Innocente – Amy Lloyd

Innocente – Amy Lloyd

Les femmes fascinées par les hommes emprisonnés pour meurtre. Voilà une thématique intéressante pour ce thriller psychologique qui se voit couronné du Prix Douglas Kennedy du meilleur thriller étranger-VSD/RTL.

Un premier roman plutôt original à l’ambiance ambigüe et très particulière.  Un récit psychologique qui pose de bonnes questions sur la justice, la culpabilité, l’innocence,  les procédures, la pression des médias, le rôle des réseaux sociaux, la liberté… est-on vraiment libre en sortant de prison ? Amy Lloyd  nous immerge complètement dans la lourdeur, la noirceur du système et parvient à maintenir un état de tension quasi permanente chez le lecteur.

Un roman en deux parties, la prison et l’après-prison.   Dennis est dans le couloir de la mort, Sam en tombe amoureuse et quitte tout pour l’épouser. Dennis est finalement libéré après vingt ans,  nous le suivons dans son nouveau couple.  Est-il possible de se réadapter à la vie ordinaire après tout ce temps derrière les barreaux ?

Un rythme en dent de scie, inégal, un démarrage en force, beaucoup de longueurs au milieu de l’histoire. Et une dernière partie qui s’accélère et fait grimper la tension jusqu’à la fin plus que précipitée.

Pas d’enquête policière dans ce roman centré à 100% sur la psychologie et la relation entre les deux personnages principaux.

J’ai hélas rencontré un gros problème: j’ai détesté l’héroïne, naïve, fragile, nunuche, énervante, entrain de pleurer ou de se plaindre.  Elle m’a gravement tapé sur le système. Résultat: difficile de trouver du plaisir et d’entrer pleinement dans ma lecture.

Un premier roman prometteur, plein de qualités mais j’en ressors à moitié conquise et je vous encourage vivement à vous faire votre avis. Ce sera peut être votre prochain coup de coeur !

Je remercie chaleureusement les éditions Hugo Thriller pour leur confiance.

4ème Couverture

Si elle lui fait confiance, pourquoi a-t-elle peur de lui ?
Il y a vingt ans, Dennis Danson était arrêté et emprisonné pour le meurtre d’une jeune fille à Red River, une petite ville de Floride. Alors qu’il est dans le couloir de la mort, Netflix prépare un documentaire sur son histoire pour obtenir la révision de son procès. Les nombreuses erreurs judiciaires commises en attestent : l’arrestation de Danson ressemble à un coup monté.
À des milliers de kilomètres de là, en Angleterre, Samantha, une jeune enseignante, suit le dossier de Dennis avec obsession. Ils commencent une relation épistolaire puis, très vite, Samantha laisse sa vie et ses démons derrière elle pour rejoindre Dennis, l’épouser et œuvrer à sa libération.
Lorsque Dennis est finalement libéré, leur retour à Red River va plonger Samantha dans les eaux troubles d’une communauté recluse, pétrifiée par la haine et hantée par les fantômes de son passé. Mais qui croire et vers qui se tourner, lorsque chacun semble mentir pour protéger ses propres
secrets ?

Editeur: Hugo Thriller, 393 pages, date sortie: 15 mars 2018

Claustrations – Salvatore Minni

Claustrations – Salvatore Minni

Un auteur belge à découvrir…

Une belle surprise pour ce premier roman de Salvatore Minni, un auteur bruxellois.  Un court thriller psychologique à lire d’une traite pour rester complètement immergé dans cette étrange histoire et dans cette ambiance étouffante.

Une chronique très difficile à écrire sans en dire trop…

Je vous dirai juste que nous allons suivre le quotidien de quatre personnes subissant l’enfermement et la séquestration sous une forme ou une autre.  Ces personnes ne se connaissent pas mais…. elles sont liées par quelque chose.

