Haïku – Eric Calatraba

Haïku – Eric Calatraba

Quand Tarentino rencontre Kitano…

Recette pour un cocktail vraiment « spécial » (à déguster sans modération !)

Vous mélangez:

Des meurtres d’une violence inouïe illustrés par des haïkus « petits poèmes japonais », une chasse à l’homme impitoyable, des airs d’opéra qui rythment l’enquête, des motos grosses cylindrées et des courses poursuites à 100 à l’heure, l’aïkido et les arts martiaux,  des sabres traditionnels, des scènes de combat à couper le souffle, les mafias russes et chinoises, un ignoble trafic, un voyage entre Nice, Genève, Moscou, Vladivostok, Kyoto et le mont Kurama au pays du soleil levant.

Et vous obtenez un sacrément bon polar  !

Ce sigle du yin et du yang illustre magnifiquement le roman.  Quand la lumière se mélange à la noirceur. Si tout oppose les deux protagonistes de l’histoire,  un flic et un meurtrier samouraï animé par une soif de vengeance, de justice, d’honneur. Ils sont pourtant si semblables et se rejoignent quelque part.

Un récit tout en contrastes, sans aucun manichéisme, alternant entre l’action, la violence, la profondeur, la vitesse, la contemplation, les respirations musicales, les émotions, la poésie, la philosophie et la sagesse ancestrale japonaise.

L’écriture d’Eric Calatraba est très visuelle, nerveuse et précise. L’intrigue est passionnante et le rythme effréné vous scotchera jusqu’au final époustouflant.

 Un excellent divertissement, un voyage initiatique d’une grande maîtrise, ne passez pas à côté !

Je remercie chaleureusement les éditions du Caïman pour leur confiance.

4ème Couverture

Un jeune flic fou d’opéra et de moto se retrouve associé à un vieux baroudeur qui pense avoir tout vu pour enquêter sur une série de crimes peu ordinaires orchestrés par un virtuose du sabre japonais. Comble du raffinement, l’assassin illustre ses meurtres d’Haïkus. Si l’aventure démarre dans le cadre ensoleillé de la côte d’azur, elle entraînera Raphaël de Genève à Kyoto après une étape à Vladivostok, dans le sillage d’un maître de l’Aïkido qui ne lui est peut-être pas si étranger.

Editeur: Caïman, 332 pages, date sortie: 1er mars 2018

Innocente – Amy Lloyd

Innocente – Amy Lloyd

Les femmes fascinées par les hommes emprisonnés pour meurtre. Voilà une thématique intéressante pour ce thriller psychologique qui se voit couronné du Prix Douglas Kennedy du meilleur thriller étranger-VSD/RTL.

Un premier roman plutôt original à l’ambiance ambigüe et très particulière.  Un récit psychologique qui pose de bonnes questions sur la justice, la culpabilité, l’innocence,  les procédures, la pression des médias, le rôle des réseaux sociaux, la liberté… est-on vraiment libre en sortant de prison ? Amy Lloyd  nous immerge complètement dans la lourdeur, la noirceur du système et parvient à maintenir un état de tension quasi permanente chez le lecteur.

Un roman en deux parties, la prison et l’après-prison.   Dennis est dans le couloir de la mort, Sam en tombe amoureuse et quitte tout pour l’épouser. Dennis est finalement libéré après vingt ans,  nous le suivons dans son nouveau couple.  Est-il possible de se réadapter à la vie ordinaire après tout ce temps derrière les barreaux ?

Un rythme en dent de scie, inégal, un démarrage en force, beaucoup de longueurs au milieu de l’histoire. Et une dernière partie qui s’accélère et fait grimper la tension jusqu’à la fin plus que précipitée.

Pas d’enquête policière dans ce roman centré à 100% sur la psychologie et la relation entre les deux personnages principaux.

J’ai hélas rencontré un gros problème: j’ai détesté l’héroïne, naïve, fragile, nunuche, énervante, entrain de pleurer ou de se plaindre.  Elle m’a gravement tapé sur le système. Résultat: difficile de trouver du plaisir et d’entrer pleinement dans ma lecture.

