La rivière de l’oubli – Cai Jun

Dépaysement garanti !

Surnommé le « Stephen King chinois », Cai Jun a 40 ans. Ses romans se sont vendus à plus de 13 millions d’exemplaires. Très attirée par la culture chinoise, je ne pouvais passer à côté de cette découverte.

Shen Ming, jeune et brillant professeur est suspecté d’avoir assassiné une lycéenne, morte empoisonnée par une nuit de juin 1995. Quelques jours plus tard, il est retrouvé poignardé près de l’école. Son meurtre suit celui du censeur du lycée. La police n’y comprend rien et ne réussit pas à élucider ces trois meurtres sans lien apparent entre eux. Neuf ans plus tard, le mystère reste entier. Un gamin précoce du nom de Si Wang semble être la réincarnation de Shen Ming revenu résoudre le mystère de sa mort. Ses présumés meurtriers sont envoyés, un à un, ad patres. Aurait il traversé la rivière de l’oubli pour se réincarner et obtenir sa vengeance ?

La réincarnation occupe une place importante dans ce thriller qui nous fait voyager dans la Chine communiste. Nous découvrons une culture, des croyances, des traditions et coutumes si différentes des nôtres. Le récit est truffé de références, de citations poétique et littéraires chinoises.

Ceux qui ne sont pas familiers de la culture chinoise rencontreront peut être quelques difficultés pour entrer dans l’histoire et risquent d’être déstabilisés par l’impressionnante galerie de personnages et autant de noms compliqués qui se ressemblent tous (un lexique en début d’ouvrage permet au lecteur de s’y retrouver). Ils devront aussi s’habituer au tutoiement utilisé en Chine, quelque soit l’âge ou le statut de personnes.

L’histoire est longue, très dense, elle se déroule sur vingt ans, de 1995 à 2014 (avec un flash back en 1983).  Si elle démarre rapidement, elle est loin d’être linéaire, elle va et vient dans le temps sans aucune logique.
L’enquête est très originale mais complexe et assez difficile à suivre. Le lecteur s’embrouille, il doit s’accrocher pour suivre la pensée « zigzagante » de l’auteur et les nombreux personnages. Heureusement, chaque chapitre débute par une date et  l’âge des personnages est souvent rappelé pour que le lecteur ne perde pas complètement le fil.

J’émettrai un gros bémol, hélas ! Les nombreuses répétitions et longueurs finissent par lasser (ou perdre)  le lecteur dans la seconde moitié du récit, difficile de rester sous tension et en haleine durant 484 pages quand on se perd dans les ramifications et les détails, il faudra beaucoup de patience pour arriver aux surprenantes révélations finales.

Les amoureux de la culture chinoise se régaleront. Les autres, les curieux qui tenteront l’aventure découvriront un pays, une culture, une ambiance… un voyage intéressant malgré le gros bémol.

Je remercie chaleureusement les éditions XO pour leur confiance.

4ème Couverture

Chine du Nord, juin 1995.
Shen Ming, jeune et brillant professeur, est suspecté d’avoir assassiné une lycéenne.
Quelques jours après, il est poignardé près de l’école, dans une usine désaffectée.

Neuf ans plus tard, le mystère s’épaissit.
Les présumés meurtriers du professeur sont envoyés, eux aussi, au royaume des morts.
La rumeur se répand alors : et si Shen Ming avait traversé la rivière de l’Oubli pour se réincarner et se venger ?

Editeur: XO, 484 pages, date sortie: 13 septembre 2018

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