L’auteur nous prend par la main dès le début, il nous emmène dans son jeu « bizarre » pour nous y perdre, nous bousculer, brouiller les pistes, nous manipuler et nous intriguer à souhait. Le lecteur s’interroge, il s’agace  car il avance dans le brouillard et ne comprend pas les liens entre les personnes, il tourne les pages frénétiquement pour sortir de ce cauchemar et sent monter l’angoisse en lui.

Un roman déroutant, addictif qui mettra vos nerfs à rude épreuve et vous tiendra en haleine jusqu’à la toute fin renversante… là où tout s’éclaire, là où tout prend sens, là où vous traitez de con de ne pas avoir compris plus tôt.

Entrez dans ce jeu très original, vous vous amuserez beaucoup !

MISE EN GARDE !!!!  Je me permets d’insister auprès de vous, si vous lisez ce roman,
entrez y sans lire de chroniques, ni écouter de vidéos (qui en dévoilent souvent trop).  Personnellement, j’avais tout deviné très tôt dans l’histoire, suite à une vidéo écoutée,
la copine qui parlait du livre n’a pas réalisé qu’elle spoliait TOUT, juste en parlant du thème.
Très dommage pour mon plaisir de lecture !

Je remercie chaleureusement Salvatore Minni pour sa confiance.

Une mention spéciale pour la très belle couverture.

4ème Couverture

Ils ne se connaissent pas et pourtant, ils portent le même tatouage sur le bras…
Clara, disparue depuis plusieurs semaines, se réveille un matin étendue sur le sol d’une cellule obscure et infestée d’insectes ; Monsieur Concerto tente de découvrir les raisons qui l’ont conduit dans une chambre d’isolement, tandis que Charles se cloître de son plein gré.
Chacun d’entre eux se retrouvera face à son destin. Mais, dans leur quête de la vérité, ils se rendront très vite compte que les apparences ne sont pas celles qu’ils croyaient…

Editeur: Nouvelles Plumes, 224 pages, date sortie: 19 octobre 2017

La disparue de Saint-Maur – Jean-Christophe Portes

La disparue de Saint-Maur – Jean-Christophe Portes

Une belle réussite

L’an dernier, j’ai été enthousiasmée en découvrant Jean-Christophe Portes et L’affaire de l’homme à l’escarpin .  C’est avec un réel plaisir que je me suis plongée dans son dernier roman.

Nous retrouvons Victor Dauterive, notre jeune et idéaliste gendarme, protégé par Lafayette, dans sa troisième enquête.  Je rassure d’emblée ceux qui s’inquièteraient, les trois tomes se lisent indépendamment sans aucun problème.

Il mène l’enquête sur la disparition d’une jeune aristocrate.  L’affaire s’avère très compliquée et mystérieuse, d’autant plus que les parents semblent ennuyés et craignent le scandale.  En toile de fond, le sort réservé aux femmes et leur place dans la société. Parallèlement, son mentor Lafayette lui demande d’enquêter sur Pétion, le candidat rival à la mairie.

Le lecteur s’attache de plus en plus à Victor Dauterive, il prend de l’épaisseur au fil des enquêtes, tout jeune et idéaliste certes mais moins naïf que dans les précédents épisodes.  Il sera à nouveau aidé par Olympe De Gouges, femme de lettres, féministe de la première heure, plus que jamais déterminée.

L’auteur mélange savamment la grande Histoire à une passionnante enquête policière, la fiction aux faits historiques réels.  Il nous immerge complètement dans l’ambiance du Paris du XVIII ème. Les complots, délations, les luttes d’influence, les corruptions politiques, les secrets bien gardés, les pièges et conspirations, les coups bas, tout est permis dans cette France révolutionnaire.

Une intrigue est bien ficelée, intelligente, passionnante de bout en bout et pleine de rebondissements.  Aucune longueur, aucun ennui malgré les 528 pages.

