Toutes blessent la dernière tue – Karine Giebel

Toutes blessent la dernière tue – Karine Giebel

Percutée en plein coeur dès les premières pages…
Estomaquée, sans voix…

Une gifle monumentale !!!

Comment faire l’éloge de ce bouleversant et poignant roman ?
Trouver les mots pour en parler, oui mais…
Comment dire la puissance et la noirceur de ce roman hallucinant ancré dans une triste réalité sociale ?
Comment dire l’immense talent de Karine Giebel ?
Je ne suis pas sûre d’arriver à traduire mon ressenti.

VULNERANT OMNES ULTIMA NECAT.
Le titre fait référence à cette maxime latine que l’on
retrouvait souvent sur le cadran des horloges. 

D’un côté Tama, 8 ans… les supplices, la torture, l’indicible.
De l’autre Gabriel, un assassin étrange vivant retiré dans la montagne, il voit débarquer une jeune femme mourante, blessée, amnésique qui perturbe sa tranquillité.  Les deux histoires vont s’alterner dans une construction parfaite, sans lien apparent entre elles… et pourtant !

Une plongée terrifiante dans la plus atroce cruauté humaine, l’innommable.
Des scènes d’humiliations d’un réalisme à vous glacer les os. Karine Giebel ne nous épargne rien.
Une rage qui se mêle à un malaise constant, à la limite du supportable.
Une lecture éprouvante, dérangeante qui nous oppresse et nous émeut. La sublime plume de Karine Giebel nous fait ressentir cette violence douloureuse jusqu’au fin fond de nos entrailles, on sent la bile monter dans l’estomac et on se retient de vomir par moments.
Et au milieu de toute cette noirceur… la beauté et l’amour s’infiltrent.

Je n’ai jamais oublié Marianne de « Meurtres pour Rédemption », aujourd’hui il y a Tama, l’inoubliable Tama.

Karine Giebel au sommet de son art, elle nous offre un tout grand polar,  on en sort difficilement indemne. Un pavé addictif de 744 pages (ne soyez pas effrayé par le nombre de pages) avalé en deux nuits.

Ma gorge est nouée, mes larmes ruissellent tandis que je referme ce livre tard dans la nuit, je suis complètement sonnée, il me faudra du temps pour reprendre pied. Tama me hantera longtemps et laissera une trace indélébile en moi.

Toutes blessent la dernière tue…  A LIRE ABSOLUMENT !!!!

Merci Karine Giebel d’avoir osé parler de ce sujet tabou.

 Je pousse un coup de gueule contre les chroniqueurs qui ont eu l’excellente
idée de tout, absolument tout vous dévoiler.  Quel manque de tact !!!
J’ai eu l’immense chance de lire ce roman « vierge » de tout commentaire.  

La 4ème couverture est parfaite, elle n’en dit pas trop et titille notre curiosité,
cela mérite d’être souligné.

Je remercie chaleureusement Agnès Chalnot Communication et les éditions Belfond pour leur confiance renouvelée.

4ème Couverture

Maman disait de moi que j’étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Mais les anges qui tombent ne se relèvent jamais…
Je connais l’enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés.
Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j’avais quelqu’un à qui parler…

Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin…

Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu’au dernier.

Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures.
Un homme dangereux.
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique.
Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte.

Editeur: Belfond,744 pages, date de sortie: 29 mars 2018

Par les rafales – Valentine Imhof

Par les rafales – Valentine Imhof

COUP DE COEUR…

Coups en plein coeur !

C’est l’histoire d’une cavale, d’une course, d’une folie.
C’est l’histoire d’Alex… Alex a peur, elle est traquée, elle fuit en laissant des cadavres d’hommes derrière elle.  Metz en France, la Nouvelle Orléans, Gand en Belgique et les îles Shetland. Alex est une écorchée vie, elle recouvre son corps de tatouages et s’oublie dans l’alcool et le rock.

