Je suis innocent – Thomas Fecchio

Je suis innocent – Thomas Fecchio

Un premier roman et un coup d’essai réussi qui nous réserve de belles surprises.

Nous sommes dans une bonne enquête policière avec des flics, un juge et un criminel récidiviste.

Un meurtrier accusé à tort va mener l’enquête pour prouver son innocence, avouez que ce n’est pas banal comme histoire. Tout l’accable, il est le suspect idéal pour les flics, juge, médias et opinion publique.  Seul un jeune policier, Germain, croit en son innocence.

Une construction originale qui ne cesse de nous balader, une intrigue simple mais portée à merveille par les deux personnages principaux. Boyer, le criminel violeur récidiviste et Germain, le jeune policier assez naïf qui mène sa première grosse enquête.

Nous pénétrons profondément dans la tête du meurtrier et nous suivons pas à pas son enquête, menée avec toute la force, la violence et la rage qui l’habite.  Certaines scènes sont d’ailleurs assez hard. L’auteur dynamise son récit en alternant sans cesse les points de vue, des flics, de la justice et du criminel.

Une fin en demi teinte qui nous interroge sur la Justice et le système.

Au final, hormis quelques petites longueurs, répétitions et détails inutiles (n’oublions pas que c’est un premier roman), une très belle découverte.

Thomas Fecchio, c’est de la graine de talent… à suivre assurément !

Je remercie chaleureusement l’auteur pour sa confiance.

4ème Couverture

Six heures du matin. Des hommes armés déboulent dans la chambre de Jean Boyer. Dans un état de semi-conscience, le quinquagénaire a le temps d’apercevoir leurs brassards siglés « police ». Mauvais signe, surtout pour lui, ex-taulard relâché après trente ans passés derrière les barreaux. Ses crimes ? Meurtre et viols à répétition. Ce jour-là, c’est le capitaine Germain qui lui passe les menottes. Le cadavre de Marianne Locart, une étudiante originaire de Soissons, a été retrouvé enterré près du domicile du suspect, un bras sortant de terre. La première victime de Boyer avait subi le même sort. Pour la Justice, pour les médias et pour les politiques, le récidiviste devient le suspect idéal. Pourtant, Germain doute de la culpabilité de l’interpellé qui ne cesse de répéter « Je suis innocent ». Mais l’engrenage est enclenché. À ce stade, Boyer n’a plus qu une solution pour s’en sortir : débusquer le meurtrier de Marianne.

Editeur: Ravet-Anceau, 304 pages, date sortie: 2 février 2017

Tu tueras l’ange – Sandrone Dazieri

Tu tueras l’ange – Sandrone Dazieri

Après l’excellentissime « Tu tueras le père », Sandrone Dazieri récidive et confirme son immense talent avec ce deuxième opus mettant en scène le duo atypique Colomba/Dante.  Quel plaisir de les retrouver !  Colomba, la femme flic, forte mais écorchée par la vie, gérant difficilement la hiérarchie et ses troubles post-traumatiques.  Et Dante, le clairvoyant, personnage complexe et attachant, kidnappé par le Père durant son enfance, traumatisé, parano, se soignant (ou plutôt se droguant) en avalant d’énormes quantités de médocs.

L’histoire démarre fort, très fort… Un train entre en gare de Rome, tous les passagers de la classe affaire sont morts.  Colomba est appelée sur les lieux, l’attentat est revendiqué par Daesch, mais Colomba n’y croit pas.  Elle contacte Dante pour l’aider à y voir clair.  Ils vont mettre les pieds dans une terrible histoire de folie, de manipulation et de vengeance sur fond de complot.  Ils découvrent une série de carnages et une tueuse en série Giltiné, l’ange lituanien des morts.

L’intrigue est magnifiquement construite, elle nous captive de bout en bout, sans temps mort ni répit (si ce n’est une petite baisse de régime au milieu) et nous entraîne dans une vraie course contre la montre rythmée par de nombreux rebondissements.  L’auteur envoie du lourd, il nous fait voyager du présent au passé et nous balade sur de nombreuses fausses pistes, en passant par l’Italie, Venise, l’Allemagne et la Russie.

