Délicieuse – Marie Neuser

Délicieuse – Marie Neuser

Une lecture très mitigée….

Après vingt ans de mariage et d’amour, le mari de Martha lui annonce « Martha, il faut que je te parle… ». Les mots terribles que personne n’a envie d’entendre… Quoi de plus tragique, quoi de plus banal qu’une séparation ?
Vingt ans d’amour qui volent en éclat. Martha refuse la rupture, elle est prête à tout pour continuer d’exister, pour que son homme lui revienne. Elle va se filmer entrain de parler à son mari, elle veut que tout le monde entende sa confession, elle crie sa douleur et la partage sur le réseaux sociaux.

Une première partie d’une force incroyable. Des mots qui tordent les tripes. Le long monologue, la confession très bavarde et impudique d’une femme qui sombre, une femme atteinte au plus profond de son âme, un cri d’amour, une mise à nu d’elle même, une immersion totale dans la douleur, une plongée vers la folie. Une femme blessée et humiliée, une  femme en colère qui nous épargne rien.

Hélas, le soufflé retombe dans la deuxième partie. C’est lent, c’est long, Martha continue à geindre durant 300 pages. Le choix du monologue n’aide pas le lecteur. Je crois que j’ai saturé, je me suis ennuyée, j’ai même failli abandonner ma lecture, ne ressentant aucune empathie pour Martha. La tension chute de plus en plus pour remonter dans les cent dernières pages totalement jouissives, un final que j’ai adoré !

Un roman inclassable entre le roman d’amour, la tragédie grecque et le thriller psychologique, un brillant exercice littéraire, un roman original, une plume exceptionnelle mais j’ai eu beaucoup de mal à m’accrocher à ce trop long texte. Un roman qui fera le bonheur des psychanalystes, j’en suis certaine.

Je remercie chaleureusement les éditions Fleuve pour leur confiance.  Une mention spéciale pour la magnifique couverture.

4ème Couverture

L’histoire commence ainsi : une femme parle à l’homme qu’elle aime.
Devant elle : les restes d’un repas.
Plutôt que le papier, elle a choisi l’écran.
À l’intimité d’une lettre, elle a préféré la vidéo et la multitude des réseaux sociaux.
Cette femme, c’est Martha Delombre, psychologue criminelle habituée aux confessions les plus abominables.
C’est désormais à son tour de se confesser. L’impudeur ? Peu lui importe, car tout le monde doit savoir. À commencer par lui. Le traître.
Peut-on dire adieu à vingt ans d’amour fou en succombant à la première inconnue qui passe ? C’est ce qu’il croyait. Au rythme des likes et des partages, traquant la fréquence des connexions, scrutant le pouls des commentaires, Martha la ténébreuse se montrera prête à tout pour continuer d’exister sans baisser la garde, jusqu’au point de rupture. Celui qu’on n’attendait pas et qui a le pouvoir de redistribuer les cartes.

Editeur: Fleuve noir, 480 pages, date sortie: 23 août 2018

La rivière de l’oubli – Cai Jun

La rivière de l’oubli – Cai Jun

Dépaysement garanti !

Surnommé le « Stephen King chinois », Cai Jun a 40 ans. Ses romans se sont vendus à plus de 13 millions d’exemplaires. Très attirée par la culture chinoise, je ne pouvais passer à côté de cette découverte.

Shen Ming, jeune et brillant professeur est suspecté d’avoir assassiné une lycéenne, morte empoisonnée par une nuit de juin 1995. Quelques jours plus tard, il est retrouvé poignardé près de l’école. Son meurtre suit celui du censeur du lycée. La police n’y comprend rien et ne réussit pas à élucider ces trois meurtres sans lien apparent entre eux. Neuf ans plus tard, le mystère reste entier. Un gamin précoce du nom de Si Wang semble être la réincarnation de Shen Ming revenu résoudre le mystère de sa mort. Ses présumés meurtriers sont envoyés, un à un, ad patres. Aurait il traversé la rivière de l’oubli pour se réincarner et obtenir sa vengeance ?