Un roman dur, un roman noir, de cette noirceur qui vous colle à la peau et vous englue entièrement.
Une histoire brute qui vous secoue les tripes, vous vrille les entrailles, vous soulève le coeur, vous coupe le souffle et vous déchire en deux.  Une expérience de lecture sous tension dont vous ne sortirez pas indemne.

285 pages de pure poésie noire, le style est tellement beau qu’il m’a donné le vertige.
285 pages pleines de rage, de fougue, de haine, de vengeance, de violence, de coups au coeur.

Un premier roman d’une rare puissance… brillant et remarquable.  Je ne suis pas prête d’oublier Alex. Valentine Imhof a un talent fou, elle fait une entrée fracassante dans le monde du noir, retenez bien son nom et guettez son prochain roman.

Un uppercut qui me laisse K.O.,  je vous le recommande vivement. Attention, âmes sensibles ou en recherche de lecture distrayante et légère, mieux vaut passer votre chemin.

Je remercie chaleureusement les éditions Rouergue pour leur confiance et pour nous offrir de telles pépites.

Valentine Imhof est l’auteure d’une biographie d’Henry Miller.

4ème Couverture

Ils avaient réussi à la retrouver. Alex l’avait compris. Le type inventait des souvenirs bidon, il a proposé de s’arrêter dans un café de campagne pour boire un pot. Pour le plaisir d’être en France, parce que c’est si différent des États-Unis… Ça, elle le savait. Quand il a enserré ses jambes entre les siennes, elle n’a rien fait pour se dégager. Au contraire. Elle a envoyé tous les signaux pour lui faire entendre qu’elle n’attendait que ça depuis le début… Elle le tenait… Elle saurait disparaître ensuite. C’est du moins ce qu’elle pensait. Mais on laisse toujours quelque chose derrière soi. Et au moment où Alex s’apprête à tuer un homme, pour la troisième fois, Kelly MacLeish, jeune sergent juste sortie de l’école de police et mutée aux Shetland, décide de changer complètement d’angle dans l’enquête sur le meurtre de Richard MacGowan le soir du Up Helly Aa, la fête des Vikings, lorsque tout le monde se rassemble pour la crémation du drakkar. Le seul indice retrouvé sur le cadavre, c’est un long cheveu noir. Alors sans le savoir, Kelly rejoint le camp des poursuivants. Ceux qui courent après Alex, ceux qu’elle fuit, toujours plus vite, toujours plus au nord.

Editeur: Rouergue (coll. Rouergue noir), 285 pages, date sortie: 7 mars 2018

Boréal – Sonja Delzongle

Boréal – Sonja Delzongle
Une claque phénoménale…

Je ne trouve pas les mots pour écrire ma chronique, un sentiment étrange, une angoisse face à cet exercice périlleux. Comment vous parler d’un roman aussi exceptionnel  ?  Je me lance dans le vide, en sachant que mes mots seront maladroits et absolument pas à la hauteur de ce roman magistral.

Petite parenthèse: j’avoue avoir eu un peu peur à l’idée de quitter l’héroïne Hannah Baxter que j’adore.  Mes craintes se sont vite envolées.

Je pensais que Sonja Delzongle avait atteint le sommet de son art avec Récidive , la confirmation de l’immensité de son talent. J’avais pris une telle claque, rien qu’en y repensant, je sens mes poils se hérisser (si vous ne l’avez pas encore lu, il sort en poche ce 8 mars).
Et bien non, Sonja ose frapper plus fort encore, elle nous surprend et nous offre un roman d’une force inouïe, un chef d’oeuvre du genre qui nous laisse groggy, K.O. sur le carreau pour quelques jours.

Enfilez votre parka et vos bottes, n’oubliez pas vos gants, nous embarquons pour l’enfer dans le grand nord.

