L’appel du néant – Maxime Chattam

L’appel du néant – Maxime Chattam

Le troisième opus très attendu d’une trilogie sur les méandres du Mal.  Les deux premiers « La conjuration primitive » et « La patience du diable » sont ultra efficaces, glaçants et explorent à merveille la noirceur de l’âme humaine. Gros coup de coeur !

J’ai donc commencé ma lecture toute excitée à l’idée de retrouver l’esprit noir et retors du grand maître Chattam.

Un thriller ancré (un peu trop) dans l’actualité brûlante des attentats islamistes. Deux intrigues pour un roman en deux parties. Nous retrouvons Ludivine Vancker, de la section de recherches, sur les traces d’un violeur-tueur en série. Une première partie noire et addictive, pleine de suspense et  de tension. Tout commence merveilleusement bien, je suis happée dès les premières pages.

Dans la seconde partie, nous effectuons un virage à 360° pour basculer à 100% dans le terrorisme, la radicalisation, le djihad, les cellules terroristes en France, les services secrets.
La DGSI intervient pour enquêter sur un personnage appelé « Djin », la tête d’un réseau terroriste.

Bien évidemment les deux enquêtes vont se mêler et se rejoindre avec des grosses ficelles, des énormes ficelles.

Maxime Chattam a effectué un travail considérable de documentation pour nous livrer des informations très précises sur le sujet, TROP ! Nous sommes à la limite du documentaire par moment et cela nuit beaucoup au suspense.  Une deuxième partie en demi-teinte, très politiquement correcte, trop prévisible et manichéenne.

Au final, j’émettrai un avis mitigé, chaud et froid. Un bon thriller dans l’ensemble mais la sauce n’a pas trop pris pour moi dans la deuxième partie.  Peut être est-ce le sujet trop sensible ? l’auteur est parti là où je ne l’attendais pas. Ou mon attente trop grande ? Ou ma déception de ne pas avoir retrouvé le Maxime Chattam génial et percutant de « La conjuration primitive » ? Celui qui me donne des sueurs froides et me tient éveillée une grande partie de la nuit.

Je remercie chaleureusement les éditions Albin Michel pour leur confiance.

4ème Couverture

Tueur en série… Traque infernale. Médecine légale. Services secrets. … Terrorisme. La victoire du Mal est-elle inéluctable ? Ce thriller va détruire vos nuits et hanter vos jours.

Editeur: Albin Michel, 516 pages, date sortie: 8 novembre 2017

Enfants de la meute – Jérémy Bouquin

Enfants de la meute – Jérémy Bouquin

Un polar noir et punchy !

Les cités, les trafiquants, la drogue, la guerre des gangs.  Le grand parrain Joe est en prison, attendant son évasion prévue aujourd’hui.  Il demande à Garry de mettre son fils Yannis à l’abri le temps que les choses se calment, il le reverra plus tard.
Garry est en route pour le Jura, vers la cabane de son grand père. Personne ne le retrouvera au fin fond de la nature, du moins le pense-t-il. Nous assistons aux retrouvailles avec le grand père, un personnage haut en couleurs, un vieux drogué, alcoolo, un peu cinglé sur les bords, qui a tout largué pour vivre au calme, en ermite au fond des bois dans une cabane pourrie.  Une relation quasi immédiate se crée entre Yannis et le pappy.

Le livre bascule dans la deuxième partie. Garry est repéré grâce à son téléphone, il sera traqué comme une bête sauvage.  Son chasseur n’a qu’une mission: récupérer Yannis. L’orage éclate, la tempête se déchaîne.  Garry court entre les trombes d’eau et de grêle qui s’abattent sur la forêt, on n’y voit plus rien, c’est l’enfer.

Ca va vite, de plus en plus vite, ça pulse de tous côtés dans un déferlement de violence et de sauvagerie.  Le suspense ne faiblit pas un seul instant. Il faut dire que le méchant est très méchant et ne lâche pas sa proie.  Un roman nerveux, sous tension extrême à l’ambiance apocalyptique et peuplé de personnages durs et amoraux.

