Le collectionneur – Fiona Cummins

Le collectionneur – Fiona Cummins

100% glaçant, 100% addictif, 100% plaisir !

Deux enfants sont enlevés, une troisième enfant a disparu depuis un an. Ils ont tous un point commun, lequel ? Ils ont croisé la route du Collectionneur. Un homme effacé, un monsieur tout le monde le jour, qui se transforme en un redoutable serial killer la nuit. Un tueur complexe et terrifiant qui collectionne les os humains pour son musée morbide transmis de père en fils. Mais attention pas n’importe lesquels, il cherche la rareté, des os spéciaux et uniques. Les enfants enlevés sont atteints de malformation osseuse. Clara  a une malformation au niveau des mains et Jakey est atteint d’une maladie génétique rare, la fybrodisplasie ossifiante progressive, appelée la maladie de l’homme de pierre, des os supplémentaires poussent jusqu’à l’enfermer petit à petit dans son corps.

Fiona Cummins nous offre un premier roman parfaitement maîtrisé, un page turner glaçant de 509 pages qui ne nous laisse aucun répit et se lit quasi d’une traite tant la mécanique est bien huilée.

L’auteure apporte un « petit quelque chose » d’original et une touche de sensibilité particulière à l’histoire, elle donne une belle profondeur à tous ses personnages, les parents, les victimes, l’inspectrice et nous les rend tellement proches. Elle nous immerge complètement dans la vie des parents en nous faisant ressentir ce qu’ils endurent au quotidien avec la maladie de leurs enfants, leur désarroi, leur fragilité et leurs angoisses face à l’enlèvement. Criant de vérité et très touchant ! J’ai beaucoup aimé l’inspectrice qui mène l’enquête, une femme forte, déterminée, fragile, instable, en proie à des problèmes de couple et pleine d’empathie pour les victimes. Un mini bémol concernant le Collectionneur, il m’a manqué un petit truc, peut être aurais-je aimé qu’il soit plus mis en lumière. Je pense que l’auteure a fait le choix de mettre sa collection morbide au premier plan.

Un course contre la montre qui nous maintient sous tension permanente, les chapitres très courts donnent un rythme de dingue à l’histoire, nous tournons frénétiquement les pages pour savoir si les enfants vont être sauvés par l’inspectrice Etta Fitzroy. Les rebondissements s’enchaînent de plus en plus vite jusqu’à la fin. Et quelle fin ! Je vous en parle ? WTF, j’ai juste failli jeter mon livre par terre.

Mon petit doigt me disait que Fiona Cummins avait prévu une suite, elle vient de paraître en Angleterre, il n’y a plus qu’à patienter.

Avis aux amateurs… un thriller que je vous recommande vivement !

Je remercie chaleureusement les éditions Slatkine & Cie pour leur confiance.

4ème Couverture

Un tueur en serie encore plus effrayant qu’Hannibal Lecter.
Le Collectionneur a tout organisé et mène une double vie. Dans l’une, il est comme vous et moi. Dans l’autre, il est le gardien d’un macabre musée de famille : une collection d’ossements humains.
Les collectionneurs cherchent toujours la rareté, l’objet unique. Deux enfants, Jakey Frith et Clara Foyle, souffrent l’un et l’autre d’une maladie génétique orpheline (une centaine de cas en France) qui fait se dédoubler les cartilages puis pousser les os jusqu’à l’étouffement, lamaladie de l’homme de pierre. Le Collectionneur se doit d’avoir ces deux pièces rarissimes que sont deux petits squelettes au tout début de leur déformation.
Dans sa traque éperdue, il déjoue la vigilance du père de Jakey et celle d’un détective trouble, Etta Fitzroy, qui enquête sur une série d’enlèvements.

Editeur: Slatkine & Cie, 509 pages, date sortie: 18 octobre 2018

Promenons nous dans ce bois – Nele Neuhaus

Promenons nous dans ce bois – Nele Neuhaus

Je découvre Nele Neuhaus avec ce 8è opus de la série mettant en scène le commissaire Oliver von Bodenstein et l’inspectrice Pia Kirchhoff. Une série qui rencontre visiblement un gros succès, le 2è tome « Blanche Neige doit mourir » s’est vendu à 1 million d’exemplaires en Allemagne.