J’ai avalé les 440 pages en une soirée et une journée, hypnotisée par une intensité de lecture qui m’a vrillé les tripes, glacé le corps, coupé le souffle à chaque page. Une histoire que j’ai ressentie jusqu’au tréfonds de mes cellules, en frôlant l’infarctus plusieurs fois.

Nous suivons une équipe de huit scientifiques en mission au Groenland, sur l’inlandsis. Ils font une inquiétante découverte, un étrange cimetière de boeufs musqués pris dans la glace. Ils décident de faire appel à Luv Svendsen, une spécialiste des espèces, pour tenter de comprendre cette hécatombe. Dès le lendemain de son arrivée, une première personne disparait.
Ainsi débute cette aventure humaine exceptionnelle, le huis clos le plus terrifiant que j’ai lu, avec une héroïne hors du commun, Luv Svendsen, qui n’a rien à envier à Hannah Baxter.

L’intrigue est brillante et la construction parfaite, le huis clos angoissant nous maintient sous tension constante et quasi insoutenable. Sonja Delzongle réussit un véritable exploit en nous immergeant complètement dans la banquise jusqu’à nous faire ressentir le vent piquant et le froid mordant.  Elle a effectué un énorme travail de documentation pour nous présenter le peuple inuit et ses traditions, les chiens loups, les ours blancs, la vie dans ces contrées sauvages.

Plus qu’un polar, un cri d’alarme, un roman qui nous fait réfléchir à la fragilité de notre planète, à l’équilibre précaire entrain de basculer vers le point de non retour (trop tard pour faire marche arrière),  à la folie destructrice des hommes, aux conséquences écologiques dramatiques de nos comportements irresponsables.

C’est sublime, noir, effrayant,  lumineux par moment, glaçant, brillant, d’une rare puissance. Vous ne regarderez plus jamais le groenland comme avant.

Un livre que j’ai lu comme projetée dans un film tant l’écriture est visuelle dans les moindres détails. Les descriptions de la banquise, des paysages immaculés, des aurores boréales sont d’une beauté à couper le souffle et d’une sensibilité incroyable.

J’ai tremblé, j’ai eu peur, j’ai ressenti le froid intense et mes pieds gelés aux côtés d’Anita, de Fergusson, de Malte, de Mathieu, de Luv, de Lupin… et les mots me manquent pour parler de ces personnages d’une force impressionnante et d’une grande humanité.  Ils se verront  tous confrontés aux limites de leur instinct de survie, jusqu’à l’innommable.  Sonja Delzongle est une magicienne hors pair pour créer des protagonistes touchants et bouleversants de justesse.

Je tourne la dernière page en essuyant mes larmes, le coeur serré… je me sens orpheline.
Comment sortir indemne d’une telle lecture ?  Je penserai longtemps à Lupin, le magnifique chien loup qui m’a émue profondément.

Un coup de foudre
un coup de coeur
un coup au coeur
un incontournable
Passer à côté serait une grave erreur !!!

Et au risque de me répéter, Sonja Delzongle… c’est LE TALENT à l’état pur.

Mention spéciale pour la sublime couverture.

Je remercie chaleureusement les éditions Denoël et Sonja Delzongle pour leur confiance.

4ème Couverture

Janvier 2017, au Groenland. Là, dans le sol gelé, un oeil énorme, globuleux, fixe le ciel. On peut y lire une peur intense. C’est ainsi que huit scientifiques partis en mission de reconnaissance découvrent avec stupeur un boeuf musqué pris dans la glace. Puis un autre, et encore un autre. Autour d’eux, aussi loin que portent leurs lampes frontales, des centaines de cadavres sont prisonniers du permafrost devenu un immense cimetière. Pour comprendre l’origine de cette hécatombe, le chef de la mission fait appel à Luv Svendsen, spécialiste de ces phénomènes. Empêtrée dans une vie privée compliquée, et assez soulagée de pouvoir s’immerger dans le travail, Luv s’envole vers le Groenland. Ils sont maintenant neuf hommes et femmes, isolés dans la nuit polaire. Le lendemain a lieu la première disparition.