On ressort essoufflé et exténué de cette lecture.

Un roman qui vous réservera de belles surprises. J’émets juste un petit bémol: le choix de l’auteur de nous proposer un roman si court, un peu trop court à mon goût.

Je remercie chaleureusement les éditions du Rouergue pour leur confiance.

4ème Couverture

Garry a roulé toute une journée pour arriver à La Meute, ce village dans le Jura, terre d’enfance où il n’a pas mis les pieds depuis plus de seize ans mais où il est venu chercher un refuge, où il pense que personne ne pourra le trouver. Avec lui il y a un gamin, un Yannis de huit ans qui n’est pas le sien. Avec lui il y la rumeur du quartier qu’il capte de moins en moins bien, à mesure qu’il s’enfonce dans la forêt, essayant de reconnaître les sentiers, débordé par les souvenirs. Et finalement il le retrouve, le chemin de la cabane, là où vit toujours le Vieux, avec son fusil et son chien. Est-ce que c’était une bonne idée, de revenir au début, de prendre le risque d’être rattrapé par le passé?

Editeur: Rouerge, 176 pages, date sortie: 1 novembre 2017

L’affaire Jane De Boy – Simone Gélin

L’affaire Jane De Boy – Simone Gélin

Et s’il n’en restait qu’un…

J’avoue, mea culpa, que je ne connaissais pas Simone Gélin avant de la rencontrer au festival Toulouse polars du sud, où elle a d’ailleurs reçu le prestigieux Prix de l’embouchure.  Rentrée à Bruxelles avec son livre en main, je n’ai pas tardé à le lire, toute excitée à l’idée de le découvrir.
Et maintenant… me voilà bien embêtée pour vous en parler, je sais que mes mots ne seront pas à la hauteur de mon ressenti.

(Une petite parenthèse « coup de gueule » pour toutes les personnes (c’est à dire la majorité !) qui ont parlé de ce livre en spoilant l’histoire et pas qu’un peu, non 100% spoil !!! C’est de l’inconscience, je m’en tiendrai à ça pour rester polie. De grâce, ne lisez donc pas les chroniques avant d’ouvrir ce roman.  Je referme la parenthèse.)

Un très beau roman qui nous plonge dans de tristes évènements d’un passé pas si lointain et gardé sous silence.  D’un côté, les années cinquante en Espagne, les horreurs méconnues et taboues du régime franquiste. Abril nous les raconte sous forme de journal.  De l’autre, en 1960 à Bordeaux, le quartier Saint Michel ‘la petite espagne’ et le bassin d’Arcachon. Un couple d’immigrés espagnols s’y est installé et mène une vie tranquille.  Leur petite fille de trois ans disparait sur la plage en face de chez elle, à quelques mètres de sa mère.   Le commissaire Lasserre mène l’enquête avec son ami Hippolyte, un vrai casse tête, l’enquête piétine de fausses pistes en fausses pistes et se complexifie au fil des jours.

Simone Gélin nous immerge complètement dans l’ambiance de cette époque.  Les deux histoires s’imbriquent et alternent au fil d’un récit dynamique pour finir par se rejoindre dans un final bouleversant, chargé d’intenses émotions.

Un remarquable polar noir, un roman historique, un documentaire. Et surtout un roman résolument féminin, l’auteure porte un regard bienveillant sur ces tragiques évènements. Une belle ode au courage de milliers de femmes et deux magnifiques portraits de femmes.

Une intrigue solide et passionnante que j’ai eu du mal à lâcher tant j’avais envie d’en connaître le dénouement et pourtant j’ai ralenti, j’ai posé ma lecture plusieurs fois pour apprécier la profondeur de cette histoire.