Au risque de me répéter, Jean-Christophe Portes est un conteur hors pair, d’une grande érudition. J’ai passé un excellent moment en compagnie de La disparue de Saint-Maur.

Si vous aimez les polars historiques, les enquêtes de Nicolas Le Floch de Jean François Parot… foncez, vous allez adorer. C’est juste excellent !

Je n’ai qu’une petite réserve à émettre concernant la couverture un brin vieillotte, désuète et pas spécialement attirante.

Je remercie chaleureusement Jean-Christophe Portes et les éditions City pour leur confiance renouvelée.

4ème Couverture

En cet hiver 1791, la France est au bord du chaos. Depuis sa fuite à Varennes, Louis XVI est totalement discrédité. Royalistes et nouveaux députés se menacent, armes à la main et la tension est extrême.

C’est dans ce contexte explosif qu’Anne-Louise Ferrières disparaît. La belle et mystérieuse fille d’aristocrates désargentés, encore célibataire à trente ans, n’a pas été vue depuis une semaine. Et une semaine, avec ce froid polaire… Plus personne ne s’attend à la retrouver en vie.

Enlèvement ? Suicide ? Fuite ? Étrangement, la question semble laisser sa famille de glace. Loin de dissuader le gendarme Victore Dauterive, cette indifférence hostile excite sa curiosité. Et il flaire chez les Ferrières des manigances qui débordent largement le cadre familial…   Une enquête de Victor Dauterive dans la France révolutionnaire.

Editeur: City, 528 pages, date sortie: 15 novembre 2017

Le mal en soi – Antonio Lanzetta

Le mal en soi – Antonio Lanzetta

La couverture nous met d’emblée l’eau à la bouche avec l’accroche « le Stephen King italien ».  Magnifique accroche mais personnellement, je n’y ai vu aucun lien, sinon que le roman fait référence à l’adolescence.
Une bande de quatre ados amis « pour la vie » en 1985, quatre ado innocents, insouciants qui découvrent la vie et dont la vie va voler en éclat. L’auteur nous fera voyager entre présent et passé. Deux époques, deux histoires parallèles racontées par deux héros différents hantés par leur enfance et leur culpabilité.  Un meurtre en 1985, un autre aujourd’hui, ils sont forcément liés, un tueur en série sévit depuis trente ans ou plus, le passé ressurgit et les cicatrices vont s’ouvrir.

Nous sommes complètement immergés dans ce petit village italien de Castellacio où personne n’a de secret pour personne. L’intrigue n’est vraiment pas originale, déjà vue et revue.  Vu l’accroche, je m’attendais à quelque chose de plus percutant.  J’épinglerai cependant la noirceur du récit et l’ambiance sombre, la belle plume de l’auteur et sa galerie de personnages empathiques.

Un roman court, plutôt addictif que j’ai lu en une après midi.  Je n’ai pas été totalement convaincue et n’en garderai pas un souvenir impérissable.  A vous de voir ! Et comme je dis toujours, ceci n’est que mon humble avis.

Je remercie chaleureusement les éditions Bragelonne pour leur confiance.

4ème Couverture

Automne 2016. Castellacio, petit bourg du Sud de l’Italie. Le cadavre d’une jeune fille est retrouvé pendu par les poignets avec du fil barbelé aux branches d’un saule. Sa tête décapitée gît entre les racines, ses yeux vitreux fixent Damiano Valente. Valente, c’est le Chacal, un écrivain à succès de « true crime », hanté par le passé et condamné à traîner sa jambe brisée. Depuis trente et un an, il traque sans relâche le meurtrier de Claudia, sa meilleure amie sauvagement assassinée au cours de l’été 1985. Aidé de son ami le commissaire De Vivo, il se lance sur les traces de celui que la presse a baptisé « l’homme du saule ».

