Ce qui se dit la nuit – Elsa Roch

Découvrir le premier livre d’un auteur, c’est toujours un moment spécial et jubilatoire pour moi et la magie a opéré avec Elsa Roch.

Ah que j’ai aimé ce livre !

Si vous cherchez un thriller haletant où ça dézingue à tout va, passez votre chemin.

Nous sommes ici dans un polar noir, mais surtout un magnifique roman d’atmosphère.

Transporté dans un minuscule village français où le temps semble s’être arrêté. L’ambiance est oppressante, envoûtante et il se passe des choses bizarres dans ce village au passé sombre.

Le commissaire Marsac, au bout du rouleau, vient se ressourcer sur les lieux de son enfance.

A peine arrivé au village, un meurtre sordide est commis.
Marsac participe à l’enquête, au cours de laquelle il tente de renouer avec son passé lourd, douloureux et retrouve les vieux démons qu’il a fuit.

Une intrigue classique qui nous englue dans sa toile et nous offre de belles surprises. Un roman à voix multiples où chacun y va de son avis.

Les vieux secrets qu’on croyait enfouis ressurgissent, les jalousies, les non dits, les rancoeurs, les rumeurs, les silences des vieux qui en disent long, les souvenirs oubliés, les superstitions ancestrales qui se réveillent, le rebouteux-guérisseur sait beaucoup de choses mais… entre les vaches qui meurent bizarrement et les chèvres qui ont la tremblante, on se pose des questions.

Les protagonistes sont très humains et attachants avec leurs failles, leurs doutes, leurs peurs et leur complexité. L’auteure est psychologue et cela se sent, sa plume est belle, fine et précise pour décortiquer l’âme humaine, elle nous offre aussi de merveilleux dialogues et une très belle réflexion sur le deuil, la perte.

Un petit bijou, un vrai coup de coeur que j’ai savouré du début à la fin.

Je suivrai avec plaisir la suite des aventures du commissaire Marsac, j’espère qu’il reviendra vite.

4ème Couv.

Rentrer chez soi.
Tout oublier après le cadavre de trop, vingt ans dans la police à collectionner les «ides»: homicides, infanticides, parricides… À peine quadragénaire, le ommissaire
Amaury Marsac a l’impression de porter mille ans de noirceur sur ses épaules. Il n’en peut plus. Il fuit Paris direction le village de ses origines.
Mais alors qu’il renoue avec Elsa, son amour de jeunesse, une vieille dame est retrouvée morte chez elle, égorgée et tondue, un morceau de tissu bleu cousu au niveau du coeur.
Cette femme, c’est Marianne, une f gure bienveillante de son passé. Horrifié, Marsac s’impose dans l’enquête. De nouveau happé par les sombres coulisses de l’âme humaine, il va devoir démêler passions amoureuses et superstitions, blessures de l’enfance et cicatrices de l’Histoire jamais refermées.

Editeur: Calmann-Lévy, 306 pages, sortie le 8 février 2017

Dompteur d’anges – Claire Favan

Enooorme !!!! ❤️❤️❤️❤️❤️❤️❤️❤️

Claire Favan avait confirmé l’immensité de son talent avec son dernier livre SERRE MOI FORT (sorti le 9 février en poche), je l’attendais donc de pied ferme, pensant qu’elle avait atteint le sommet de son art et qu’elle ne pouvait nous offrir une deuxième claque à la suite.

Et bien non, elle ose et elle récidive avec DOMPTEUR D’ANGES en frappant plus fort encore, beaucoup plus fort !!!

Une bombe, une claque, une pépite, une tuerie, une évidence sont des mots bien faibles pour parler de Dompteur d’anges.
Un vrai chef d’oeuvre du genre, un putain de coup de foudre, oui !!!

Accrochez vous, ce thriller original et atypique va vous bousculer, vous chambouler, vous estomaquer et vous laisser groggy.

J’ai commencé ce livre en soirée, j’ai dévoré 300 pages, hypnotisée par une intensité de lecture rarement atteinte, j’ai dû me faire violence pour le lâcher et dormir quelques heures.

Impossible de vous parler de l’histoire, de vous dévoiler quoi que soit sans gâcher votre plaisir de lecture, la 4ème de couverture en dit déjà trop.

Un conseil, entre nous, surtout ne lisez pas les chroniques qui vont vous détailler l’histoire en long et en large sous peine de ruiner complètement votre plaisir de lecture, vous voilà prévenus !