J’ai beaucoup aimé, sans avoir le même choc qu’à la lecture de « Tu tueras le père ».

Le livre se termine sur un cliffhanger de dingue, quelle torture !   L’attente sera longue, vivement le troisième.

Un excellent moment de lecture et un page turner diabolique qu’il faut absolument lire.

Mais lisez d’abord le premier opus pour apprécier pleinement le deuxième, beaucoup de références y sont faites, ce serait dommage de passer à côté.

4ème Couverture

La mort rôde, aussi belle que fatale. Serez-vous sa prochaine victime ?
Lorsque le TGV Milan-Rome arrive à quai, la police fait une macabre découverte : tous les passagers de la classe affaires sont morts.
Si les premiers indices orientent l’enquête vers un attentat, la commissaire adjointe Colomba Caselli, muscles d’acier et âme fragile, a de sérieux doutes. Pour elle, seul Dante Torre, l' » Homme du Silo « , est capable d’y voir clair dans ce brouillard de mensonges et de fausses pistes. Très vite, ils découvrent que ce massacre n’est que l’énième épisode d’une longue série de carnages, sur laquelle plane l’ombre d’une mystérieuse figure féminine. Elle ne laisse aucune trace, juste un nom : Giltiné, l’ange lituanien des morts.
Après le succès de Tu tueras le père, une nouvelle enquête de Colomba Caselli et Dante Torre.

Editeur: Robert Laffont (coll. La Bête Noire), 608 pages, date sortie: 18 mai 2017

Money shot – Christa Faust

Money shot – Christa Faust

Un roman noir dans le monde du porno.  L’envers du décor du monde des films X.

Un sujet peu exploité, écrit par une femme qui connait bien le milieu, elle a travaillé pendant dix ans dans le monde du peep-show et du X.

Angel Dare, ex star du porno, rangée des affaires, dirige aujourd’hui sa propre agence de mannequins de luxe.    Sam Hamer, un réalisateur X avec lequel elle a tourné lui téléphone et demande son aide. Elle doit tourner une scène avec un acteur sexy qui la réclame et ne veut personne d’autre.  Excitée par l’idée d’un comme back, elle accepte de le dépanner. Dès son arrivée, elle tombe dans un guet-apens, orchestré par un réseau de trafic sexuel d’Europe de l’est, elle est torturée, ligotée et abandonnée dans le coffre d’une voiture.  Elle s’échappe et contacte Molly, le garde du corps de son agence.  Ensemble, ils vont assouvir sa vengeance… elle sera terrible et parsemée de nombreux cadavres.

Ce n’est pas le roman du siècle mais une vraie bonne Série b qui se lit très vite.  Une sacrée héroïne intelligente, tenace, qui n’a pas froid aux yeux.  Un ton décalé, punchy, bourré d’humour et d’énergie.  On se marre beaucoup, c’est jamais vulgaire, il y a du rythme, de l’action, des poursuites, des bastons.  J’ai retrouvé le même humour que dans Todd Robinson.

Amis puritains, prudes, pudiques ou trop sérieux, passez votre chemin.  Les autres, ne boudez pas votre plaisir !

Je remercie chaleureusement les éditions Gallmeister pour leur confiance.

4ème Couverture

Je m’appelle Gina Moretti, mais vous me connaissez probablement mieux sous le nom d’Angel Dare. Vous en faites pas, je n’en parlerai à personne. J’ai tourné mon premier film X à l’âge de vingt ans, même si à l’époque, j’avais menti devant la caméra et prétendu en avoir dix-huit. Mais contrairement à bon nombre de filles avec lesquelles j’ai bossé, j’ai été assez maligne pour raccrocher. Le problème, c’est qu’à l’instar d’un catcheur ou d’un voleur de bijoux, je me suis laissé tenter par un retour. Je n’avais aucune idée que j’allais finir coincée dans un coffre de bagnole.