Été 1985. Castellaccio, Flavio, jeune orphelin originaire de Turin, débarque chez son grand-père après la mort de sa mère. Rien n’est gagné d’avance avec cet homme bourru. En compagnie de ses nouveaux amis Stefano, Claudia, Damiano et du brave Jack, énorme chien au pelage noir, Flavio découvre l’insouciance, l’amour, la vie loin de Turin, dans la magnifique région du Cilento, à quelques coups de pédales de la mer et de la montagne. Et si le bonheur était à portée de main ? C’est oublier un peu vite que le mal n’est jamais loin…

Editeur: Bragelonne, 288 pages, date sortie: 14 mars 2018

Le fleuve des brumes – Valerio Varesi

Le fleuve des brumes – Valerio Varesi

J’ai découvert Valerio Varesi l’an dernier avec La pension de la via saffi, une très belle surprise.
Cette année, j’ai eu la chance de participer à l’aventure du SP Voyageur sans frontières organisé par Lau Lo du blog Evadez-moi (je la remercie vivement au passage).  C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé le commissaire Soneri dans sa première enquête traduite en français.

Un pur roman d’atmosphère à la saveur toute particulière.  Nous sommes dans le nord de l’Italie, dans la région de Parme, il pleut sans relâche depuis quatre jours et le fleuve Pô -personnage à part entière- est en crue.
Valerio Varesi et sa plume subtile, fine, poétique nous immerge complètement dans cette ambiance humide, moite, froide et brumeuse.

La péniche de Tonna, un vieux batelier de 80 ans, dérive sur le fleuve avant de s’échouer  sans personne à bord.  Où est passé Tonna ?  Le lendemain, un vieil homme est retrouvé défenestré dans la cour d’un hôpital, c’est le frère de Tonna.  Mort accidentelle ou non ? La coïncidence est plus que troublante, d’autant que les deux frères avaient des liens avec l’Italie fasciste des années 40.

Le commissaire Soneri est chargé de la double enquête. Deux enquêtes complexes, aux ramifications multiples qui plongent dans un passé douloureux peuplé de terribles souvenirs qu’on tente d’oublier et hanté par les fantômes des fascistes, des résistants, des chemises noires, des communistes.  La haine et les rancoeurs sont encore bien présentes.   Il va devoir fouiller les secrets inavouables pour déchirer le voile d’un passé peu glorieux.
Soneri est un personnage très attachant, un fouineur au flair infaillible, assez proche de Maigret.  Un épicurien amateur de parmesan, de bonne bouffe, de vin et de cigare.
Il  parle peu, écoute beaucoup, il observe, prend son temps, progresse lentement au rythme de la crue et décrue du fleuve. D’une patience à toute épreuve, bien nécessaire pour démêler les fils du passé.

Un polar sombre au charme tout particulier, empreint de mélancolie et de regrets.  J’ai beaucoup aimé.

Embarquez, laissez vous porter par les méandres du fleuve, sentez la brume vous envelopper et vous hypnotiser, vous ne regretterez pas le voyage.
Amateurs de polars d’action au rythme infernal, emplis d’adrénaline, passez vite votre chemin.

4ème Couverture

Dans une vallée brumeuse du nord de l’Italie, la pluie tombe sans relâche, gonflant le Pô qui menace de sortir de son lit. Alors que les habitants surveillent avec inquiétude la montée des eaux, une énorme barge libérée de ses amarres dérive vers l’aval avant de disparaître dans le brouillard. Quand elle s’échoue des heures plus tard, Tonna, son pilote aguerri, est introuvable. Au même moment, le commissaire Soneri est appelé à l’hôpital de Parme pour enquêter sur l’apparent suicide d’un homme. Lorsqu’il découvre qu’il s’agit du frère du batelier disparu, et que tous deux ont servi ensemble dans la milice fasciste cinquante ans plus tôt, le détective est convaincu qu’il y a un lien entre leur passé trouble et les événements présents. Mais Soneri se heurte au silence de ceux qui gagnent leur vie le long du fleuve et n’ont pas enterré les vieilles rancœurs.
Les combats féroces entre chemises brunes et partisans à la fin de la guerre ont déchaîné des haines que le temps ne semble pas avoir apaisées, et tandis que les eaux baissent,
la rivière commence à révéler ses secrets : de sombres histoires de brutalité, d’amères rivalités et de vengeance vieilles d’un demi-siècle…

