Chimaeris – Eric Tourville

Chimaeris – Eric Tourville

 Coup de maître… coup de coeur !!!

A découvrir de toute urgence !

Une maîtrise impressionnante pour un premier roman.

Chimaeris est un thriller remarquable et très original, qui n’a rien à envier aux plus grands maîtres du genre. Je l’ai avalé en un jour et demi, happée par une intensité de lecture et une histoire addictive impossible à lâcher.

Cela débute comme un thriller classique. Une maison abandonnée en pleine forêt du Vermont… quatre cadavres de petites filles brûlées au phosphore… sur la porte un pentagramme.  Sorcellerie ?  Occultisme ? Les médias se déchaînent, la police locale débute les investigations, rejointe très vite par le FBI.  Je ne vous en dirai pas plus sous peine de gâcher votre plaisir de lecture.

Si l’enquête démarre normalement et s’oriente d’abord vers les milieux pédophiles, l’auteur nous emmène vite aux portes des sciences occultes, aux confins de la galaxie et de la métaphysique.  Eric Tourville est docteur en biologie moléculaire, il nous emporte loin, nous retourne complètement le cerveau en mêlant son imagination très fertile à son érudition scientifique ou l’inverse.

L’intrigue est complexe, passionnante, captivante, le suspense ne faiblit pas un seul instant jusqu’à l’extraordinaire final (WTF !), les apartés scientifiques sont bien dosés et ne perdent jamais le lecteur.  J’ai ressenti ma lecture et cette atmosphère glauque dans toutes mes cellules, j’ai eu peur, j’ai vibré, j’ai vacillé, perdu pied, mon coeur a joué les montagnes russes, je ne vous parle même pas de mon taux d’adrénaline, ni de mes tripes qui se sont nouées plus d’une fois.

Eric Tourville nous englue jusqu’au cou dans son univers si particulier par la force de son écriture tellement  visuelle, j’ai eu l’impression de regarder un film tout en lisant (je vois déjà poindre l’adaptation cinéma), d’être immergée dans X Files ou Stephen King.

Un livre qui bouscule nos certitudes.  Un livre qui nous interpelle, nous perturbe et nous dérange.
J’ai froid dans le dos…  Cette réalité, c’est pour demain ou aujourd’hui ?
Ce livre est une bombe qui va faire beaucoup de bruit dans les prochaines semaines, tenez vous prêts.
Embarquez, vous ne regretterez pas le voyage.
Eric Tourville, un nouvel auteur bourré de talent, à suivre absolument.

Je remercie vivement les éditions Slatkine & Cie de dénicher de telles pépites.  Une mention spéciale pour cette magnifique couverture qui attire le regard et suscite l’envie d’ouvrir le livre.  Je les remercie également pour leur confiance renouvelée.

4ème Couverture

« La première chose qu’il vit, ce fut le symbole en rouge au-dessus de la porte d’entrée. Une étoile à cinq branches dans un cercle dont le lieutenant ignorait la signification. L’impression angoissante d’être devant les portes de l’Enfer. »
Burlington, Vermont. Le lieutenant Frémont s’apprête à passer une journée comme les autres dans sa petite bourgade de province, lorsque son téléphone sonne.
L’histoire s’ouvre de manière assez classique, comme un excellent thriller, dans le Vermont, pas très loin de Salem : une maison abandonnée, quatre cadavres de petites filles détruits au phosphore, un des corps qui manque, la poursuite qui commence… mais, insensiblement, l’auteur entraîne le lecteur bien au-delà du genre, dans une fiction qui tutoie la métaphysique.

Editeur: Slatkine & Cie, 509 pages, date sortie: 22 février 2018

Oublier nos promesses – Elsa Roch

Oublier nos promesses – Elsa Roch

Quel plaisir de retrouver le commissaire Marsac dans le deuxième opus d’Elsa Roch.

J’ai tellement aimé Ce qui se dit la nuit, polar rural à l’atmosphère envoûtante, c’est avec une certaine appréhension que j’ai ouvert Oublier nos promesses.  La magie allait elle opérer à nouveau ?

Changement complet de décor, Elsa Roch ose un virage à 180° pour nous transporter au coeur des bas fonds parisiens dans un polar noir, très noir et urbain.

