Islanova -Jérôme Camut et Nathalie Hug

Islanova -Jérôme Camut et Nathalie Hug

Un énorme coup de coeur !
Une claque pour ce pavé époustouflant !

Islanova est inclassable. Tout à fois thriller politique, thriller engagé et ambitieux (sans être ennuyeux !), roman d’anticipation, magnifique roman d’aventures. Jérôme Camut et Nathalie Hug réussissent (une fois de plus !) l’exploit fou de nous plonger dans un formidable récit divertissant tout en nous ébranlant de tous côtés, en nous posant des questions essentielles sur notre notre société et l’évolution de notre planète.  Qu’allons nous devenir dans un avenir proche ?

J’ai dévoré les 774 pages en deux jours quasi en apnée. Nous sommes sur l’île d’Oléron où des ultras, des terroristes écologiques imposent leur loi et leur dictature pour obliger les grands états du monde à signer l’accord autorisant la distribution de l’eau dans les pays africains.   Jusqu’où peut on aller pour défendre la vie et la nature ? Peut on justifier la violence ? Roman très dense, beaucoup d’histoires se croisent, de nombreuses ramifications, une multitude de personnages, nous côtoyons l’humain dans le pire: l’aveuglement, l’entêtement, la noirceur, la barbarie, la haine, l’égoïsme et le meilleur: le partage, la compassion, la foi, l’espoir, le dépassement de soi, l’amour.

Les personnages sont la grande force de ce roman, on s’y attache très vite, on vibre avec eux, on a peur pour eux, on les aime fort ou on les déteste; des personnages complexes, profonds, nuancés, touchants et poignants dans leurs multiples contradictions.

Lire Islanova, c’est vivre des scènes d’actions dignes d’un film en 3D,  être essoufflé par le rythme effréné qui ne faiblit pas durant 774 pages, avoir les tripes remuées par le concentré d’émotions qui nous traverse, être complètement immergé dans cette histoire folle sans pouvoir en sortir, grâce au talent et au génie des deux auteurs.

Islanova, un avertissement, un cri d’alarme qui nous pousse à réfléchir.
Eveillerons nous nos consciences endormies ? N’est il pas trop tard ?

Un livre qui déchire.  Un coup de poing qui percute profondément. De la dynamite en pages.
Lisez Islanova… lisez le et rejoignez l’armée du 12 octobre !

J’ai découvert Jérôme Camut dès la première heure, avec sa magnifique série Malhorne (si vous ne l’avez pas lue, ruez vous dessus, l’intégrale est sortie en poche), j’ai suivi de près leurs romans à quatre mains avec Nathalie Hug, c’est pas demain que j’arrêterai.

Je remercie chaleureusement les éditions Fleuve pour leur confiance.

 

4ème Couverture

Rien n’avait préparé Julian Stark à une telle vision ce matin-là.
Alors qu’il rentre chez lui pour évacuer sa maison menacée par un incendie de forêt, il trouve Charlie, sa fille de seize ans, au lit avec son beau-fils Leny.
Certaine que son père va les séparer, Charlie persuade Leny de fuguer, direction le Sud-Ouest. Son idée : rallier la ZAD (zone à défendre) de l’Atlantique, située sur l’île d’Oléron. Là-bas, ils seront en sécurité le temps que Julian se calme. Là-bas, surtout, se trouve Vertigo, un homme charismatique dont elle écoute la voix sur les ondes depuis des mois. Vertigo, le leader de l’Armée du 12 Octobre, groupe d’écologistes radicaux.
Ce que la jeune fille ignore, c’est que la ZAD abrite des activistes prêts à tous les sacrifices pour défendre leur cause, et qu’en s’y réfugiant, elle précipite sa famille dans une tragédie qui les dépasse tous.

Editeur: Fleuve noir, 774 pages, date sortie: 12 octobre 2017

Le dernier hyver – Fabrice Papillon

Le dernier hyver – Fabrice Papillon

Quand le présent entre en résonance avec le passé…
Une pure merveille de 624 pages  !

Fabrice Papillon a tout d’un grand maître,  son premier roman est époustouflant de maîtrise.  L’auteur est historien de formation, il a effectué dix huit mois de recherches pour nous offrir ce fabuleux thriller à la croisée de l’Histoire, de la Science et de la Philosophie.

Comment vous parler de cette pépite ? J’ai d’abord pensé vous proposer une chronique en deux lignes.  « J’ai adoré ce livre, un point c’est tout ! Lisez le, lisez le, ne passez pas à côté ! »  Mais bon, ça fait un peu court, non ?  Je vais tenter de vous en dire un peu plus, mais de grâce, ne lisez pas les chroniques qui vous spolieront le grand Secret (je les vois déjà toutes venir !), vous gâcheriez TOUT votre plaisir.

