La pension de la via Saffi – Valerio Varesi

Un grand roman noir d’une rare sensibilité, empreint d’amertume et de nostalgie !

Deuxième enquête du commissaire Soneri, découvert dans Le Fleuve des brumes.

Le roman débute la veille de Noël avec la mort de Ghitta Tagliani, propriétaire d’une pension au centre de Parme.  Le commissaire est appelé sur les lieux. Il connait bien Ghitta et la pension, il y a logé durant ses études et c’est même là qu’il y a rencontré Ada, son épouse, brutalement décédée durant son accouchement.

En débutant son enquête, il fouille dans les papiers de Ghitta et trouve une photo d’Ada accompagnée d’un autre homme. Ses vieux fantômes ressurgissent, ses souvenirs douloureux, ses blessures. Parallèlement à son enquête, il cherchera la vérité sur la vie de son épouse.

Les choses ont bien changé depuis les années 70, la pension pour étudiants s’est transformée en maison de rendez vous pour couples illégitimes.  Soneri découvre une Ghitta qu’il ne connaissait pas, une vieille dame assoiffée de revanche sociale, vénale, sans état d’âme, qui s’est servie des secrets de la ville pour exercer des chantages sans nom.  Serait ce là le motif de son assassinat ?

Le lecteur qui accepte de s’enfoncer dans l’ambiance envoûtante, enveloppante de Parme pour se perdre dans le brouillard hivernal de ses ruelles découvrira un fabuleux roman, empreint de nostalgie, de mélancolie et d’amertume.

Un grand roman noir, un brin vintage avec une ambiance désuète à la Simenon.

Soneri, amateur de bonne cuisine et de bons vins tourne en rond dans les quartiers de Parme, il prend son temps et mène l’enquête avec une certaine lenteur, il doute, il se questionne, il interroge un SDF et le barbier Belatti (seul survivant des petits commerçants).  Il ne reconnait plus sa ville, elle a perdu son âme, tous les petits commerces ont disparu au profit de magouilles immobilières.

Nous découvrons la mémoire cruelle de Parme, du fascisme aux années de plomb avec toutes ses corruptions politiques, sociales et criminelles.  La ville est un personnage à part entière dans ce roman et Valerio Varesi y insuffle tout son amour à travers sa magnifique plume d’une rare poésie.

Le commissaire devra percer beaucoup de secrets pour débusquer le coupable.  Y parviendra t il ?

Je remercie chaleureusement les éditions Agullo pour leur confiance.

4ème Couverture

« Les villes sont comme les enfants, elles changent d’année en année et si tu restes un moment sans les voir, tu ne les reconnais plus. Mais au fond, ce sont toujours les mêmes. »

Dans ce deuxième opus, Valerio Varesi nous entraîne dans une Parme fantomatique et glaciale où les souvenirs personnels du commissaire se heurtent de plein fouet à l’amnésie généralisée. Vingt-cinq ans plus tard, que sont devenus les combats et les luttes du passé et qui s’en souvient ?
À quelques jours de Noël, alors que la morsure du froid envahit Parme, Ghitta Tagliavini, la vieille propriétaire d’une pension du centre-ville est retrouvée assassinée dans son appartement. L’enquête est confiée au commissaire Soneri mais cette affaire fait ressurgir un drame enfoui : c’est dans cette pension pour étudiants de la via Saffi qu’il rencontra jadis sa femme, Ada, tragiquement disparue peu après leur mariage.

En s’enfonçant dans le brouillard épais comme on traverserait un miroir, Soneri va découvrir un univers bien plus sordide que ses souvenirs. L’aimable logeuse se révèle être une femme sans scrupules, enrichie par la pratique d’avortements clandestins et derrière la modeste pension, se cache en réalité un monde vivant de haine et de chantage, frayant avec le cynisme de cercles politiques corrompus.

Pour trouver l’assassin, le commissaire devra se confronter à l’épreuve du temps et à la vérité sur la vie et la mort d’Ada. Car qui est cet homme qui pose à côté d’elle sur cette photographie jaunie ?

Editeur: Agullo, 320 pages, date sortie: 23 mars 2017

2 réflexions au sujet de « La pension de la via Saffi – Valerio Varesi »

  • 12 octobre 2017 à 13 h 53 min
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    J’ai beaucoup apprécié cette galerie pittoresque de personnages, l’ambiance de cette ville plongée dans un perpétuel brouillard au sens propre comme au sens figuré.

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    • 12 octobre 2017 à 14 h 57 min
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      Contente qu’il t’ait plu. Une très belle plume. L’auteur a d’ailleurs reçu le prix Violeta Negra au festival Toulouse polars du sud pour son premier roman « Le fleuve des brumes » .

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