Au coeur de la folie – Luca d’Andrea

Au coeur de la folie – Luca d’Andrea

Il y a tout juste un an Luca d’Andrea s’est fait remarquer avec L’essence du mal, un premier thriller d’une maîtrise impressionnante. Il nous revient avec un deuxième roman où la montagne est à nouveau un protagoniste à part entière, l’histoire se déroule dans le Sud du Tyrol.

La quatrième de couverture nous parle de Marlène, une épouse qui fuit son mari, emportant avec elle des saphirs. Une banale histoire tellement vue ? Détrompez-vous !  La magnifique plume de l’auteur vous plongera vite dans  un récit de folie teinté de fantastique à la limite de l’horreur.

Luca d’Andréa est un fabuleux conteur, en quelques mots il parvient à créer un certain malaise en nous, il nous immerge dans le froid glacial des montagnes enneigées, il installe une ambiance angoissante proche de celle de certains contes cruels des frères Grimm, une peur qui nous donne des frissons en nous glaçant les os.

Quatre personnages principaux dans ce huis clos, la jeune épouse Marlène, son mari Monsieur Wegener, l’homme de confiance aux trousses de Marlène et Simon Keller qui la recueille. Ce dernier personnage est fascinant et son analyse psychologique est tout simplement extraordinaire. Simon, le vieil homme des montagnes, le Bau’r, l’ermite, l’excentrique éleveur de cochons qui entretient une relation très particulière avec Lissy. Mais qui est Lissy ? « Lissy, ma douce. Ma petite Lissy ». Dans un premier temps, Marlène se sent en sécurité dans cette ferme isolée, mais le cauchemar se dessine lentement, elle court un grand danger, elle doit fuir au plus vite.

Aucun temps mort dans cette chasse à l’homme, la tension s’installe dès les premières pages pour monter crescendo, le lecteur est piégé dans cette spirale effrayante, les chapitres très  courts accélèrent le rythme de lecture, les rebondissements se succèdent tout au long des 440 pages, jusqu’au point de rupture.
Un bémol pour la fin, le soufflé retombe brutalement dans les dernières pages, elles sont incohérentes, en contraste avec le reste du récit et me laissent un goût d’inachevé en bouche. Dommage !

Une chose est sûre, Luca d’Andrea a un indéniable talent, il fait désormais partie des auteurs que je suivrai avec plaisir.

Je remercie les éditions Denoël pour leur confiance.

4ème Couverture

Italie, hiver 1974. A bord d’une Mercedes crème, Marlene fuit à travers le Sud-Tyrol. Elle laisse derrière elle son mari, Herr Wegener, et emporte les saphirs qui lui avaient été confiés par la puissante mafia locale. Alors que, devenu fou, il retourne la région pour la retrouver, Marlene prend un mauvais virage et perd connaissance dans l’accident. Simon Keller, un Bau’r, un homme des montagnes, la recueille et la soigne. Marlene se remet petit à petit dans un chalet isolé, hors de portée de poursuivants pourtant infatigables, et fait un jour la connaissance de Lissy, le grand amour de Simon Keller.

Editeur: Denoël (coll. Sueurs Froides), 448 pages, date sortie: 11 octobre 2018

L’essence du mal – Luca d’Andrea

L’essence du mal – Luca d’Andrea

Un premier roman à découvrir de toute urgence !

Jeremiah, un jeune réalisateur de documentaire, quitte New York pour s’installer à Siedenhoch, petit village du Tyrol d’où sa femme est originaire.  Un premier drame survient et touche Jeremiah (non, je ne vous dirai rien).  Traumatisé, souffrant de terribles cauchemars, il remonte doucement la pente quand il entend parler du massacre de Bletterbach. Un triple horrible homicide qui s’est déroulé il y a 30 ans, trois jeunes gens assassinés dans la forêt.  L’affaire n’a jamais été résolue, les habitants ne veulent pas en parler, comme s’ils cachaient tous quelque chose. Pour sortir de son traumatisme et se sentir vivant à nouveau, Jeremiah se lance éperdument dans la quête de la vérité, envers et contre tout.

Luca d’Andrea nous immerge complètement dans ce petit village d’apparence tranquille, il nous fait ressentir l’ambiance oppressante de ce huis clos, les légendes, les mythes, la méfiance des villageois envers les étrangers.  Un roman qui nous happe complètement pour jouer avec nos peurs et nos angoisses profondes.

Luca d’Andréa nous raconte l’obsession d’un homme à découvrir la vérité, une obsession plus forte que tout.  Tout le monde lui conseille d’arrêter ses recherches, y compris son épouse.  Mais en dépit de l’hostilité croissante, Jeremiah s’obstine à creuser dans le passé et à remuer les drames anciens.  Il doit aller jusqu’au bout, il doit savoir, c’est plus fort que lui, au risque de perdre sa famille et même sa vie.
Va t il découvrir la terrifiante vérité et la malédiction qui pèse sur le village ?

La montagne est un protagoniste important dans le roman, les paysages hostiles, les sentiers escarpés, les canyons,  les crevasses, les forêts enneigées, les grottes préhistoriques où sommeillerait un monstre, brrr tout ça donne froid dans le dos.

L’auteur a une maîtrise absolue du récit. Le suspense ne faiblit pas un seul instant, nous avançons avec Jeremiah d’une fausse piste à l’autre, nous  ressentons son obstination, son découragement, nous tremblons, nous avons peur avec lui.  Nous sommes aussi sous le charme de sa fille Clara, une gamine pétillante et attachante et de son beau père Werner, un personnage d’une force incroyable.

Le rythme est enlevé et addictif, j’ai avalé les 464 pages en deux jours. L’écriture est très visuelle, le style est fluide et le ton assez unique.

Un premier roman impressionnant, une balade montagnarde à couper le souffle, un voyage terrifiant qui vous hantera.  Allez y, n’ayez pas peur, c’est excellent !

Je remercie chaleureusement les éditions Denoël pour leur confiance.

 

4ème Couverture

En 1985, dans les montagnes hostiles du Tyrol du Sud, trois jeunes gens sont retrouvés morts dans la forêt de Bletterbach. Ils ont été littéralement broyés pendant une tempête, leurs corps tellement mutilés que la police n’a pu déterminer à l’époque si le massacre était l’oeuvre d’un humain ou d’un animal. Cette forêt est depuis la nuit des temps le théâtre de terribles histoires, transmises de génération en génération. Trente ans plus tard, Jeremiah Salinger, réalisateur américain de documentaires marié à une femme de la région, entend parler de ce drame et décide de partir à la recherche de la vérité. A Siebenhoch, petite ville des Dolomites où le couple s’est installé, les habitants font tout – parfois de manière menaçante – pour qu’il renonce à son enquête. Comme si, à Bletterbach, une force meurtrière qu’on pensait disparue s’était réveillée.

Editeur: Denoël, 464 pages, date sortie: 26 octobre 2017