Editeur: Gallmeister (coll. Neo Noir), 240 pages, date sortie: 2 juin 2016

Bilan lecture juillet 2017

Bilan lecture juillet 2017

11 livres lus en ce mois de juillet, soit 3819 pages

L’heure du bilan a sonné.  Juillet … le mois des découvertes, des coups de coeur et des excellents premiers romans. Mon âme de serial lectrice a reçu sa dose  d’émotions intenses.  Merci à tous les auteurs de m’offrir de tels moments de jubilation !

J’ai voyagé aux quatre coins de la planète avec l’époustouflant Projet Anastasis et l’étonnant La dernière licorne.  J’ai aimé me perdre dans les brumes de Parme avec le très beau La pension de la via Saffi.  J’ai avancé sur de fausses pistes en cherchant les indices dans un premier roman coup de maître Trop de morts au pays des merveilles.  J’ai été émue aux larmes en terminant le sublime Pour que rien ne s’efface.  J’ai guetté l’apparition des gros yeux jaunes entortillée dans mes draps avec le génial La nuit n’est jamais complète.  J’ai été un « chouïa » déçue par Ne dis rien à papa.  J’ai découvert un auteur belge avec un très bon premier polar Un siècle de mensonges.  J’ai tremblé, j’ai eu froid dans le dos avec L’impossible définition du mal.  J’ai enfin lu (il était temps) Elena Piacentini avec son excellent Comme de longs échos.  Je me suis amusée avec  Money Shot.  

Je vous souhaite à toutes et tous d’excellentes lectures… Lisez, lisez, lisez… cela rend heureux !

Voici la liste, en détails (cliquez sur les titres pour accéder directement aux chroniques)

Projet Anastasis – Jacques Vandroux

La pension de la via Saffi – Valerio Varesi

Trop de morts au pays des merveilles – Morgan Audic

Pour que rien ne s’efface – Catherine Locandro

La dernière licorne – Tobby Rolland

La nuit n’est jamais complète – Niko Tackian

Un siècle de mensonges – Jean-Louis Aerts

Ne dis rien à papa – François-Xavier Dillard

L’impossible définition du mal – Maud Tabachnik

Comme des longs échosElena Piacentini > la chronique pour la sortie 24/08

Money ShootChrista Faust > la chronique arrive

Ne dis rien à papa – François-Xavier Dillard

Ne dis rien à papa – François-Xavier Dillard

Un thriller psychologique assez glaçant.

Une histoire de famille, d’instinct maternel, de folie, une horrible tragédie, un secret inavouable, un trauma du passé qui vous poursuit.

Le roman de François-Xavier Dillard est magnifiquement construit, comme un labyrinthe dans lequel le lecteur s’enfonce en se demandant s’il va trouver la sortie.

Beaucoup de flash back, des tiroirs qui s’ouvrent et se referment.  Les chapitres courts s’enchaînent très vite, mélangeant plusieurs histoires sans lien apparent, j’ai aimé être complètement perdue et déroutée, entrain de tourner frénétiquement les pages pour tenter de percer le secret.

C’est noir, glauque, malsain, on sent l’horreur poindre le bout de son nez, la tension monte crescendo et l’auteur nous balade jusqu’à la moitié de son livre, jouissif !  Il sème beaucoup d’indices, un peu trop, dommage car j’ai deviné la suite dans les grandes lignes.  J’ai continué ma lecture avec beaucoup de plaisir en espérant m’être trompée.  J’ai attendu une grosse claque pour le final mais elle n’est pas venue.

Un bon thriller psychologique très addictif et si vous ne devinez pas la suite, je vous garantis le « bluff » total.

Je remercie chaleureusement les éditions Belfond pour leur confiance.

4ème Couverture

L’instinct maternel est l’arme la plus puissante au monde. Surtout quand on la retourne contre ses propres enfants.
Quatre jours et quatre nuits se sont écoulés avant que la police ne retrouve la victime dans cette ferme isolée. Quatre jours et quatre nuits de cauchemars, de douleurs et de souffrances, peuplés de cris et de visons imaginaires en face de ce jardin dans lequel elle a été enterrée vivante.