Un premier roman prometteur, plein de qualités mais j’en ressors à moitié conquise et je vous encourage vivement à vous faire votre avis. Ce sera peut être votre prochain coup de coeur !

Je remercie chaleureusement les éditions Hugo Thriller pour leur confiance.

4ème Couverture

Si elle lui fait confiance, pourquoi a-t-elle peur de lui ?
Il y a vingt ans, Dennis Danson était arrêté et emprisonné pour le meurtre d’une jeune fille à Red River, une petite ville de Floride. Alors qu’il est dans le couloir de la mort, Netflix prépare un documentaire sur son histoire pour obtenir la révision de son procès. Les nombreuses erreurs judiciaires commises en attestent : l’arrestation de Danson ressemble à un coup monté.
À des milliers de kilomètres de là, en Angleterre, Samantha, une jeune enseignante, suit le dossier de Dennis avec obsession. Ils commencent une relation épistolaire puis, très vite, Samantha laisse sa vie et ses démons derrière elle pour rejoindre Dennis, l’épouser et œuvrer à sa libération.
Lorsque Dennis est finalement libéré, leur retour à Red River va plonger Samantha dans les eaux troubles d’une communauté recluse, pétrifiée par la haine et hantée par les fantômes de son passé. Mais qui croire et vers qui se tourner, lorsque chacun semble mentir pour protéger ses propres
secrets ?

Editeur: Hugo Thriller, 393 pages, date sortie: 15 mars 2018

Sous les pavés, la jungle – Simone Gélin

Sous les pavés, la jungle – Simone Gélin

COUP DE COEUR !

Il y a quelques mois, je découvrais Simone Gélin avec L’affaire Jane De Boy (elle a reçu le prix de l’Embouchure au festival Toulouse Polars du Sud).  Un immense coup de coeur et un grand moment  dans la vie d’une serial lectrice !   A lire absolument !!!

Le thème de son nouveau roman me faisait un peu peur,  mes craintes se sont vites envolées et pour la deuxième fois, l’auteure me laisse en panne devant mon écran, il m’est si difficile de parler de sa pépite et de vous faire ressentir sa grandeur.

Une histoire de petits voyous qui se rencontrent en prison, cela peut sembler très banal et déjà vu… mais sous la plume de Simone Gélin, cela devient tout autre chose.  Une réflexion profonde sur les maux de notre société, un polar sociologique ancré dans l’actualité brulante, oui mais pas que…

L’auteure va bien plus loin, elle réussit l’exploit de mêler plusieurs histoires et deux époques.  Le milieu carcéral, la jungle de calais, mai 68 sous forme de flashs back, une histoire familiale en fil rouge d’une palpitante intrigue à la construction magistrale. Nous suivons Milo, le délinquant au grand coeur, qui cherche à faire la lumière sur l’histoire de sa mère.  Son  périple nous fera voyager de Paris, à Bordeaux, en passant par Calais et le Cap Ferret.

La noirceur, la violence, la cruauté, l’injustice, la rage transpirent au fil des pages pour se mêler à l’espoir, la lumière, la loyauté, l’humanité… L’immense talent de Simone Gélin nous fait toucher le sublime et l’amour en une fraction de seconde.

Simone Gélin est une virtuose, ses romans  sont des perles rares et si particulières.  C’est une magicienne des mots, sa poésie noire est magnifique,  elle me touche, me percute et sa sensibilité m’émeut jusqu’aux tripes.

J’ai envie de vous  poser une question: pourquoi diable ne parle-t-on pas plus de Simone Gélin et de son talent fou ?  Si vous ne la connaissez pas, ruez vous sur ses romans de toute urgence !
Il faut la lire, un point c’est tout !!!

Je remercie chaleureusement Simone Gélin et les éditions Cairn pour leur confiance.