La réincarnation occupe une place importante dans ce thriller qui nous fait voyager dans la Chine communiste. Nous découvrons une culture, des croyances, des traditions et coutumes si différentes des nôtres. Le récit est truffé de références, de citations poétique et littéraires chinoises.

Ceux qui ne sont pas familiers de la culture chinoise rencontreront peut être quelques difficultés pour entrer dans l’histoire et risquent d’être déstabilisés par l’impressionnante galerie de personnages et autant de noms compliqués qui se ressemblent tous (un lexique en début d’ouvrage permet au lecteur de s’y retrouver). Ils devront aussi s’habituer au tutoiement utilisé en Chine, quelque soit l’âge ou le statut de personnes.

L’histoire est longue, très dense, elle se déroule sur vingt ans, de 1995 à 2014 (avec un flash back en 1983).  Si elle démarre rapidement, elle est loin d’être linéaire, elle va et vient dans le temps sans aucune logique.
L’enquête est très originale mais complexe et assez difficile à suivre. Le lecteur s’embrouille, il doit s’accrocher pour suivre la pensée « zigzagante » de l’auteur et les nombreux personnages. Heureusement, chaque chapitre débute par une date et  l’âge des personnages est souvent rappelé pour que le lecteur ne perde pas complètement le fil.

J’émettrai un gros bémol, hélas ! Les nombreuses répétitions et longueurs finissent par lasser (ou perdre)  le lecteur dans la seconde moitié du récit, difficile de rester sous tension et en haleine durant 484 pages quand on se perd dans les ramifications et les détails, il faudra beaucoup de patience pour arriver aux surprenantes révélations finales.

Les amoureux de la culture chinoise se régaleront. Les autres, les curieux qui tenteront l’aventure découvriront un pays, une culture, une ambiance… un voyage intéressant malgré le gros bémol.

Je remercie chaleureusement les éditions XO pour leur confiance.

4ème Couverture

Chine du Nord, juin 1995.
Shen Ming, jeune et brillant professeur, est suspecté d’avoir assassiné une lycéenne.
Quelques jours après, il est poignardé près de l’école, dans une usine désaffectée.

Neuf ans plus tard, le mystère s’épaissit.
Les présumés meurtriers du professeur sont envoyés, eux aussi, au royaume des morts.
La rumeur se répand alors : et si Shen Ming avait traversé la rivière de l’Oubli pour se réincarner et se venger ?

Editeur: XO, 484 pages, date sortie: 13 septembre 2018

Parfois c’est le diable qui vous sauve de l’enfer – Jean-Paul Chaumeil

Parfois c’est le diable qui vous sauve de l’enfer – Jean-Paul Chaumeil

Une sacrée belle découverte !

Boris a perdu sa femme dans les attentats de New York le 11 septembre 2001, il survit miraculeusement.  Rongé par la culpabilité et le chagrin, il sombre dans la dépression et n’est plus capable de s’occuper de sa fille Julia, il la confie à sa belle soeur et part combattre les talibans en Afghanistan pour calmer sa haine.  Quinze ans plus tard, il vit à Bordeaux où il est enquêteur privé.  Une nuit, il intervient dans une bagarre, un groupe d’extrémistes s’en prend à des homosexuels.  Durant la bagarre, un homme est jeté d’un balcon, il meurt en s’écrasant au sol. C’était un policier en infiltration. Grâce à ses contacts dans la police, Boris visionne la vidéo de la bagarre. Le responsable du meurtre est un certain Wolf, leader au Groupe Identitaire d’ultra droite. A ses côtés, Boris aperçoit sa fille Julia qui semble faire partie du groupe.
Sa fille Julia, petite fille d’anarchistes catalans,  a choisi la radicalisation d’extrême droite, la voie de la haine et de la colère, la voie de la vengeance envers ceux qu’elle juge responsable de la mort de sa mère. Boris se promet de tuer Wolf et de sauver sa fille. Il entame une impitoyable chasse à l’homme, aidé de Manuel, le colombien qui a combattu dans les Farc et Carole, une journaliste gauchiste. Il est prêt à tout, même à mourir, pour sauver sa fille et la ramener à la raison.

