L’essence du mal – Luca d’Andrea

L’essence du mal – Luca d’Andrea

Un premier roman à découvrir de toute urgence !

Jeremiah, un jeune réalisateur de documentaire, quitte New York pour s’installer à Siedenhoch, petit village du Tyrol d’où sa femme est originaire.  Un premier drame survient et touche Jeremiah (non, je ne vous dirai rien).  Traumatisé, souffrant de terribles cauchemars, il remonte doucement la pente quand il entend parler du massacre de Bletterbach. Un triple horrible homicide qui s’est déroulé il y a 30 ans, trois jeunes gens assassinés dans la forêt.  L’affaire n’a jamais été résolue, les habitants ne veulent pas en parler, comme s’ils cachaient tous quelque chose. Pour sortir de son traumatisme et se sentir vivant à nouveau, Jeremiah se lance éperdument dans la quête de la vérité, envers et contre tout.

Luca d’Andrea nous immerge complètement dans ce petit village d’apparence tranquille, il nous fait ressentir l’ambiance oppressante de ce huis clos, les légendes, les mythes, la méfiance des villageois envers les étrangers.  Un roman qui nous happe complètement pour jouer avec nos peurs et nos angoisses profondes.

Luca d’Andréa nous raconte l’obsession d’un homme à découvrir la vérité, une obsession plus forte que tout.  Tout le monde lui conseille d’arrêter ses recherches, y compris son épouse.  Mais en dépit de l’hostilité croissante, Jeremiah s’obstine à creuser dans le passé et à remuer les drames anciens.  Il doit aller jusqu’au bout, il doit savoir, c’est plus fort que lui, au risque de perdre sa famille et même sa vie.
Va t il découvrir la terrifiante vérité et la malédiction qui pèse sur le village ?

La montagne est un protagoniste important dans le roman, les paysages hostiles, les sentiers escarpés, les canyons,  les crevasses, les forêts enneigées, les grottes préhistoriques où sommeillerait un monstre, brrr tout ça donne froid dans le dos.

L’auteur a une maîtrise absolue du récit. Le suspense ne faiblit pas un seul instant, nous avançons avec Jeremiah d’une fausse piste à l’autre, nous  ressentons son obstination, son découragement, nous tremblons, nous avons peur avec lui.  Nous sommes aussi sous le charme de sa fille Clara, une gamine pétillante et attachante et de son beau père Werner, un personnage d’une force incroyable.

Le rythme est enlevé et addictif, j’ai avalé les 464 pages en deux jours. L’écriture est très visuelle, le style est fluide et le ton assez unique.

Un premier roman impressionnant, une balade montagnarde à couper le souffle, un voyage terrifiant qui vous hantera.  Allez y, n’ayez pas peur, c’est excellent !

Je remercie chaleureusement les éditions Denoël pour leur confiance.

 

4ème Couverture

En 1985, dans les montagnes hostiles du Tyrol du Sud, trois jeunes gens sont retrouvés morts dans la forêt de Bletterbach. Ils ont été littéralement broyés pendant une tempête, leurs corps tellement mutilés que la police n’a pu déterminer à l’époque si le massacre était l’oeuvre d’un humain ou d’un animal. Cette forêt est depuis la nuit des temps le théâtre de terribles histoires, transmises de génération en génération. Trente ans plus tard, Jeremiah Salinger, réalisateur américain de documentaires marié à une femme de la région, entend parler de ce drame et décide de partir à la recherche de la vérité. A Siebenhoch, petite ville des Dolomites où le couple s’est installé, les habitants font tout – parfois de manière menaçante – pour qu’il renonce à son enquête. Comme si, à Bletterbach, une force meurtrière qu’on pensait disparue s’était réveillée.

Editeur: Denoël, 464 pages, date sortie: 26 octobre 2017

Candyland – Jax Miller

Candyland – Jax Miller

Coup de coeur pour un roman coup de poing !

Une sérieuse claque pour ce voyage au bout de l’enfer…

Je comprends l’engouement et les prix reçus par le premier roman de Jax Miller « Les infâmes » (toujours dans ma PAL).