Nous sommes plongés au coeur du village natal du commissaire, petit coin isolé dans la région montagneuse du Taunus. Quelqu’un s’acharne à tuer des gens sans histoires, les cadavres s’accumulent. Les victimes ont un point commun : elles se connaissent toutes.

Le commissaire est mal à l’aise car il connait les victimes et les habitants, l’enquête s’annonce très complexe. Il est persuadé que le meurtrier est un des villageois et que ces meurtres sont liés à des évènements du passé. De vieux secrets enfouis depuis quarante ans vont être déterrés… jalousies, trahisons, adultères.  Artur, le meilleur ami de Bodenstein a disparu brutalement durant l’été 1972, que s’est-il réellement passé ? Bodenstein a enfoui ce traumastime d’enfance.
Les enquêteurs devront faire face au silence des villageois, tout le monde semble avoir des choses à cacher et il leur faudra beaucoup de patience pour assembler les pièces du puzzle et percer les zones d’ombre.

Ne vous attendez pas à des rebondissements incessants, l’intrigue très dense démarre fort lentement.  Nele Neuhaus prend son temps pour nous présenter les nombreux personnages et nous immerger dans le décor et l’atmosphère oppressante du village, au coeur des secrets, des non-dits, des mensonges et des vieilles rancoeurs.

Un ressenti en demi teinte pour moi. Globalement, j’ai passé un bon moment de lecture avec ce polar classique qui lorgne du côté du thriller psychologique. L’intrigue est bien ficelée, la plongée dans l’ambiance du village très réussie mais le roman souffre quelque peu d’un manque d’originalité (oui, je sais, je suis difficile et j’aime être surprise) et de beaucoup de longueurs (544 pages quand même !).

Un livre que je conseillerais aux amateurs d’ambiance de polars nordiques. Et je le répète, ceci n’est que mon humble avis, faites vous le vôtre.

Une mention spéciale pour la sublime couverture ! Je remercie les éditions Calmann Lévy pour leur confiance.

4ème Couverture

Dans la région montagneuse du Taunus, la forêt prédomine. Peut-on alors parler d’accident quand en pleine nuit, au coeur des bois, un feu tue un homme dans sa caravane ? Et quand non loin, dans un village reclus, deux autres morts suspectes se succèdent ?
Le commissaire Bodenstein et sa jeune collègue Sander comprennent vite qu’un même meurtrier s’acharne, mais pourquoi s’en prend-il à des gens sans histoires et qui se connaissaient tous ? Peu à peu, l’enquête les ramène à l’été 1972, lorsque le meilleur ami de Bodenstein, Artur, disparut sans laisser de traces. Un traumatisme d’enfance pour lui, et un drame que beaucoup auraient préféré oublier. Et si un lien existait avec les victimes récentes ? Pour arrêter le coupable, un seul moyen : découvrir ce qui s’est vraiment passé à l’époque, là-bas, dans ce bois…

Editeur: Calmann Lévy, 544 pages, date sortie: 10 octobre 2018

Bilan lecture – octobre 2018

Bilan lecture – octobre 2018

10 livres lus, soit 3934 pages

Octobre a été un mois très riche avec beaucoup de belles lectures.
Sept retrouvailles avec sept auteurs que je suis de près et aime beaucoup. Certains ont confirmé leur talent, d’autres ont réussi le pari de se renouveler, d’oser, de me surprendre en allant là où je ne les attendais pas. Et trois découvertes… deux en demi teinte et une qui m’a délié les zygomatiques.
Allez, c’est parti comme d’habitude avec les résumés et les liens des chroniques en bas de page !

Le douzième chapitre-Jérôme Loubry : Pari réussi avec ce deuxième roman. L’auteur a un don particulier pour créer des ambiances captivantes et angoissantes, le livre se dévore quasi d’une traite,  tellement curieux de connaitre le mot de la fin.

Organigramme-Jacques Pons : Un premier roman qui dépeint à merveille l’univers impitoyable d’un système qui ne pense qu’aux chiffres, aux actionnaires et à la compétition, au détriment de l’humain. Bienvenue en enfer, tout y est permis. Hermétique à cette histoire, je n’ai pas ressenti beaucoup d’empathie pour les nombreux personnages.