Editeur: Denoël, 448 pages, date sortie: 8 mars 2018

Ames soeurs – John Marrs

Ames soeurs – John Marrs

Un roman qui sort de l’ordinaire…
la surprise est totale !

J’ai été grandement influencée par les retours plus que dithyrambiques sur ce thriller et ma curiosité a pris le dessus.  Si le pitch de départ me titillait fort, je n’imaginais pas avoir les neurones aussi retournés en lisant cette histoire « de ouf » complètement dingue.

Bon, je vous avoue tout de même avoir eu fort peur durant les cinquante premières pages, avec l’impression d’avoir été trompée,  je ne savais sur quel pied danser, j’étais assez déstabilisée.
Qu’étais je donc entrain de lire ?  un thriller psychologique ?  une romance ? un roman d’anticipation ?  Impossible de le ranger dans une case bien définie et c’est tant mieux !

Un roman choral très original, avalé en un jour, 475 pages tournées frénétiquement, complètement absorbée par ce page turner déroutant et si proche de la réalité.
Imaginez le pitch de départ: vous envoyez votre ADN à une société et quelques jours plus tard, vous saurez quel est votre binôme, votre âme soeur, celle qui vous correspond entièrement, celle que vous aimerez d’un amour profond toute votre vie. Comment résister ? Plutôt tentant, non ? Ou carément flippant ?

Nous allons suivre l’histoire de cinq couples,  les chapitres sont très courts et alternent entre les différents protagonistes. Ils passent un test ADN pour être sûrs d’être faits l’un pour l’autre, ils vont aller de surprise en surprise, entraînant le lecteur avec eux et rendant la lecture méga additctive.
Ah oui, j’oublie de vous dire que parmi ces couples, se cache un abominable serial killer.

John Marrs nous offre une magnifique galerie de portraits, si différents, aux antipodes les uns des autres, des personnages fouillés auquels on attache, on les aime tous (enfin presque), on plonge dans leur vie au quotidien, on les suit pas à pas et on tourne les pages pour connaitre la suite de leur histoire.  L’auteur nous happe dans ses filets, nous manipule du début à la fin avec des twists, des rebondissement inattendus et des cliffhanger à la fin de chaque chapitre, histoire de nous empêcher de poser notre livre.  C’est palpitant, prenant, le rythme est effréné et la tension va crescendo jusqu’à la révélation finale.

Au delà de la distraction, ce livre pose beaucoup de questions : Pourquoi tombons-nous amoureux ?  qu’y a t il derrière l’attirance ? et le fameux coup de foudre ? serait il génétique au final ?  peut on se laisser influencer et se convaincre d’avoir rencontré son âme soeur ? que sommes nous prêts à faire pour trouver le grand amour dans une société où les échanges virtuels prennent le pas sur le reste ?

Un cocktail atypique, hypnotique et diabolique qui vous mettra la tête à l’envers, je vous le recommande chaudement pour passer un excellent moment lecture.

Une dernière question pour la fin: ET VOUS, OSERIEZ-VOUS FAIRE LE TEST  ?

Je remercie chaleureusement les éditions Hugo Thriller pour leur confiance.  L’auteur a écrit trois thrillers, inédit en France.  J’attends impatiemment leur traduction et publication.

4ème Couverture

MÊME LES ÂMES SOEURS ONT LEUR CÔTÉ OBSCUR. ET LEURS SECRETS PEUVENT S’AVÉRER MORTELS.

Un simple test ADN suffit désormais pour vous permettre de trouver celui ou celle qui partage avec vous  » le  » gêne, celui qui indique que vous êtes faits l’un pour l’autre.
Dans le monde entier, des millions d’individus passent le test. Parmi eux, Jade, Mandy, Nick, Christopher et Ellis. Chacun croit avoir enfin trouvé son Binôme, le grand amour qui l’accompagnera jusqu’à la fin de ses jours. Sans se douter qu’un piège vient de se refermer sur eux et que pour certains, la fin arrivera beaucoup plus vite que prévu. Car les assassins aussi ont une âme soeur.