Bienvenue dans l’Amérique profonde, l’Amérique moribonde, celle de ceux qui sont du mauvais côté de la barrière, une plongée dérangeante dans l’envers du décor.

Dès le premier chapitre, j’ai été happée et je suis restée accrochée jusqu’au dernier.  Jax Miller est une virtuose, elle m’a englué complètement dans son univers sombre et brutal et m’a noué les tripes plus d’une fois.  On ne sort pas intact de cette lecture, l’auteur n’y va pas avec le dos de la cuillère et ne nous épargne rien, attendez vous à être ébranlé par des émotions fortes.

Candyland tient plus du roman noir que du thriller. Un roman de contrastes entre noirceur et lueur, violence et douceur, désespoir et rédemption,  pureté et souillure et le résultat est grandiose.

L’intrigue est magnifiquement construite entre présent et passé et aborde les thèmes de la famille, la vengeance, la communauté Amish, la religion, les rêves perdus, la marginalité, la rédemption…

J’ai aimé ce roman pour ses protagonistes. Des personnages forts, aux multiples fêlures, d’une rare épaisseur, fouillés dans les détails, des personnages qui trainent de sérieuses casseroles. Et pour l’écriture, Jax Miller a une plume unique, d’une force inouïe et un style incroyable.

Ames sensibles s’abstenir, à éviter aussi en cas de moral bas.  Pour les autres, à lire d’urgence !

Je remercie les éditions Flammarion pour leur confiance.

4ème Couverture

Candyland n’est pas un conte ordinaire. C’est l’Amérique.
Il était une fois Sadie Gingerich, ancienne amish, seule dans sa confiserie d’une ville minière de Pennsylvanie. Sa vie va brutalement changer lorsque son fils est assassiné par sa petite amie, Allison.
Cruauté du destin, Sadie fait la rencontre de Danny, le père d’Allison, en proie à ses propres démons. Leurs lourds passés et le choc du meurtre s’entremêlent pendant l’enquête de police, révélant une vérité indicible.

Entre les doux pâturages de la communauté amish, les montagnes isolées du Nord et les villes minières abandonnées de la Rust Belt, la vie et l’amour sont broyés, laminés par la drogue et la pauvreté de l’Amérique rurale. Un lieu où les rêves ne se réalisent pas, où les fins heureuses n’existent pas.

Editeur: Flammarion,  464 pages, date sortie: 30 août 2017

Les chiens de Détroit – Jérôme Loubry

Les chiens de Détroit – Jérôme Loubry

Ah que j’ai aimé ce premier roman !

Evitez les chroniques qui vous racontent toute l’histoire, évitez de lire les résumés.  Plongez dans la ville abandonnée de Détroit, embarquez dans cette histoire troublante et envoûtante, laissez la magie opérer et la noirceur vous envahir.

Détroit se meurt lentement, ses enfants disparaissent, les parents pleurent, les chiens errants hantent les rues, un tueur en série rôde et les fantômes se réveillent.

Une enquête complexe avec des ramifications dans le passé, une intrigue bien ficelée, une traque sous tension permanente, une lente descente aux enfers, un géant des brumes, une légende urbaine qu’on raconte aux enfants, une atmosphère noire et suffocante, des personnages denses, très attachants, une jeune flic qui entend des voix et son équipier, un flic brisé et alcoolo.

La construction est magistrale, tout s’entrelace magnifiquement pour vous serrer la gorge jusqu’à l’énorme twist final. Glaçant, bluffant et déroutant.

Un beau coup de coeur que je vous conseille fortement.

Jérôme Loubry… de la graine de géant et un auteur à suivre assurément !

Je remercie chaleureusement les éditions Calmann-Levy pour leur confiance.