Sur un autre continent, loin de cet enfer, Fanny vit avec son mari et leurs jumeaux Victor et Arno. Leur existence bien réglée serait parfaite si elle ne percevait pas, au travers des affrontements qui éclatent sans cesse entre ses enfants, chez l’un, une propension à la mélancolie et, chez l’autre un véritable penchant pour le mal. Chaque jour elle se dit qu’elle ne pourra plus supporter une nouvelle crise de violence, ces cris qui la replongent au cœur d’images qu’elle voudrait tant oublier… À n’importe quel prix…

Et lorsqu’un nouveau voisin s’installe dans la grande maison, elle souhaite offrir le portrait d’une famille parfaite. Mais chaque famille a son secret et le sien est le plus terrible qui puisse exister.

Editeur: Belfond, 320 pages, sortie: 15 juin 2017

L’impossible définition du mal – Maud Tabachnik

L’impossible définition du mal – Maud Tabachnik

Quand la réalité dépasse la fiction !

Maud Tabachnik frappe fort avec son dernier roman, elle nous emmène en Russie sur les traces du plus grand tueur en série cannibale du 20è siècle, surnommé « l’ogre de Rostov ».

La Russie ne voulait pas admettre l’existence de tueurs en série sur son territoire.  12 ans de folie meurtrière !  jusqu’à son arrestation en 1992, ce monstre a tué, mutilé et dévoré 52 personnes. Un criminel sauvage, intelligent, marié, père de deux enfants, membre du parti communiste, il jouissait d’une impunité de notable bien inséré dans la société, connaissant le maire et la police, insoupçonnable à tous niveaux.

L’auteure nous entraîne dans la folie du meurtrier, nous pénétrons dans sa tête, nous explorons ses sensations.  Un tueur sociopathe, atroce, sans émotions, sans empathie, sans conscience du bien et du mal, un pervers absolu sans humanité.

Maud Tabachnik s’interroge et nous pose la question: qu’est ce que le Mal et comment un homme ‘normal’ bascule et prend tout à coup du plaisir à tuer ?  Sa plume acérée au ton assez froid nous permet de prendre une juste distance et le recul nécessaire pour aller au bout du récit sans mouvements intempestifs de l’estomac.

Un commissaire têtu et très motivé  traquera le tueur et n’arrêtera pas avant de le capturer, on suivra la passionnante enquête sans pouvoir la lâcher.  Les lecteurs qui attendent un polar haletant seront déroutés car il n’y a pas de véritable suspense, on connaît d’emblée le tueur et les victimes.

L’histoire est avant tout un vecteur pour parler de la Russie contemporaine entre Eltsine et Poutine.  En toile de fond, sont dénoncés l’antisémitisme, la guerre en Tchétchénie, les attentats, la vie politique, les dirigeants, la grande corruption, les mafias, l’ignoble trafic des femmes et la prostitution.

Un roman sombre, un roman noir, un grand roman qui donne froid dans le dos.

A lire sans modération !

Je remercie chaleureusement les éditions De Borée pour leur confiance.

4ème Couverture

Viktor Braunstein, commissaire principal à la Direction des recherches criminelles, est dégradé pour avoir voulu faire le ménage dans la bureaucratie moscovite. Sanction immédiate : il est envoyé en tant qu’adjoint au commissariat numéro 1 de Rostov-sur-le-Don. Braunstein commence juste à prendre ses marques dans ce nouvel environnement et découvrir les moeurs de la province, quand l’actualité criminelle le rattrape… Une jeune femme, Hélène Koskas, est retrouvée morte au milieu des bois. Si son identité et son histoire ne font guère de mystères ― elle devait venir gonfler le nombre des femmes slaves sur les trottoirs des capitales européennes ―, c’est son corps, mutilé, qui interpelle. Suivant le mode opératoire de l’assassinat, tout laisse à penser que ce crime porte la signature du tueur cannibale, un dangereux spree killer en cavale depuis plus de dix ans. Si le meurtrier le plus recherché de Russie est dans la région, il n’y a aucune raison pour qu’il ne récidive pas dans les jours prochains. L’enquête commence… Un récit sombre au plus profond de la Russie d’aujourd’hui : une nation qui se cherche entre la postérité des tsars, un mythe soviétique décadent et le pouvoir actuel conservateur et autoritaire.