Editeur: Agullo, 320 pages, date sortie: 16 mai 2016

Le journal de ma disparition – Camilla Grebe

Le journal de ma disparition – Camilla Grebe

Il y a tout juste un an, je découvrais Camilla Grebe avec son premier roman glaçant Un cri sous la glace.  Une magnifique révélation, une intrigue bluffante et une construction très originale.

Je me suis plongée dans cet opus avec une grande excitation. Pas évident de négocier le virage du deuxième roman, le pari est plutôt réussi avec ce très bon thriller.

Nous sommes à Ormberg, petite ville suédoise en déclin, avec une affaire de cold case.  Deux corps sont retrouvés quasiment au même endroit à huit ans d’intervalles. Peter et Hanne sont de la partie sans être les personnages principaux. Ils disparaissent subitement au cours de leur enquête. L’histoire sera racontée par Malin, une toute jeune flic ambitieuse et Jake, un adolescent bizarre qui porte un lourd secret.

Une belle intrigue bien ficelée qui voit s’entremêler plusieurs histoires, des personnages attachants et intéressants, une écriture fluide, quelques rebondissements imprévus, une certaine tension tout au long du récit, quelques lenteurs et longueurs dans la première partie et une magnifique fin que je n’ai pas vu venir.

Une lecture (un peu trop classique à mon goût) que je recommande vivement aux amateurs de thrillers scandinaves, même si je n’ai pas eu le coup de coeur attendu.

Il n’est pas nécessaire d’avoir lu Un cri sous la glace pour apprécier pleinement ce deuxième opus.

Je remercie chaleureusement les éditions Calmann-Lévy pour leur confiance renouvelée.

4ème Couverture

Il y a huit ans, la jeune Malin, alors adolescente, a découvert une fillette enterrée dans la forêt de Ormberg, une ville suédoise isolée. On n’a jamais pu identifier la petite victime.

Devenue une jeune flic ambitieuse, Malin est affectée auprès de Hanne, la célèbre profileuse, et de l’inspecteur Peter Lindgren, qui reprennent l’affaire. Mais Peter disparaît du jour aunlendemain, et Hanne est retrouvée blessée et hagarde dans la forêt.

Le seul témoin est un adolescent qui aime errer dans les bois enneigés, la nuit. Sans le dire à personne, il récupère le journal que Hanne a laissé tomber et se met à le lire, fasciné…

Désormais seule dans son enquête, Malin est appelée sur les lieux du tout premier crime : une nouvelle victime a été découverte. Et si tous ces faits étaient tragiquement liés ?

Editeur: Calmann-Lévy Noir, 432 pages, date de sortie: 7 mars 2018

Sauf – Hervé Commère

Sauf – Hervé Commère

Coup de coeur !

Je me souviens avoir moyennement aimé « Ce qu’il nous faut c’est un mort » d’Hervé Commère.
La quatrième couverture de SAUF m’a immédiatement attirée, je m’y suis lancée sans réfléchir et la surprise a été totale.

J’ai accroché dès le premier chapitre, j’ai dévoré le livre en une journée avec un immense plaisir de lecture.

Une incroyable intrigue, d’une grande complexité mais rendue fluide par une construction parfaitement millimétrée et le grand talent de l’auteur.

Ne vous attendez surtout pas à lire un thriller classique, SAUF est une histoire de dingue, vraiment pas banale, qui vous surprendra de bout en bout. Un récit en forme de puzzle ou de poupées russes qui emporte complètement le lecteur et le manipule avec brio.