4ème Couverture

2013, à Détroit. Cette ville qui a été la gloire de l’Amérique n’est plus qu’une ruine déserte, un cimetière de buildings.
Cette nuit-là, la jeune inspectrice Sarah Berkhamp mène le groupe d’intervention qui encercle une maison et donne l’assaut. Mais aucun besoin de violence, le suspect attend, assis à l’intérieur. Il a enlevé cinq enfants. Et il est sans doute le Géant de brume, le tueur insaisissable qui a laissé derrière lui sept petits corps, il y a quinze ans. Alors pourquoi supplie-t-il Sarah : « Aidez-moi… » ?
L’histoire s’ouvre donc avec l’arrestation du coupable. Et pourtant, elle ne fait que commencer. À Détroit, personne n’est innocent…

Editeur: Calmann-Levy, 306 pages, date sortie: 11 octobre 2017

La face cachée de Ruth Malone – Emma Flint

La face cachée de Ruth Malone – Emma Flint

Qui est vraiment Ruth Malone ?

Emma Flint s’est inspirée d’une histoire vraie des années soixante, une histoire qui a défrayé la chronique, celle d’Alice Crimmins, une américaine accusée d’avoir tué ses deux enfants.

Nous sommes dans un roman noir, un thriller psychologique et un polar judiciaire.

Séparée de son mari, Ruth Malone élève seule ses deux enfants.  Un matin au réveil, elle constate leur disparition.  Quelques jours plus tard, on les retrouve assassinés.  Sa vie bascule à 180° et tout va l’accuser.  La communauté s’attend à ce qu’elle soit éplorée mais Ruth continue sa vie comme si rien ne s’était passé.  C’est une belle femme, libre et indépendante, frivole sur les bords, elle aime l’alcool, porte des robes sexy, se maquille et collectionne les hommes.

Le regard des médias n’est pas tendre, la police misogyne expédie l’enquête, la société la montre du doigt et l’accuse avant le procès.  Seul un jeune journaliste Pete, obsédé par l’affaire décide de l’aider et mène l’enquête.

Ruth Malone est-elle coupable ou victime ?

Un magnifique portrait de femme et une analyse fine et fouillée de la psychologie de Ruth, personnage complexe, énigmatique et touchant.

L’ambiance des années soixante dans un quartier familial est magnifiquement rendue, les préjugés, la médisance, les on-dits, les clichés et les critères de la mère idéale à l’époque.  Le roman aborde aussi le rôle de la presse et de l’opinion publique dans les affaires criminelles, la misogynie ambiante, la condition de la femme.

L’auteur distille son suspense goutte à goutte et maintient le lecteur sous tension jusqu’à la toute fin, même si les rebondissements sont quasiment absents.

Je n’ai pas vu venir la fin -une fin imaginée par l’auteur-  elle me laisse un goût triste et amer en bouche.

Un premier roman très réussi de la Britannique Emma Flint et sélectionné pour le Bailey Women’s prize for fiction 2017.

Je remercie chaleureusement les éditions Fleuve pour leur confiance.

 

La véritable affaire Crimmins

Alice Crimmins, entourée de son ex mari et avocats, le jour de son procès en 1968.

Le 14 juillet 1965, Missy et Eddie, les deux enfants d’Alice disparaissent, on retrouve leurs corps quelques jours plus tard. Alice Crimmins est inculpée suite à un procès mascarade.   Personne ne connaîtra jamais la vérité, les analyses ADN n’existaient pas à l’époque, impossible de rouvrir une si vieille affaire. Une femme libre et indépendante était la coupable idéale. Plusieurs films  se sont inspirés de cette affaire, ainsi que Mary Higgins Clark pour son roman « La maison du guet ».

 

4ème Couverture

1965. Une vague de chaleur déferle sur le Queens, banlieue ouvrière de New York, et plonge ses habitants dans un état léthargique. Un matin ordinaire, Ruth Malone, mère célibataire aux allures de star hollywoodienne, constate la disparation de ses deux enfants.
Peu après, le corps de la petite Cindy est retrouvé abandonné sur un chantier, son doudou encore à la main. Lorsque, quelques jours plus tard, la dépouille de son fils, Frankie Jr, est découverte dans des conditions similaires, des voix accusatrices s’élèvent contre Ruth.
De la voisine qui a toujours eu des doutes aux médias avides de scandale, tout le monde semble avoir quelque chose à lui reprocher.
Mais qui est Ruth quand personne ne la regarde ?
Cette  » mère  » dont les amants entrent et sortent de sa vie depuis des années et qui ne verse pas une larme devant les corps sans vie de ses enfants.
Alors que presse, opinion publique et tribunaux condamnent Ruth avant l’heure, un seul homme va tenter de découvrir qui est vraiment cette femme : nouvelle Médée monstrueuse ou victime innocente ?