L’affaire Jane De Boy est un roman si ‘particulier’ et Simone Gélin, une auteure bourrée de talent.  J’ai aimé sa sensibilité à fleur de peau, sa douceur, sa délicatesse, sa subtilité, sa puissance.  J’ai aimé ses contrastes, sa noirceur et sa lumière. J’ai aimé sa plume magnifique, d’une beauté poétique et musicale, la construction de ses phrases, les respirations entre les mots.

J’ai tourné la dernière page envahie d’émotions, la gorge nouée, le coeur serré, les larmes au bord des yeux, Simone Gélin m’a touchée au delà de tout, son roman me hantera longtemps. Je la remercie de tout coeur.

Coup de coeur pour ce sublime roman.  A lire absolument !

 

4ème Couverture

En 1960, dans le village de Jane de Boy, une petite fille de 3 ans disparaît sur la plage. Enlèvement ? Crime politique, passionnel, crapuleux ? Qu’est venu faire en France ce jeune couple d’Espagnols, Felix et Justina ? Que sait Sarah, la voisine, prostituée du samedi soir ? Le commissaire Lasserre s’interroge, aidé par son vieux camarade Hippolyte. L’enquête se déroule à Bordeaux, dans l’ambiance du mythique hôtel de police de Castéja, au coeur du quartier Saint-Michel, dans les ruelles de la petite Espagne, au marché des Capus… Et se corse aux bassins à flot.

Editeur: Vents Salés, 420 pages, date sortie: 13 mai 2016

 

Hyenae – Gilles Vincent

Hyenae – Gilles Vincent

UN COUP DE COEUR !!!
(plutôt un coup en plein coeur).

Et dire que j’ai failli passer à côté de cette pépite !  Ce livre me titille depuis deux ans, allez savoir pourquoi je ne l’ai pas lu.  J’ai rencontré l’auteur il y a un mois, au festival Toulouse polars sud, j’ai immédiatement craqué et je ne le regrette pas.

Hyenae est un thriller noir de noir, qui nous met au supplice et joue méchamment avec nos nerfs.  N’essayez pas de chercher une lueur d’espoir, un rai de lumière dans cette histoire, vous n’en trouverez pas.

Une enquête sordide et complexe sur des disparitions d’enfants.  Nous sommes au coeur de la perversité humaine dans son horreur la plus absolue.  J’ai adoré les personnages réalistes, typés, avec un gros coup de coeur pour le duo très attachant, la commissaire Aïcha au caractère plus que trempé et Sébastien Touraine, un ancien flic devenu détective.

Amateurs de sensations fortes, ce thriller est pour vous.  Les âmes sensibles, passez vite votre chemin.
C’est musclé, dur, violent, sordide, ça cogne fort, ça saigne. Hyenae se lit d’une traite avec la gorge serrée du début à la fin, le rythme est effréné,  impossible de lâcher l’histoire en route.

Une écriture sèche, percutante, un style direct, nerveux.  Une rare intensité de lecture, la tension monte progressivement jusqu’au final insoutenable qui vous laisse K.O. et groggy pour un moment.

Gilles Vincent, c’est un concentré de talent à l’état pur.  Un uppercut à lire absolument !

Hyenae comporte une suite directe « Parjures » que je vais m’empresser de lire. Pour les curieux qui veulent faire connaissance avec la commissaire Aïcha et Sébastien Touraine, vous les retrouvez dans le premier opus de la trilogie « Djebel » (qui se lit indépendamment au niveau de l’intrigue)

4ème Couverture

Hyenae : dans les quartiers, les campagnes, aux abords des écoles, des fêtes foraines, des prédateurs rôdent, chassent et emportent nos enfants. Quatre ans que Camille a disparu. À la sortie de l’école, elle est montée dans une camionnette blanche, et puis plus rien. Quatre ans sans nouvelles, sans demande de rançon, sans la moindre piste. Et brusquement, une vidéo surgie de nulle part. Depuis quatre ans, Sébastien Touraine, détective privé, s’est coupé du monde. Depuis que cette gamine a été enlevée à Marseille. Depuis qu’il sait qu’elle n’est pas la seule… Pour aider la commissaire Aïcha Sadia, sa compagne, il va devoir replonger dans une enquête aux confins du supportable. Et pour débusquer le chasseur dont il est devenu la proie, plus d’autre choix que de jouer sa vie et celle des autres… Machiavélique est le maître mot de ce thriller ! « Gilles Vincent éclabousse le lecteur d’une myriade d’émotions fortes… » La Cause Littéraire