Une plongée en enfer dans la violence, la folie et les pires dérives de l’âme humaine.

Emma Loury, jeune journaliste qui défendait la cause des femmes, est retrouvée sauvagement assassinée chez elle.  Son compagnon, Jérôme Pieaud, un militaire de retour d’Afghanistan, en proie au stress post traumatique (SPT) prend la fuite et recherche l’assassin de sa compagne.  Marsac, de retour au 36 à Paris, toujours tiraillé par ses démons va mener l’enquête envers et contre tout.  Qui a tué Emma ?  Son amant qui a fui ? La mafia qu’elle combattait ?  Une véritable chasse à l’homme va s’engager.

Au delà de cette course poursuite, deux thèmes d’actualité sont mis en lumière: les violences faites aux femmes à travers l’abominable trafic des femmes des pays de l’est et le syndrome du stress post traumatique dont on parle très peu en France.

Comme dans son premier roman, la magnifique plume de l’auteure, fine, précise, empreinte d’une rare poésie excelle à nous plonger dans une atmosphère noire et sombre, un univers violent et cruel.
Elsa Roch possède un don et une sensibilité toute particulière pour décortiquer l’âme humaine (on sent bien la psychanalyste qui se cache sous l’auteure, c’est tout bonheur pour le lecteur).
Elle aime ses personnages, les fouille, les cisèle dans les moindres détails… des personnages profonds, d’une grande humanité, aux prises avec leurs démons et leurs failles.

Un cri du coeur, un cri d’amour, une promesse que je n’oublierai pas.

Ne passez pas à côté du grand talent d’Elsa Roch.  Pour ceux qui ne la connaissent pas, Ce qui se dit la nuit vient de sortir en poche.

Je remercie chaleureusement les éditions Calmann-Lévy et Elsa Roch pour leur confiance

4ème Couverture

Emma Loury aimait les causes perdues et dangereuses. Emma vient d’être découverte, sauvagement assassinée, dans son appartement du IVe arrondissement. Son amant, un officier français de retour d’Afghanistan, s’est enfui. Le coupable idéal.

Le commissaire Marsac se plonge dans cette enquête avec rage : de l’avis de tous, Emma était une personnalité solaire et une excellente journaliste indépendante, qui se battait pour les femmes et contre la traite des êtres humains. Marsac se demande si la vraie raison de sa mort ne serait pas là. Mais alors pourquoi son compagnon a-t-il fui ?

Jérôme a fui parce qu’Emma était toute sa vie, son dernier lien avec ce monde qu’il ne comprend plus. Il a fui parce qu’il est malade, plongé dans un syndrome post-traumatique, flirtant avec la folie. Il veut massacrer l’assassin comme Emma a été massacrée.

S’engage alors une double chasse à l’homme dans un Paris insoupçonné, en proie aux trafiquants. Jérôme combat le mal par le mal et Marsac par la loi. Qui retrouvera le meurtrier d’Emma ?

Editeur: Calmann-Lévy, 352 pages, date sortie: 7 février 2018

Il est toujours minuit quelque part – Cedric Lalaury

Il est toujours minuit quelque part – Cedric Lalaury

La phrase d’accroche en couverture ne ment pas, on est vite happé par l’histoire addictive.

Un thriller psychologique surprenant, sous ses airs légers il aborde les thèmes de la culpabilité, du mensonge et de la paranoïa.

Quand une erreur de jeunesse ressurgit, quand les démons du passé et les secrets nous rattrapent et font complètement basculer notre existence bien rangée.

L’histoire est intrigante et mystérieuse, le style est fluide, les rebondissements distillés au compte goutte nous tiennent en haleine, on tourne les pages très vite pour connaître le dénouement.

Hélas, le dernier quart est trop prévisible et s’enlise, j’ai vite compris et la fin me laisse une impression étrange et très perplexe, comme si l’auteur avait voulu en finir trop vite en précipitant les choses. Dommage !

Un premier roman qui a reçu le Prix Kobo Writing Life et un bon moment de lecture dans l’ensemble.

Je remercie chaleureusement les éditions Préludes pour leur confiance.