Editeur: Fleuve noir, 432 pages, date sortie: 19 octobre 2017

Le tueur au miroir – Fabio M. Mitchelli

Le tueur au miroir – Fabio M. Mitchelli

J’ai pris mon pied en le lisant…

Le tueur au miroir est la suite directe de Une forêt obscure .  C’est une nouvelle enquête, mais elle a tellement de liens avec la précédente que je vous conseille vivement de la lire pour apprécier pleinement celle-ci.

Fabio M. Mitchelli reprend le même procédé, il mêle faits réels et trame imaginaire en s’inspirant d’un véritable tueur, alias William R. Bradford (1948-2008), surnommé le killer photographe.

J’ai adoré Une forêt obscure, je vous avoue avoir eu peur en entamant ma lecture. Et si Fabio M. Mitchelli s’était contenté de réchauffer la sauce pour nous offrir un deuxième tome copié/collé sans grande surprise ?

Rassurez-vous, l’auteur se surpasse, il parvient à nous surprendre et envoie du lourd, du très lourd !  Tabernacle, il nous offre de l’imprévu, des secrets, des révélations sur nos deux héroïnes, de la peur, du macabre, du glauque, du noir dans son incroyable puzzle à vous faire pèter les neurones et le coeur en même temps.  Un bonheur de lecture si vous aimez les serial killers.

Nous retrouvons notre duo de choc, nos deux héroïnes flics.  Louise, la québécoise et Carrie, l’américaine d’Alaska. Toutes deux borderline, cabossées par la vie et se fichant éperdument des règles. Nous étions en Alaska sur le territoire de Carrie dans Une forêt obscure, nous sommes maintenant au Québec où Carrie s’invite pour épauler Lucie.  Plusieurs enquêtes s’entremêlent, un corps retrouvé emmuré dans un chantier, des jeunes filles retrouvées mortes, le pubis décoré de morceaux de miroirs, un morceau de peau découpé et un jeu de piste pour Louise qui reçoit des sms d’un tueur.

Les pages défilent vite, très vite, nos tripes se serrent, on tremble pour nos deux héroïnes, leur duo fonctionne si bien, elles sont fort attachantes et gagnent en profondeur dans cet opus.

L’auteur tisse une toile pour nous emprisonner, nous sommes en immersion totale, plongé jusqu’au cou dans son histoire palpitante, stressante et glaçante. Nous traversons toute la palette d’émotions et plus d’une fois nous frissonnons de peur et d’effroi.  Les différentes intrigues se mêlent à la perfection dans cette construction sans faute.  Une merveilleuse mécanique qui fonctionne à la perfection.

J’ai essayé d’imaginer le dénouement… peine perdue, l’auteur OSE et nous emmène là on ne l’attend pas du tout dans un final bluffant, oh my god, j’ai froid dans le dos, j’ai froid partout.

Je l’ai déjà dis dans ma chronique de Une forêt obscure, je le répète, Fabio M. Mitchelli au sommet de son art, il est passé « maître es serial killer » et impose sa marque de fabrique unique.

Vivement le prochain !

Je remercie chaleureusement les éditions Robert Laffont et la Bête Noire pour leur confiance.

4ème Couverture

Fasciné par leurs tatouages, il les appâte avec son appareil photo, fige leurs désirs de starlettes sur du papier glacé, puis les tue et s’empare de ce qu’il convoite. Le lendemain, on retrouve le corps de ces jeunes femmes sur les berges du Saint-Laurent, le pubis orné d’éclats de miroir et un morceau de peau découpé.
Pour piéger celui qu’à Montréal on appelle déjà  » le tueur au miroir « , il faut des flics borderline : Louise Beaulieu, qui se fiche des limites et des règles, et Carrie Callan, qui, sous son air bien sage, est un vrai pitbull.
Des photographies à clé, un secret de famille, des messages cryptés… Le passé rattrape Louise. Désorientée, elle ment et triche. Et Carrie soupçonne l’impensable : des liens entre l’enquêtrice québécoise et Singleton, le redoutable tueur en série qu’elles ont traqué ensemble un an auparavant.