Apocryphe-René Manzor : Un passionnant thriller où l’Histoire et la fiction se croisent, une fresque épique qui revisite l’histoire officielle. Un fabuleux divertissement qui nous plonge deux mille ans en arrière. Une chasse à l’homme haletante, des batailles sanglantes. L’auteur est un conteur exceptionnel qui fabrique des images avec ses mots.

Au coeur de la folie-Luca d’Andrea : En quelques mots il parvient à créer un certain malaise en nous, il nous immerge dans le froid glacial des montagnes enneigées, il installe une ambiance angoissante proche de celle de certains contes cruels des frères Grimm, une peur qui nous donne des frissons en nous glaçant les os. Le lecteur est piégé dans une spirale effrayante, impossible d’en sortir avant la fin. Petit bémol pour la fin !

Honky Tonk Samouraïs-Joe R. Lansdale : Neuvième tome de la série Hap et Leonard et j’avoue avoir passé un très bon moment en compagnie de ces deux détectives texans, mes zygomatiques se sont déliés plus d’une fois.C’est noir, violent, déjanté, cru, plein d’ironie, de cynisme, on rit vraiment beaucoup.

Enfermé.e-Jacques Saussey :  Coup de coeur !!!
Un long cri d’amour. Une claque magistrale. Un coup de poing d’une violence inouïe. A lire de toute urgence. Lisez-le, lisez-le, LISEZ-LE !!!

Dragon noir-Frédérick Rapilly : Un thriller électrique branché sur du 20 000 volt. C’est en apnée qu’on lit ce suspense haletant.  Nous sommes entrainés aux côtés de Marina dans sa course effrénée pour sauver sa peau, va-t-elle échapper aux tueurs et retrouver la mémoire ?

Inexorable-Claire Favan : L’auteure a osé un roman qui sort du moule, un roman différent pour parler de la différence. Bravo ! Un roman noir puissant, porteur d’un message fort, avec une intrigue sur des meurtres de femmes en toile de fond laissant la part belle aux personnages et aux émotions.

Tu tairas tous les secrets-Hervé Jourdain : Personne n’en parle et c’est bien dommage ! Deux meurtres, deux enquêtes en parallèle. Complexes, minutieuses, criantes de réalisme, très prenantes, hyper bien ficelées. Aucune longueur, un tempo parfait, le lecteur est captivé de bout en bout, le suspense et la tension vont crescendo jusqu’au final scotchant.

Irrespirable-Olivia Kiernan : Un bandeau très accrocheur nous présente ce premier roman « Entre Le poète et Le silence des agneaux ». Tous les ingrédients d’un bon polar sont réunis. MAIS mes attentes (liées à ce bandeau mensonger) étaient trop grandes, la serial lectrice  espérait la surprise, le choc de lecture et forcément, j’ai été déçue.

MERCI A VOUS DE ME SUIVRE !

Je vous souhaite à toutes et tous d’excellentes lectures…
Soyez fous et déraisonnables, achetez des livres, beaucoup de livres, prêtez les,
empruntez les, peu importe, mais lisez, lisez, lisez… cela rend heureux !

Cliquez sur les titres pour lire les chroniques entières

Le douzième chapitre – Jérôme Loubry

Organigramme – Jacques Pons

Apocryphe – René Manzor

Au coeur de la folie – Luca d’Andrea

Honky Tonk Samouraïs – Joe R. Lansdale

Enfermé.e – Jacques Saussey

Dragon noir – Frédérick Rapilly

Inexorable – Claire Favan

Tu tairas tous les secrets – Hervé Jourdain

Irrespirable – Olivia Kiernan

Tu tairas tous les secrets – Hervé Jourdain

Tu tairas tous les secrets – Hervé Jourdain

J’ai découvert Hervé Jourdain avec Femme sur écoute, j’ai beaucoup aimé. C’est avec une certaine excitation que j’ai ouvert Tu tairas tous les secrets. Levons le secret tout de suite, j’ai pris énormément de plaisir durant ma lecture.
Dans « Femme sur écoute », il fallait attendre une centaine de pages avant que l’histoire démarre vraiment. Changement de ton dans ce nouvel opus,  le lecteur est happé dès le prologue. En pleine forêt, une femme sur le point d’accoucher est entrain de fuir, ses pieds ensanglantés, elle court pour chercher de l’aide, sauver sa vie et celle de son bébé.