4ème Couverture

Dans la cour de promenade de la maison d’arrêt de Fresnes, deux vauriens nouent une amitié indéfectible. Plus tard, Mounia, une jeune clandestine, viendra troubler le jeu. Une fois libéré, Milo s’efforce de suivre le droit chemin, guidé par le fil rouge du passé. Bordeaux, l’estuaire, les vignobles du Médoc, le bassin d’Arcachon, une villa engoncée dans l’hiver, au Cap ferret, en cherchant à faire la lumière sur l’histoire de ses grands-parents, deux soixante-huitards qui ont connu une passion explosive sur les barricades, Milo découvre une région et retrouve ses racines. Il croit pouvoir tourner le dos à la délinquance, alors que Kevin, de son côté, n’a de cesse de vouloir grimper dans la hiérarchie de la voyoucratie, s’adonnant aux trafics sordides et commerces d’êtres humains. Leurs routes semblent définitivement se séparer, mais on ne sort pas indemne de la prison, le sort, peut-être, en décidera autrement.

Editeur: Cairn, 344 pages, date sortie: 27 février 2018

Claustrations – Salvatore Minni

Claustrations – Salvatore Minni

Un auteur belge à découvrir…

Une belle surprise pour ce premier roman de Salvatore Minni, un auteur bruxellois.  Un court thriller psychologique à lire d’une traite pour rester complètement immergé dans cette étrange histoire et dans cette ambiance étouffante.

Une chronique très difficile à écrire sans en dire trop…

Je vous dirai juste que nous allons suivre le quotidien de quatre personnes subissant l’enfermement et la séquestration sous une forme ou une autre.  Ces personnes ne se connaissent pas mais…. elles sont liées par quelque chose.

L’auteur nous prend par la main dès le début, il nous emmène dans son jeu « bizarre » pour nous y perdre, nous bousculer, brouiller les pistes, nous manipuler et nous intriguer à souhait. Le lecteur s’interroge, il s’agace  car il avance dans le brouillard et ne comprend pas les liens entre les personnes, il tourne les pages frénétiquement pour sortir de ce cauchemar et sent monter l’angoisse en lui.

Un roman déroutant, addictif qui mettra vos nerfs à rude épreuve et vous tiendra en haleine jusqu’à la toute fin renversante… là où tout s’éclaire, là où tout prend sens, là où vous traitez de con de ne pas avoir compris plus tôt.

Entrez dans ce jeu très original, vous vous amuserez beaucoup !

MISE EN GARDE !!!!  Je me permets d’insister auprès de vous, si vous lisez ce roman,
entrez y sans lire de chroniques, ni écouter de vidéos (qui en dévoilent souvent trop).  Personnellement, j’avais tout deviné très tôt dans l’histoire, suite à une vidéo écoutée,
la copine qui parlait du livre n’a pas réalisé qu’elle spoliait TOUT, juste en parlant du thème.
Très dommage pour mon plaisir de lecture !

Je remercie chaleureusement Salvatore Minni pour sa confiance.

Une mention spéciale pour la très belle couverture.

4ème Couverture

Ils ne se connaissent pas et pourtant, ils portent le même tatouage sur le bras…
Clara, disparue depuis plusieurs semaines, se réveille un matin étendue sur le sol d’une cellule obscure et infestée d’insectes ; Monsieur Concerto tente de découvrir les raisons qui l’ont conduit dans une chambre d’isolement, tandis que Charles se cloître de son plein gré.
Chacun d’entre eux se retrouvera face à son destin. Mais, dans leur quête de la vérité, ils se rendront très vite compte que les apparences ne sont pas celles qu’ils croyaient…

Editeur: Nouvelles Plumes, 224 pages, date sortie: 19 octobre 2017

La disparue de Saint-Maur – Jean-Christophe Portes

La disparue de Saint-Maur – Jean-Christophe Portes

Une belle réussite

L’an dernier, j’ai été enthousiasmée en découvrant Jean-Christophe Portes et L’affaire de l’homme à l’escarpin .  C’est avec un réel plaisir que je me suis plongée dans son dernier roman.

Nous retrouvons Victor Dauterive, notre jeune et idéaliste gendarme, protégé par Lafayette, dans sa troisième enquête.  Je rassure d’emblée ceux qui s’inquièteraient, les trois tomes se lisent indépendamment sans aucun problème.

Il mène l’enquête sur la disparition d’une jeune aristocrate.  L’affaire s’avère très compliquée et mystérieuse, d’autant plus que les parents semblent ennuyés et craignent le scandale.  En toile de fond, le sort réservé aux femmes et leur place dans la société. Parallèlement, son mentor Lafayette lui demande d’enquêter sur Pétion, le candidat rival à la mairie.