Editeur: Robert Laffont (coll. La Bête Noire), 384 pages, date sortie: 19 octobre.

Islanova -Jérôme Camut et Nathalie Hug

Islanova -Jérôme Camut et Nathalie Hug

Un énorme coup de coeur !
Une claque pour ce pavé époustouflant !

Islanova est inclassable. Tout à fois thriller politique, thriller engagé et ambitieux (sans être ennuyeux !), roman d’anticipation, magnifique roman d’aventures. Jérôme Camut et Nathalie Hug réussissent (une fois de plus !) l’exploit fou de nous plonger dans un formidable récit divertissant tout en nous ébranlant de tous côtés, en nous posant des questions essentielles sur notre notre société et l’évolution de notre planète.  Qu’allons nous devenir dans un avenir proche ?

J’ai dévoré les 774 pages en deux jours quasi en apnée. Nous sommes sur l’île d’Oléron où des ultras, des terroristes écologiques imposent leur loi et leur dictature pour obliger les grands états du monde à signer l’accord autorisant la distribution de l’eau dans les pays africains.   Jusqu’où peut on aller pour défendre la vie et la nature ? Peut on justifier la violence ? Roman très dense, beaucoup d’histoires se croisent, de nombreuses ramifications, une multitude de personnages, nous côtoyons l’humain dans le pire: l’aveuglement, l’entêtement, la noirceur, la barbarie, la haine, l’égoïsme et le meilleur: le partage, la compassion, la foi, l’espoir, le dépassement de soi, l’amour.

Les personnages sont la grande force de ce roman, on s’y attache très vite, on vibre avec eux, on a peur pour eux, on les aime fort ou on les déteste; des personnages complexes, profonds, nuancés, touchants et poignants dans leurs multiples contradictions.

Lire Islanova, c’est vivre des scènes d’actions dignes d’un film en 3D,  être essoufflé par le rythme effréné qui ne faiblit pas durant 774 pages, avoir les tripes remuées par le concentré d’émotions qui nous traverse, être complètement immergé dans cette histoire folle sans pouvoir en sortir, grâce au talent et au génie des deux auteurs.

Islanova, un avertissement, un cri d’alarme qui nous pousse à réfléchir.
Eveillerons nous nos consciences endormies ? N’est il pas trop tard ?

Un livre qui déchire.  Un coup de poing qui percute profondément. De la dynamite en pages.
Lisez Islanova… lisez le et rejoignez l’armée du 12 octobre !

J’ai découvert Jérôme Camut dès la première heure, avec sa magnifique série Malhorne (si vous ne l’avez pas lue, ruez vous dessus, l’intégrale est sortie en poche), j’ai suivi de près leurs romans à quatre mains avec Nathalie Hug, c’est pas demain que j’arrêterai.

Je remercie chaleureusement les éditions Fleuve pour leur confiance.

 

4ème Couverture

Rien n’avait préparé Julian Stark à une telle vision ce matin-là.
Alors qu’il rentre chez lui pour évacuer sa maison menacée par un incendie de forêt, il trouve Charlie, sa fille de seize ans, au lit avec son beau-fils Leny.
Certaine que son père va les séparer, Charlie persuade Leny de fuguer, direction le Sud-Ouest. Son idée : rallier la ZAD (zone à défendre) de l’Atlantique, située sur l’île d’Oléron. Là-bas, ils seront en sécurité le temps que Julian se calme. Là-bas, surtout, se trouve Vertigo, un homme charismatique dont elle écoute la voix sur les ondes depuis des mois. Vertigo, le leader de l’Armée du 12 Octobre, groupe d’écologistes radicaux.
Ce que la jeune fille ignore, c’est que la ZAD abrite des activistes prêts à tous les sacrifices pour défendre leur cause, et qu’en s’y réfugiant, elle précipite sa famille dans une tragédie qui les dépasse tous.

