La mer qui prend l’homme – Christian Blanchard

La mer qui prend l’homme – Christian Blanchard

Trois ex militaires de la guerre d’Afghanistan ont du mal à se réintégrer dans la société, ils souffrent de stress post traumatique. Ils vont embarquer à bord du Doux Frimaire, un chalutier de pêche en partance pour la mer d’Irlande. L’expérience est suggérée par le lieutenant Emily Garcia des services sociaux de l’armée française. L’idée de cette thérapie de choc est de les immerger dans un contexte extrêmement dur pour éradiquer leurs peurs et les guérir. Elle embarque à leurs côtés pour les encadrer et s’assurer que tout se passe bien, ce sera la seule femme à bord.
Sur l’île de Batz, Walter Colley, un copain des trois autres, semble s’être suicidé en incendiant sa maison. Saadia Aleph va mener l’enquête mandatée par sa compagnie d’assurance, elle sent quelque chose de pas net. Les deux histoires s’entremêlent et finissent par se rejoindre.

Préparez vous à tanguer de tous les côtés sur la mer déchainée, mal de mer garanti, vous voilà prisonnier des vagues dans un huis clos glaçant. Entre les secrets, les histoires de vengeance et de paranoïa, rien ne se passe comme prévu, les choses vont sérieusement déraper jusqu’au bain de sang.

Les chapitres alternent à merveille entre présent et passé rendant la lecture très dynamique. D’un côté la vie à bord du chalutier, les dures conditions des marins dans le froid et l’humidité; de l’autre les embruns de l’île de Batz et la minutieuse enquête de Saadia décidée à faire la lumière sur cet étrange suicide; entre les deux, les souvenirs d’Afghanistan, l’histoire de nos trois protagonistes, le terrible secret qui les lie et une plongée dans leur psyché abimée.

Le lecteur n’a pas beaucoup de répit pour souffler.  Une tension s’installe très vite, elle monte crescendo au fil du récit, la violence larvée est bien présente, prête à exploser à chaque moment. Les pages se tournent toutes seules, même si on connait le dénouement, l’histoire est captivante, très bien ficelée, on sent que l’auteur nous manipule à souhait et on a envie de comprendre ce qui s’est réellement passé à bord du navire pour aboutir à un tel carnage.
J’ai fort accroché à l’histoire mais la tension est retombée sur la fin que j’ai trouvé très tirée par les cheveux. Il m’a manqué quelque chose !  Un très bon moment lecture dans l’ensemble. A découvrir !

Pour info: ce roman est paru aux éditions Palémon en 2014, sous le titre Pulsions salines.

Je remercie chaleureusement les éditions Belfond pour leur confiance.

4ème Couverture

Au large des côtes du Finistère, un chalutier à la dérive est localisé. Lors de l’opération de sauvetage, une femme est retrouvée dans une remise, prostrée, terrorisée et amnésique. Le reste de l’équipage a disparu.
Parmi eux se trouvaient trois anciens militaires français. Xavier Kerlic, Franck Lecostumer et Paul Brive avaient embarqué sur le Doux Frimaire à Concarneau, encadrés par le lieutenant Emily Garcia, des services sociaux de la Défense. Celle-ci devait expérimenter avec eux une méthode de lutte contre le stress post-traumatique en les insérant dans un groupe d’hommes soudés par de rudes conditions de travail – les marins du Doux Frimaire.
 » Je ne le sens pas, ce coup. Qu’est-ce qu’on vient faire dans cette galère ?  » avait lancé Franck en montant à bord, avant que le chalutier ne lève l’ancre en direction de la mer d’Irlande et ne disparaisse des radars…

Editeur: Belfond, 320 pages, date sortie: 18 octobre 2018