Le lecteur s’attache de plus en plus à Victor Dauterive, il prend de l’épaisseur au fil des enquêtes, tout jeune et idéaliste certes mais moins naïf que dans les précédents épisodes.  Il sera à nouveau aidé par Olympe De Gouges, femme de lettres, féministe de la première heure, plus que jamais déterminée.

L’auteur mélange savamment la grande Histoire à une passionnante enquête policière, la fiction aux faits historiques réels.  Il nous immerge complètement dans l’ambiance du Paris du XVIII ème. Les complots, délations, les luttes d’influence, les corruptions politiques, les secrets bien gardés, les pièges et conspirations, les coups bas, tout est permis dans cette France révolutionnaire.

Une intrigue est bien ficelée, intelligente, passionnante de bout en bout et pleine de rebondissements.  Aucune longueur, aucun ennui malgré les 528 pages.

Au risque de me répéter, Jean-Christophe Portes est un conteur hors pair, d’une grande érudition. J’ai passé un excellent moment en compagnie de La disparue de Saint-Maur.

Si vous aimez les polars historiques, les enquêtes de Nicolas Le Floch de Jean François Parot… foncez, vous allez adorer. C’est juste excellent !

Je n’ai qu’une petite réserve à émettre concernant la couverture un brin vieillotte, désuète et pas spécialement attirante.

Je remercie chaleureusement Jean-Christophe Portes et les éditions City pour leur confiance renouvelée.

4ème Couverture

En cet hiver 1791, la France est au bord du chaos. Depuis sa fuite à Varennes, Louis XVI est totalement discrédité. Royalistes et nouveaux députés se menacent, armes à la main et la tension est extrême.

C’est dans ce contexte explosif qu’Anne-Louise Ferrières disparaît. La belle et mystérieuse fille d’aristocrates désargentés, encore célibataire à trente ans, n’a pas été vue depuis une semaine. Et une semaine, avec ce froid polaire… Plus personne ne s’attend à la retrouver en vie.

Enlèvement ? Suicide ? Fuite ? Étrangement, la question semble laisser sa famille de glace. Loin de dissuader le gendarme Victore Dauterive, cette indifférence hostile excite sa curiosité. Et il flaire chez les Ferrières des manigances qui débordent largement le cadre familial…   Une enquête de Victor Dauterive dans la France révolutionnaire.

Editeur: City, 528 pages, date sortie: 15 novembre 2017

Bilan mars 2018

Bilan mars 2018

10 livres lus, soit 4373 pages
1 abandonné en route, soit 200 pages

Je vous l’avais promis dans mon bilan de février, j’ai lu beaucoup plus durant ce mois de mars. Un EXTRAORDINAIRE  mois lecture, de belles découvertes, des retrouvailles heureuses, beaucoup d’émotions et trois déceptions.
Et un évènement rarissime qui mérite d’être souligné : lire Sonja Delzongle et Karine Giebel le même mois, vous imaginez la jubilation ? deux livres époustouflant, deux pépites rares qui laissent sans voix.
Il n’y a pas de chronique pour « Laisse moi en paix » de Clare Mackintosh, j’ai lu 200 pages sur 425,
je me suis ennuyée, j’ai arrêté avant la panne livresque.  Allez, je vous laisse découvrir tout ça !

Mes lectures en résumé, les chroniques entières en bas de page.

AMES SOEURS – John Marrs
Un roman qui sort de l’ordinaire…la surprise est totale !  Un cocktail atypique, hypnotique et diabolique qui vous mettra la tête à l’envers, je vous le recommande chaudement pour passer un excellent moment lecture.

BOREAL – Sonja Delzongle
Une claque phénoménale, un coup de foudre, un coup de coeur, un coup au coeur, un incontournable.  Passer à côté serait une grave erreur !!!  Et au risque de me répéter, Sonja Delzongle… c’est LE TALENT à l’état pur.

