Mémoires secrets d’un valet de coeur – Brigitte Aubert

Le charme désuet d’Agatha Christie…

J’ai beaucoup lu Brigitte Aubert à une époque (c’est vieux, ça remonte à quinze ans), je peux même dire que c’est une vieille histoire d’amour entre nous. Quelques titres au passage: Transfixions, La mort des bois, Funérarium, Les quatre fils du Dr March… des petits bijoux noirs, glauques et sanglants. Si je les avais chroniqué à l’époque, j’aurais dit « âme sensible s’abstenir ».

C’est donc avec une certaine excitation que j’ai ouvert son dernier roman.

Nous sommes en 1910, la Belle époque à Paris, dans un claque chic pour messieurs préférant les messieurs, on y croise Proust et Nijinsky. Dédée, vingt ans, né André y travaille, c’est même une star, on l’appelle la Princesse.  Un premier travesti est sauvagement assassiné, d’autres suivront. Dédée se transforme en enquêteuse à la poursuite de l’assassin, elle sera aidée par le docteur Féclas, médecin légiste.

Une enquête assez classique, rondement menée, qui lorgne vers Agatha Christie. Nous assistons aux débuts de la police scientifique avec les nouvelles techniques d’investigation.

C’est caustique, savoureux, fin, empli d’humour et de désinvolture.  L’écriture est légère, désuète, pleine de gouaille.

J’ai pris du plaisir à le lire, je me suis régalée mais ce n’est pas le roman de l’année.  Brigitte Aubert s’est assagie, je la préférais avec son style gore et son habit de noirceur.

Je remercie chaleureusement les éditions Le Seuil pour leur confiance.

 

4ème Couverture

Paris, 1910. La ravissante Dédée, née André vingt ans plus tôt, officie dans le très huppé et fort discret hôtel Sélignac, claque pour messieurs qui apprécient les travestis. Tout roule pour ces  » dames « , à l’abri des violences du monde extérieur grâce à des protections en haut lieu, jusqu’au jour où l’on découvre l’une d’elles la gorge tranchée, émasculée. Seul indice : une médaille miraculeuse plantée dans son corps. Incarnation froufroutante de la Parisienne, Dédée, qui se morfond dans son écrin de velours rouge, saute sur l’occasion. Grâce au manuel du professeur Lacassagne et à la lecture assidue de revues spécialisées, elle a quelques notions de police scientifique, assez pour se lancer dans l’investigation ! Mais la tâche se complique quand d’autres meurtres sont commis en divers lieux de la ville, selon le même mode opératoire sanglant et fétichiste. Que ferait-elle sans le soutien du docteur Féclas, un remarquable médecin légiste, magicien à ses heures perdues, amant de Nijinski et ami de Marcel Proust ?

Six décennies plus tard, Dédée a quatre-vingt-deux ans, elle écoute Sardou et se souvient de sa belle époque. Dans ces mémoires, le récit de ses exploits d’enquêteur se double de l’évocation savoureuse d’un monde révolu : une touche de Grand-Guignol, beaucoup de gouaille et un brin de nostalgie.

Editeur: Le Seuil, 320 pages, date sortie: 14 septembre 2017

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