Editeur: Hugo thriller, 500 pages, date sortie: 1 février 2018

Coupable – Jacques-Olivier Bosco

Coupable – Jacques-Olivier Bosco

Un polar déjanté que j’ai adoré !

Ceux qui me suivent savent que Brutale avait été un gros coup de coeur, j’avais hâte de retrouver la suite des aventures de cette wonderwoman survitaminée entre Nikita et Lara Croft.
Je vous conseille fortement de lire le premier opus (sorti en poche) pour faire connaissance avec Lise.

Si vous aimez Brutale, vous adorerez Coupable.

On retrouve Lise Larteguy, la flic badass, barrée, borderline et charismatique.  Elle a bien essayé de se calmer, de se ranger un peu mais son naturel la rattrape vite. Le directeur de la PJ est assassiné et l’équipe de Lise va mener l’enquête.  Je ne vous en dirai pas plus sous peine de grave spoil.

C’est violent, brut de décoffrage, l’action et l’adrénaline dégoulinent de chaque page.  Brutale filait à 350 km/heure ne laissant aucun moment de répit au lecteur accroché derrière la moto de Lise. Dans ce deuxième opus, l’enquête est entrecoupée de flash back sur l’enfance de Lise, ses démons, ses tourments, ses douleurs et sur son père et son parrain, tous deux flics.  Cela ralentit le rythme endiablé et permet au lecteur de respirer, de reprendre pied.

JOB approfondit son héroïne, il nous la rend plus humaine, fragile, complexe et nous lecteurs, on appréhende sa noirceur et on s’y attache encore plus.  Difficile de ne pas tomber en amour avec ce personnage hors normes et unique.
Les révélations finales cognent fort et me laissent sans voix, au bord de l’émotion.

Et toujours la plume incisive et brute de JOB, son style incroyable avec ses mots écrits au scalpel, des mots qui claquent et percutent.

Plongez dans l’univers sans concession de Lise.
Plaiderez vous Brutale ou Coupable ?  Le verdict sera difficile.

Je remercie chaleureusement les éditions Robert Laffont et la Bête Noire pour leur confiance.

4ème Couverture

Internée à l’adolescence parce qu’elle souffrait de troubles psychologiques, Lise s’est liée à des filles avec qui elle a tout partagé, des  » monstres  » comme elle. Et elle a rencontré son double.
Des années plus tard, Lise est lieutenante à la brigade criminelle de Paris. Quand elle est amenée à enquêter sur la mort de l’un de ses proches, le passé trouble de sa famille réapparaît. Et les secrets de son enfance refont surface.
Que s’est-il réellement passé lorsqu’elle avait treize ans, dans cette ferme aux murs recouverts de sang ?
Et pourquoi est-elle revenue, celle qu’elle appelait sa  » jumelle « , son double maléfique ?

Editeur: Robert Laffont (coll. La Bête Noire), 400 pages, date sortie: 22 février 2018

Chimaeris – Eric Tourville

Chimaeris – Eric Tourville

 Coup de maître… coup de coeur !!!

A découvrir de toute urgence !

Une maîtrise impressionnante pour un premier roman.

Chimaeris est un thriller remarquable et très original, qui n’a rien à envier aux plus grands maîtres du genre. Je l’ai avalé en un jour et demi, happée par une intensité de lecture et une histoire addictive impossible à lâcher.

Cela débute comme un thriller classique. Une maison abandonnée en pleine forêt du Vermont… quatre cadavres de petites filles brûlées au phosphore… sur la porte un pentagramme.  Sorcellerie ?  Occultisme ? Les médias se déchaînent, la police locale débute les investigations, rejointe très vite par le FBI.  Je ne vous en dirai pas plus sous peine de gâcher votre plaisir de lecture.