Editeur: De Borée (coll. Marge Noire), 327 pages, sortie: 13 avril 2017

Un siècle de mensonges – Jean-Louis Aerts

Un siècle de mensonges – Jean-Louis Aerts

Une très belle découverte !

Un premier roman d’un « jeune » auteur belge, professeur de français-latin depuis 25 ans.

Un polar ambitieux et très original sous forme de récit de vie.

Marylou, une jeune journaliste belge, est engagée par Dantiedov, un riche vieillard américain pour écrire sa biographie.  Le contrat est si juteux qu’elle ne peut refuser.

Dantiedov est manipulateur, machiavélique, odieux, il tire toutes les ficelles à sa guise.  Marylou reçoit les informations au compte goutte, sous forme d’énigmes à résoudre.  C’est un véritable puzzle qu’elle devra reconstituer.  Mais pourquoi a t elle été choisie ?

Ses recherches la feront voyager à New York, à Syracuse en passant par Bruxelles et Redu (village belge du livre) l’obligeant à remonter le siècle jusqu’en 1907.  Au fil du récit, Marylou sera également amenée à s’interroger sur ses origines dont elle sait très peu de choses.  Une enquête plus complexe qu’il n’y parait, Jean-Louis Aerts a eu la brillante idée de mêler des évènements historiques qui ont jalonné le siècle à son histoire…  passionnant !

Marylou tente par tous les moyens de dénouer les fils d’une pelote fort emmêlée, va t elle y arriver ?  Les surprises, les mensonges, les révélations s’enchaînent à un rythme soutenu, difficile de lâcher l’histoire en cours de route.  La plume est fluide, assez addictive, non dénuée d’humour.

Au final, quelques maladresses d’un premier roman et un seul petit bémol, j’aurais aimé que les personnages soient un peu plus fouillés.

Une lecture que je vous recommande vivement et un auteur que je suivrai de près.

Je remercie chaleureusement les éditions 180° pour leur confiance.

4ème Couverture

Jeune journaliste de trente-trois ans, Marylou est engagée par un richissime vieillard américain pour écrire sa biographie. Le contrat à peine signé, elle se rend compte qu’elle se fait manipuler. Trop tard, le piège se referme inexorablement sur elle. Le compte à rebours est déclenché : il lui reste moins de deux ans pour comprendre les enjeux dont elle est l’objet. Débute alors un véritable bras de fer entre deux êtres que tout semble opposer.
De New York à Syracuse, en passant par Bruxelles, Marylou sera forcée de remonter le passé jusqu’en 1907 et d’ouvrir la boîte de Pandore.
L’auteur nous livre un roman captivant dès la première page, dans lequel il distille, au fil de trente-cinq chapitres, les pièces d’un puzzle qu’on prend plaisir à reconstituer.

Editeur: 180°, 384 pages, sortie Belgique et Suisse: mai 2016, sortie prévue en France: 2018.  Le livre est téléchargeable sur toutes les plates-formes.

I

La nuit n’est jamais complète – Niko Tackian

La nuit n’est jamais complète – Niko Tackian

Coup de coeur !

Après avoir lu Toxique,  j’avais envie de découvrir au plus vite les autres romans de Niko Tackian et je ne regrette pas le voyage.

Si je devais résumer La nuit n’est jamais complète en sept mots, je dirais: Déstabilisant, Captivant, Hypnotisant, Envoûtant, Suffocant, Eblouissant, Angoissant.

Je l’ai lu d’une traite, durant une nuit d’orage, entortillée dans mes draps, en immersion totale, entrain de guetter l’apparition des gros yeux jaunes dans ma chambre.  Jouissance absolue !