Un roman en trois parties avec un twist de malade au milieu. La première est très noire, elle nous vrille les tripes, la deuxième est un véritable uppercut qui nous tord l’estomac et la troisième nous coupe le souffle à chaque page, avec des retournements de situations inattendus.

Des histoires de malades, de barges, de psychopathes, j’en ai lu beaucoup mais celle ci est unique et d’une perversité sans limites.
C’est machiavélique, diabolique, intense, magnifiquement construit, psychologiquement génial, totalement addictif avec un suspense extraordinaire maintenu jusqu’à la toute fin.
Tout est parfait !

Ah qu’elle est douée Claire Favan pour nous manipuler et nous retourner comme personne. Du grand art !

Elle installe un univers, une atmosphère en quelques lignes tant son écriture est belle et fluide. Elle a l’art de pénétrer dans la tête de ses personnages et de les décrypter dans les moindres détails, mon dieu que c’est jouissif.

Claire Favan est vraiment une toute grande dame du polar et je m’incline à genoux devant son talent fou !

Un incontournable, un chef d’oeuvre du genre à lire de toute urgence !!!!

Impossible de passer à côté… sauf si vous avez décidé de ne plus jamais lire de thriller dans votre vie.

Une petite demande à Claire Favan: si vous frappez encore plus fort dans votre prochain roman, faudrait peut être voir avec l’éditeur pour distribuer un Lexomil avec chaque livre, histoire que vos lecteurs ne pètent pas tous un câble et sortent indemnes de leur lecture.
Qu’en pensez vous ?

4ème Couv.

On ne choisit pas sa famille. Encore moins celle de son ravisseur…
Condamné pour un meurtre qu’il n’a pas commis, Max Ender a été jeté en pâture à ses codétenus par ceux-là mêmes censés assurer l’ordre et la discipline au sein de la prison. Lorsqu’il est reconnu innocent et libéré, ce n’est plus le même homme. Il n’a désormais plus qu’une seule idée en tête : se venger de cette société qu’il hait par-dessus tout.
Pour frapper ses bourreaux au coeur, il va enlever leurs enfants et, méthodiquement, au fil des ans, faire de ces petits anges des bêtes féroces avant de les envoyer punir ses tortionnaires à sa place. Tout se déroulera selon ses plans jusqu’à ce qu’une de ses créatures lui échappe et disparaisse dans la nature…

Editeur: Robert Laffont (La Bête Noire), 432 pages, sortie le 16 février 2017

Toxique – Niko Tackian

Une intrigue banale, classique en apparence, qui se révèlera redoutablement tordue au final.

Un crime est commis, une directrice d’école est assassinée. L’enquête est bouclée et le coupable vite appréhendé. Fin de l’histoire… oui MAIS ! Tomar a une intuition qui ne le lâche plus, quelque chose ne tourne pas rond dans cette école…

Tomar, le pillier de ce livre, un flic plus que fêlé, torturé, borderline, hanté, tourmenté par son passé.
Tomar le flic attachant et charismatique, certain que l’histoire n’est pas aussi simple qu’on croit, il va creuser profond, entouré de son équipe et de Rhonda, la flic amoureuse de son chef et prête à tout.

Et là, nous basculons pour plonger dans un polar psychologique, l’histoire passionnante d’une sociopathe, de sa folie, de sa souffrance, une histoire de manipulation mentale.

C’est noir, oppressant et d’une perversité rarement atteinte.

Les chapitres sont courts, l’écriture est vive, sèche, percutante, très cinématographique.
Le rythme est soutenu, on dévore les 300 pages de ce page turner d’une traite, en oubliant de respirer.

Je ne vous dirai rien de plus.
Il faut lire TOXIQUE, un point c’est tout !

Ce polar vous tordra les tripes et vous coupera le souffle.
Une belle découverte et un coup de ❤️ !

Et, je vais suivre cet auteur, entré dans la cour des grands, retenez le nom de Niko Tackian.

4ème Couv.

ELLE AIME SABOTER LA VIE DES AUTRES,
ELLE N’ÉPROUVE AUCUNE EMPATHIE,
ELLE POURSUIT UN BUT. ELLE EST TOXIQUE.