4ème Couverture

Bill Herrington est un homme heureux. La cinquantaine approchant, mari et père comblé, il occupe un poste de professeur de littérature dans une prestigieuse université américaine. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes… jusqu’au jour où il trouve dans son casier l’exemplaire d’un roman à sensation publié par un mystérieux inconnu : Richard Philip Kirkpatrick. Pas de quoi chambouler Bill.
À un détail près : ce roman raconte une histoire vraie. Celle d’un crime dont Bill était persuadé que personne n’avait jamais eu connaissance. Sur une île qu’il aurait voulu oublier pour toujours.
Ce livre envahit bientôt l’existence de Bill et contamine tout autour de lui. Sa vie paisible et confortable, ainsi que son équilibre psychologique, vont vite menacer de voler en éclats sous l’effet dévastateur de ce roman vengeur qui a réveillé tous les fantômes du passé.

Editeur: Préludes, 352 pages, date sortie: 7 février 2018

Le cheptel – Céline Denjean

Le cheptel – Céline Denjean

Je vais vous avouer un secret…

Une grande histoire d’amour est née entre Céline Denjean et moi, et j’ai comme l’impression qu’elle va durer longtemps.
Je l’ai découverte l’an dernier.  Au détour d’une flânerie en librairie, j’ai acheté Voulez-vous tuer avec moi ce soir, une belle surprise et un premier roman très prometteur.
Je me suis jetée immédiatement sur La fille de kali et là …comment vous dire ?  Un énorme coup de coeur. Un saut quantique entre les deux romans. Une seule certitude s’imposait à moi: j’allais suivre Céline de très près.

C’est avec une certaine peur au ventre que j’ai entamé Le cheptel.
Et si j’étais déçue ?  Et si la magie n’opérait plus ?

Je ne vous parlerai pas beaucoup de l’histoire sous peine de trop en dévoiler. Trois intrigues qui s’entremêlent, se télescopent et finissent par se rejoindre.  Louis Barthes, un vieux notaire, découvre son acte de décès dans les papiers de son père.  Il serait mort bébé. ll entame des recherches pour remonter son histoire.  Une jeune femme, bizarrement accoutrée, est retrouvée assassinée et mutilée en Lozère. Elle a fait l’objet d’une chasse à l’homme. Un jeune garçon de 13 ans tombe dans un torrent lors d’une randonnée.  Il s’en sort, cherche de l’aide et tombe dans une étrange communauté vivant hors du temps.

Je vous conseille vivement de lire d’abord La fille de kali car nous retrouvons certains protagonistes et la capitaine Eloïse Bouquet.

Avant d’entamer Le cheptel, prévoyez 48 heures de libre, casez les gosses, le chien, l’amoureux, mettez vous aux abonnés absents, pensez à boire et manger de temps à autre.  Et accrochez vous !
Il y a un petit temps que je n’ai lu un thriller aussi addictif.  Un thriller électrique qui vibre à 200 000 volts où les chapitres se déroulent à un rythme infernal.  La construction vertigineuse aux multiples ramifications nous tient sous pression constante.  650 pages qui se lisent toutes seules, sans temps mort, sans une seconde d’ennui, un sacré tour de force !

Le chelptel est un thriller diabolique, hors norme qui aborde les thèmes des sectes et de la manipulation des masses, de la filiation et la fidélité au clan familial, de la vengeance, du devoir de mémoire, des pans oubliés de l’histoire.

Une fois de plus les femmes ont la part belle, qu’elles soient flics, gourous ou tueuses, les personnages féminins sont d’une force incroyable.

La plume est belle, de plus en plus belle, le style fluide et soigné.

L’auteure sème beaucoup d’indices, vers la moitié du récit, très fière de ma perspicacité, j’ai cru deviner quelque chose. Et zut, j’ai été complètement bluffée. Céline Denjean balade son lecteur sur de fausses pistes, elle est passée maître dans l’art de la tromperie.
L’intrigue est originale et alambiquée, une imagination sans limite pour un scénario en béton armé.  Les rebondissements se multiplient, le suspense s’intensifie, cela devient carrément haletant, difficile de lâcher l’histoire jusqu’à l’époustouflant final.

Un vrai bonheur de lecture, un MUST à découvrir de toute urgence.
Du grand art, une totale réussite !  C’est pour lire de telles pépites que je suis serial lectrice.