Une citation d’Elisabeth Kübler-Ross au début d’un polar, étrange ou paradoxal me direz-vous. Comme le titre faisant référence au poème de Paul Eluard.  J’ai aimé d’emblée.

La nuit n’est jamais complète est un huis clos oppressant dans l’immensité du désert, c’est vraiment pas banal.  Dès les premières pages, l’auteur nous happe dans sa toile et nous enferme dans un cauchemar pour jouer avec nos peurs et distiller une angoisse qui ne nous lâchera pas.  Aucun moment de répit n’est offert dans ce suspense intense.   Nous oscillons à la frontière entre fantastique et réalité dans un mystère s’épaississant au fil des pages.

Niko Tackian nous fait ressentir comme personne cette ambiance suffocante et lourde tant son écriture est précise et visuelle, j’ai eu l’impression de regarder un film tout en lisant.  Une histoire impossible à raconter,  juste une expérience très forte à vivre.

Pas un seul instant, on arrive à deviner où l’auteur va nous emmener.  Il nous balade dans un voyage initiatique au coeur de nos peurs, quand nos nuits sont peuplées de cauchemars.  Une ode à la vie.  La vie côtoie la mort ou est-ce l’inverse ?  Et au milieu de tout ça, une très belle relation entre Jimmy le père et sa fille Arielle, fort touchant.

Le final, ah le final… tellement imprévisible avec une grosse dose d’émotions, scotchée comme après un terrible choc frontal.  J’ai adoré !

Niko Tackian a vraiment un énorme talent.

4ème Couverture

La route à perte de vue au milieu d’un désert de rocaille. Arielle et Jimmy parcourent le bitume au volant de leur vieille Ford. Mais quand le père et la fille tombent sur un barrage de police et sont obligés de passer la nuit sur place, tout dérape… Ils se réveillent seuls, abandonnés, naufragés de l’asphalte.  A quelques kilomètres de là, deux immenses tours métalliques se dressent, cadavres rongés par la rouille et le temps. Quelques maisons en tôle froissée se serrent pour se protéger du vent. Cette ancienne mine sera leur refuge. Ou leur pire cauchemar…
Mais ce voyage au cœur des ténèbres est-il vraiment un hasard ?

Editeur: Pocket, 256 pages, sortie: 13 avril 2017 – éditions Scrineo, sortie 3 mars 2016

La dernière licorne – Tobby Rolland

La dernière licorne – Tobby Rolland

L’auteur nous prévient: tout est vrai dans ce roman, excepté le Parlement mondial des religions.

Tout à la fois thriller ésotérique, roman d’aventures et chasse au trésor. Nous voyageons aux quatre coins de la planète, à la poursuite d’un secret, à la recherche de l’arche de Noé… Et si ce n’était pas une fable ?

Quand la religion, l’histoire biblique, la science, les mythes côtoient la géopolitique, l’archéologie, l’ethnologie, cela donne un roman ambitieux, érudit, extrêmement documenté et très divertissant.

Tobby Rolland a l’imagination bien fertile, il nous embarque dès les premières pages dans une histoire palpitante,  une intrigue assez étonnante, pleine de mystères, de rebondissements et de révélations surprenantes.

Les chapitres sont très courts, 4 ou 5 pages, tout s’enchaîne à un rythme effréné. C’est nerveux, trépidant, addictif.  Le suspense est savamment distillé, même si l’histoire s’essouffle quelque peu dans le dernier quart et n’échappe pas à certaines longueurs.

Quelques petits bémols qui ne m’ont nullement gênée, n’oublions pas que c’est un premier roman ! Trop de heureux hasards, de petits miracles pour nos héros qui s’en sortent toujours en dernière minute, quelques passages légèrement  académiques, des personnages un peu trop caricaturaux avec des méchants très méchants et des gentils trop gentils, la relation stéréotypée entre Cécile, la glaciologue et Zak, l’Indiana Jones aventurier et un dénouement quelque peu prévisible.

Chapeau bas pour ce très bon premier roman, un excellent moment de lecture pour les amateurs du genre !