LA DISPARITION DE STEPHANIE MAILER – Joël Dicker
Mais diable, qu’est il arrivé à Joël Dicker ?  Grosse déception pour moi, un polar trop long et trop lisse. Si vous ne le connaissez pas, ruez vous plutôt sur l’excellent La vérité sur l’affaire Harry Quebert.

LES SOEURS DE FALL RIVER – Sarah Schmidt
D’après une histoire vraie, un crime célèbre a bouleversé les Etats Unis en 1892. Bienvenue dans la famille Borden. Sarah Schmidt ne tombe pas dans la surenchère atroce et sanglante.  Elle s’empare de cette histoire vraie pour nous offrir un roman choral psychologique envoûtant et terrifiant.  Elle réussit l’exploit de nous plonger dans l’ambiance étouffante, suffocante de cette demeure.

SAUF – Hervé Commère
« Combien de temps reste-t-on prisonnier de son enfance ? »  un roman très original avec un supplément d’âme.  J’ai adoré ! Une incroyable intrigue, d’une grande complexité mais rendue fluide par une construction parfaitement millimétrée et le grand talent de l’auteur.

PAR LES RAFALES – Valentine Imhof
Une sublime découverte !!!  285 pages de pure poésie noire, le style est tellement beau qu’il m’a donné le vertige. 285 pages pleines de rage, de fougue, de haine, de vengeance, de violence, de coups au coeur.  Un premier roman d’une rare puissance… brillant et remarquable.  Valentine Imhof a un talent fou, elle fait une entrée fracassante dans le monde du noir, retenez bien son nom et guettez son prochain roman.  Attention, âmes sensibles ou en recherche de lecture distrayante et légère, mieux vaut passer votre chemin.

LE JOURNAL DE MA DISPARITION – Camilla Grebe
Une belle intrigue qui voit s’entremêler plusieurs histoires. Une lecture (un peu trop classique à mon goût) que je recommande vivement aux amateurs de thrillers scandinaves, même si je n’ai pas eu le coup de coeur attendu.

LE FLEUVE DES BRUMES – Valerio Varesi
Un polar sombre au charme tout particulier, empreint de mélancolie et de regrets.  J’ai beaucoup aimé.  Embarquez, laissez vous porter par les méandres du fleuve, sentez la brume vous envelopper et vous hypnotiser, vous ne regretterez pas le voyage.
Amateurs de polars d’action au rythme infernal, emplis d’adrénaline, passez vite votre chemin.

LE MAL EN SOI – Antonio Lanzetta
L’accroche nous met l’eau à la bouche « le Stephen King italien ».  Je m’attendais à quelque chose de plus percutant. Un roman court, plutôt addictif que j’ai lu en une après midi.  Je n’ai pas été totalement convaincue et n’en garderai pas un souvenir impérissable.

TOUTES BLESSENT LA DERNIERE TUE – Karine Giebel
Percutée en plein coeur dès les premières pages. Estomaquée, sans voix ! Une gifle monumentale !!!
C
omment faire l’éloge de ce bouleversant et poignant roman ?
Trouver les mots pour en parler, oui mais… Comment dire la puissance et la noirceur de ce roman hallucinant ancré dans une triste réalité sociale ? Karine Giebel au sommet de son art.

Je vous souhaite à toutes et tous d’excellentes lectures…
Soyez fous et déraisonnables, achetez des livres, beaucoup de livres, prêtez les,
empruntez les, peu importe, mais lisez, lisez, lisez… cela rend heureux !

Cliquez sur les titres pour lire les chroniques entières

Ames soeurs – John Marrs

Boréal – Sonja Delzongle

La disparition de Stéphanie Mailer – Joël Dicker

Les soeurs de Fall River – Sarah Schmidt

Sauf – Hervé Commère

Par les rafales – Valentine Imhof

Le journal de ma disparition – Camilla Grebe

Le fleuve des brumes – Valerio Varesi

Le mal en soi – Antonio Lanzetta

Toutes blessent la dernière tue – Karine Giebel

 

Toutes blessent la dernière tue – Karine Giebel

Toutes blessent la dernière tue – Karine Giebel

Percutée en plein coeur dès les premières pages…
Estomaquée, sans voix…

Une gifle monumentale !!!