Le roman s’inscrit dans une actualité sensible mais se démarque de tous les autres abordant la radicalisation. Jean-Paul Chaumeil ose le pari risqué d’explorer l’autre face du terrorisme, la face cachée dont on parle si peu, les groupuscules d’extrême droite qui veulent plonger la France démocratique dans le chaos. Tout aussi terrifiant que l’extrémisme islamique.

Un roman de société qui pose des questions pertinentes.  Et un magnifique roman d’amour. L’amour d’un père désespéré en quête de rédemption, la souffrance et la culpabilité d’un père cherchant à tout prix le pardon de sa fille.

J’ai adoré la plume de l’auteur, des coups de bistouris qui t’arrachent les tripes.

Noir, extrêmement noir. Un roman dur et puissant. Une violence qui donne froid dans le dos. Le final est bouleversant, on n’en sort pas indemne.  A découvrir absolument !

Je remercie chaleureusement les éditions Rouergue pour leur confiance.

4ème Couverture

La femme de Boris est morte à New York, le 11 septembre 2001. Aujourd’hui, revenu de ses vengeances qui l’ont mené combattre les talibans en Afghanistan, il vit sur la dalle de Mériadeck, à Bordeaux, où il est enquêteur privé. Une nuit, alors qu’il intervient dans une ratonnade anti-homos, un homme est jeté dans le vide. C’était un flic, il infiltrait un mouvement d’extrême droite préparant un attentat. Or, sur une vidéo clandestine, aux côtés du leader du Groupe Identitaire, Boris reconnaît sa fille Julia. Julia à qui il n’aura transmis, en définitive, que la force de sa haine. Et qui est, selon les rapports du renseignement, « en voie de radicalisation violente ». Dans un Bordeaux envoûtant et électrique, arpenté par des sentinelles, où défilent les manifestants contre la loi travail et où veillent les partisans des Nuit debout, Boris va tenter de prendre la police de vitesse. S’il n’a pas su élever sa fille, du moins croit-il pouvoir la sauver. Sur la face cachée de l’ultra droite, Jean-Paul Chaumeil jette un ancien mercenaire, père défaillant mais protecteur, et une poignée de flics qui tentent de ne perdre ni leur âme ni leur conscience dans une France sous la menace de tous les terrorismes.

Editeur: Rouergue, 272 pages, date sortie: 5 septembre 2018

Moi, témoin – Niki Mackay

Moi, témoin – Niki Mackay

La surprise que je n’attendais pas …

Kate Reynolds a 24 ans, elle vient de purger une peine de six ans, reconnue coupable d’avoir poignardé et tué sa meilleure amie. Ce soir là, elle avait beaucoup bu, elle ne se souvient de rien, elle a avoué. Mais six ans plus tard, dès sa sortie de prison, quelques vagues souvenirs émergent. Persuadée d’être innocente, elle engage Madison  Attallee, une ex flic devenue détective privée, pour reprendre l’enquête bâclée à l’époque.

Un thriller psychologique qui m’a embarquée complètement, lu d’une traite, commencé dans la soirée, je l’ai terminé tard dans la nuit. Un roman choral très prenant, les quatre voix alternent sans cesse donnant un rythme enlevé à la lecture. Les chapitres sont très courts, les rebondissements multiples, la tension omniprésente et le suspense entier jusqu’à la fin. Cerise sur le gâteau, c’est bien écrit ! Bien sûr, le lecteur devine certaines choses, mais Niki Mackay a l’art de nous mener en bateau sur de fausses pistes. L’air de rien, elle aborde beaucoup de thèmes très finement : la maladie mentale, la manipulation, l’alcoolisme, la maternité, la violence conjugale, les secrets de famille.

L’intrigue de départ est plutôt classique et obéit aux codes du genre, mais elle nous réserve de belles surprises. Une mention spéciale pour le personnage de la détective Madison, divorcée, ex flic, ex alcoolique qui a perdu la garde de sa fille, elle n’a pas sa langue en poche, un sacré caractère, forte, fragile, vulnérable. Une héroïne que je suivrai avec plaisir si la série se poursuit.

Un premier roman très réussi et une auteure à surveiller de près.

Je remercie chaleureusement les éditions Marabout pour leur confiance.