Deux meurtres et deux enquêtes en parallèle. Une éditrice retrouvée noyée dans la Seine, elle sortait d’une soirée organisée par sa boîte. Une femme retrouvée dans un parc naturel des Ardennes, sur son pull on retrouve des traces de l’ADN de Sylvie Desgranges, l’épouse du commandant, disparue depuis longtemps. Desgranges ne veut plus en entendre parler. Zoé Dechaume et Lola Rivière vont enquêter en toute clandestinité, en marge l’enquête officielle et de leur hiérarchie, mettant en péril leur carrière.

Nos deux héroïnes occupent le devant de la scène et nous réservent bien des surprises, elles sont attachantes, très humaines, téméraires. Elles franchiront plus d’une fois les limites en suivant leur intuition, mettant leur vie en danger. Leur enquête les mènera jusqu’en Belgique, au fin fond des Ardennes où elles croiseront de curieux personnages et un médecin très particulier. L’auteur nous immerge complètement et nous fait ressentir l’ambiance brumeuse, sombre et étrange de ce minuscule village.

Hervé Jourdain est un ancien capitaine de la brigade criminelle, il sait de quoi il parle, les enquêtes sont complexes, minutieuses, criantes de réalisme, très prenantes, hyper bien ficelées. Aucune longueur, un tempo parfait, le lecteur est captivé de bout en bout, il aura bien du mal à lâcher sa lecture avant la fin tant le suspense et la tension vont crescendo jusqu’au final scotchant.

Un polar très efficace que j’ai beaucoup aimé, je vous le recommande chaudement.

Je remercie chaleureusement les éditions Fleuve pour leur confiance.

4ème Couverture

Une femme est retrouvée morte dans le parc naturel des Ardennes.
À plusieurs kilomètres de là, le corps d’une autre est repêché dans la Seine.
Sur le pull que portait la première victime, l’ADN de l’épouse d’un chef de brigade de la PJ de Paris. Au cou de la seconde, un curieux médaillon en forme de chouette.
Le commandant Guillaume Desgranges est chargé de l’enquête parisienne. Et ce qui se passe dans les Ardennes, il refuse d’en entendre parler : il a élevé seul son fils et remué ciel et terre pour retrouver celle qu’il aimait. Le temps a passé. Son évaporation ne regarde qu’elle, à présent, où qu’elle soit.
Le brigadier Zoé Dechaume ne l’entend pas de cette façon et n’a qu’une idée en tête : remonter la piste ardennaise. Alors, en toute clandestinité, et en duo avec sa coéquipière Lola Rivière, elle va se lancer sur les traces d’une femme qu’elle ne connaît pas, mais dont elle a toutes les raisons de penser qu’elle vit encore.
Mettant en péril leurs carrières et bien plus encore, les deux jeunes femmes vont se heurter aux secrets qui contraignent au silence, écorchent, et finissent par tuer ceux qui les portent.

Editeur: Fleuve, 416 pages, date sortie: 11 octobre 2018

Inexorable – Claire Favan

Inexorable – Claire Favan

Claire Favan délaisse le monde du thriller pur pour nous offrir un roman noir bouleversant, un récit qui sort de ses tripes, une mise à nu très inspirée de son vécu.
Je ne parlerais pas de virage à 180°, ce roman très personnel surprendra certains lecteurs, oui et alors ? l’auteure nous a prévenu plusieurs fois.
Je dis bravo et merci Claire Favan d’avoir osé un roman qui sort du moule, un roman différent pour parler de la différence.
Un roman noir puissant, porteur d’un message fort, avec une intrigue sur des meurtres de femmes en toile de fond laissant la part belle aux personnages et aux émotions.