Si l’enquête démarre normalement et s’oriente d’abord vers les milieux pédophiles, l’auteur nous emmène vite aux portes des sciences occultes, aux confins de la galaxie et de la métaphysique.  Eric Tourville est docteur en biologie moléculaire, il nous emporte loin, nous retourne complètement le cerveau en mêlant son imagination très fertile à son érudition scientifique ou l’inverse.

L’intrigue est complexe, passionnante, captivante, le suspense ne faiblit pas un seul instant jusqu’à l’extraordinaire final (WTF !), les apartés scientifiques sont bien dosés et ne perdent jamais le lecteur.  J’ai ressenti ma lecture et cette atmosphère glauque dans toutes mes cellules, j’ai eu peur, j’ai vibré, j’ai vacillé, perdu pied, mon coeur a joué les montagnes russes, je ne vous parle même pas de mon taux d’adrénaline, ni de mes tripes qui se sont nouées plus d’une fois.

Eric Tourville nous englue jusqu’au cou dans son univers si particulier par la force de son écriture tellement  visuelle, j’ai eu l’impression de regarder un film tout en lisant (je vois déjà poindre l’adaptation cinéma), d’être immergée dans X Files ou Stephen King.

Un livre qui bouscule nos certitudes.  Un livre qui nous interpelle, nous perturbe et nous dérange.
J’ai froid dans le dos…  Cette réalité, c’est pour demain ou aujourd’hui ?
Ce livre est une bombe qui va faire beaucoup de bruit dans les prochaines semaines, tenez vous prêts.
Embarquez, vous ne regretterez pas le voyage.
Eric Tourville, un nouvel auteur bourré de talent, à suivre absolument.

Je remercie vivement les éditions Slatkine & Cie de dénicher de telles pépites.  Une mention spéciale pour cette magnifique couverture qui attire le regard et suscite l’envie d’ouvrir le livre.  Je les remercie également pour leur confiance renouvelée.

4ème Couverture

« La première chose qu’il vit, ce fut le symbole en rouge au-dessus de la porte d’entrée. Une étoile à cinq branches dans un cercle dont le lieutenant ignorait la signification. L’impression angoissante d’être devant les portes de l’Enfer. »
Burlington, Vermont. Le lieutenant Frémont s’apprête à passer une journée comme les autres dans sa petite bourgade de province, lorsque son téléphone sonne.
L’histoire s’ouvre de manière assez classique, comme un excellent thriller, dans le Vermont, pas très loin de Salem : une maison abandonnée, quatre cadavres de petites filles détruits au phosphore, un des corps qui manque, la poursuite qui commence… mais, insensiblement, l’auteur entraîne le lecteur bien au-delà du genre, dans une fiction qui tutoie la métaphysique.

Editeur: Slatkine & Cie, 509 pages, date sortie: 22 février 2018

Oublier nos promesses – Elsa Roch

Oublier nos promesses – Elsa Roch

Quel plaisir de retrouver le commissaire Marsac dans le deuxième opus d’Elsa Roch.

J’ai tellement aimé Ce qui se dit la nuit, polar rural à l’atmosphère envoûtante, c’est avec une certaine appréhension que j’ai ouvert Oublier nos promesses.  La magie allait elle opérer à nouveau ?

Changement complet de décor, Elsa Roch ose un virage à 180° pour nous transporter au coeur des bas fonds parisiens dans un polar noir, très noir et urbain.

Une plongée en enfer dans la violence, la folie et les pires dérives de l’âme humaine.

Emma Loury, jeune journaliste qui défendait la cause des femmes, est retrouvée sauvagement assassinée chez elle.  Son compagnon, Jérôme Pieaud, un militaire de retour d’Afghanistan, en proie au stress post traumatique (SPT) prend la fuite et recherche l’assassin de sa compagne.  Marsac, de retour au 36 à Paris, toujours tiraillé par ses démons va mener l’enquête envers et contre tout.  Qui a tué Emma ?  Son amant qui a fui ? La mafia qu’elle combattait ?  Une véritable chasse à l’homme va s’engager.