Editeur: Jigal, 216 pages, date sortie 16 février 2015 (sortie en poche Jigal, mai 2016)

L’essence du mal – Luca d’Andrea

L’essence du mal – Luca d’Andrea

Un premier roman à découvrir de toute urgence !

Jeremiah, un jeune réalisateur de documentaire, quitte New York pour s’installer à Siedenhoch, petit village du Tyrol d’où sa femme est originaire.  Un premier drame survient et touche Jeremiah (non, je ne vous dirai rien).  Traumatisé, souffrant de terribles cauchemars, il remonte doucement la pente quand il entend parler du massacre de Bletterbach. Un triple horrible homicide qui s’est déroulé il y a 30 ans, trois jeunes gens assassinés dans la forêt.  L’affaire n’a jamais été résolue, les habitants ne veulent pas en parler, comme s’ils cachaient tous quelque chose. Pour sortir de son traumatisme et se sentir vivant à nouveau, Jeremiah se lance éperdument dans la quête de la vérité, envers et contre tout.

Luca d’Andrea nous immerge complètement dans ce petit village d’apparence tranquille, il nous fait ressentir l’ambiance oppressante de ce huis clos, les légendes, les mythes, la méfiance des villageois envers les étrangers.  Un roman qui nous happe complètement pour jouer avec nos peurs et nos angoisses profondes.

Luca d’Andréa nous raconte l’obsession d’un homme à découvrir la vérité, une obsession plus forte que tout.  Tout le monde lui conseille d’arrêter ses recherches, y compris son épouse.  Mais en dépit de l’hostilité croissante, Jeremiah s’obstine à creuser dans le passé et à remuer les drames anciens.  Il doit aller jusqu’au bout, il doit savoir, c’est plus fort que lui, au risque de perdre sa famille et même sa vie.
Va t il découvrir la terrifiante vérité et la malédiction qui pèse sur le village ?

La montagne est un protagoniste important dans le roman, les paysages hostiles, les sentiers escarpés, les canyons,  les crevasses, les forêts enneigées, les grottes préhistoriques où sommeillerait un monstre, brrr tout ça donne froid dans le dos.

L’auteur a une maîtrise absolue du récit. Le suspense ne faiblit pas un seul instant, nous avançons avec Jeremiah d’une fausse piste à l’autre, nous  ressentons son obstination, son découragement, nous tremblons, nous avons peur avec lui.  Nous sommes aussi sous le charme de sa fille Clara, une gamine pétillante et attachante et de son beau père Werner, un personnage d’une force incroyable.

Le rythme est enlevé et addictif, j’ai avalé les 464 pages en deux jours. L’écriture est très visuelle, le style est fluide et le ton assez unique.

Un premier roman impressionnant, une balade montagnarde à couper le souffle, un voyage terrifiant qui vous hantera.  Allez y, n’ayez pas peur, c’est excellent !

Je remercie chaleureusement les éditions Denoël pour leur confiance.

 

4ème Couverture

En 1985, dans les montagnes hostiles du Tyrol du Sud, trois jeunes gens sont retrouvés morts dans la forêt de Bletterbach. Ils ont été littéralement broyés pendant une tempête, leurs corps tellement mutilés que la police n’a pu déterminer à l’époque si le massacre était l’oeuvre d’un humain ou d’un animal. Cette forêt est depuis la nuit des temps le théâtre de terribles histoires, transmises de génération en génération. Trente ans plus tard, Jeremiah Salinger, réalisateur américain de documentaires marié à une femme de la région, entend parler de ce drame et décide de partir à la recherche de la vérité. A Siebenhoch, petite ville des Dolomites où le couple s’est installé, les habitants font tout – parfois de manière menaçante – pour qu’il renonce à son enquête. Comme si, à Bletterbach, une force meurtrière qu’on pensait disparue s’était réveillée.