Inexorable est préfacé par Gabriel Favan, le fils de Claire, il nous parle de la différence et du harcèlement scolaire « Pour moi, la différence, c’est lorsque même quand je n’avais rien fait, c’est toujours moi qu’on punissait. Et plus ils agissaient ainsi et plus je perdais le contrôle, et plus je leur donnais raison de le faire. »

Il m’est bien difficile de vous parler de cette histoire sans vous en dire trop, juste quelques mots, je préfère vous laisser découvrir l’intrigue. Milo, un môme de quatre ans vit tranquillement avec sa mère et son père Victor, souvent absent pour raisons professionnelles. Il adore son père, il l’a même déifié. Une nuit la police débarque pour arrêter Victor, une arrestation musclée et violente. Cela se passe avec sous les yeux de Milo, un choc, un traumatisme pour lui, il ne s’en remettra pas. Il choisira la violence, la rage et la colère pour exprimer son mal être. Ainsi débute sa lente descente aux enfers.

Inexorable aborde beaucoup de thèmes. Celui de l’enfance abimée et la société qui stigmatise, étiquette, enferme les enfants différents dans des cases. L’école harcèle ces mômes devenus des moutons noirs, des boucs émissaires quoi qu’ils fassent. Le système les broie et l’engrenage se referme vite, tellement vite qu’il devient quasi impossible d’en sortir.

Ineroxable, le combat  d’une mère qui lutte sans relâche pour soutenir et protéger son enfant contre les préjugés, seule contre toutes les instances de la société. Les  difficultés s’accumulent, les doutes et les questions l’assaillent au quotidien, la solitude est si lourde dans ce combat… peu importe, cette mère désespérée ne lâche rien, elle ira jusqu’où point de non retour.

Inexorable, une intrigue prenante qui pose beaucoup de questions, soulève une réflexion intéressante et suscite certaines prises de conscience. Claire Favan nous parle avec beaucoup d’intelligence, de finesse et subtilité sans donner l’impression d’être une donneuse de leçon. Les émotions sont palpables à chaque page, c’est poignant, émouvant et d’une incroyable justesse.

Inexorable, le cri d’amour inconditionnel d’une mère pour son fils a touché mon coeur en plein centre. Je ne suis pourtant pas mère, mais l’immense talent de Claire Favan a suffi à ouvrir la porte.

Je remercie chaleureusement les éditions La Bête Noire pour leur confiance.  Mention spéciale pour la très belle couverture.

4ème Couverture

Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.
Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.
Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.
Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.
Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…
Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.

Editeur: Robert Laffont (coll. La Bête Noire), 384 pages, date sortie: 11 octobre 2018

Dragon noir – Frédérick Rapilly

Dragon noir – Frédérick Rapilly

Après l’excellent Le chant des âmes et sa suite Le chant du diable (hélas je n’ai pas pu le lire, le roman n’était plus disponible à l’époque), Frédérick Rapilly s’est fait attendre, il est enfin de retour avec son nouveau thriller.

Une call girl, Marina, se rend à un rendez vous dans un appartement chic à Paris. Grosse surprise en arrivant, son client est mort, une caméra semble avoir filmé le crime. L’assassin est toujours sur place, il essaie de la tuer. Mais c’est elle qui l’abat en prenant la fuite.

Ainsi commence ce thriller électrique branché sur du 20 000 volt. Prévoyez cinq heures devant vous avant de vous y plonger,  le rythme infernal vous empêchera de décrocher de votre lecture un instant.

Une extraordinaire course poursuite menée tambour battant sans aucun temps mort. Marina se retrouve pourchassée par des tueurs sans pitié, les vori v zakone, une puissante mafia russe implantée en France. Terrifiant quand on apprend que certains faits politiques sont vrais. Une belle héroïne bien mystérieuse qui me fait penser à Nikita, amnésique depuis deux ans, elle ne sait même pas qui elle est vraiment. Une call girl ? Mais pourquoi possède-t-elle de si bons réflexes de survie, des aptitudes au combat et au maniements des armes ?  Et d’où lui vient cet immense dragon noir tatoué dans son dos ?

L’auteur possède un don particulier pour enchaîner les rebondissements, c’est en apnée qu’on lit ce suspense haletant. Les pages se tournent toutes seules, nous sommes entrainés aux côtés de Marina dans sa course effrénée pour sauver sa peau, les morts s’accumulent autour d’elle, le lecteur se demande si elle va échapper aux tueurs et retrouver la mémoire.

