Les hordes invisibles – Louise Mey

Bouleversant…

J’ai découvert Louise Mey avec son deuxième roman Embruns. J’étais impatiente de replonger dans son univers. Les hordes invisibles est la suite de Ravagées (que je n’ai pas lu). L’histoire se lit indépendamment sans aucun problème, même si nous trouvons beaucoup de références au premier tome.

Les hordes invisibles est à dix mille lieues d’Embruns.
Nous sommes au sein de la brigade des crimes et délits sexuels, en compagnie d’Alex et Marco. Nous les suivons dans leur quotidien, entrain d’enquêter sur une nouvelle affaire: trois femmes harcelées, insultées et menacées sur la toile.  Elles viennent porter plainte, mais comment retrouver les nombreux ‘harceleurs’ bien planqués derrière leurs écrans ?

J’ai pris une claque phénoménale à la lecture de ce roman d’un réalisme glaçant et d’une terrible violence. Une lecture dure, très dérangeante qui m’a mise en colère et remué les tripes plus d’une fois !

J’ai d’ailleurs failli abandonner.  La première partie est un peu longue, une forme d’enquête journalistique sur les violences faites aux femmes.  Les viols et les juges machos qui ne les reconnaissent pas, les insultes, les agressions dans le métro, le silence et la peur, le cyber-harcèlement, les plateformes d’hébergement de certains sites dédiés aux gamers qui ne pensent qu’à l’argent en se fichant éperdument du reste. L’humain dans toute sa noirceur. Une hypocrisie immonde qui donne envie de vomir ! Louise Mey n’invente rien, elle a fait un énorme travail de recherche, les chiffres et statistiques avancées sont vérifiés et proches de la réalité.
Révoltant et désespérant en 2018 !

Ensuite, l’histoire prend un virage à 180° et l’enquête policière démarre réellement.  C’est violent, brut et sans concession. Les flics débordés devant les piles de dossiers se donnent à 100%, ils font au mieux avec le manque de moyens et derrière, la justice et les magistrats qui ne font pas grand chose.
La plume de l’auteure est incisive, acérée et percutante. Le rythme s’accélère, les rebondissements se multiplient, la tension grimpe, je retiens mon souffle, je suis scotchée à ma lecture que je termine d’une traite sans pouvoir m’arrêter.

Louise Mey ose un roman choquant et engagé -certes, un peu didactique et lourd par moment- en phase avec une réalité trop peu connue, devant laquelle nous avons tous tendance à fermer les yeux.

Lisez le, ouvrez les yeux, même si ça fait mal… ne passez surtout pas à côté ! Et parlez en autour de vous !
Une lecture d’utilité publique, qui devrait être obligatoire dans les lycées pour ouvrir le débat et éveiller les consciences.

Je remercie chaleureusement les éditions Fleuve Noir pour leur confiance.

4ème Couverture

 » Il n’avait rien de spécial. Il était le visage dans la foule, le copain, le frère, le fils, il était ordinaire et sa capacité à la haine aveugle n’en semblait que plus inquiétante.  »
Francesca. Ilana. Clémentine. Des femmes comme elles, il y en a des milliers, qui prennent la parole sur les réseaux sociaux. Et de l’autre côté de l’écran, dans l’intimité d’une chambre ou la foule d’une rame de métro, des hommes guettent, harcèlent, menacent de viol ou de mort. Sous pseudonyme, en ligne et en liberté. Et avec le sentiment d’une totale impunité.

Le quotidien d’Alex et Marco au sein de la Brigade des crimes et délits sexuels n’obéit qu’à un credo : fais comme tu peux. Sauf qu’Alex a décidé d’arrêter la bière, son antidote n°1 à l’angoisse – juste derrière sa fille et les statistiques, qu’elle compile obstinément. Le jour où les plaintes de Francesca, Ilana et Clémentine arrivent sur son bureau, des difficultés nouvelles surgissent. Comment traquer des individus sans signe distinctif et qui ne laissent aucune trace ?

Editeur: Fleuve Noir, 448 pages, date sortie: 24 mai 2018

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