Editeur: Fleuve noir, 774 pages, date sortie: 12 octobre 2017

On la trouvait plutôt jolie – Michel Bussi

On la trouvait plutôt jolie – Michel Bussi

On ne présente plus Michel Bussi. Je l’ai découvert en 2016 avec Nympheas Noirs, une sublime lecture coup de coeur.  J’ai enchaîné dans la foulée avec Le temps est assassin, bingo, deuxième coup de coeur !  J’attendais donc On la trouvait plutôt jolie avec une grande excitation.  Un troisième coup de coeur à la suite ?  Est-ce possible ?

Michel Bussi est un fabuleux raconteur d’histoire.  Son nouveau roman est un polar plein d’humanité, un tantinet engagé avec en toile de fond, la problématique des migrants, des réfugiés, les droits de l’homme, les ONG, les trafics, dérives et course au profit, la déshumanisation du monde.

Leyli est malienne, elle se bat au quotidien pour survivre, elle fait des ménages et vit dans 25 m2 avec ses trois enfants, dans une tour à Aigues Douce, près de Marseille.  Elle protège un secret et nous raconte son passé de souffrance par le biais de son journal. Une histoire faite de secrets, de malédictions et d’un trésor.  Leyli est une héroïne touchante et émouvante, on l’aime tout de suite.

En parallèle, des meurtres atroces se déroulent dans des hôtels luxueux.  Un duo d’enquêteurs cherche à les élucider.  Trois points communs les relient: la thématique des migrants, une association qui cherche à les défendre et Leyli.

Une construction en forme de puzzle, le récit alterne sans cesse entre l’enquête, les migrants et la vie de Leyli. L’auteur prend un malin plaisir à nous balader, il prend son temps et nous manipule avec beaucoup de rebondissements et de fausses pistes.  Le lecteur cherche les liens, essaie de comprendre, il s’accroche, se sent pris au piège jusqu’à ce que l’auteur abatte ses dernières cartes dans la révélation finale.

Le roman est bien rythmé, on ne s’y ennuie pas un instant. L’écriture est légère, fluide et addictive.  J’ai passé un bon moment de lecture mais je n’ai pas eu mon troisième coup de coeur.  Peut être que j’en attendais trop et que le récit n’a pas été à la hauteur de mes attentes ?  Peut être n’ai pas complètement adhéré à l’étrange alchimie entre migrants, enquête et le ton léger du roman ?  Peut être ai je trouvé l’enquête un peu invraisemblable ? Peut être que j’attendais un twist final plus renversant ?

Un roman en demi teinte pour moi, On la trouvait plutôt jolie reste toutefois un très bon divertissement.

Je remercie chaleureusement les éditions Presses de la cité pour leur confiance.

4ème Couverture

Du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, en quatre jours et trois nuits…
Un suspense renversant et bouleversant.
 » – Qu’est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie.
Vous avez trois jolis enfants. Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie.
– Ce sont les apparences, tout ça. Du vent. Il nous manque l’essentiel. Je suis une mauvaise mère. Mes trois enfants sont condamnés. Mon seul espoir est que l’un d’eux, l’un d’eux peut-être, échappe au sortilège.
Elle ferma les yeux. Il demanda encore :
– Qui l’a lancé, ce sortilège ?
– Vous. Moi. La terre entière. Personne n’est innocent dans cette affaire. « 

Editeur: Presses de la cité, 464 pages, date sortie: 12 octobre 2017

Ne fais confiance à personne – Paul Cleave

Ne fais confiance à personne – Paul Cleave

Un livre qui va vous faire perdre la tête et quelques neurones !

Jerry, un auteur de polar à succès est atteint d’Alzheimer précoce à l’âge de 49 ans.  Des meurtres apparaissent autour de lui, la police l’interroge, il avoue les avoir commis, il confond avec les personnages de ses romans, il mélange la réalité avec ses fictions.

Pour son sixième roman, Paul Cleave a eu une idée géniale en abordant la thématique d’alzheimer, couplée à une interrogation sur le métier d’écrivain, le processus de création et d’écriture. L’histoire est très originale, le style de Paul Cleave est présent, sa touche inimitable d’humour noir,  son ton décalé, pince sans rire, son autodérision, son immense talent, tout y est !