L’histoire débute à Paris en 2018, la police mène l’enquête sur des meurtres sauvages.  Marie, une jeune biologiste, en stage au service scientifique a d’étranges intuition concernant les scènes de crime. Elle va collaborer à l’enquête.  Serait elle liée à ces horribles meurtres ?  Le compte à rebours est lancé, la crim collabore avec la scientifique, leur enquête va les mener dans des laboratoires, ils vont rencontrer des médecins, des biologistes, des généticiens pour tenter d’élucider ces meurtres.

Dans ce thriller hors norme, l’auteur nous emporte loin, il mêle son imagination débordante à son érudition historique ou est-ce l’inverse ?  Nous allons traverser seize siècles d’Histoire et de connaissance, depuis 415 après JC en croisant de grands personnages, philosophes, scientifiques: Hypatie, Leonardo Da Vinci, John Dee, Elisabeth Tudor, Isaac Newton, Voltaire, Catherine de Medicis, Marie Curie…
Nous allons explorer les sous-sol de Paris en espérant ne pas rencontrer Les Robes Noires qui les hantent. Au prix de leur vie, elles protègent un grand Secret, couché dans un livre et transmis de génération en génération, de l’Antiquité à nos jours. Quand vous croisez Les Robes Noires, votre dernière heure est arrivée…

Une enquête fascinante, une intrigue efficace, brillante, d’une grande érudition. Un rythme effréné qui tient en haleine du début à la fin. Une belle plume, fluide et précise. Une lecture très dynamique, les chapitres alternent entre l’enquête d’aujourd’hui et les différentes époques qui se déroulent devant nous.

624 pages sans aucune longueur, ni ennui, je les ai avalées en deux jours, en ralentissant ma lecture vers la fin pour ne pas tourner la dernière trop vite.

MISE EN GARDE ! ce roman est hautement addictif, attendez d’avoir un peu de temps avant de vous y plonger !

Une histoire qui fait diablement réfléchir: Le dernier Hyver est-il entrain de se réaliser ?

Ruez vous sur cet incontournable thriller. Un MUST !

Une mention spéciale pour la magnifique couverture.

Je remercie chaleureusement Agnès Chalnot pour sa confiance.

4ème Couverture

On dit que l’hiver vient. Peut-être le dernier pour les porteurs du chromosome Y…
Août 415 après J-C. : La ville d’Alexandrie s’assoupit dans une odeur âcre de chair brûlée. Hypatie, philosophe et mathématicienne d’exception, vient d’être massacrée dans la rue par des hommes en furie, et ses membres en lambeaux se consument dans un brasier avec l’ensemble de ses écrits.
Cet assassinat sauvage amorce un engrenage terrifiant qui, à travers les lieux et les époques, sème la mort sur son passage. Inéluctablement se relaient ceux qui, dans le sillage d’Hypatie, poursuivent son grand œuvre et visent à accomplir son dessein.
Juillet 2018 : Marie, jeune biologiste, stagiaire à la police scientifique, se trouve confrontée à une succession de meurtres effroyables, aux côtés de Marc Brunier, homme étrange et commandant de police de la  » crim  » du Quai des Orfèvres. Peu à peu, l’étudiante découvre que sa propre vie entre en résonance avec ces meurtres.
Est-elle, malgré elle, un maillon de l’histoire amorcée à Alexandrie seize siècles auparavant ? Quel est ce secret transmis par Hypatie et au cœur duquel se retrouve Marie ? L’implacable destin peut-il être contrecarré ou  » le dernier Hyver  » mènera-t-il inéluctablement l’humanité à sa perte ?

Editeur: Belfond, 624 pages, date sortie: 5 octobre 2017

Mon amie Adèle – Sara Pinborough

Mon amie Adèle – Sara Pinborough

#livredeDINGUE

#ungroscoupdeCOEUR

Une magnifique couverture et une communication très originale de l’éditeur misant tout sur la fin du livre avec son fameux #findeDINGUE, il n’en fallait pas plus pour titiller sévèrement ma curiosité.

Je me suis jetée sur Mon amie Adèle dès sa réception, je l’ai dévoré, ma nuit fut très courte, mais quand on aime….

Pour une chronique en une seule ligne, j’écrirais: #livredeDINGUE, ça passe ou ça casse, tentez l’expérience de la vraie claque !

Je ne vous raconterai rien de plus que la quatrième de couverture, ce serait criminel.  Nous sommes très loin du banal thriller psychologique avec un triangle amoureux -mari, épouse, maîtresse- en toile de fond.