4ème Couverture

« Ils disent que je suis une meurtrière. J’ai plaidé coupable. Mais la vérité, c’est que je n’ai rien fait… » Il y a six ans, Kate Reynolds a été retrouvée tenant dans ses bras le corps de sa meilleure amie, couverte de sang, l’arme du crime à ses côtés. Elle a depuis purgé sa peine de prison et retrouvé la liberté. Décidée à laver son nom, elle engage une détective privée, Madison Attallee, qui n’est autre que l’officier de police qui l’a découverte sur la scène de crime. Convaincue de la culpabilité de Kate, Madison accepte l’affaire à reculons. Elle s’aperçoit vite que les circonstances du meurtre sont loin d’être claires, et plonge dans le dossier à bras le corps. Mais quelqu’un est déterminé à ce que le passé reste là où il est. Quelqu’un prêt à tout pour que la vérité n’éclate pas, quel qu’en soit le prix.

Editeur: Marabout, 368 pages, date de sortie: 22 août 2018

Les marcheurs – Frédéric Mars

Les marcheurs – Frédéric Mars

Déstabilisant… Percutant !

Un roman paru en 2011 sous le titre « Non stop », bien avant la vague d’attentats multiples qui a touché le monde. Glaçant, ça donne froid dans le dos ! Publié récemment en poche à La mécanique générale, il change de titre, fait peau neuve et s’orne d’une sublime couverture.

Un thriller politique qui file à mille à l’heure, une intrigue très réaliste qu’on suit en temps réel durant trois jours, à la manière de la série 24 heures. A peine ouvert, vous sentez que vous tenez une bombe entre les mains. Il vous sera impossible d’arrêter votre lecture, condamné à tourner frénétiquement les pages jusqu’à la dernière dans un état de stress incroyable. Un conseil: prévoyez du temps devant vous et pensez à respirer de temps en temps !

Marcher ou mourir, voilà le défi lancé à des milliers d’américains porteurs d’un pacemaker trafiqué. Transformés en kamikaze à leur insu, le 9 septembre 2012 ils reçoivent une lettre leur donnant une consigne claire, ils doivent se rendre dans un lieu stratégique précis -commissariat, central téléphonique, stade sportif- où ils trouveront les instructions pour désamorcer la bombe, ils ne peuvent jamais s’arrêter de marcher, sinon BOUM. Les explosions s’enchaînent et sèment le chaos à travers tout le pays. L’état d’urgence et le couvre-feu sont déclarés. Qui transforment d’honnêtes citoyens en bombe humaine onze ans après les attentats du 11 septembre ? Et pourquoi ? Des terroristes ? Une secte ?

Un récit haletant aux ramifications multiples qui mêle politique internationale, conspiration et théorie du complot. Les grandes instances du pays -FBI, Homeland security, NYPD, le maire de New York, le président des Etats Unis- entrent en jeu pour gérer la crise et sont confrontées aux multiples failles des systèmes de sécurité. Il y a tant de protagonistes en action que le lecteur pourrait craindre d’être perdu, rassurez-vous le récit est fluide de bout en bout.
Liz, du Homeland Security coordonne l’action, Sam le capitaine du NYPD dont la fille fait partie des Marcheurs et Benton du FBI, son ennemi juré, le président Cooper et quelques autres personnages secondaires. Des personnages fort attachants dont l’histoire personnelle nous accroche et donne une belle touche d’émotion à l’enquête.

Une course contre la montre teintée de paranoïa, un cauchemar anxiogène à mourir qui nous immerge totalement.  Les chapitres très courts, la construction complexe orchestrée dans les moindres détails happe complètement le lecteur. Tout est chronométré à la minute près et le suspense intense est maintenu jusqu’aux toutes dernières pages.
La plume est sèche, tranchante, incisive, très visuelle, tout à fait adaptée au récit que je verrais bien au cinéma ou en série.

Frédéric Mars a fourni un colossal travail de documentation sur la géopolitique et les organisations terroristes, dans les pays occidentaux, au Proche Orient, en Iran, sur tous les intérêts économiques qui les lient. Une analyse réaliste, claire et précise qui n’alourdit en rien l’histoire.