La grande question que je me pose: ai je aimé ou pas ?   Je suis fan de l’auteur, toute excitée, je suis entrée à fond dans la partie, je me suis beaucoup amusée pendant la première moitié, ensuite les règles du jeu se sont complexifiées et j’ai fini par me lasser.

Les chapitres alternent entre le Jerry d’aujourd’hui dans sa maison de santé et le Jerry d’avant, au début de sa maladie, il vit encore avec sa femme, a des périodes de lucidité et écrit un journal pour se souvenir.  L’auteur nous entraîne petit à petit dans la profondeur d’un esprit malade et c’est très perturbant. Les personnages de fiction prennent vie, dédoublement de personnalité ? Mes neurones de lectrice commencent à s’embrouiller, je voyage  entre passé et présent, je finis par ne plus savoir où je suis, avant ou après ? je ne suis plus du tout où je pensais être. Cela se complique, l’auteur nous manipule, folie ? alzheimer ? Je dérive, je m’égare, la confusion et le doute m’envahissent, je perds complètement pied.  Mais peut être est-ce tout simplement le but recherché par l’auteur ? Je salue et dis bravo pour la performance.

Et tout à coup, BOUM, je finis par lâcher, je décroche, je n’ai plus de plaisir à jouer.

Ne fais confiance à personne est salué unanimement et reçoit des éloges de partout, je vous invite à vous faire votre avis en jouant le jeu. Je suis juste passée à côté.

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine pour leur confiance.

4ème Couverture

Les auteurs de thrillers ne sont pas des personnes très fréquentables. Ils jouent du plaisir que nous avons à lire d’abominables histoires, de notre appétit pour des énigmes qui le plus souvent baignent dans le sang. Ce jeu dangereux peut parfois prendre des proportions inquiétantes et favoriser un passage à l’acte aux conséquences funestes. Eux les premiers, qui pensent connaître toutes les ficelles du crime parfait, ne sont pas à l’abri de faire de leurs fictions une réalité.

Prenez par exemple Jerry Grey, ce célèbre romancier, qui ne sait plus très bien aujourd’hui où il en est. À force d’inventer des meurtres plus ingénieux les uns que les autres, n’aurait-il pas fini par succomber à la tentation ? Dans cette institution où on le traite pour un alzheimer précoce, Jerry réalise que la trame de son existence comporte quelques inquiétants trous noirs. Est-ce dans ses moments de lucidité ou dans ses moments de démence qu’il est persuadé d’avoir commis des crimes ? Quand la police commence à soupçonner les histoires de Jerry d’être inspirées de faits réels, l’étau commence à se resserrer. Mais, comme à son habitude, la vérité se révèlera bien différente et bien plus effroyable que ce que tous ont pu imaginer !

Editeur: Sonatine, 400 pages, date sortie: 31 août 2017

Bilan lecture septembre 2017

Bilan lecture septembre 2017

8 livres lus, soit un total de 2970 pages

Septembre, la rentrée. Un mois exceptionnel !  J’ai l’impression d’avoir beaucoup jubilé, quel bonheur ! Des lectures très éclectiques, je suis passée par toutes les couleurs d’émotions, du rose au rouge, du blanc au gris en passant par le noir très profond. Septembre a commencé fort avec « Glaise » de Franck Bouysse. Quand tu commences le mois avec un tel chef d’oeuvre, tu te dis que la suite va te paraître bien fade. Heureusement, ce ne fut pas le cas, de très belles surprises ont suivi.  J’ai découvert la plume d’Elisa Vix « Assassins d’avant » et celle de Michael Farris Smith « Nulle part sur la terre » et j’ai beaucoup aimé.  Je me suis plongée dans « Code Victoria », un excellent thriller ésotérique de Thomas Laurent, un tout jeune auteur. Je trépignais depuis des mois, l’attente fut longue pour retrouver mon copain Lynwood « Pas de printemps pour Eli » de Sandrine Roy, j’ai adoré, ma nuit fut très courte ! J’ai poussé un WTF à la #findeDINGUE du génial « Mon amie Adèle » de Sara Pinborough.  J’ai été mal à l’aise et me suis posée beaucoup de questions à la lecture de « Le club des pendus » de Tony Parsons.  Et enfin, j’ai terminé le mois avec un extraordinaire roman historique « Le dernier hyver » de Fabrice Papillon, quel terrible bouquin !

