La mort en miroir – Pétronille Rostagnat


Il y a des romans qu’on ouvre avec une grande attente. Avec Pétronille Rostagnat, on sait à quoi s’en tenir : du suspense bien mené, des personnages féminins qui ont du cran, une plume fluide. La mort en miroir semble cocher toutes les cases d’un thriller psychologique qui va nous manipuler à fond.

Un démarrage qui accroche

Le point de départ est redoutablement efficace.
Bertrand, médecin légiste réputé, se réveille à l’hôpital sans aucun souvenir. Accident de voiture. Amnésie totale. Sa femme Lucie, elle, est formelle : ce n’est pas un suicide. Mais quand un cadavre au visage identique à Bertrand atterrit sur une table d’autopsie, toutes les certitudes volent en éclats. Qui est cet homme ? Que s’est-il vraiment passé ce soir-là ?

Les premiers chapitres jouent bien leur rôle : ils installent une atmosphère de malaise, distillent peu à peu le mystère et donnent envie de tourner les pages. Pétronille Rostagnat maîtrise l’art du suspense qui déstabilise, et on se laisse embarquer sans résistance.

Passé le cap de la mise en place, l’intrigue devient assez prévisible. Le gros lecteur de thriller psychologique anticipera les révélations.
Tout est en place. Trop en place.
Les mécanismes apparaissent, les pistes se dessinent un peu trop vite.
Aucun faux pas, aucune maladresse, mais pas non plus de coup de théâtre qui vous cloue au fauteuil. On avance, on lit, on tourne les pages… mais on ne frémit pas vraiment.

Très vite, l’intrigue sur l’amnésie de Bertrand passe au second plan….

Lucie devient le vrai cœur du roman.

Femme au foyer d’un médecin légiste parisien, habituée aux dîners mondains et aux vacances soigneusement orchestrées, Lucie incarne à la perfection ce personnage qu’on croit connaître dès la première page et qui ne cessera de nous étonner. Car face au chaos, elle ne s’effondre pas. Elle calcule. Elle manœuvre. Elle protège et défend ce qu’elle a mis des années à construire : un statut, un confort, une place dans le monde.

C’est là que l’intrigue est intéressante. Jusqu’où est-on prêt à aller pour sauver les apparences ? Jusqu’à tordre la réalité ? Lucie répond à cette question de façon troublante. On la suit avec un mélange de fascination et d’inconfort, sans vraiment savoir si l’on doit admirer son sang-froid ou s’en inquiéter. Le personnage est l’une des belles réussites du roman.

En résumé

La mort en miroir est une lecture plaisante, efficace et qui se dévore. Pétronille Rostagnat sait écrire, tenir un rythme et créer des personnages qui existent vraiment. Mais le roman reste en deçà de ce qu’il aurait pu être – un thriller qui griffe, qui dérange, qui laisse une marque. On referme le livre avec le sentiment d’avoir passé un bon moment… sans avoir été vraiment bousculé.

J’espère que le prochain osera davantage.

Je remercie chaleureusement les éditions Belladone pour leur confiance.


Quatrième de couverture

Lucie est persuadée d’avoir coché toutes les cases d’une vie réussie. Mère au foyer, femme d’un médecin légiste renommé, propriétaire d’une maison confortable près de Paris, elle enchaîne dîners mondains et vacances à l’étranger. Mais le jour où son mari, Bertrand, perd la mémoire à la suite d’un accident de voiture, tout bascule. Si la thèse d’une tentative de suicide est privilégiée, Lucie n’en croit rien et décide de mener elle-même l’enquête. Jusqu’au moment où la découverte d’un cadavre vient remettre en question toutes ses certitudes. Car ce cadavre ressemble trait pour trait à Bertrand. Qui est cet homme ? Que s’est-il passé le soir de l’accident ?

Editeur : Belladone, 384 pages, date de sortie : 19 mars 2026

8 commentaires sur « La mort en miroir – Pétronille Rostagnat »

  1. C’est vrai, un début prometteur… Mais très rapidement l’insistance de l’auteure sur le passé de Lucie laisse entrevoir ses sombres desseins, adieu le suspense ! J’ai été globalement déçue….

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