Editeur: Denoël, 464 pages, date sortie: 26 octobre 2017

Bilan lecture octobre 2017

Bilan lecture octobre 2017

9 livres lus, soit un total de 3793 pages

Ceux qui ne lisent pas ont beaucoup de mal à comprendre mon addiction incurable à la lecture.
La curiosité, l’excitation à l’idée de découvrir de nouvelles histoires, de nouveaux auteurs.  Le sentiment d’évasion, la jubilation intense de vivre ces émotions fortes que nous procurent les romans.
Un incroyable voyage dont je ne me lasserai jamais, les paysages changent sans cesse.

Ce mois d’octobre a commencé fort avec Le dernier hyver de Fabrice Papillon, une lecture plus que réjouissante et un coup de maître pour un premier thriller historique.  Ensuite, je suis passée à côté de Ne fais confiance à personne (et pourtant j’aime Paul Cleave), j’y ai laissé quelques neurones en route.  J’ai enchaîné avec On la trouvait plutôt jolie, un Michel Bussi mineur, en demi teinte. L’ouragan Islanova des Camuhug a soufflé très fort,  un livre qui déchire, un énorme coup de coeur.
Les retrouvailles tant attendues avec Fabio M. Mitchelli -le maître es serial killer- et Le tueur au miroir ont été à la hauteur de mes attentes.
Deux premiers romans, deux magnifiques découvertes que je vous invite à lire La face cachée de Ruth Malone d’Emma Flint et Les chiens de Détroit de Jérôme Loubry .
La fin du mois s’approche mais octobre me réserve encore de bien belles surprises.
Candiland de Jax Miller, je comprends mieux l’engouement pour son premier roman Les infâmes. Une énorme claque et une plume d’une force inouïe !  J’ai terminé le mois avec un premier roman étonnant et addictif L’essence du mal de Luca d’Andrea, ma chronique arrive.

Je vous souhaite à toutes et tous d’excellentes lectures… Lisez, lisez, lisez… cela rend heureux !

Voici la liste, en détails (cliquez sur les titres pour accéder directement aux chroniques)

Le dernier hyver – Fabrice Papillon

Ne fais confiance à personne – Paul Cleave

On la trouvait plutôt jolie – Michel Bussi

Islanova – Jérôme Camut et Nathalie Hug

Le tueur au miroir – Fabio M. Mitchelli

La face cachée de Ruth Malone – Emma Flint

Les chiens de Détroit – Jérôme Loubry

Candyland – Jax Miller

L’essence du mal – Luca d’Andrea (ma chronique arrive)

 

Candyland – Jax Miller

Candyland – Jax Miller

Coup de coeur pour un roman coup de poing !

Une sérieuse claque pour ce voyage au bout de l’enfer…

Je comprends l’engouement et les prix reçus par le premier roman de Jax Miller « Les infâmes » (toujours dans ma PAL).

Bienvenue dans l’Amérique profonde, l’Amérique moribonde, celle de ceux qui sont du mauvais côté de la barrière, une plongée dérangeante dans l’envers du décor.

Dès le premier chapitre, j’ai été happée et je suis restée accrochée jusqu’au dernier.  Jax Miller est une virtuose, elle m’a englué complètement dans son univers sombre et brutal et m’a noué les tripes plus d’une fois.  On ne sort pas intact de cette lecture, l’auteur n’y va pas avec le dos de la cuillère et ne nous épargne rien, attendez vous à être ébranlé par des émotions fortes.

Candyland tient plus du roman noir que du thriller. Un roman de contrastes entre noirceur et lueur, violence et douceur, désespoir et rédemption,  pureté et souillure et le résultat est grandiose.