Céline Denjean a un talent fou, elle a frappé très fort et est entrée à grands pas dans la cour des toutes grandes dames du polar.  Vous n’avez pas fini d’en entendre parler.

LE CHEPTEL …  il faut le lire un point c’est tout ! (et en parler autour de vous !)

Je remercie chaleureusement Céline Denjean et les éditions Marabout pour leur confiance.

4ème Couverture

Le corps d’une jeune femme est retrouvé en Lozère. Au regard des éléments qu’ils détiennent, les enquêteurs de la SR de Nîmes se forgent rapidement un avis : elle a fait l’objet d’une chasse à l’homme… Pour le capitaine Merlot, d’Interpol, les conclusions médico-légales placent cette victime dans une longue série. Les gendarmes nîmois vont alors apprendre à leur grande stupéfaction, qu’Interpol tente depuis vingt-cinq ans de démanteler un réseau de trafic d’êtres humains. Louis Barthes, notaire à la retraite, est à la recherche de sa soeur jumelle dont il ignorait l’existence. Ses démarches vont a peu à peu le faire remonter jusqu’à une poignée d’orphelins juifs dont la fuite vers l’Espagne s’est arrêtée dans les Pyrénées… Jeune adolescent de 13 ans, surdoué, Bruno passe des vacances dans les Pyrénées quand il tombe dans un dangereux torrent et est emporté par les flots. Il parvient miraculeusement à s’extirper des eaux tumultueuses, et cherchant de l’aide, découvre une communauté vivant hors temps et hors réalité dirigée par une grande prêtresse qui se fait appeler Virinaë. Trois fils que Céline Denjean tisse ensemble dans un suspens et une tension exceptionnels, et surtout avec sa remarquable maîtrise du récit révélée dans ses précédents romans.

Editeur: Marabout, 656 pages, date sortie: 17 janvier 2018

Quelque part entre le bien et le mal – Christophe Molmy

Quelque part entre le bien et le mal – Christophe Molmy

Je découvre Christophe Molmy avec son deuxième roman, n’ayant pas lu le premier « Les loups blessés ».

Ca démarre fort, très fort, l’auteur nous happe dès la première page avec une scène de braquage d’un réalisme à couper le souffle.

Nous allons suivre deux enquêtes en parallèle, sans lien apparent entre elles.  Deux enquêtes qui s’entrecroisent pour finir par se rejoindre.

D’un côté, des braquages et des petits malfrats bien organisés qui préparent un gros coup.  Les flics enquêtent, les traquent et espèrent un flag.

De l’autre, des suicides de jeunes filles.  Une toute jeune enquêtrice relève des similitudes et des liens entre les différentes scènes de suicide.  Elle pense avoir découvert un tueur en série et alerte sa hiérarchie.  La PJ s’en mêle et nous voilà plongé en direct au coeur de l’enquête, comme si on y était, dans ses différentes étapes et protocoles.

L’auteur est directeur de la BRI (la Brigade antigang), il sait de quoi il parle et cela transparaît fortement dans son récit d’un réalisme frappant dans les moindres descriptions et détails.

Les personnages sont fouillés, crédibles,  attachants, d’une grande finesse psychologique.
Les chapitres courts alternent les points de vue des flics, des truands et du tueur en série, nous suivons ses pulsions profondes de meurtres. Le suspense soumet nos nerfs à rude épreuve, la construction est parfaitement maîtrisée et nous tient en haleine jusqu’au final saisissant.

Brut, puissant et terriblement humain !

Je remercie chaleureusement l’agence Anne & Arnaud et les éditions de la La Martinière pour leur confiance.

4ème Couverture

Coline a toujours rêvé d’intégrer la PJ. Mais elle n’a ni l’allure ni l’audace qu’on prête aux grands flics parisiens. Et puis… c’est une femme. Elle végète dans son commissariat de banlieue, jusqu’au jour où le suicide d’une jeune femme la met sur la piste d’un tueur en série.
De son côté, Philippe, vieux routier du 36 quai des Orfèvres, se débat avec une prise d’otage et des braqueurs manouches qu’il rêve de saisir en flagrant délit. Se peut-il que ces affaires soient liées ? Et jusqu’où chacun ira-t-il pour sauver sa peau. Ou risquer la sienne ?