Le style est très visuel, quasi cinématographique, je vois déjà l’adaptation cinéma. Quel super film ça donnerait, on se rapprocherait de Taken, vous voyez ce héros qui court sans arrêt du début à la fin du film ?

Plaisir garanti pour les amateurs du genre !

Je remercie chaleureusement les éditions Critic pour leur confiance.

4ème Couverture

Ce soir-là, à Paris, Marina n’aurait jamais dû accepter ce rendez-vous. Lorsque la call-girl débarque chez son client, elle découvre un cadavre ; l’homme a été torturé puis exécuté, son supplice diffusé sur Internet.Maintenant, elle fuit pour sauver sa vie, traquée par des hommes déterminés appartenant à une organisation aux moyens sans limites et aux ramifications planétaires. Mais Marina est-elle bien la jeune femme qu’elle prétend être ?
Comment a-t-elle perdu la mémoire deux ans plus tôt ? Quel est ce terrifiant secret qui la ramène sans cesse en Russie ? Qui est ce tueur qui signe chacun de ses meurtres d’un triangle sur l’aine de ses victimes ? Et pourquoi ce dragon noir la hante-t-elle ? Et si, pour une fois, la proie se retournait contre ceux qui la chassent ?

Editeur: Critic, 420 pages, date sortie: 4 octobre 2018

Enfermé.e – Jacques Saussey

Enfermé.e – Jacques Saussey

ENFERME.E est un roman à part dans le parcours de Jacques Saussey, un roman très personnel, un roman noir qui brise un sujet encore tabou aujourd’hui.

ENFERME.E est un long cri d’amour.
Une claque magistrale.
Un coup de poing d’une violence inouïe.

A travers l’histoire de Virginie, sa vie de transexuelle, sa quête d’identité et sa terrible vengeance, ce récit nous plonge dans l’horreur des violences faites aux femmes, dans l’enfer des prisons, la prostitution, l’éducation et la religion, le rejet de la différence et l’homophobie.

Jacques Saussey a une plume magnifique, elle va à l’essentiel et nous fait ressentir les émotions puissance mille. Chaque mot est à sa place, même le plus dur, aucune surenchère gratuite, aucun pathos. Tout sonne juste dans cette histoire bouleversante ancrée dans une triste réalité.

Un concentré d’émotions. Plus d’une fois, une boule s’est formée dans ma gorge, mon coeur s’est serré, mes tripes se sont retournées et mes larmes ont coulé. J’ai pleuré pour Virginie, pour toutes les Virginie du monde.

ENFERME.E, une lecture sombre, brutale, sublime, percutante, poignante, dérangeante, déstabilisante.
Une lecture pleine de sensibilité, d’amour et d’espoir.  Au plus profond des ténèbres, la lumière peut jaillir.

A lire de toute urgence. Lisez-le ! Lisez-le ! LISEZ-LE !

Un tout grand merci à Jacques Saussey d’avoir osé prendre des risques pour donner la parole à Virginie. Un coup au coeur indescriptible qui me touche dans le tréfonds de mon être.

La page « Repères » en fin d’ouvrage (les dates, les chiffres, classifications des maladies mentales) me donne envie de hurler de rage et la page « Note de l’auteur » me donne envie de serrer l’auteur dans mes bras.

Une mention toute spéciale pour la couverture en relief, elle est juste sublime.

Je remercie chaleureusement les éditions French Pulp pour leur confiance. Je les remercie d’avoir publié ce roman osé et engagé.

4ème Couverture

« Si je ne peux pas être qui je suis, je préfère être morte plutôt qu’être emprisonnée dans un corps qui n’est pas le mien »

Les premiers papillons ont éclos derrière ses paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l’océan, jaunes et violets contre le ciel d’azur. Elle était allongée au soleil, l’herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd’hui, l’astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l’odeur était celle d’une marée putride qui se retire. Les papillons s’éloignaient de plus en plus haut, de plus en plus loin. Et l’air lui manquait. Lui manquait…
Elle a ouvert la bouche pour respirer un grand coup, comme un noyé qui revient d’un seul coup à la surface.
Les papillons ont disparu, brusquement effrayés par un rugissement issu du fond des âges…

Editeur: French Pulp (coll. Roman noir), 383 pages, date sortie: 11 octobre 2018

Honky Tonk Samouraïs – Joe R. Lansdale

Honky Tonk Samouraïs – Joe R. Lansdale

Mea culpa, je n’avais jamais lu Joe R. Lansdale, personne n’est parfait, hein !
Je le découvre avec le neuvième tome de sa série Hap et Leonard et j’avoue avoir passé un très bon moment en compagnie de ces deux détectives texans, mes zygomatiques se sont déliés plus d’une fois.