Mais ça, Tomar Khan, un des meilleurs flics de la Crim, ne le sait pas. Nous sommes en janvier 2016. La directrice d’une école maternelle de la banlieue parisienne est retrouvée morte dans son bureau. Dans ce Paris meurtri par les attentats de l’hiver, le sujet des écoles est très sensible. La Crim dépêche donc Tomar, chef de groupe de la section 3, surnommé le Pitbull et connu pour être pointilleux sur les violences faites aux femmes.
À première vue, l’affaire est simple, « sera bouclée en 24 heures », a dit un des premiers enquêteurs, mais les nombreux démons qui hantent Tomar ont au moins un avantage : il a développé un instinct imparable pour déceler une histoire beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît.

Editeur: Calmann-Lévy, 306 pages, sortie le 4 janvier 2017

Ne prononcez jamais leurs noms – Jacques Saussey

Ne prononcez jamais leurs noms – Jacques Saussey

Jacques SAUSSEY est un tout grand monsieur du polar, ça je le savais déjà pour avoir lu tous ses livres. Avec son dernier opus, il a hissé la barre très très haut. Mais jusqu’où va t il grimper ?

Nous retrouvons avec plaisir le capitaine Magne et la lieutenant Lise Heslin face à un terrifiant psychopathe. Ce livre est la suite de LA PIEUVRE, mais il peut aisément se lire seul, sans aucun souci de compréhension.

L’histoire démarre très vite, dès les premières pages. Une énorme explosion dans un train, suivie d’une course poursuite de folie. Le compte à rebours est lancé… aucun répit à espérer !

L’intrigue est magistrale, magnifiquement ficelée et le suspense insoutenable nous tient en haleine du début à la fin.

La magnifique plume de Jacques Saussey s’améliore de livre en livre, les chapitres sont courts et l’alternance de trois voix narratives rend la lecture très captivante et nous balade à travers une incroyable palette d’émotions.

La grande force de ce roman est de nous faire pénétrer dans la tête d’un tueur de la pire espèce, jusqu’au tréfond de son âme, à travers son journal.  Nous assistons page après page à la naissance d’un monstre habité par le mal, la folie et l’esprit de vengeance.

L’angoisse, la peur, la violence nous secouent jusqu’au fond de nos tripes et la tension va crescendo jusqu’au final explosif.

D’un côté la violence, la noirceur, le trash, l’hémoglobine et de l’autre la profondeur, la psychologie fouillée des personnages, la sensibilité et l’humanité… un étonnant mélange, très réussi.

Ce livre est un joyau, une véritable pépite, une réussite totale, un chef d’oeuvre du genre !

Que dire de plus face à un tel talent ? Oh my god !!!!

Enormissime coup de coeur ❤️❤️❤️❤️

4ème Couv.

« Le train roulait de plus en plus vite. II passa sur un aiguillage qui le fit tanguer comme un navire pris dans les vagues d’un chenal agité par le vent. Les yeux écarquillés de Karine s’abaissèrent vers le plancher. Sous le siège 66, la poignée du sac avait basculé en pleine lumière. Elle s’accroupit et le tira vers elle, et ce fut soudain comme si elle avait pu voir au travers du tissu. Comme si cette forme oblongue qui le déformait lui avait murmuré quelques mots funestes à l’oreille. Elle eut juste le temps de prendre une profonde respiration pour pousser un hurlement. Et puis le monde s’éteignit dans un grand éclair blanc. » Ne prononcez jamais leurs noms est la sixième enquête du Capitaine Daniel Magne et du Lieutenant Lisa Heslin. Certainement la plus dangereuse…

Editeur: Toucan (coll. Toucan noir), 496 pages, sortie le 11 janvier 2017

Brutale – Jacques Olivier Bosco

Brutale – Jacques Olivier Bosco

Alerte COUP DE COEUR ABSOLU  ❤️❤️❤❤️❤️ !!!

Lise est une excellente flic, hors norme et atypique.
Elle est belle et sexy.
Elle est Brutale, violente, dure, sauvage, borderline.
Elle cogne dur, jusqu’au sang, elle a la haine, elle a la rage.
Une vraie tête brûlée, qui flirte sans cesse avec les limites, elle enfourche sa bécanne pour filer à 260 km/h.
Elle n’a peur de rien, sauf de ses démons intérieurs, elle essaie d’expurger La Bête en elle.

Je suis tombée en amour avec Lise, elle est touchante, on a envie de la serrer dans ses bras pour lui dire « je t’aime, tout va s’arranger ».
Jamais, je n’ai rencontré une héroïne aussi forte dans un thriller, peut être Lisbeth Sallander qui s’en approche.