Dans les rues de Paris se croisent flics, avocats, voyous et victimes. Au milieu de tout ce monde, le chien noir veille. Celui qui patiente, tapis en chacun de nous. Le maître de nos pulsions. Et qui n’attend qu’un bruit infime, un geste, pour se réveiller et nous emporter dans sa furie.

Editeur: La Martinière, 352 pages, date de sortie: 18 janvier 2018

Bilan lecture – janvier 2018

Bilan lecture – janvier 2018

7 livres lus, soit 3155 pages.

Ouille, un petit mois lecture, c’est que je suis un peu (beaucoup) débordée ces derniers temps et j’ai du mal à trouver du temps… mais je garde le rythme et la passion.  De très belles découvertes et des retrouvailles plus qu’attendues, l’année 2018 commence fort !

Mes lectures de janvier en résumé et comme d’habitude, vous trouverez les chroniques entières ci-dessous.

UNE COLONNE DE FEU – KEN FOLLET
27 ans après Les piliers de la terre, 10 ans après Un monde sans fin, Ken Follet nous revient en très grande forme avec le troisième tome de sa monumentale saga.  Un vrai bonheur de lecture ! Une fresque époustouflante, un fascinant roman historique, une mécanique bien huilée.

LA DISPARUE DE LA CABINE N°10 – RUTH WARE
L’ombre d’Agathe Christie plane sur ce thriller psychologique. Un agréable moment de lecture et un bon divertissement. Mais, une impression de déjà lu, des retournements de situations qui lorgnent un peu trop vers Mary Higgins Clark et un dénouement quelque peu prévisible, tiré par les cheveux ne m’ont pas totalement convaincue.

CIRQUE MORT – Gilles Sebhan
L’auteur nous offre un polar étrange et singulier, à la limite du fantastique.  C’est angoissant, oppressant, glaçant jusqu’au malaise. L’auteur nous perturbe en nous questionnant sur la mort et les frontières entre normalité et folie.  Une expérience de lecture déstabilisante et une très belle découverte.

FANTAZMË – NIKO TACKIAN
Deuxième opus pour l’inspecteur Tomar Khan, il nous revient dans un polar noir, urbain et inscrit dans l’actualité post attentats. Niko Tackian nous percute de plein fouet et nous balance une vraie claque.
Toxique était une révélation, Fantazmë est la confirmation d’un grand talent.  Niko Tackian est devenu un incontournable sur la scène du polar.

IRREVOCABLE – ANDREAS PFLUGER
D’un côté, Jenny, une femme flic, membre d’une unité d’élite, qui a perdu la vue lors d’une intervention.  Une héroïne très charismatique, peu ordinaire, adepte des arts martiaux.  De l’autre, Holm, un méchant, plutôt abominable, qui tue sans pitié.  Il est responsable de la cécité de Jenny. Au milieu, une prise d’otage et des enfants qu’il faut sauver au plus vite. Si vous aimez les héroïnes au caractère bien trempé et les bons films d’action…. allez y les yeux fermés.  Une belle découverte à condition d’oublier la première partie !

7/13 – JACQUES SAUSSEY
Dans cet opus, son dixième roman, Jacques Saussey nous  surprend une fois de plus en nous livrant une intrigue brillante, orchestrée au millimètre près, un puzzle surprenant dont les pièces s’emboitent à merveille. Une double enquête passionnante, mêlant présent et passé. Un polar dur et noir, un polar engagé, à lire absolument !

QUELQUE PART ENTRE LE BIEN ET LE MAL – CHRISTOPHE MOMY
Deux enquêtes, l’une sur des braquages, l’autre sur un tueur en série. Les deux vont finir par se rejoindre.  Entre le réalisme de la série Engrenages et l’humanité de Vargas.

Je vous souhaite à toutes et tous d’excellentes lectures…
Soyez fous et déraisonnables, achetez des livres, beaucoup de livres, prêtez les, empruntez les, peu importe,
mais lisez, lisez, lisez… cela rend heureux !