Nos deux loustics marginaux terminent un boulot pépère de surveillance, ils aperçoivent un gros con maltraitant son chien, ils le bastonent méchamment pour lui donner une leçon. Une mémé filme la scène, le lendemain, elle se pointe dans leur agence en leur faisant du chantage « soit ils retrouvent sa petite fille disparue depuis cinq ans, soit elle envoie la vidéo à la police ».

Et voilà les ennuis qui commencent, ils se retrouvent embringués dans une aventure plus que rocambolesque. Ils croiseront des personnages haut en couleur, loufoques, des prostituées, un tueur vraiment spécial « l’Annulateur », un gang de motards, des méchants très méchants. Ca castagne dur, les coups de feu pleuvent de tous côtés, ça saigne beaucoup, Hap et Leonard vont sérieusement morfler pour avancer dans leur enquête.

Les deux compères sont dingues, frappadingues, leur duo atypique fonctionne à merveille. Ils sont tordants, déconnent sans arrêt, possèdent un humour ravageur, ça fuse et ça envoie des gros mots, des répliques drôles et des blagues hilarantes à la vitesse de l’éclair.

C’est noir, violent, déjanté, cru, plein d’ironie, de cynisme, on rit vraiment beaucoup.
Honky Tonk Samouraïs me fait penser à Cassandra de Todd Robinson, une de mes premières chroniques sur le blog, même ambiance, même humour.

Un super divertissement que je vous recommande vivement.

Je remercie chaleureusement les éditions Denoël pour leur confiance.

4ème Couverture

Hap, ancien activiste hippie et rebelle plouc autoproclamé, et Leonard, vétéran du Vietnam dur à cuire, noir, gay, républicain et addict au Dr Pepper, sont sur un banal contrat de surveillance dans l’est du Texas. Alors que la planque sans intérêt touche à sa fin, ils aperçoivent un homme qui maltraite son chien. Leonard règle l’affaire à coups de poing. Résultat : l’agresseur de chien, salement amoché, veut porter plainte. Une semaine plus tard, une certaine Lilly Buckner débarque dans leur nouvelle agence de détectives privés pour leur faire une proposition : soit ils acceptent de retrouver sa petite-fille, soit elle livre à la police une vidéo de Leonard tabassant l’agresseur de chien. Le duo accepte de rouvrir ce vieux dossier et découvre que le concessionnaire d’occasion où travaillait Lilly cache de sombres secrets.

Editeur: Denoël (coll. Sueurs Froides), 416 pages, date sortie: 27 septembre 2018

Au coeur de la folie – Luca d’Andrea

Au coeur de la folie – Luca d’Andrea

Il y a tout juste un an Luca d’Andrea s’est fait remarquer avec L’essence du mal, un premier thriller d’une maîtrise impressionnante. Il nous revient avec un deuxième roman où la montagne est à nouveau un protagoniste à part entière, l’histoire se déroule dans le Sud du Tyrol.

La quatrième de couverture nous parle de Marlène, une épouse qui fuit son mari, emportant avec elle des saphirs. Une banale histoire tellement vue ? Détrompez-vous !  La magnifique plume de l’auteur vous plongera vite dans  un récit de folie teinté de fantastique à la limite de l’horreur.

Luca d’Andréa est un fabuleux conteur, en quelques mots il parvient à créer un certain malaise en nous, il nous immerge dans le froid glacial des montagnes enneigées, il installe une ambiance angoissante proche de celle de certains contes cruels des frères Grimm, une peur qui nous donne des frissons en nous glaçant les os.

