
Scénario : Niko Tackian et Franck Thilliez
Dessin : Kamil Kochanski
Chronique d’un roman graphique entre polar, fantastique et horreur.
Quand le polar dérive vers d’autres rives
J’attendais un polar. Un vrai. Noir, tendu, dérangeant. Avec deux spécialistes du genre aux commandes, difficile d’imaginer autre chose qu’un polar implacable. Et pendant quelques pages, Le Village joue parfaitement ce rôle.
Le point de départ est glaçant : trente corps vêtus comme des patients d’un hôpital psychiatrique, disparus depuis quarante ans, sont retrouvés au fond d’une rivière de montagne. Leurs cerveaux ont littéralement fondu. Aucun indice. Aucun témoin. Une seule piste : un mystérieux tatouage sur un des corps. La scène d’ouverture et l’ambiance glauque à souhait promettent une enquête sous haute tension.
Mais très vite, le récit bifurque. L’enquête s’efface peu à peu au profit du fantastique, flirtant avec l’horreur et l’ésotérisme. La rigueur policière se dilue et le récit devient confus par moment privilégiant l’atmosphère. Ce glissement séduira les amateurs de fantastique. Pour ma part, habituée aux codes du polar pur, il m’a laissée très à distance, bien loin de ma zone de confort. J’attendais un scénario policier avec une montée en tension classique et non la voie empruntée par le récit : celle de l’étrange et du nébuleux.
En revanche, j’ai beaucoup aimé le graphisme, absolument sublime. Les dessins s’imposent par les découpages dynamiques, les cadrages oppressants, les visages hantés, les paysages grandioses et les décors inquiétants. Visuellement, Le Village dégage une atmosphère forte, bien plus aboutie que le scénario. C’est d’ailleurs l’image qui a sauvé ma lecture.
En résumé, Le Village est un roman graphique fort ambitieux qui vaut le détour, surtout pour sa sublime esthétique et son ambiance troublante et anxiogène. Mais je mets en garde les amateurs de polar pur : l’enquête policière n’est qu’un point de départ. Ceux qui, comme moi, espèrent une véritable enquête policière découvriront une œuvre plus hybride, où le fantastique horrifique prend complètement pas sur le polar.
Et puis, il y a ce final au message « écologique » assez moralisateur, une touche plus légère aurait peut-être mieux servi l’ambiguïté du récit.
Le polar s’est transformé en chemin. À chacun de décider si cette métamorphose vaut le voyage.
Je le répète et j’insiste, ce n’est que mon très humble ressenti et je ne détiens aucune vérité.
Je remercie chaleureusement les éditions Delcourt pour leur confiance.




Quatrième de couverture
Une enquêtrice est entraînée dans un tourbillon de secrets où science, ésotérisme et terreur se croisent. Mais ce qu’elle découvre dépasse de loin l’horreur conventionnelle. Quelque chose d’ancien et d’inexplicable se tapit dans l’ombre : un village, capable de faire disparaître des populations entières, qui apparaît et disparaît à travers les âges, laissant derrière lui un sillage de mort.
Editeur : Delcourt, 162 pages, date de sortie : 13 novembre 2025
coucou tu fais bien d’évoquer ce côté fantastique parce que moi j’aime bien le fantastique ..du coup je me tâtais mais a te lire je vais me procurer l’objet 😁
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coucou, merci pour la chronique.
ça plairait à ma compagne, je le note en idée cadeau 🎁
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j’ai eu ce livre à Noël. Je me suis dit chouette ! Avec ces auteurs ,cela doit etre génial ! Au début super et puis peu à peu , j ‘ai lâché. Le fantastique a pris le dessus et ce n’est pas ce que je préfère. Dommage ! Réflexion un peu écologique à la fin !
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Aie aie aie… un message écologique moralisateur, rien de tel pour me faire fuir !
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Ok, autant le savoir à l’avance ! Je n’aime pas trop les messages moralisateurs, ou alors, il faut qu’ils soient bien faits.
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