Un dernier détail : je suis plutôt du genre hermétique aux thrillers politiques. En général je n’y comprends pas grand chose ou ils me laissent de marbre. Mais là, je vous assure que j’ai jubilé du début à la fin de ma lecture ! 

Les marcheurs, un thriller brillant et intelligent.
Un parfait mélange entre Politique, Enquête et Emotion.
Un thriller qu’on ne lit pas, on le vit à 100% le coeur au bord de l’explosion !

Je remercie chaleureusement les éditions Ring et La mécanique générale pour leur confiance.

4ème Couverture

9 septembre, Manhattan. Un homme ordinaire reçoit une enveloppe anonyme et se met à marcher en direction du métro. À peine s’est-il arrêté sur le quai de la station qu’il explose, semant la mort autour de lui. Très vite, les mises en marche et explosions de ce genre se multiplient à une allure folle. Sam Pollack et Liz McGeary, les deux agents chargés de l’enquête, doivent admettre qu’ils sont confrontés à une attaque terroriste d’une envergure inouïe. Une attaque non revendiquée et d’autant plus difficile à contrer qu’elle transforme des innocents en bombes humaines, faisant d’eux les agents de ce scénario apocalyptique. Tous se sont vu implanter un pacemaker piégé dans les deux dernières années. Tous reçoivent ces fameuses enveloppes kraft et se mettent à marcher. S’ils s’arrêtent, la charge explosive se déclenche, où qu’ils soient, quels que soient leur âge, leur sexe et leur couleur de peau. La cavale sans fin de ceux qu’on appelle les marcheurs de la mort ne fait que commencer.

Editeur: La mécanique générale (coll. Ring noir), 719 pages, date sortie: 26 avril 2018

Bilan lecture – août 2018

Bilan lecture – août 2018

9 livres lus, soit 3508 pages.

Allez, c’est parti pour un résumé de mes lectures. Comme d’habitude, les liens des chroniques se trouvent en bas de page.

La griffe du chat-Sophie Chabanel : Un crime est commis dans un bar à chat lillois, le propriétaire est retrouvé gisant dans une mare de sang.  La chat star du bar, Ruru, a disparu. L’assassin serait il un voleur de chat ? Un polar bien sympathique, sans prise de tête, à lire avec un chat ronronnant sur vos genoux !

Qaanaaq-Mo Malo: Le polar qui vient du Groenland made in France.  Qaanaaq, le polar qui me laisse de glace ! GROSSE déception !

Sauvez-moi-Jacques Expert: raconté à la manière d’un fait divers passionnant, ce n’est pas le meilleur roman de l’auteur. Une mécanique bien huilée, efficace, qui se lit d’une traite mais quelque peu décevante dans l’ensemble.

Déchirez les ombres-Erik L’Homme: Un court récit qu’on lit d’une traite sans reprendre son souffle. C’est intense, tranchant, brutal, percutant, fulgurant, violent, cru. J’ai aimé !

L’embaumeur ou l’odieuse confession de Victor Renard-Isabelle Duquesnoy: COUP DE COEUR ABSOLU !!!
Auteure d’ouvrages historiques et restauratrice d’oeuvres d’art, Isabelle Duquesnoy a effectué dix ans de recherches pour écrire et peaufiner cet extraordinaire roman, sans se soucier de savoir s’il serait publié. Elle a fait de cette obsession son chef-d’oeuvre. De la haute voltige littéraire, une alchimie parfaite entre l’Histoire, le suspense et l’intrigue, la noirceur, le romanesque et le picaresque.

Helena-Jérémy Fel: Premier COUP DE COEUR de la rentrée littéraire. Bluffant, scotchant, terrifiant de bout en bout, Helena frôle la perfection. Un roman coup de poing d’une rare puissance. A lire immédiatement.

Abattez les grands arbres-Christophe Guillaumot: Une intrigue bien ficelée et bien rythmée, en toile de fond: le génocide Rwandais. Un personnage principal, le Kanak, que vous n’oublierez pas de sitôt.  Une belle découverte !

Le miroir des âmes-Nicolas Feuz: Un court roman qu’on lit d’une traite jusqu’au dénouement final explosif. Le rythme effréné vous empêche de poser votre lecture et de reprendre votre souffle, c’est à peine si vous avez le temps de respirer. Mais, j’émets un bémol… la suite dans ma chronique !