Quatre personnages principaux dans ce huis clos, la jeune épouse Marlène, son mari Monsieur Wegener, l’homme de confiance aux trousses de Marlène et Simon Keller qui la recueille. Ce dernier personnage est fascinant et son analyse psychologique est tout simplement extraordinaire. Simon, le vieil homme des montagnes, le Bau’r, l’ermite, l’excentrique éleveur de cochons qui entretient une relation très particulière avec Lissy. Mais qui est Lissy ? « Lissy, ma douce. Ma petite Lissy ». Dans un premier temps, Marlène se sent en sécurité dans cette ferme isolée, mais le cauchemar se dessine lentement, elle court un grand danger, elle doit fuir au plus vite.

Aucun temps mort dans cette chasse à l’homme, la tension s’installe dès les premières pages pour monter crescendo, le lecteur est piégé dans cette spirale effrayante, les chapitres très  courts accélèrent le rythme de lecture, les rebondissements se succèdent tout au long des 440 pages, jusqu’au point de rupture.
Un bémol pour la fin, le soufflé retombe brutalement dans les dernières pages, elles sont incohérentes, en contraste avec le reste du récit et me laissent un goût d’inachevé en bouche. Dommage !

Une chose est sûre, Luca d’Andrea a un indéniable talent, il fait désormais partie des auteurs que je suivrai avec plaisir.

Je remercie les éditions Denoël pour leur confiance.

4ème Couverture

Italie, hiver 1974. A bord d’une Mercedes crème, Marlene fuit à travers le Sud-Tyrol. Elle laisse derrière elle son mari, Herr Wegener, et emporte les saphirs qui lui avaient été confiés par la puissante mafia locale. Alors que, devenu fou, il retourne la région pour la retrouver, Marlene prend un mauvais virage et perd connaissance dans l’accident. Simon Keller, un Bau’r, un homme des montagnes, la recueille et la soigne. Marlene se remet petit à petit dans un chalet isolé, hors de portée de poursuivants pourtant infatigables, et fait un jour la connaissance de Lissy, le grand amour de Simon Keller.

Editeur: Denoël (coll. Sueurs Froides), 448 pages, date sortie: 11 octobre 2018

Apocryphe – René Manzor

Apocryphe – René Manzor

J’ai découvert René Manzor avec Celui dont le nom n’est plus, un énorme coup de coeur. J’ai enchainé avec Les âmes rivales  et Dans les brumes du mal , deux autres coups de coeur.  Vous l’aurez compris, j’adore l’auteur, je l’ai surnommé « le virtuose au talent fou ».

Pour son quatrième roman, il s’éloigne de son univers connu, il ose un énorme challenge, un pari un peu fou, une mise en danger avec une histoire qui se passe au Ier siècle en Palestine à l’époque de Jésus.

Le Larousse me donne la définition exacte du titre  Apocryphe: « se dit d’un texte qui n’est pas authentique, exemple: testament Apocryphe »

L’auteur nous précise une nuance, nous sommes dans un thriller biblique et non un roman historique.

Un passionnant thriller où l’Histoire et la fiction se croisent, une fresque épique qui revisite l’histoire officielle. J’aime beaucoup cette question que pose Ponce Pilate en première page : « La vérité ? Qu’est ce que la vérité ?
Un fabuleux divertissement qui nous plonge deux mille ans en arrière. Une chasse à l’homme haletante, des batailles sanglantes.  De nombreux personnages, certains ont vraiment existé, Judas, les apôtres, Ponce Pilate, Caligula et d’autres relèvent de l’imagination de l’auteur. Un récit bouleversant, un mélange d’aventures et d’émotions à travers la quête de David, un fils en révolte qui cherche son père, Yeshua de Nazareth.
René Manzor est un conteur exceptionnel qui fabrique des images avec ses mots.

Je me suis évadée complètement dans cette lecture, je parlerai de belle réussite, de pari réussi mais hélas, pas de coup de coeur. La raison est simple, je crois tout simplement qu’Apocryphe m’a replongée dans mes cours de catéchisme d’enfance, un vrai traumatisme pour moi.

Je remercie les éditions Calmann Lévy pour leur confiance. Une mention spéciale pour la magnifique couverture.

4ème Couverture

Jérusalem. An 30.
Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.
Son nom est David de Nazareth, et ceci est son histoire.

Editeur: Calmann Lévy, 400 pages, date sortie: 3 octobre 2018