Comment faire l’éloge de ce bouleversant et poignant roman ?
Trouver les mots pour en parler, oui mais…
Comment dire la puissance et la noirceur de ce roman hallucinant ancré dans une triste réalité sociale ?
Comment dire l’immense talent de Karine Giebel ?
Je ne suis pas sûre d’arriver à traduire mon ressenti.

VULNERANT OMNES ULTIMA NECAT.
Le titre fait référence à cette maxime latine que l’on
retrouvait souvent sur le cadran des horloges. 

D’un côté Tama, 8 ans… les supplices, la torture, l’indicible.
De l’autre Gabriel, un assassin étrange vivant retiré dans la montagne, il voit débarquer une jeune femme mourante, blessée, amnésique qui perturbe sa tranquillité.  Les deux histoires vont s’alterner dans une construction parfaite, sans lien apparent entre elles… et pourtant !

Une plongée terrifiante dans la plus atroce cruauté humaine, l’innommable.
Des scènes d’humiliations d’un réalisme à vous glacer les os. Karine Giebel ne nous épargne rien.
Une rage qui se mêle à un malaise constant, à la limite du supportable.
Une lecture éprouvante, dérangeante qui nous oppresse et nous émeut. La sublime plume de Karine Giebel nous fait ressentir cette violence douloureuse jusqu’au fin fond de nos entrailles, on sent la bile monter dans l’estomac et on se retient de vomir par moments.
Et au milieu de toute cette noirceur… la beauté et l’amour s’infiltrent.

Je n’ai jamais oublié Marianne de « Meurtres pour Rédemption », aujourd’hui il y a Tama, l’inoubliable Tama.

Karine Giebel au sommet de son art, elle nous offre un tout grand polar,  on en sort difficilement indemne. Un pavé addictif de 744 pages (ne soyez pas effrayé par le nombre de pages) avalé en deux nuits.

Ma gorge est nouée, mes larmes ruissellent tandis que je referme ce livre tard dans la nuit, je suis complètement sonnée, il me faudra du temps pour reprendre pied. Tama me hantera longtemps et laissera une trace indélébile en moi.

Toutes blessent la dernière tue…  A LIRE ABSOLUMENT !!!!

Merci Karine Giebel d’avoir osé parler de ce sujet tabou.

 Je pousse un coup de gueule contre les chroniqueurs qui ont eu l’excellente
idée de tout, absolument tout vous dévoiler.  Quel manque de tact !!!
J’ai eu l’immense chance de lire ce roman « vierge » de tout commentaire.  

La 4ème couverture est parfaite, elle n’en dit pas trop et titille notre curiosité,
cela mérite d’être souligné.

Je remercie chaleureusement Agnès Chalnot Communication et les éditions Belfond pour leur confiance renouvelée.

4ème Couverture

Maman disait de moi que j’étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Mais les anges qui tombent ne se relèvent jamais…
Je connais l’enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés.
Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j’avais quelqu’un à qui parler…

Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin…

Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu’au dernier.

Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures.
Un homme dangereux.
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique.
Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte.

Editeur: Belfond,744 pages, date de sortie: 29 mars 2018

Le mal en soi – Antonio Lanzetta

Le mal en soi – Antonio Lanzetta

La couverture nous met d’emblée l’eau à la bouche avec l’accroche « le Stephen King italien ».  Magnifique accroche mais personnellement, je n’y ai vu aucun lien, sinon que le roman fait référence à l’adolescence.
Une bande de quatre ados amis « pour la vie » en 1985, quatre ado innocents, insouciants qui découvrent la vie et dont la vie va voler en éclat. L’auteur nous fera voyager entre présent et passé. Deux époques, deux histoires parallèles racontées par deux héros différents hantés par leur enfance et leur culpabilité.  Un meurtre en 1985, un autre aujourd’hui, ils sont forcément liés, un tueur en série sévit depuis trente ans ou plus, le passé ressurgit et les cicatrices vont s’ouvrir.