Toute l’histoire se vit à travers Lise et ses choix, on tremble à ses côtés, elle porte tout le roman sur ses épaules, au cinéma on dirait qu’elle crève l’écran !

Et mon dieu, quelle histoire !!!

Une enquête époustoufflante, très prenante, aux ramifications multiples.

Qui sème des cadavres de jeunes vierges vidées de leur sang ? Qui a mitraillé un groupe de gendarmes lors d’un contrôle routier, blessant mortellement un gendarme, le frère de Lise ? Qui a enlevé la jeune nièce de Lise ?

Lise va mener l’enquête, une course contre la montre. Elle rencontre un personnage bien connu des amateurs de JOB, Le Cramé, elle s’associe avec lui pour infiltrer des gangs russes. Quelle heureuse surprise pour les lecteurs !

De l’action, du suspense qui file à 300 à l’heure, -n’essayez même pas de poser votre livre, vous n’y arriverez pas- aucun temps mort, des personnages hauts en couleurs.

Et toujours la plume incroyable de JOB, avec les mots qui claquent en pleine face, de livre en livre elle se bonifie pour devenir plus incisive et brute, du grand art.

J’ai adoré mes deux premières lectures de Jacques Olivier Bosco (Le Cramé et Quand les anges tombent ), lire JOB, c’est devenir immédiatement addict ! mais en terminant BRUTALE, je suis K.O. et sans voix face à un tel talent. Le meilleur JOB à mon avis !

A quand la suite des aventures de Lise, une telle nana ne peut décidément pas disparaitre au bout d’une enquête. Vous n’allez pas nous faire ce coup là, hein, Monsieur JOB ?

Courez, foncez chez votre libraire pour acheter cette bombe et attendez d’avoir une journée devant vous pour commencer votre lecture !

4ème Couv.

Elle est jeune. Elle est belle. Elle est flic. Elle est brutale.
Des jeunes vierges vidées de leur sang sont retrouvées abandonnées dans des lieux déserts, comme dans les films d’horreur. Les responsables ? Des cinglés opérant entre la Tchétchénie, la Belgique et la France. Les mêmes qui, un soir, mitraillent à l’arme lourde un peloton de gendarmerie au sud de Paris.
Que veulent-ils ? Qui est cet  » Ultime  » qui les terrorise et à qui ils obéissent ?
Face à cette barbarie, il faut un monstre. Lise Lartéguy en est un. Le jour, elle est flic au Bastion, aux Batignolles, le nouveau QG de la PJ parisienne. La nuit, un terrible secret la transforme en bête sauvage. Lise, qui peut être si douce et aimante, sait que seul le Mal peut combattre le Mal, quitte à en souffrir, et à faire souffrir sa famille.

Editeur: Robert Laffont (la Bête Noire), 416 pages, sortie le 19 janvier 2017

Roland est mort – Nicolas Rolin

Roland est mort – Nicolas Rolin

Une exception à la règle, je ne vous parlerai pas d’un thriller ou d’un roman noir.

J’ai eu envie de terminer l’année avec ROLAND EST MORT et il m’est impossible de garder mon ressenti pour moi !

Un JOYAU, une PEPITE, une MERVEILLE, un OVNI littéraire de 185 pages.

Original
Drôle
Triste
Tendre
Touchant
Cocasse
Sensible
Mélancolique
Caustique
Cynique
Atypique

Nos petites vies, nos espoirs et nos solitudes découpés en tranches grâce une écriture d’une force inouïe.

Lisez le !!!!

4ème Couv.

Roland est mort. Les sapeurs-pompiers l’ont retrouvé la tête dans la gamelle du chien. Ils viennent enlever le corps et se débarrassent du caniche en le confiant à son voisin de palier, un homme proche de la quarantaine, au chômage, très seul. Roland est mort depuis une semaine. Son voisin ne le connaissait pas vraiment, mais il aurait dû s’en douter : il n’entendait plus les chansons de Mireille Mathieu, derrière le mur. II écope du chien, puis de l’urne contenant les cendres du défunt. Que faire de ce lourd héritage chargé de poils et de céramique ? Le voisin va tout tenter pour s’en débarrasser, mais en a-t-il vraiment envie ? Ce livre est un ovni. La force des mots, l’immense sensibilité qui s’en dégage font qu’il laisse une trace et qu’on le quitte avec regret.

Editeur: Anne Carrière, sortie le 17 mars 2016, 182 pages