Au delà de cette course poursuite, deux thèmes d’actualité sont mis en lumière: les violences faites aux femmes à travers l’abominable trafic des femmes des pays de l’est et le syndrome du stress post traumatique dont on parle très peu en France.

Comme dans son premier roman, la magnifique plume de l’auteure, fine, précise, empreinte d’une rare poésie excelle à nous plonger dans une atmosphère noire et sombre, un univers violent et cruel.
Elsa Roch possède un don et une sensibilité toute particulière pour décortiquer l’âme humaine (on sent bien la psychanalyste qui se cache sous l’auteure, c’est tout bonheur pour le lecteur).
Elle aime ses personnages, les fouille, les cisèle dans les moindres détails… des personnages profonds, d’une grande humanité, aux prises avec leurs démons et leurs failles.

Un cri du coeur, un cri d’amour, une promesse que je n’oublierai pas.

Ne passez pas à côté du grand talent d’Elsa Roch.  Pour ceux qui ne la connaissent pas, Ce qui se dit la nuit vient de sortir en poche.

Je remercie chaleureusement les éditions Calmann-Lévy et Elsa Roch pour leur confiance

4ème Couverture

Emma Loury aimait les causes perdues et dangereuses. Emma vient d’être découverte, sauvagement assassinée, dans son appartement du IVe arrondissement. Son amant, un officier français de retour d’Afghanistan, s’est enfui. Le coupable idéal.

Le commissaire Marsac se plonge dans cette enquête avec rage : de l’avis de tous, Emma était une personnalité solaire et une excellente journaliste indépendante, qui se battait pour les femmes et contre la traite des êtres humains. Marsac se demande si la vraie raison de sa mort ne serait pas là. Mais alors pourquoi son compagnon a-t-il fui ?

Jérôme a fui parce qu’Emma était toute sa vie, son dernier lien avec ce monde qu’il ne comprend plus. Il a fui parce qu’il est malade, plongé dans un syndrome post-traumatique, flirtant avec la folie. Il veut massacrer l’assassin comme Emma a été massacrée.

S’engage alors une double chasse à l’homme dans un Paris insoupçonné, en proie aux trafiquants. Jérôme combat le mal par le mal et Marsac par la loi. Qui retrouvera le meurtrier d’Emma ?

Editeur: Calmann-Lévy, 352 pages, date sortie: 7 février 2018

Le cheptel – Céline Denjean

Le cheptel – Céline Denjean

Je vais vous avouer un secret…

Une grande histoire d’amour est née entre Céline Denjean et moi, et j’ai comme l’impression qu’elle va durer longtemps.
Je l’ai découverte l’an dernier.  Au détour d’une flânerie en librairie, j’ai acheté Voulez-vous tuer avec moi ce soir, une belle surprise et un premier roman très prometteur.
Je me suis jetée immédiatement sur La fille de kali et là …comment vous dire ?  Un énorme coup de coeur. Un saut quantique entre les deux romans. Une seule certitude s’imposait à moi: j’allais suivre Céline de très près.

C’est avec une certaine peur au ventre que j’ai entamé Le cheptel.
Et si j’étais déçue ?  Et si la magie n’opérait plus ?

Je ne vous parlerai pas beaucoup de l’histoire sous peine de trop en dévoiler. Trois intrigues qui s’entremêlent, se télescopent et finissent par se rejoindre.  Louis Barthes, un vieux notaire, découvre son acte de décès dans les papiers de son père.  Il serait mort bébé. ll entame des recherches pour remonter son histoire.  Une jeune femme, bizarrement accoutrée, est retrouvée assassinée et mutilée en Lozère. Elle a fait l’objet d’une chasse à l’homme. Un jeune garçon de 13 ans tombe dans un torrent lors d’une randonnée.  Il s’en sort, cherche de l’aide et tombe dans une étrange communauté vivant hors du temps.