Cliquez sur les titres pour accéder directement aux chroniques

Une colonne de feu- Ken Follet

La disparue de la cabine N°10 – Ruth Ware

Cirque mort – Gilles Sebhan

Fantazmë – Niko Tackian

Irrévocable – Andreas Pflüger

7/13 – Jacques Saussey

Quelque part entre le bien et le mal – Christophe Molmy : ma chronique arrive

7/13 – Jacques Saussey

7/13 – Jacques Saussey

J’ai beaucoup aimé …

Je l’ai déjà écrit, je vais me répéter mais ce n’est pas grave !
Jacques Saussey est un grand monsieur du polar.  Son précédent roman Ne prononcez jamais leurs noms avait été un énorme coup de coeur, il nous avait offert une pépite du genre en hissant la barre très haut (son meilleur roman, à mon humble avis, si vous ne l’avez pas lu, précipitez vous, il vient de sortir en poche)

Dans cet opus au titre énigmatique, son dixième roman, Jacques Saussey nous  surprend une fois de plus en nous livrant une intrigue brillante, orchestrée au millimètre près, un puzzle surprenant dont les pièces s’emboitent à merveille tout au long du récit. Une double enquête passionnante, mêlant présent et passé.

Nous retrouvons avec plaisir Daniel Magne et Lisa Heslin, ceux qui ont lu Ne prononcez jamais leurs noms savent qu’ils n’ont pas été épargnés, Lisa se reconstruit psychologiquement mais le chemin est très long.

Le livre démarre en force avec le meurtre abominable d’une femme, elle est retrouvée sans tête, sans mains et sans papiers dans une villa dont les propriétaires sont absents. L’enquête s’annonce plus que difficile.

Ensuite, nous remontons le temps jusqu’en 1944.  Un officier américain essaie de rejoindre la France depuis l’Angleterre.  Il va traverser la Manche en avion malgré une météo exécrable, c’est une question de vie ou de mort. L’avion se serait écrasé et l’officier aurait disparu, c’est la théorie qui ressort de nombreux documents depuis septante ans.  Est ce vrai ? Et qui est cet officier important ?  Pourquoi son histoire est elle liée aux meurtres d’aujourd’hui ?
Le mystère reste entier et je vous mets au défi de deviner quoi que ce soit avant les toutes dernières pages du roman.

L’intrigue au présent est loin d’être linéaire, les meurtres sordides se multiplient pendant que l’enquête complexe et dense lorgne vers les faits d’actualité dramatiques, la pollution en Baie de Somme et les migrants.
L’alternance entre passé et présent crée un rythme addictif et nous maintient en haleine jusqu’à la toute fin.

Le travail historique effectué par l’auteur est tout simplement grandiose et la construction magistrale est parfaite.
Une des grandes forces de l’auteur, ce sont ses personnages qu’on retrouve avec bonheur. Des personnages plein d’humanité et d’épaisseur, qui se dévoilent de plus en plus à travers leurs fêlures.

Un polar noir, sombre et dur, un polar engagé.
Un polar à lire absolument !

Je remercie chaleureusement les éditions du Toucan pour leur confiance.

4ème Couverture

Hiver 2015. Durant l’absence prolongée des propriétaires, une villa de la banlieue parisienne est le théâtre d’un crime atroce. Lorsqu’il arrive sur les lieux, le capitaine Magne découvre avec effroi que le corps n’est plus reconnaissable. Pas de vêtements, pas de papiers : l’identification s’annonce compliquée. Décembre 1944. Londres. Un officier américain scrute avec inquiétude le brouillard qui plombe le ciel de l’Angleterre. Il projette de traverser la Manche au plus vite pour rejoindre la France où il doit préparer l’arrivée prochaine de ses hommes. Le mauvais temps s’éternise mais bientôt, une proposition inattendue va faire basculer son destin. Soixante-dix ans plus tard, elle confrontera les enquêteurs du quai des Orfèvres à l’un des mystères les plus stupéfiants qu’ils aient jamais rencontrés.

Editeur: Toucan (coll. Touc. Noir), 464 pages, date sortie: 10 janvier 2018

Irrévocable – Andreas Pflüger

Irrévocable – Andreas Pflüger

La 4ème de couverture me titille très fort, tous les ingrédients me plaisent et laissent présager un beau coup de coeur !