L’intrigue est magnifiquement construite entre présent et passé et aborde les thèmes de la famille, la vengeance, la communauté Amish, la religion, les rêves perdus, la marginalité, la rédemption…

J’ai aimé ce roman pour ses protagonistes. Des personnages forts, aux multiples fêlures, d’une rare épaisseur, fouillés dans les détails, des personnages qui trainent de sérieuses casseroles. Et pour l’écriture, Jax Miller a une plume unique, d’une force inouïe et un style incroyable.

Ames sensibles s’abstenir, à éviter aussi en cas de moral bas.  Pour les autres, à lire d’urgence !

Je remercie les éditions Flammarion pour leur confiance.

4ème Couverture

Candyland n’est pas un conte ordinaire. C’est l’Amérique.
Il était une fois Sadie Gingerich, ancienne amish, seule dans sa confiserie d’une ville minière de Pennsylvanie. Sa vie va brutalement changer lorsque son fils est assassiné par sa petite amie, Allison.
Cruauté du destin, Sadie fait la rencontre de Danny, le père d’Allison, en proie à ses propres démons. Leurs lourds passés et le choc du meurtre s’entremêlent pendant l’enquête de police, révélant une vérité indicible.

Entre les doux pâturages de la communauté amish, les montagnes isolées du Nord et les villes minières abandonnées de la Rust Belt, la vie et l’amour sont broyés, laminés par la drogue et la pauvreté de l’Amérique rurale. Un lieu où les rêves ne se réalisent pas, où les fins heureuses n’existent pas.

Editeur: Flammarion,  464 pages, date sortie: 30 août 2017

Les chiens de Détroit – Jérôme Loubry

Les chiens de Détroit – Jérôme Loubry

Ah que j’ai aimé ce premier roman !

Evitez les chroniques qui vous racontent toute l’histoire, évitez de lire les résumés.  Plongez dans la ville abandonnée de Détroit, embarquez dans cette histoire troublante et envoûtante, laissez la magie opérer et la noirceur vous envahir.

Détroit se meurt lentement, ses enfants disparaissent, les parents pleurent, les chiens errants hantent les rues, un tueur en série rôde et les fantômes se réveillent.

Une enquête complexe avec des ramifications dans le passé, une intrigue bien ficelée, une traque sous tension permanente, une lente descente aux enfers, un géant des brumes, une légende urbaine qu’on raconte aux enfants, une atmosphère noire et suffocante, des personnages denses, très attachants, une jeune flic qui entend des voix et son équipier, un flic brisé et alcoolo.

La construction est magistrale, tout s’entrelace magnifiquement pour vous serrer la gorge jusqu’à l’énorme twist final. Glaçant, bluffant et déroutant.

Un beau coup de coeur que je vous conseille fortement.

Jérôme Loubry… de la graine de géant et un auteur à suivre assurément !

Je remercie chaleureusement les éditions Calmann-Levy pour leur confiance.

4ème Couverture

2013, à Détroit. Cette ville qui a été la gloire de l’Amérique n’est plus qu’une ruine déserte, un cimetière de buildings.
Cette nuit-là, la jeune inspectrice Sarah Berkhamp mène le groupe d’intervention qui encercle une maison et donne l’assaut. Mais aucun besoin de violence, le suspect attend, assis à l’intérieur. Il a enlevé cinq enfants. Et il est sans doute le Géant de brume, le tueur insaisissable qui a laissé derrière lui sept petits corps, il y a quinze ans. Alors pourquoi supplie-t-il Sarah : « Aidez-moi… » ?
L’histoire s’ouvre donc avec l’arrestation du coupable. Et pourtant, elle ne fait que commencer. À Détroit, personne n’est innocent…

Editeur: Calmann-Levy, 306 pages, date sortie: 11 octobre 2017

La face cachée de Ruth Malone – Emma Flint

La face cachée de Ruth Malone – Emma Flint

Qui est vraiment Ruth Malone ?