La disparition d’Adèle Bedeau-Graeme Macrae Burnet: Une bien belle découverte. Un étrange et curieux roman d’atmosphère qui rend hommage à Simenon et à son inspecteur Maigret. Un brillant exercice littéraire que je vous recommande vivement.

Je vous souhaite à toutes et tous d’excellentes lectures…
Soyez fous et déraisonnables, achetez des livres, beaucoup de livres, prêtez les,
empruntez les, peu importe, mais lisez, lisez, lisez… cela rend heureux !

Cliquez sur les titres pour lire les chroniques entières

La griffe du chat – Sophie Chabanel

Qaanaaq- Mo Malo

Sauvez-moi – Jacques Expert

Déchirer les ombres – Eric L’Homme

L’embaumeur ou l’odieuse confession de Victor Renard – Isabelle Duquesnoy

Helena – Jérémy Fel

Abattez les grands arbres – Christophe Guillaumot

Le miroir des âmes – Nicolas Feuz

La disparition d’Adèle Bedeau – Graeme Macrae Burnet

 

La disparition d’Adèle Bedeau – Graeme Macrae Burnet

La disparition d’Adèle Bedeau – Graeme Macrae Burnet

Une bien belle découverte…

Un étrange et curieux roman d’atmosphère qui rend hommage à Simenon et à son inspecteur Maigret.

Nous sommes à Saint Louis en Alsace, une petite ville terne où il règne un ennui profond, comme si le temps s’était arrêté. Manfred, le directeur de banque est un solitaire, mal à l’aise avec les autres, maniaque et routinier, sa vie est entièrement réglée, faite d’habitudes, d’une monotonie effrayante.  Il déjeune chaque jour au restaurant de la cloche et il y passe ses soirées à boire en lorgnant la séduisante serveuse Adèle.  Un soir, celle ci disparait sans laisser de traces. L’inspecteur Gorski, chargé de l’affaire, est hanté depuis 20 ans par l’une de ses premières enquêtes qu’il n’a pu résoudre, l’assassinat d’une jeune adolescente. Manfred devient vite un suspect potentiel, il perd pied, s’enfonce dans la paranoïa et se voit obligé d’affronter le grand secret de son passé.

Loin des thrillers sensationnalistes, ce récit au charme suranné oscille entre passé et présent et nous tient sans cesse en haleine en insufflant une tension perceptible à chaque page. Un thriller psychologique captivant malgré une certaine lenteur, la plongée dans les rouages de l’esprit des deux protagonistes et le jeu entre eux nous absorbe complètement. Leur relation complexe est fascinante et troublante. La tension monte d’un cran dans la seconde partie, le rythme s’accélère un peu jusqu’au final subtil et inattendu.

Graeme Macrae Burnet joue avec ses lecteurs en brouillant les pistes dès le prologue du roman, il nous fait croire que celui-ci a été adapté au cinéma par Chabrol. Je vous avoue m’être creusée le ciboulot, j’ai presque failli tomber dans le panneau.

Un brillant exercice littéraire que je vous recommande vivement.

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine pour leur confiance.

4ème Couverture

Manfred Baumann est un solitaire. Timide, inadapté, secret, il passe ses soirées à boire seul, en observant Adèle Bedeau, la jolie serveuse du bar de cette petite ville alsacienne très ordinaire.
Georges Gorski est un policier qui se confond avec la grisaille de la ville. S’il a eu de l’ambition, celle-ci s’est envolée il y a bien longtemps. Peut-être le jour où il a échoué à résoudre une de ses toutes premières enquêtes criminelles, qui depuis ne cesse de l’obséder.
Lorsque Adèle disparaît, Baumann devient le principal suspect de Gorski. Un étrange jeu se met alors en place entre les deux hommes.

Editeur: Sonatine, 283 pages, date sortie: 30 août 2018

Le miroir des âmes – Nicolas Feuz

Le miroir des âmes – Nicolas Feuz

Un flic meurt dans d’horribles souffrances, un tueur à gages appelé « le Vénitien » lui coule du verre de Murano en fusion dans la bouche et le regarde mourir.
Le miroir des âmes démarre sur les chapeaux de roue, à 1000 à l’heure et le rythme ne ralentira jamais durant les 262 pages.