D’un côté, Jenny une femme flic, membre d’une unité d’élite, qui a perdu la vue lors d’une intervention.  Une héroïne très charismatique, peu ordinaire, presque surhumaine.  Elle est hyper entrainée, possède des capacités hors du commun, c’est une tireuse exceptionnelle malgré sa cécité, adepte des arts martiaux et de la philosophie guerrière des samouraïs.  Spécialisée aujourd’hui dans les interrogatoires délicats et difficiles.

De l’autre, Holm, un méchant, plutôt abominable, qui tue sans pitié.  Il est responsable de la cécité de Jenny.

Au milieu, une prise d’otage et des enfants qu’il faut sauver au plus vite.

J’avoue avoir eu du mal à entrer dans l’histoire. La première partie est longue, confuse, compliquée, pleine de flash back incompréhensibles, on ne comprend pas bien où l’auteur veut nous emmener avec une surenchère de détails.  C’est simple, j’étais sur le point d’abandonner ma lecture quand le puzzle s’est mis en place.

La deuxième partie est nerveuse et file à toute vitesse, entremêlant passé et présent. Accrochez vous !
Des rebondissements, des fusillades, des courses poursuites, des cadavres… beaucoup de cadavres, des explosions.
Un suspense qui monte crescendo, un rythme haletant, une intrigue complexe, de l’action à revendre, au détriment de la psychologie.  L’auteur est scénariste, son écriture efficace et très visuelle nous projette dans un bon film de série b.

Une belle découverte à condition d’oublier la première partie !

Si vous aimez les héroïnes au caractère bien trempé et les bons films d’action…. allez y les yeux fermés.

Je remercie chaleureusement les éditions Fleuve pour leur confiance.

4ème Couverture

Barcelone, il y a cinq ans : une opération tourne au cauchemar. Ce jour-là, Jenny Aaron, membre d’une unité très spéciale de la police allemande, perd tout : son amour, son honneur, sa vue. Elle survit grâce à ses autres sens et à la philosophie des samouraïs. Les arts martiaux constituent un de ses atouts majeurs, en dépit de sa cécité.
Mais les interventions à haut risque sont désormais remplacées par les interrogatoires les plus délicats. Écouter les silences, comprendre les non-dits, est devenu sa nouvelle spécialité. Un coup de fil de Berlin va pourtant propulser Jenny au sein de son ancienne équipe qu’elle pensait ne plus jamais revoir.
Un détenu de la prison de la capitale se déclare prêt à parler à condition que ce soit elle qui mène l’interrogatoire. Malgré ses réticences, la spécialiste accepte.
À peine entend-elle la voix de l’homme, que Jenny comprend : l’accident qui lui a coûté la vue n’était que le prologue. Dans les prochaines trente-six heures va se jouer sa vie…

Editeur: Fleuve noir, 544 pages, date sortie: 11 janvier 2018

Fantazmë – Niko Tackian

Fantazmë – Niko Tackian

A lire de toute urgence !
Totale réussite !

Deuxième opus pour l’inspecteur Tomar Khan, il nous revient dans un polar noir, urbain et inscrit dans l’actualité post attentats.

Niko Tackian nous percute de plein fouet et nous balance une vraie claque.

Fantazmë peut se lire indépendamment de Toxique (la première enquête de Tomar Khan) mais franchement, si vous ne l’avez pas lu, je vous conseille de vous ruer d’abord sur cette pépite qui vient de sortir au format poche.

Nous retrouvons le commandant Khan et son groupe. Les personnages ont pris de l’étoffe, un beau supplément d’âme et d’humanité.  Tomar Khan, un flic borderline, toujours hanté et torturé par son passé et ses cauchemars. Il va traquer un impitoyable tueur albanais dans les bas fonds de Paris, Fantazmë « spectre en Albanais » est redouté par tous les milieux, mieux vaut ne pas croiser sa route.

La vengeance et les règlements de compte sont au coeur de Fantazmë et l’enquête très complexe abordera la mafia albanaise, la prostitution et l’exploitation des femmes, la drogue, les flux migratoires et les réfugiés.

Un polar violent, dur, shooté à la testostérone.