Quand le passé ressurgit, nous rattrape et qu’un petit grain de sable fait basculer la routine d’une vie bien rangée vers l’extraordinaire.  Mat, un personnage « ordinaire » se voit poussé au delà de ses limites, il remonte le fil de son passé, de ses souvenirs et enquête sur son enfance pour découvrir une terrible vérité.
Qui est réellement Mat et pourquoi lui en veut-on autant ?

Une passionnante recherche de la vérité, une quête d’identité, une histoire d’amour, une magnifique galerie de personnages, une chasse à l’homme, des secrets lourds du passé, l’enfance, le poids de la famille, nos choix, notre loyauté au clan m’ont fait vibrer tout au long de ce fabuleux roman.

Les révélations laissent la place aux nombreuses questions, impossible de poser ma lecture tant j’ai envie de savoir. Le suspense intense, les chapitres courts et les nombreuses surprises me font tourner les pages très vite.

« Combien de temps reste-t-on prisonnier de son enfance ? »

SAUF… un roman très original avec un supplément d’âme.  J’ai adoré !

Je remercie chaleureusement les éditions Fleuve pour leur confiance renouvelée.

4ème Couverture

L’année de ses six ans, à l’été 1976, Mat a perdu ses parents dans l’incendie de leur manoir en Bretagne. Rien n’a survécu aux flammes, pas le moindre objet.
Mat est aujourd’hui propriétaire d’un dépôt-vente. Comme à chaque retour de congés, il passe en revue les dernières acquisitions. La veille, ses employés ont récupéré un album photos à couverture de velours. Sur chaque page de cet album, des photos de lui enfant. Sauf que cet album ne devrait plus exister. Il ne peut pas exister. Et pourtant…

Mat a toujours aimé se raconter des histoires, mais à quarante ans passés, il semblerait que la sienne lui ait échappé. De Montreuil à la pointe du Finistère, cherchant à comprendre quel message la vie veut lui adresser, il traquera les vérités, ses vérités, celles que recèle un album de famille resurgi brutalement des décombres.

Editeur: Fleuve noir, 272 pages, date de sortie: 8 mars 2018

Les soeurs de Fall River – Sarah Schmidt

Les soeurs de Fall River – Sarah Schmidt

Bienvenue dans la famille Borden

Ames sensibles, accrochez-vous…

Un crime célèbre a bouleversé les Etats Unis en 1892.
Lizzie découvre son père Andrew Borden et sa belle mère Abby sauvagement assassinés à la hache, baignant dans un bain de sang dans la maison familiale. La maison était fermée, seules Lizzie et la bonne Bridget étaient présentes au moment du drame. La soeur Emma séjourne chez une amie et l’oncle John était absent au moment des faits.  Qui a commis ces horribles crimes ? Les meurtres n’ont jamais été élucidés à l’époque. Lizzie sera accusée et très vite acquittée. Ce drame sanglant a suscité beaucoup de romans, BD, films, pièces de théâtre aux Etats Unis.

Quatre personnes vont raconter l’histoire tour à tour au travers de chapitres assez courts.

Lizzie, la coupable toute désignée. Une femme enfant de 32 ans à la personnalité très énigmatique, fantasque, impossible à cerner. Elle n’a rien vu, rien entendu au moment des meurtres.
Emma, sa soeur qui a fui le domicile familial pour échapper à l’emprise de Lizzie.  Une grande rivalité oppose les deux soeurs.
Bridget, la bonne qui rêve de repartir chez elle en Irlande.  Elle déteste la famille Borden et l’ambiance étrange de cette maison.
Benjamin, engagé par l’oncle John pour intimider le père Borden.  L’oncle John (frère de la première épouse Borden) a promis à sa soeur de veiller sur ses deux filles.