Nous sommes complètement immergés dans ce petit village italien de Castellacio où personne n’a de secret pour personne. L’intrigue n’est vraiment pas originale, déjà vue et revue.  Vu l’accroche, je m’attendais à quelque chose de plus percutant.  J’épinglerai cependant la noirceur du récit et l’ambiance sombre, la belle plume de l’auteur et sa galerie de personnages empathiques.

Un roman court, plutôt addictif que j’ai lu en une après midi.  Je n’ai pas été totalement convaincue et n’en garderai pas un souvenir impérissable.  A vous de voir ! Et comme je dis toujours, ceci n’est que mon humble avis.

Je remercie chaleureusement les éditions Bragelonne pour leur confiance.

4ème Couverture

Automne 2016. Castellacio, petit bourg du Sud de l’Italie. Le cadavre d’une jeune fille est retrouvé pendu par les poignets avec du fil barbelé aux branches d’un saule. Sa tête décapitée gît entre les racines, ses yeux vitreux fixent Damiano Valente. Valente, c’est le Chacal, un écrivain à succès de « true crime », hanté par le passé et condamné à traîner sa jambe brisée. Depuis trente et un an, il traque sans relâche le meurtrier de Claudia, sa meilleure amie sauvagement assassinée au cours de l’été 1985. Aidé de son ami le commissaire De Vivo, il se lance sur les traces de celui que la presse a baptisé « l’homme du saule ».

Été 1985. Castellaccio, Flavio, jeune orphelin originaire de Turin, débarque chez son grand-père après la mort de sa mère. Rien n’est gagné d’avance avec cet homme bourru. En compagnie de ses nouveaux amis Stefano, Claudia, Damiano et du brave Jack, énorme chien au pelage noir, Flavio découvre l’insouciance, l’amour, la vie loin de Turin, dans la magnifique région du Cilento, à quelques coups de pédales de la mer et de la montagne. Et si le bonheur était à portée de main ? C’est oublier un peu vite que le mal n’est jamais loin…

Editeur: Bragelonne, 288 pages, date sortie: 14 mars 2018

Le fleuve des brumes – Valerio Varesi

Le fleuve des brumes – Valerio Varesi

J’ai découvert Valerio Varesi l’an dernier avec La pension de la via saffi, une très belle surprise.
Cette année, j’ai eu la chance de participer à l’aventure du SP Voyageur sans frontières organisé par Lau Lo du blog Evadez-moi (je la remercie vivement au passage).  C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé le commissaire Soneri dans sa première enquête traduite en français.

Un pur roman d’atmosphère à la saveur toute particulière.  Nous sommes dans le nord de l’Italie, dans la région de Parme, il pleut sans relâche depuis quatre jours et le fleuve Pô -personnage à part entière- est en crue.
Valerio Varesi et sa plume subtile, fine, poétique nous immerge complètement dans cette ambiance humide, moite, froide et brumeuse.

La péniche de Tonna, un vieux batelier de 80 ans, dérive sur le fleuve avant de s’échouer  sans personne à bord.  Où est passé Tonna ?  Le lendemain, un vieil homme est retrouvé défenestré dans la cour d’un hôpital, c’est le frère de Tonna.  Mort accidentelle ou non ? La coïncidence est plus que troublante, d’autant que les deux frères avaient des liens avec l’Italie fasciste des années 40.

Le commissaire Soneri est chargé de la double enquête. Deux enquêtes complexes, aux ramifications multiples qui plongent dans un passé douloureux peuplé de terribles souvenirs qu’on tente d’oublier et hanté par les fantômes des fascistes, des résistants, des chemises noires, des communistes.  La haine et les rancoeurs sont encore bien présentes.   Il va devoir fouiller les secrets inavouables pour déchirer le voile d’un passé peu glorieux.
Soneri est un personnage très attachant, un fouineur au flair infaillible, assez proche de Maigret.  Un épicurien amateur de parmesan, de bonne bouffe, de vin et de cigare.
Il  parle peu, écoute beaucoup, il observe, prend son temps, progresse lentement au rythme de la crue et décrue du fleuve. D’une patience à toute épreuve, bien nécessaire pour démêler les fils du passé.

Un polar sombre au charme tout particulier, empreint de mélancolie et de regrets.  J’ai beaucoup aimé.