Une maîtrise impressionnante de la construction,  c’est très original et les chapitres courts donnent un rythme d’enfer, ça va vite, très vite… Aucun temps mort dans ce roman puissant et une tension qui monte crescendo jusqu’à nous nouer les tripes.  N’espérez pas poser votre lecture en cours de route, c’est mission impossible. Le récit est porté par une écriture ultra efficace, très cinématographique, l’auteur est scénariste pour la TV et la BD, ne l’oublions pas.

Toxique était une révélation, Fantazmë est la confirmation d’un grand talent.
Niko Tackian est devenu un incontournable sur la scène du polar.

Quoi, vous hésitez encore ?  Foncez, c’est excellent !

Je remercie chaleureusement les éditions Calmann-Lévy pour leur confiance.

4ème Couverture

Janvier 2017. Dans une cave du XVIIIe arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’affaire qui restera en suspens des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux
a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable,
un Fantazmë, un « spectre » en albanais, qui s’en prend à la pègre.
Avec cette enquête troublante, Tomar Khan plonge dans des zones d’ombre
où s’affronteront inévitablement son devoir de policier et ses sentiments d’être humain.

Editeur: Calmann-Lévy, 300 pages, date sortie: 3 janvier 2018

Cirque mort – Gilles Sebhan

Cirque mort – Gilles Sebhan

Le premier roman noir de Gilles Sebhan, auteur de plusieurs romans autobiographiques et de deux essais consacrés à Tony Duvert.

Un drame survient dans une petite ville calme,  tous les animaux d’un cirque sont massacrés à la hache. Deux jeunes garçons disparaissent, les mois passent et l’enquête piétine. Disparition ? Assassinat ? Puis Théo, le fils du lieutenant Dapper, disparait à son tour.

Dans la région, un hôpital accueille des adolescents très perturbés, il est dirigé par un psychiatre-gourou très bizarre. Ilyas, un adolescent aux visions étranges semble savoir beaucoup de choses sur la disparition de Théo.  Dapper va mener l’enquête, il s’écartera de la loi et du cadre légal, il est prêt à tout pour retrouver son fils.  Je ne vous en dirai pas plus sous peine de trahir le roman.

Gilles Sebhan nous offre un polar étrange et singulier, à la limite du fantastique.  C’est angoissant, oppressant, glaçant jusqu’au malaise.

 L’auteur nous perturbe en nous questionnant sur la mort et les frontières entre normalité et folie.

Sa plume est fine, subtile, ciselée, chaque mot, chaque phrase trouve sa juste place.

Le suspense est présent jusqu’à la dernière page de ce livre très court qui se lit d’une traite.

Lancez vous dans cette expérience de lecture déstabilisante !

Je remercie chaleureusement les éditions du Rouerge pour cette très belle découverte.

4ème Couverture

Est-ce que Théo est avec toi ? Pour le lieutenant Dapper, le malheur a commencé avec ces mots-là, ce jeudi noir où sa femme l’a appelé parce que leur fils n’était pas rentré à la maison, après la classe. Il enquêtait alors sur la disparition de deux garçons. Peu de temps avant, un événement avait horrifié les habitants de la petite ville : tous les animaux d’un cirque installé pour Noël avaient été décimés à la hache. Depuis que Théo n’est pas rentré, depuis tout un hiver, Dapper, dessaisi de l’enquête, ne parvient pas à se résigner. Parce qu’un enfant disparu n’est jamais un enfant mort. Alors, puisqu’il n’a rien d’autre, il décide de suivre la piste que lui offre une lettre anonyme. Elle mène au centre hospitalier où sont accueillis de jeunes psychotiques. Dans ce lieu étrange, un adolescent, Ilyas, prétend avoir été l’ami de Théo. Dapper reprend espoir, puis comprend qu’il ne savait pas tout de son fils. Et comment en parler à sa femme, dire : J’ai rencontré un garçon qui a des visions et j’ai foi en lui ? Dans ce roman singulier et oppressant, Gilles Sebhan nous emporte sur les pas d’un homme dont peu à peu l’enveloppe se déchire. Dapper est prêt à tout pour retrouver son enfant, y compris à ne plus incarner la raison et la loi comme il a accepté de le faire quinze ans durant.

Editeur: Rouergue (coll. Rouergue noir), 147 pages, date sortie: 3 janvier 2018