
« Vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir… »
La promesse est claire et sans détour. Nicolas Druart nous invite à une plongée en enfer, dans un thriller qui flirte avec l’angoisse, l’horreur et le fantastique. Comment vous dire que mon attente est élevée. Je suis une lectrice fidèle de l’auteur, je sais ce que je viens chercher ici : une expérience physique, une immersion totale, une lecture dont je ressors essorée.
Dans l’Aude, une série de morts subites intrigue gendarmes et médias. Tous les défunts ont un point commun : ils ont participé à l’exploration du gouffre de Gorre, récemment rouvert après un accident dramatique. Un lieu extrême, réservé à un public averti, qui semble une nouvelle fois au cœur d’un scandale.
Léo Masset, infirmier trentenaire, a survécu à l’expédition. Trois de ses amis n’en sont jamais revenus, dont sa femme. Brisé, rongé par la culpabilité, prêt à tout pour comprendre et faire tomber les responsables, il accepte de livrer son histoire à une journaliste.
Le récit s’articule autour de quatre axes narratifs : l’enquête menée par les gendarmes, le gouffre et cette expédition qui vire au cauchemar, le bar, lieu de confession où Léo raconte l’horreur, et quelques chapitres d’audition où un mystérieux personnage vient brouiller les pistes. Cette alternance de points de vue fonctionne très bien et maintient un suspense constant.
Je retrouve avec plaisir tout ce qui fait l’univers de Nicolas Druart : le huis clos oppressant, l’atmosphère lourde et anxiogène, cette petite touche de fantastique-surnaturel saupoudrée d’horreur, et surtout ces lieux qui deviennent de véritables personnages. Le gouffre de Gorre est une réussite : hostile, étouffant, presque vivant. Les personnages, eux, apportent une vraie charge émotionnelle qui me happe davantage.
La tension monte progressivement, le rythme est parfait. L’auteur sait manipuler son lecteur, jouer avec ses nerfs, distiller le malaise et entretenir le suspense. L’immersion fonctionne à merveille, je me laisse faire sans résister. Je tourne les pages sans reprendre mon souffle, happée par cette descente lente et inexorable, avec ce sentiment familier de ne jamais être en sécurité.
Jusqu’aux deux tiers du roman, je suis totalement dedans, captive du récit, enfermée avec les personnages.
Puis arrive le twist. Audacieux. Inattendu. Et parfaitement maîtrisé.
Mais pour moi, ce choix change radicalement la nature du récit. Sans rien dévoiler sous peine de spoiler, je dirais simplement qu’à partir de ce moment précis, je ne lis plus de la même façon. Je prends de la distance, j’observe. Et pour moi, c’est là que quelque chose se brise. Le roman prend une direction qui ne m’a pas convaincue, me sortant de l’expérience sensorielle et viscérale que j’attendais jusqu’au bout.
Au final, IMMERSION est une lecture en deux temps : très prenante dans sa première partie, plus frustrante dans la seconde. Une bonne lecture, oui, mais pas celle qui me laisse groggy et sans voix comme je l’espérais.
Cela arrive, et ce n’est pas grave.
Nicolas Druart reste un excellent maître de l’angoisse, capable de créer des ambiances fortes et mémorables. Cette fois, je n’ai pas totalement plongé… mais je serai sans hésiter au prochain rendez-vous.
Je remercie chaleureusement les éditions Belfond pour leur confiance.

Quatrième de couverture
Vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir. Nicolas Druart vous guide en enfer avec un thriller hors normes, mêlant atmosphère et épouvante, pour une lecture hautement compulsive.
Plongez si vous osez…
Dans l’Aude, gendarmes et médias sont sur le qui-vive : depuis quelques jours, des hommes et des femmes sont emportés par ce qui ressemble à une épidémie de morts subites. Seul lien entre les victimes : elles avaient toutes participé à l’exploration du gouffre de Gorre peu avant leur décès.
Tout juste rouvert après un terrible accident qui a nécessité sa fermeture pendant deux ans, l’endroit, qui offre des immersions terrifiantes réservées à un public averti, se trouve de nouveau au cœur d’un scandale.
Léo Masset, infirmier trentenaire, en sait quelque chose : lui et ses amis ont tenté l’aventure, et trois ne sont pas revenus, dont sa femme. Accablé de chagrin, seul avec son fils à charge, Léo est prêt à tout pour faire tomber les propriétaires du gouffre qui jouent à un jeu des plus dangereux…
Editeur : Belfond, 320 pages, date de sortie : 15 janvier 2026
coucou Nadia,
merci pour la chronique. Je ne me rappelle avoir déjà lu cet auteur mais ça me tente. J’espère que la part « fantastique » n’est pas trop déstabilisante.
bonne lecture ❤️
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Bon ben il attendra le format poche, de toute façon, je n’ai plus de place pour le moment. Merci à toi ma Nadia pour la chronique et le partage 🙏 😘
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