Emma Flint s’est inspirée d’une histoire vraie des années soixante, une histoire qui a défrayé la chronique, celle d’Alice Crimmins, une américaine accusée d’avoir tué ses deux enfants.

Nous sommes dans un roman noir, un thriller psychologique et un polar judiciaire.

Séparée de son mari, Ruth Malone élève seule ses deux enfants.  Un matin au réveil, elle constate leur disparition.  Quelques jours plus tard, on les retrouve assassinés.  Sa vie bascule à 180° et tout va l’accuser.  La communauté s’attend à ce qu’elle soit éplorée mais Ruth continue sa vie comme si rien ne s’était passé.  C’est une belle femme, libre et indépendante, frivole sur les bords, elle aime l’alcool, porte des robes sexy, se maquille et collectionne les hommes.

Le regard des médias n’est pas tendre, la police misogyne expédie l’enquête, la société la montre du doigt et l’accuse avant le procès.  Seul un jeune journaliste Pete, obsédé par l’affaire décide de l’aider et mène l’enquête.

Ruth Malone est-elle coupable ou victime ?

Un magnifique portrait de femme et une analyse fine et fouillée de la psychologie de Ruth, personnage complexe, énigmatique et touchant.

L’ambiance des années soixante dans un quartier familial est magnifiquement rendue, les préjugés, la médisance, les on-dits, les clichés et les critères de la mère idéale à l’époque.  Le roman aborde aussi le rôle de la presse et de l’opinion publique dans les affaires criminelles, la misogynie ambiante, la condition de la femme.

L’auteur distille son suspense goutte à goutte et maintient le lecteur sous tension jusqu’à la toute fin, même si les rebondissements sont quasiment absents.

Je n’ai pas vu venir la fin -une fin imaginée par l’auteur-  elle me laisse un goût triste et amer en bouche.

Un premier roman très réussi de la Britannique Emma Flint et sélectionné pour le Bailey Women’s prize for fiction 2017.

Je remercie chaleureusement les éditions Fleuve pour leur confiance.

 

La véritable affaire Crimmins

Alice Crimmins, entourée de son ex mari et avocats, le jour de son procès en 1968.

Le 14 juillet 1965, Missy et Eddie, les deux enfants d’Alice disparaissent, on retrouve leurs corps quelques jours plus tard. Alice Crimmins est inculpée suite à un procès mascarade.   Personne ne connaîtra jamais la vérité, les analyses ADN n’existaient pas à l’époque, impossible de rouvrir une si vieille affaire. Une femme libre et indépendante était la coupable idéale. Plusieurs films  se sont inspirés de cette affaire, ainsi que Mary Higgins Clark pour son roman « La maison du guet ».

 

4ème Couverture

1965. Une vague de chaleur déferle sur le Queens, banlieue ouvrière de New York, et plonge ses habitants dans un état léthargique. Un matin ordinaire, Ruth Malone, mère célibataire aux allures de star hollywoodienne, constate la disparation de ses deux enfants.
Peu après, le corps de la petite Cindy est retrouvé abandonné sur un chantier, son doudou encore à la main. Lorsque, quelques jours plus tard, la dépouille de son fils, Frankie Jr, est découverte dans des conditions similaires, des voix accusatrices s’élèvent contre Ruth.
De la voisine qui a toujours eu des doutes aux médias avides de scandale, tout le monde semble avoir quelque chose à lui reprocher.
Mais qui est Ruth quand personne ne la regarde ?
Cette  » mère  » dont les amants entrent et sortent de sa vie depuis des années et qui ne verse pas une larme devant les corps sans vie de ses enfants.
Alors que presse, opinion publique et tribunaux condamnent Ruth avant l’heure, un seul homme va tenter de découvrir qui est vraiment cette femme : nouvelle Médée monstrueuse ou victime innocente ?

Editeur: Fleuve noir, 432 pages, date sortie: 19 octobre 2017

Le tueur au miroir – Fabio M. Mitchelli

Le tueur au miroir – Fabio M. Mitchelli

J’ai pris mon pied en le lisant…

Le tueur au miroir est la suite directe de Une forêt obscure .  C’est une nouvelle enquête, mais elle a tellement de liens avec la précédente que je vous conseille vivement de la lire pour apprécier pleinement celle-ci.