Tobby Rolland est le nom de plume d’un haut fonctionnaire en poste dans plusieurs ambassades d’Asie centrale et spécialiste des questions diplomatiques, linguistiques et religieuses.

Je remercie chaleureusement les éditions Presses de la Cité pour leur confiance.

4ème Couverture

Un thriller ambitieux au rythme effréné. Une intrigue historique diaboliquement séduisante qui embarque le lecteur dans une course folle, de Bordeaux à Erevan en passant par le Vatican et Hong Kong, à la poursuite d’un secret qui n’est rien de moins que celui de l’humanité tout entière.
Turquie, marché d’Igdir. Aman, la fillette kurde dont la famille est gardienne millénaire du mystère de l’Ararat, n’aurait pas dû accepter cette licorne en bois… Elle savait que c’était interdit.
Melbourne, Parlement mondial des religions. Un rapport secret est alarmant : les glaces du mont Ararat fondent inexorablement. « L’anomalie d’Ararat « , cette forme détectée au cœur du glacier, est-elle  » la  » preuve que l’arche de Noé s’y est échouée comme le racontent la Torah, la Bible et le Coran ?
Arménie, Etchmiadzine. Quatorze mercenaires font irruption dans la cathédrale pour s’emparer d’une relique inestimable : un fragment de l’arche. Leur but : ne laisser aucun témoin. C’est le déclenchement d’une vague de meurtres aux quatre coins du monde.
Vatican, enfer de la Bibliothèque apostolique. Zak Ikabi, ethnologue et aven¬turier, a moins de trois minutes pour photographier l’original du sulfureux Livre d’Enoch. Quel secret, dont dépend l’avenir de toutes les religions, relie les mythes de l’arche, du Déluge et des licornes ?
Université de Toulouse-Le Mirail, laboratoire du DIRS. La glaciologue Cécile Serval se trouve nez à nez avec Zak, venu lui dérober son rapport secret. C’est le début d’une course qui nous emporte de l’Arménie au Vatican, du Nakhitchevan à Hong Kong… Pour s’achever sur les flancs de l’Ararat…
Là où la vérité dépasse l’imagination.

Editeur: Presses de la cité, 594 pages, date sortie:  24 mai 2017

Pour que rien ne s’efface – Catherine Locandro

Pour que rien ne s’efface – Catherine Locandro

Un magnifique roman choral tout en émotions.

L’histoire débute comme un polar, une femme de 65 ans est retrouvée morte et décomposée dans la solitude d’une chambre de bonne à Paris.  Qui était Lila Beaulieu ?

Douze personnes qui l’ont connue ou croisée rembobinent leurs souvenirs et racontent tour à tour, par petites touches, la vie de Lila Beaulieu.

Une vie faite de solitude,  de peurs, de silences, de fêlures, de blessures, de drames.  Une vie lourde du poids du passé et de ses culpabilités.  Une vie dessinée avec des rêves, des espoirs, des choix, des rencontres, des ruptures.

Et, se faufile LA grande question : que faisons-nous de nos vies ?

C’est tragique et terriblement humain…. Beau, touchant, tout en nuances… Noir et lumineux… D’une justesse et d’une finesse incroyable.

La plume de Catherine Locandro est remarquable de sensibilité et de délicatesse.

Un coup de coeur pour ce sublime portrait de femme.

Je remercie chaleureusement les éditions Héloïse d’Ormesson pour leur confiance.

4ème Couverture

Comme un film que l’on rembobine, cette histoire commence par la fin. Une banale levée de corps par l’équipe des pompes funèbres, celui d’une femme de 65 ans retrouvée dans un studio parisien, entre des magazines, photos éparses et cadavres de bouteilles. Triste spectacle de l’ultime solitude. Pourtant la défunte est loin d’être une inconnue. Elle fut une icône du cinéma. Un rôle qui changea sa vie, et précipita sa chute. Quelle sombre histoire se cache derrière ce destin tragique ?

Editeur: Héloïse d’Ormesson, 205 pages, date sortie: 12 janvier 2017