Je vous conseille vivement de lire d’abord La fille de kali car nous retrouvons certains protagonistes et la capitaine Eloïse Bouquet.

Avant d’entamer Le cheptel, prévoyez 48 heures de libre, casez les gosses, le chien, l’amoureux, mettez vous aux abonnés absents, pensez à boire et manger de temps à autre.  Et accrochez vous !
Il y a un petit temps que je n’ai lu un thriller aussi addictif.  Un thriller électrique qui vibre à 200 000 volts où les chapitres se déroulent à un rythme infernal.  La construction vertigineuse aux multiples ramifications nous tient sous pression constante.  650 pages qui se lisent toutes seules, sans temps mort, sans une seconde d’ennui, un sacré tour de force !

Le chelptel est un thriller diabolique, hors norme qui aborde les thèmes des sectes et de la manipulation des masses, de la filiation et la fidélité au clan familial, de la vengeance, du devoir de mémoire, des pans oubliés de l’histoire.

Une fois de plus les femmes ont la part belle, qu’elles soient flics, gourous ou tueuses, les personnages féminins sont d’une force incroyable.

La plume est belle, de plus en plus belle, le style fluide et soigné.

L’auteure sème beaucoup d’indices, vers la moitié du récit, très fière de ma perspicacité, j’ai cru deviner quelque chose. Et zut, j’ai été complètement bluffée. Céline Denjean balade son lecteur sur de fausses pistes, elle est passée maître dans l’art de la tromperie.
L’intrigue est originale et alambiquée, une imagination sans limite pour un scénario en béton armé.  Les rebondissements se multiplient, le suspense s’intensifie, cela devient carrément haletant, difficile de lâcher l’histoire jusqu’à l’époustouflant final.

Un vrai bonheur de lecture, un MUST à découvrir de toute urgence.
Du grand art, une totale réussite !  C’est pour lire de telles pépites que je suis serial lectrice.

Céline Denjean a un talent fou, elle a frappé très fort et est entrée à grands pas dans la cour des toutes grandes dames du polar.  Vous n’avez pas fini d’en entendre parler.

LE CHEPTEL …  il faut le lire un point c’est tout ! (et en parler autour de vous !)

Je remercie chaleureusement Céline Denjean et les éditions Marabout pour leur confiance.

4ème Couverture

Le corps d’une jeune femme est retrouvé en Lozère. Au regard des éléments qu’ils détiennent, les enquêteurs de la SR de Nîmes se forgent rapidement un avis : elle a fait l’objet d’une chasse à l’homme… Pour le capitaine Merlot, d’Interpol, les conclusions médico-légales placent cette victime dans une longue série. Les gendarmes nîmois vont alors apprendre à leur grande stupéfaction, qu’Interpol tente depuis vingt-cinq ans de démanteler un réseau de trafic d’êtres humains. Louis Barthes, notaire à la retraite, est à la recherche de sa soeur jumelle dont il ignorait l’existence. Ses démarches vont a peu à peu le faire remonter jusqu’à une poignée d’orphelins juifs dont la fuite vers l’Espagne s’est arrêtée dans les Pyrénées… Jeune adolescent de 13 ans, surdoué, Bruno passe des vacances dans les Pyrénées quand il tombe dans un dangereux torrent et est emporté par les flots. Il parvient miraculeusement à s’extirper des eaux tumultueuses, et cherchant de l’aide, découvre une communauté vivant hors temps et hors réalité dirigée par une grande prêtresse qui se fait appeler Virinaë. Trois fils que Céline Denjean tisse ensemble dans un suspens et une tension exceptionnels, et surtout avec sa remarquable maîtrise du récit révélée dans ses précédents romans.

Editeur: Marabout, 656 pages, date sortie: 17 janvier 2018