Boccanera – Michèle Pedinielli

Boccanera – Michèle Pedinielli

Coup de coeur

Retenez bien son nom….

J’ai rencontré la pétillante Michèle Pedinielli au Boulevard du polar à Bruxelles, j’ai beaucoup aimé son enthousiasme et son franc parler, elle a attisé ma curiosité… Ni une ni deux, me voilà plongée dans son Boccanera.

Un premier roman surprenant, original et étonnant de maîtrise.  Une très belle découverte, mon instinct m’a bien guidée !

Ah que j’ai aimé son personnage de détective privé au nom imprononçable, Ghjulia Boccanera dite « Diou ».  Une héroïne très singulière au caractère plus que trempé, la cinquantaine, décalée,  fauchée, fragile, indépendante, insomniaque, un brin fonceuse, inconsciente sur les bords, elle déteste les fachos et les cons, carbure au café, quitte rarement ses jeans, tee-shirt et Doc Martens.

La ville de Nice est un personnage à part entière dans ce roman.  Le Nice authentique, couleur locale, celui des vrais gens, des habitants… très loin des clichés, des touristes et des riches.  Boccanera est engagée par l’amant de Mauro Giannini pour enquêter sur sa mort.  La police a vite conclu à un crime homophobe, un jeu sexuel qui aurait mal tourné. L’affaire s’annonce très compliquée, voire tordue. Les morts vont vite s’accumuler autour de Diou,  elle se ramasse quelques coups au passage mais rien ne l’arrête pour explorer toutes les pistes possibles…. en passant par les cabarets travestis, un grand groupe de construction, le chantier du tramway souterrain, une agence immobilière….

Une magnifique galerie de personnages secondaires gravite autour d’elle, haut en couleur, atypiques, attachants et bien campés. Son ex amant, le commandant Jo Santucci, son coloc Dan, Colette la patronne du resto, Mohamed le garagiste syrien, Bertolino le voisin bricoleur.

L’auteure a réussi a créer une vraie atmosphère, elle égratigne au passage quelques clichés sur les homosexuels et les réfugiés.  L’intrigue est magnifiquement ficelée, du suspense, de l’action mais pas de courses poursuites ni de flingues à chaque page.  L’humour flirte avec la dérision et la gravité par moments.
La plume est belle, le ton léger et les dialogues cocasses.

Un excellent divertissement, déjanté et génial.  A lire absolument !

Retenez bien son nom, Michèle Pedinielli va s’imposer dans la cour des grands, je le sens.  Moi, j’attends le retour de Diou avec beaucoup d’impatience.

Je remercie chaleureusement les éditions de l’Aube pour leur confiance.

 

Michèle Pedinielli, née à Nice d’un mélange corse et italien, est « montée à la capitale » pour devenir journaliste pendant une quinzaine d’années. Aujourd’hui de retour dans sa ville natale, elle a décidé de se consacrer à l’écriture.

 

4ème Couverture

Si l’on en croit le reste de l’Hexagone, à Nice il y a le soleil, la mer, des touristes, des vieux et des fachos. Mais pas que. Il y a aussi Ghjulia – Diou – Boccanera, quinqua sans enfant et avec colocataire, buveuse de café et insomniaque. Détective privée en Doc Martens. Un homme à la gueule d’ange lui demande d’enquêter sur la mort de son compagnon, avant d’être lui-même assassiné. Diou va sillonner la ville pour retrouver le coupable. Une ville en chantier où des drapeaux arc-en-ciel flottent fièrement alors que la solidarité envers les étrangers s’exerce en milieu hostile… Au milieu de ce western sudiste, Diou peut compter sur un voisin bricoleur, un shérif inspecteur du travail, et surtout une bonne dose d’inconscience face au danger.

Editeur: Nouvelles éditions de l’Aube, 215 pages, date sortie: 1er février 2018