l’âme marquée au fer rouge et se traînent un douloureux passé. Jean Sardi, l’écorché vif, poursuivi par une sombre malédiction, qui trouve refuge dans la mer, une sorte de fuite en avant. Et Chloé Latour, issue d’une famille bourgeoise mais qui a coupé les ponts avec son milieu à cause de son homosexualité, elle s’investit à fond dans cette enquête qui réveille en elle de douloureux souvenirs personnels. 

Petit à petit, les pièces du puzzle s’assemblent laissant apparaître la vérité. J’avoue avoir deviné une partie du final mais je ne boude pas mon plaisir.

Je remercie chaleureusement les éditions XO pour leur confiance.

Quatrième de couverture

Dans la nuit perpétuelle des fonds marins, seule reste la peur…
Au large de Marseille, dans les filets d’un chalutier, un corps de femme est retrouvé entièrement nu, couvert de morsures et le pied gauche sectionné.
Pour Chloé Latour, commandante de la brigade criminelle, c’est le début d’une traque hors norme qui la conduit à s’immerger dans le monde opaque des plongeurs professionnels et des chercheurs d’épaves. Des spécialistes qui descendent à des profondeurs abyssales et affrontent les pires dangers.
Parmi eux, Jean Sardi. Il est l’un des meilleurs et connaissait intimement la victime. Il pourrait bien avoir un mobile, lié à ce terrible secret qui l’a poussé à se réfugier dans le silence des fonds marins. Crime passionnel ou rituel dément ? La présence dans les poumons du cadavre d’un plancton inconnu en Méditerranée intrigue les enquêteurs de la Crim’. Pendant que le mystère s’épaissit, d’autres corps remontent à la surface et sèment l’effroi chez les plongeurs des eaux profondes.

Editeur : XO, 488 pages, date de sortie : 17 février 2022

2 commentaires sur « Peurs en eau profonde – Olivier Descosse »

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