Sarah Schmidt ne tombe pas dans la surenchère atroce et sanglante.  Elle s’empare de cette histoire vraie pour nous offrir un roman choral psychologique envoûtant et terrifiant.  Elle réussit l’exploit de nous plonger dans l’ambiance étouffante, suffocante de cette demeure.  Elle nous fait ressentir la folie des membres de cette famille, leurs dysfonctionnements et les liens étranges qui les unissent  Elle met l’accent sur la relation fusionnelle perverse qui unit les deux soeurs.  Au fur et à mesure, les secrets se dévoilent, la tyrannie du père, la part d’ombre, la noirceur de chacun.  Le lecteur se sent englué, prisonnier de cette atmosphère lourde, macabre, malsaine, morbide.  Le malaise grandit en même temps que la fascination et le lecteur tremblera d’horreur jusqu’à la toute dernière page sans pouvoir reprendre son souffle.

Nous ne saurons jamais la vérité, c’est trop tard… Sarah Schmidt ne se porte pas en juge et l’énigme restera entière.

Un polar atypique, original, passionnant et qui donne froid dans le dos.

Je remercie chaleureusement les éditions Rivages pour leur confiance.

4ème Couverture

« J’ai regardé Père. Touché sa main en sang… » Le 4 août 1892, à Fall River (Massachussetts), Lizzie Borden découvre son père et sa belle-mère sauvagement assassinés. Très vite, son attitude oriente les soupçons. Sa fragilité la rend-elle coupable ? Et comment une telle violence a-t-elle pu surgir dans une ville si paisible ? D’après une histoire vraie, Sarah Schmidt a composé un roman fascinant, réinventant l’un des crimes les plus célèbres d’Amérique. Elle plonge dans les secrets d’une famille, mettant à nu la relation bouleversante de deux soeurs, Lizzie et Emma, leur besoin d’indépendance aux prises avec les carcans de l’époque. Au-delà du fait divers, ce conte hypnotique lève le voile sur la part d’ombre de chacun.

Editeur: Rivages, 444 pages, date de sortie: 7 mars 2018

La disparition de Stéphanie Mailer – Joël Dicker

La disparition de Stéphanie Mailer – Joël Dicker

Mais qu’est-il arrivé à Joël Dicker ?

Je fais partie des lecteurs qui ont beaucoup aimé La vérité sur l’affaire Harry Quebert et Le livre des Baltimore, c’est donc avec une grande impatience que je me suis plongée dans ce troisième opus.

Joël Dicker ne prend pas beaucoup de risques, il reprend la même recette à succès, mélange ses  ingrédients fétiches: une enquête, deux périodes, des flash-backs, beaucoup de personnages et des révélations au compte goutte. MAIS cette fois, la recette ne prend pas et le cake reste tout plat. Dommage !

Tout commence bien et le premier tiers de l’histoire laisse envisager le meilleur page turner. Hélas, au fur et à mesure qu’on avance dans la lecture,  le suspense diminue.  L’auteur brouille les pistes, multiplie les rebondissements pour nous tenir en haleine mais le lecteur a bien du mal à s’accrocher, beaucoup d’incohérences et d’invraisemblances,  les trop nombreux personnages sont très caricaturaux sans aucune psychologie ni épaisseur.
Le lecteur s’ennuie et se perd dans les longueurs inutiles, le rocambolesque et les explications tirées par les cheveux.

Tout ça pour ça !!! me suis-je dit une fois les 630 pages achevées (on ne peut pas dire qu’on ne les voit pas passer)
Grosse déception pour moi, un polar trop long et trop lisse. Si vous ne connaissez pas Joël Dicker, ruez vous plutôt sur l’excellent La vérité sur l’affaire Harry Quebert.

Je remercie chaleureusement les éditions De Fallois pour leur confiance.

4ème Couverture

30 juillet 1994. Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l’État de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers: le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu’une passante, témoin des meurtres.
L’enquête, confiée à la police d’État, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l’appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration.
Mais vingt ans plus tard, au début de l’été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu’il s’est trompé de coupable à l’époque.
Avant de disparaitre à son tour dans des conditions mystérieuses.