Embarquez, laissez vous porter par les méandres du fleuve, sentez la brume vous envelopper et vous hypnotiser, vous ne regretterez pas le voyage.
Amateurs de polars d’action au rythme infernal, emplis d’adrénaline, passez vite votre chemin.

4ème Couverture

Dans une vallée brumeuse du nord de l’Italie, la pluie tombe sans relâche, gonflant le Pô qui menace de sortir de son lit. Alors que les habitants surveillent avec inquiétude la montée des eaux, une énorme barge libérée de ses amarres dérive vers l’aval avant de disparaître dans le brouillard. Quand elle s’échoue des heures plus tard, Tonna, son pilote aguerri, est introuvable. Au même moment, le commissaire Soneri est appelé à l’hôpital de Parme pour enquêter sur l’apparent suicide d’un homme. Lorsqu’il découvre qu’il s’agit du frère du batelier disparu, et que tous deux ont servi ensemble dans la milice fasciste cinquante ans plus tôt, le détective est convaincu qu’il y a un lien entre leur passé trouble et les événements présents. Mais Soneri se heurte au silence de ceux qui gagnent leur vie le long du fleuve et n’ont pas enterré les vieilles rancœurs.
Les combats féroces entre chemises brunes et partisans à la fin de la guerre ont déchaîné des haines que le temps ne semble pas avoir apaisées, et tandis que les eaux baissent,
la rivière commence à révéler ses secrets : de sombres histoires de brutalité, d’amères rivalités et de vengeance vieilles d’un demi-siècle…

Editeur: Agullo, 320 pages, date sortie: 16 mai 2016

Le journal de ma disparition – Camilla Grebe

Le journal de ma disparition – Camilla Grebe

Il y a tout juste un an, je découvrais Camilla Grebe avec son premier roman glaçant Un cri sous la glace.  Une magnifique révélation, une intrigue bluffante et une construction très originale.

Je me suis plongée dans cet opus avec une grande excitation. Pas évident de négocier le virage du deuxième roman, le pari est plutôt réussi avec ce très bon thriller.

Nous sommes à Ormberg, petite ville suédoise en déclin, avec une affaire de cold case.  Deux corps sont retrouvés quasiment au même endroit à huit ans d’intervalles. Peter et Hanne sont de la partie sans être les personnages principaux. Ils disparaissent subitement au cours de leur enquête. L’histoire sera racontée par Malin, une toute jeune flic ambitieuse et Jake, un adolescent bizarre qui porte un lourd secret.

Une belle intrigue bien ficelée qui voit s’entremêler plusieurs histoires, des personnages attachants et intéressants, une écriture fluide, quelques rebondissements imprévus, une certaine tension tout au long du récit, quelques lenteurs et longueurs dans la première partie et une magnifique fin que je n’ai pas vu venir.

Une lecture (un peu trop classique à mon goût) que je recommande vivement aux amateurs de thrillers scandinaves, même si je n’ai pas eu le coup de coeur attendu.

Il n’est pas nécessaire d’avoir lu Un cri sous la glace pour apprécier pleinement ce deuxième opus.

Je remercie chaleureusement les éditions Calmann-Lévy pour leur confiance renouvelée.

4ème Couverture

Il y a huit ans, la jeune Malin, alors adolescente, a découvert une fillette enterrée dans la forêt de Ormberg, une ville suédoise isolée. On n’a jamais pu identifier la petite victime.

Devenue une jeune flic ambitieuse, Malin est affectée auprès de Hanne, la célèbre profileuse, et de l’inspecteur Peter Lindgren, qui reprennent l’affaire. Mais Peter disparaît du jour aunlendemain, et Hanne est retrouvée blessée et hagarde dans la forêt.

Le seul témoin est un adolescent qui aime errer dans les bois enneigés, la nuit. Sans le dire à personne, il récupère le journal que Hanne a laissé tomber et se met à le lire, fasciné…

Désormais seule dans son enquête, Malin est appelée sur les lieux du tout premier crime : une nouvelle victime a été découverte. Et si tous ces faits étaient tragiquement liés ?

Editeur: Calmann-Lévy Noir, 432 pages, date de sortie: 7 mars 2018