Je vous souhaite à toutes et tous d’excellentes lectures… Lisez, lisez, lisez… cela rend heureux !

Voici la liste, en détails (cliquez sur les titres pour accéder directement aux chroniques)

Glaise – Franck Bouysse

Assassins d’avant – Elisa Vix

Code Victoria – Thomas Laurent

Nulle part sur la terre – Michael Farris Smith

Pas de printemps pour Eli – Sandrine Roy

Mon amie Adèle – Sara Pinborough

Le club des pendus – Tony Parsons

Le dernier hyver – Fabrice Papillon (ma chronique arrive pour sa sortie)

Le club des pendus – Tony Parsons

Le club des pendus – Tony Parsons

Quand le Bien et le Mal se confondent…. où est la limite ?

Troisième enquête de Max Wolfe, après « Des garçons bien élevés » et « Les anges sans visage ».  J’ai lu la première enquête il y a deux ans, cela avait été une très belle découverte, c’est donc avec une certaine excitation que je me suis plongée dans Le club des pendus.

Quand la justice d’un pays est défaillante, des criminels, des violeurs s’en sortent avec une peine minuscule en regard des atrocités commises.  Nous sommes au coeur de Londres, un groupe de citoyens masqués décide de rétablir l’ordre et la loi en s’inspirant des exécutions du dernier bourreau anglais Albert Pierrepoint (1905-1992, les dernières exécutions datent de 1964). Ils kidnappent, pendent les meurtriers impunis et filment leurs assassinats pour les diffuser sur Youtube.

Max Wolfe est partagé et tiraillé de tous côtés.  Il mène l’enquête et pourchasse ce club des masqués, peu importe qu’ils ne tuent que des ordures, son rôle de flic est de les arrêter. Oui, mais l’homme à l’intérieur du policier en a plus marre de voir les criminels libérés pendant que les familles des victimes souffrent et réclament justice.  Un personnage profond, plein d’humanité que j’aime de plus en plus.

Les forces de l’ordre sont sur le qui-vive et pendant ce temps, les habitants de Londres, les médias et les réseaux sociaux admirent et acclament ces justiciers masqués.

Une enquête sous tension extrême, riche en suspense, en rebondissements, captivante de bout en bout. Un roman sombre, glauque et dérangeant. Un roman brutal, les scènes de pendaison sont violentes, rien n’est épargné au lecteur, nous les vivons en direct minute par minute.

Une lecture qui divisera à coup sûr, Tony Parsons nous place sur la ligne fragile entre le Bien et le Mal. Il nous perturbe et nous englue dans un sérieux malaise en abordant des thèmes très sensibles:  la justice et ses vices, la vengeance et le châtiment, a-t-on le droit de faire justice soi-même ? les réseaux sociaux,  jusqu’où va leur impact dans notre société ?  Il nous met face à nos positions sur la peine de mort.  Il nous interroge et remet  nos certitudes sur ces épineuses questions en balance.

Un livre qui secoue profondément, ne passez pas à côté de cet excellent polar anglais.

Je remercie chaleureusement Anaïs (Anne & Arnaud) pour sa confiance.

4ème Couverture

À Londres, les bourreaux sont de retour.

Ils ont décidé de rétablir la peine capitale.
Ils forment un étrange club avec pour modèle le célèbre bourreau anglais Albert Pierrepoint, responsable de plus de quatre cent cinquante exécutions au siècle dernier. Et c’est par la corde qu’ils ont décidé de punir violeurs d’enfants, chauffards et autres délinquants qui réussissent à échapper au système judiciaire.

La conscience du détective Max Wolfe le tourmente.
La justice est-elle vraiment là où on le croit ? Qui sont ces citoyens-vengeurs ? Pour y répondre, Max devra s’enfoncer dans les entrailles de la ville, là où les vestiges du passé ont encore une emprise sur les vivants.

Dans un Londres caniculaire, plus que jamais le bien et le mal se confondent.

Editeur: La Martinière, 336 pages, date sortie: 21 septembre 2017