Qu’est-il arrivé à Stephanie Mailer?
Qu’a-t-elle découvert?
Et surtout: que s’est-il vraiment passé le soir du 30 juillet 1994 à Orphea?

Editeur: De Fallois, 640 pages, date sortie: 7 mars 2018

ADN – Yrsa Sigurdardöttir

ADN – Yrsa Sigurdardöttir

Ce thriller islandais a été élu meilleur thriller de l’année au Danemark et en Islande.

Il s’agit du premier volet d’une série de trois, réunissant un inspecteur de police Huldar et une psychologue Freya autour d’une sordide affaire de meurtres.

Des meurtres violents secouent l’Islande, d’une barbarie à vous retourner les tripes. Elisa, une jeune mère est assassinée chez elle. Sa petite fille de 7 ans assiste à son meurtre, complètement traumatisée, elle se mure dans le silence.  Une psychologue pour enfants va l’interroger pour tenter d’en apprendre plus. C’est la seule piste dont dispose la police.  Karl, un jeune cyber-amateur reçoit d’étranges messages codés, des séries de chiffres.  D’autres meurtres surviennent assez vite, une professeure de biologie retraitée est sauvagement assassinée. Les flics mènent l’enquête et cherchent ce qui relie les victimes, mais ils piétinent. Doivent ils soupçonner le cyber amateur ou le mari d’Elisa ?

Les meurtres sont effrayants, cruels et horribles, attention l’auteure ne nous épargne aucun détail, âme ou coeur sensible s’abstenir, vous risqueriez de ne plus oser mettre un pied dans votre cuisine, ni de vous servir de votre électroménager.

Des personnages bien campés, un suspense constant, une enquête déroutante, difficile, ficelée à la perfection.
Si le rythme est lent, le livre se lit vite, sans être un page turner.  Le lecteur émet timidement quelques hypothèses, il s’accroche et tente d’y voir clair mais le brouillard est dense et la pelote de laine bien trop emmêlée.

Les fils se dénoueront et  la lumière apparaîtra dans les dernières pages.  L’auteure nous offre une fin surprenante à cent lieues de ce qu’on a imaginé, un dénouement impossible à deviner.

Une très bonne lecture, une belle réussite sans être le coup de coeur attendu par le battage médiatique.
Le reproche que je ferais à l’auteure, c’est que je n’ai pas retrouvé l’ambiance si particulière de la société islandaise (nous sommes loin du grand maître Arnaldur Indridason), au final, ADN pourrait se passer dans n’importe quel pays. Dommage.

Je remercie chaleureusement les éditions Actes Sud pour leur confiance.

4ème Couverture

Elísa Bjarnadóttir méritait d’être punie. Elle devait payer. Mais quelle faute pouvait justifier une telle violence ? On vient de retrouver la jeune femme à son domicile, la tête entourée de gros scotch, exécutée de la façon la plus sordide. L’agonie a dû être atroce. Sa fille de sept ans a tout vu, cachée sous le lit de sa mère, mais la petite se mure dans le silence. Espérant l’en faire sortir, l’officier chargé de l’enquête se tourne alors vers une psychologue pour enfants. C’est sa seule chance de remonter jusqu’au meurtrier. Ce dernier n’a pas laissé de trace, juste une incompréhensible suite de nombres griffonnée sur les lieux du crime. Alors que les experts de la police tentent de la déchiffrer, un étudiant asocial passionné de cibi reçoit à son tour d’étranges messages sur son poste à ondes courtes. Que cherche-t-on à lui dire ? Sans le savoir, il va se retrouver mêlé à l’une des séries de meurtres les plus terrifiantes qu’ait connues l’Islande.

Editeur: Actes Sud (coll. Actes Noirs), 416 pages, date sortie: 3 janvier 2018