Fabio M. Mitchelli reprend le même procédé, il mêle faits réels et trame imaginaire en s’inspirant d’un véritable tueur, alias William R. Bradford (1948-2008), surnommé le killer photographe.

J’ai adoré Une forêt obscure, je vous avoue avoir eu peur en entamant ma lecture. Et si Fabio M. Mitchelli s’était contenté de réchauffer la sauce pour nous offrir un deuxième tome copié/collé sans grande surprise ?

Rassurez-vous, l’auteur se surpasse, il parvient à nous surprendre et envoie du lourd, du très lourd !  Tabernacle, il nous offre de l’imprévu, des secrets, des révélations sur nos deux héroïnes, de la peur, du macabre, du glauque, du noir dans son incroyable puzzle à vous faire pèter les neurones et le coeur en même temps.  Un bonheur de lecture si vous aimez les serial killers.

Nous retrouvons notre duo de choc, nos deux héroïnes flics.  Louise, la québécoise et Carrie, l’américaine d’Alaska. Toutes deux borderline, cabossées par la vie et se fichant éperdument des règles. Nous étions en Alaska sur le territoire de Carrie dans Une forêt obscure, nous sommes maintenant au Québec où Carrie s’invite pour épauler Lucie.  Plusieurs enquêtes s’entremêlent, un corps retrouvé emmuré dans un chantier, des jeunes filles retrouvées mortes, le pubis décoré de morceaux de miroirs, un morceau de peau découpé et un jeu de piste pour Louise qui reçoit des sms d’un tueur.

Les pages défilent vite, très vite, nos tripes se serrent, on tremble pour nos deux héroïnes, leur duo fonctionne si bien, elles sont fort attachantes et gagnent en profondeur dans cet opus.

L’auteur tisse une toile pour nous emprisonner, nous sommes en immersion totale, plongé jusqu’au cou dans son histoire palpitante, stressante et glaçante. Nous traversons toute la palette d’émotions et plus d’une fois nous frissonnons de peur et d’effroi.  Les différentes intrigues se mêlent à la perfection dans cette construction sans faute.  Une merveilleuse mécanique qui fonctionne à la perfection.

J’ai essayé d’imaginer le dénouement… peine perdue, l’auteur OSE et nous emmène là on ne l’attend pas du tout dans un final bluffant, oh my god, j’ai froid dans le dos, j’ai froid partout.

Je l’ai déjà dis dans ma chronique de Une forêt obscure, je le répète, Fabio M. Mitchelli au sommet de son art, il est passé « maître es serial killer » et impose sa marque de fabrique unique.

Vivement le prochain !

Je remercie chaleureusement les éditions Robert Laffont et la Bête Noire pour leur confiance.

4ème Couverture

Fasciné par leurs tatouages, il les appâte avec son appareil photo, fige leurs désirs de starlettes sur du papier glacé, puis les tue et s’empare de ce qu’il convoite. Le lendemain, on retrouve le corps de ces jeunes femmes sur les berges du Saint-Laurent, le pubis orné d’éclats de miroir et un morceau de peau découpé.
Pour piéger celui qu’à Montréal on appelle déjà  » le tueur au miroir « , il faut des flics borderline : Louise Beaulieu, qui se fiche des limites et des règles, et Carrie Callan, qui, sous son air bien sage, est un vrai pitbull.
Des photographies à clé, un secret de famille, des messages cryptés… Le passé rattrape Louise. Désorientée, elle ment et triche. Et Carrie soupçonne l’impensable : des liens entre l’enquêtrice québécoise et Singleton, le redoutable tueur en série qu’elles ont traqué ensemble un an auparavant.

Editeur: Robert Laffont (coll. La Bête Noire), 384 pages, date sortie: 19 octobre.