Une enquête très réaliste sur fond d’attentats terroristes, de réseaux mafieux de traite des femmes, de scandales et d’hommes politiques corrompus jusqu’à la moelle, de flics pas toujours nets et au milieu un tueur à gages justicier de la pire espèce.
Le procureur Jemsen est touché par l’attentat à la bombe du centre de Neuchâtel, défiguré et amnésique sur son lit d’hôpital. Aidé par son étrange greffière, il va tenter de reconstituer le puzzle à coût de flash back successifs.

Un court roman qu’on lit d’une traite jusqu’au dénouement final explosif. Le rythme effréné vous empêche de poser votre lecture et de reprendre votre souffle, c’est à peine si vous avez le temps de respirer. Les chapitres sont courts, très courts, le suspense intense, l’écriture nerveuse et les nombreux rebondissements nous obligent à tourner les pages très vite pour savoir qui va survivre « Tous meurent. Tous, sauf trois ».

MAIS le gros bémol que j’émettrai : la déception vient des personnages. Ils passent au second plan et sont à peine survolés, place à l’action pure et c’est fort dommage !
Le miroir des âmes, il lui manque ce supplément d’âme que j’aime tant dans les thrillers et romans noirs.
Je suis donc à moitié réconciliée avec l’auteur, ma première expérience de lecture Horrora Borealis avait été une grosse déception.

Je remercie chaleureusement les éditions Slatkine & Cie pour leur confiance.

 

4ème Couverture

Un attentat sans commanditaire, des meurtres sans mobile apparent, l’auteur est à son affaire, il est procureur du Canton de Neuchâtel. Dans ce polar essoufflant, il fait endosser à son personnage principal la robe d’un magistrat qui pourrait être son double si tout n’était précisément double et trouble dans ce Miroir des âmes : les flics, les filles, les politiques, les juges et jusqu’à ce mystérieux tueur en série que la police a surnommé Le Vénitien parce qu’il coule du verre de Murano dans la gorge de ses victimes.

Editeur: Slatkine & Cie, 262 pages, date sortie: 23 août 2018

Abattez les grands arbres – Christophe Guillaumot

Abattez les grands arbres – Christophe Guillaumot

Une très belle découverte !

Je découvre enfin Christophe Guillaumot, rencontré à Toulouse Polars Sud en octobre 2017.  L’auteur est capitaine de police au SRPJ de Toulouse, son roman sonne « vrai » sans aucune incohérence.

Une enquête qui se déroule à Toulouse. Renato Donatelli, surnommé le Kanak par ses coéquipiers qui ne l’aiment guère, est un black baraqué, une armoire à glace de 2m qui vient de Nouvelle Calédonie. Il rêve d’y retourner et attend sa mutation refusée chaque année par sa hiérarchie.
Le kanak, une force de la nature au grand coeur, il est le seul flic honnête au sein d’une bande de ripoux à la brigade des stups. Une montagne de muscles qui répète toujours cette phrase quand quelqu’un commence à le gonfler : « Je vais te laisser le choix… Soit tu passes ton chemin, soit je te mets une gifle amicale ! »

Lors d’une descente des stups dans l’appartement d’un dealer, le Kanak reste à l’extérieur, refusant de participer aux magouilles de ses collègues. Il découvre dans l’appartement voisin un couple d’Africains sauvagement mutilés, les viscères à l’air, un petit enfant présent sur la scène de crime a été épargné. Sans l’accord de sa hiérarchie, il va mener une enquête non officielle, assisté de Six, un bébé flic de la Crim et d’Avril, la belle médecin légiste.

Pour élucider ces meurtres atroces, il va devoir plonger vingt ans en arrière, dans le passé du Rwanda, durant le massacre des huit cent mille Tutsis par l’ethnie Hutu, dans l’indifférence générale de la communauté internationale. Le beau titre énigmatique « Abattez les grands arbres » est en fait le signal du début des massacres prononcé sur les ondes de la radio Milles Collines.

