L’horizon d’une nuit – Camilla Grebe

L'horizon d'une nuit

Une voix à part dans le polar nordique

Camilla Grebe est une auteure que j’adore. J’aime sa façon si particulière de raconter les histoires. Au départ, elles paraissent simples et même banales, mais l’auteure les tisse toujours en alternant différents angles et points de vue des personnages. Elle entretient aussi une relation si profonde avec eux qu’ils prennent vie à nos côtés, comme des amis intimes. Et elle maîtrise l’art des cold case en mêlant à la perfection passé et présent.

C’est donc avec une grande joie que je me suis plongée dans L’horizon d’une nuit. Son dernier roman L’archipel des lärmes a été un énorme coup de coeur. Celui-ci allait-il être à la hauteur ?

Après avoir été plusieurs années mère célibataire, Maria a rencontré le grand amour auprès de Samir. Elle a un fils de dix ans, Vincent, atteint de trisomie 21. Lui a une fille de dix sept ans, Yasmin. Les deux enfants s’entendent à merveille, tout se passe au mieux dans cette famille recomposée, juste quelques frictions entre Yasmin et son père, les rebellions de l’adolescence, sans plus.

Le soir du 16 décembre 2000, c’est le drame. Yasmin disparaît brutalement sans laisser de trace, son corps ne sera pas retrouvé. La police pense d’abord à un suicide avant de suspecter Samir du meurtre de sa fille. Ses origines marocaines en font un coupable tout désigné. La famille s’effondre et glisse en chute libre. La tragédie est racontée par plusieurs voix, celle de Maria et de Vincent mais il y a un décalage entre les différentes versions. Qui ment ? Tout le monde ? Où est la vérité ? Pourquoi tant de différences ? Connaît-on vraiment les gens qu’on aime ?

Vingt ans plus tard. Gunnar, le policier qui a mené l’enquête au moment du drame se penche à nouveau sur ce vieux dossier. Le récit fait des allers-retours entre présent et passé, l’enquête avance entre mensonges, non-dits et faux semblants. Les points de vue se multiplient comme les rebondissements, les surprises et les doutes.

Camilla Grebe a l’art d’immerger complètement ses lecteurs, de les captiver et d’entretenir le suspense et la tension. Sa plume d’une belle fluidité, son souci du détail et des petits riens, sa grande sensibilité, la finesse de ses personnages et leur profondeur psychologique donnent une dimension particulière à l’histoire. De plus, l’auteure ne se contente pas de construire une intrigue fine et complexe, elle nous offre de belles réflexions sur l’humain, le couple et la famille.

Un excellent et émouvant moment de lecture. Petit coup de coeur !
Si je cotais mes lectures, L’archipel des lärmes aurait 5 sur 5 et celui-ci 4,5 sur 5.

Petit conseil d’ami : si vous n’avez pas encore lu L’archipel des lärmes, lisez le de toute urgence.

Et pour ceux qui se posent la question, il n’est absolument pas nécessaire de lire les romans dans l’ordre de parution. On y retrouve certains enquêteurs récurrents, les rôles principaux d’un tome deviennent secondaires dans le suivant, des petites piqures de rappel sans plus.

Je remercie chaleureusement les éditions Calmann-Lévy pour leur confiance.

Quatrième de couverture

CONNAÎT-ON VRAIMENT LES GENS QU’ON AIME ?
Dans sa grande maison aux abords de Stockholm, Maria aime sa famille recomposée avec son nouveau mari Samir, son petit Vincent, si fragile et attachant, et sa splendide belle-fille Yasmin, qui couvre ce dernier d’amour.  Par une terrible nuit d’hiver, Yasmin disparaît près de la falaise, mais aucun corps n’est jamais retrouvé.
Bientôt, tout accuse Samir. Après tout, n’avait-il pas une relation conflictuelle avec sa fille ?  Maria ne peut y croire, mais petit à petit, le doute l’envahit… Les inspecteurs Gunnar Wijk et Ann-Britt Svensson sont chargés de l’enquête. Jamais faux-semblants et mensonges n’auront autant régné.
L’Horizon d’une nuit est un nouveau tour de force psychologique, aussi captivant que bouleversant, car chaque membre de la famille dévoile tour à tour sa version du drame, nous menant tout droit vers un rebondissement final qui laisse sans voix.

Editeur : Calmann-Lévy, 464 pages, date sortie : 9 février 2022

6 commentaires sur « L’horizon d’une nuit – Camilla Grebe »

  1. Une auteure scandinave qui ne m’a jamais déçue! Tu as raison en ce qui concerne « L’archipel des larmes », c’est aussi mon préféré avec, dans un style complètement différent, mais que j’ai trouvé excellent, « Le journal de ma disparition »!

    Aimé par 1 personne

      1. Ma sœur me l’a offert avec la série, c’est le seul que je n’ai pas encore lu, je pense que je ne serai pas déçue étant donné que j’ai aimé tous les autres! On a un système très sympa, j’achète certains livres, elle d’autres et quand on a terminé ceux qu’on a acheté, on les envoie à l’autre :-). Je pense que j’aimerai comme les autres! Merci du conseil!

        Aimé par 1 personne

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