Après  le génocide, certains bourreaux ont atterri en France où ils se cachent sous de fausses identités. L’heure de la vengeance aurait-elle enfin sonné à Toulouse ? L’enquête s’annonce très complexe, elle va mettre certaines magouilles en lumière, quand tout le monde aimerait qu’elles restent au fond des dossiers.

Christophe Guillaumot nous offre une intrigue à plusieurs niveaux, bien rythmée, sans aucun temps mort. C’est cohérent, ficelé à merveille et magnifiquement documenté, il nous explique clairement et sans détour (sans être lourd ni entrer trop dans les détails) l’effroyable tragédie rwandaise et l’implication du gouvernement français, un réalisme à couper le souffle.

Au delà de l’enquête, le grand point fort de ce roman, c’est le personnage principal que je ne suis pas prête d’oublier. Le Kanak, ce flic atypique aux grosses paluches, à l’humour si particulier, tellement attachant et touchant dans sa naïveté par moments, une espèce en voie de disparition.

Un premier opus qui me donne envie de lire la suite des aventures du Kanak dans « La chance du perdant ».

4ème Couverture

À la brigade des Stups, on le surnomme le Kanak. Gardien de la paix au grand cœur, natif de Nouvelle-Calédonie, il en impose du haut de ses deux mètres. Intègre, il refuse de participer aux magouilles de ses collègues. Lorsqu’il découvre une famille africaine massacrée à coups de machette, il prend l’affaire à cœur et se promet de faire justice. Sur la piste d’une odieuse vengeance, le Kanak découvre une histoire où les bourreaux d’hier sont les victimes d’aujourd’hui.

Editeur: Cairn, 372 pages, date sortie: octobre 2015 (éditions Points 8 mars 2018)

Livresse du Noir fête ses deux ans !

Livresse du Noir fête ses deux ans !

Deux ans… déjà !

Le 24 août 2016, m’est venue cette idée folle et délirante de créer un BLOG.  Ainsi naquit Livresse du Noir  !
Une sacrée aventure et un défi qui dure depuis deux ans.

24 mois… 229 livres chroniqués  (sans compter les romans lus et non chroniqués)

Un blog… c’est chronophage, c’est du boulot, beaucoup de boulot.
Des nuits courtes et une vie sociale proche du néant (c’est presque çà !).
Un blog… c’est avant tout une histoire de passion.
Le plaisir, la curiosité insatiable et la jubilation intense m’animent au quotidien, sans ça, rien n’est possible.
Un blog… c’est des belles rencontres et des échanges enrichissants. J’ai beaucoup de projets dans mes tiroirs, le manque de temps m’empêche de les réaliser.

Je vous pose la même question existentielle que l’an dernier : ai-je ouvert quelques portes et suscité l’envie ou la curiosité chez certains d’entre vous ?  Si oui, j’ai gagné mon pari et c’est tout bonheur pour moi !

Je remercie les fidèles lecteurs qui me suivent de près et ceux qui jettent un oeil de loin, sans vous le blog n’aurait aucune raison d’être. Pour fêter l’évènement, j’ai décidé de vous gâter, j’organise un concours en trois temps, trois romans à gagner. Tout sera expliqué sur la page FB, soyez attentifs, ça démarre aujourd’hui !

Je remercie les maisons d’éditions, les agences de communication et les attaché(e)s de presse très attentifs qui me font confiance depuis le début (impossible de les citer toutes, je risquerais d’en oublier, il y en a plus de 40).

Et plus que tout, je remercie tous les auteurs, sans eux rien n’existerait.
Des magiciens qui font briller mes yeux et battre mon coeur plus vite.
Je rêve, j’oublie, je m’évade, je frissonne, je tremble, je réfléchis, je m’étonne, je jubile à leurs côtés…
Leurs histoires sont de précieux cadeaux, des parenthèses de « merveilleux » et des promesses de moments hors du temps.

Je terminerai en remerciant FLAVIEN… mon informaticien de génie. Sans lui, le blog s’enliserait dans les méandres informatiques et n’aurait aucune chance de survie.

Je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures.  Et n’oubliez pas… Lisez, lisez, lisez beaucoup, cela rend heureux !