Accrochez vous, Mon Amie Adèle vous ouvre les portes de la folie, de la manipulation et de l’Amour.  Cette histoire machiavélique et perverse va vous emmener loin, là où vous ne vous y attendez pas.  Dès les premières lignes, vous ressentez un malaise et une tension qui ne vous lâchent pas une seule seconde. Plus vous tournez les pages, plus vous êtes englués, déstabilisés, envoûtés, angoissés, en proie à une certaine paranoïa.

La construction est brillante et intelligente, alternant les personnages et les époques sous forme de flashback.

Sans être extraordinaire, la plume est fluide, très additctive et nous fait ressentir à merveille les émotions des personnages.

Vos nerfs seront soumis à rude épreuve tant ce page turner est dérangeant et haletant jusqu’à la toute fin.  

#findeDINGUE, je confirme à 1000%, une fin que vous ne voyez pas venir, elle vous scotche, vous donne froid dans le dos et vous flanque la chair de poule.

Un thriller psychologique déroutant, puissant et très original, avec une légère touche de surnaturel. Personnellement, cela ne m’a pas dérangé, j’ai même adoré, mais je vous le dis car je sais que cela a gêné certains lecteurs.

Je remercie chaleureusement les éditions Préludes pour leur confiance.

4ème Couverture

LOUISE
Mère célibataire, elle est coincée dans un quotidien minuté. Un soir pourtant elle embrasse un homme dans un bar… sans savoir qu’il est son nouveau patron.

DAVID
Psychiatre renommé et dévoué à sa femme, il regrette ce baiser mais ne peut s’empêcher de tomber amoureux de son assistante.

ADÈLE
L’épouse de David semble n’avoir aucun défaut. Si ce n’est de vouloir à tout prix devenir l’amie de Louise…

Fascinée par ce couple modèle, Louise se retrouve malgré elle piégée au coeur de leur mariage. Et peu à peu, elle commence à entrevoir des failles.

David est-il l’homme qu’il prétend être ?
Adèle, aussi vulnérable qu’elle y paraît ?
Et par quel secret inavouable sont-ils liés l’un à l’autre ?
#findeDINGUE

Editeur: Préludes (coll. Préludes noir), 448 pages, date sortie: 27 septembre 2017

Pas de printemps pour Eli – Sandrine Roy

Pas de printemps pour Eli – Sandrine Roy

LYNWOOD, LE RETOUR !

Lynwood, mon coeur chavire…

Ceux qui me suivent savent que j’ai adoré le premier tome Lynwood Miller, cela a été une très belle surprise.  Comment vous dire mon impatience à lire la suite ? Je trépignais ferme depuis plusieurs mois. Bien curieuse de voir dans quelle direction Sandrine Roy partirait et quel sort elle réserverait à ses personnages.

Sitôt reçu, je me suis jetée sur Pas de printemps pour Eli et la magie a opéré à nouveau, je suis retombée illico sous le charme avec la douce impression de retrouver de vieux amis.  J’ai dévoré ma lecture, terminée à regret tard dans la nuit.

Petite mise en garde: il faut absolument lire le premier tome avant d’entamer le second !

Le slogan de la couverture « Roman policier mais pas que… » ne ment pas.  Pas de printemps pour Eli, c’est un cocktail parfait mêlant harmonieusement thriller, aventures, amour et fantastique. Même si dans ce deuxième tome, l’histoire d’amour est mise un peu plus en avant.

Nous retrouvons nos amoureux dans les Pyrénées à couler des jours heureux.  Ils sont de plus en plus proches, connectés en permanence.  Leur amour s’est renforcé, il a grandi, dieu qu’on aimerait tous vivre au moins une fois une telle histoire !  Hélas, un coup de téléphone va les sortir de leur cocon. Lynwood doit partir aux Etats Unis pour l’enterrement de son père, ils ne veulent pas se séparer, Eli l’accompagne.  A peine arrivés, ils seront entraînés dans une incroyable aventure (non, je ne vous raconterai rien, même sous la torture !) mêlant kidnapping, FBI, chantage, poursuites… Leur vie sera mise en danger.  Plus d’une fois, Eli usera de ses dons spéciaux mais cela suffira t il ?  Vont ils en sortir indemnes ?

Un suspense incroyable, un rythme d’enfer qui ne nous offre aucun moment de répit, Lynwood m’a littéralement épuisée ou ne serait ce pas plutôt Eli ?

Une lecture réjouissante, une jubilation intense, Sandrine Roy confirme son imagination débordante et son talent fou. Sa plume est toujours aussi belle et addictive.

Une seule ombre au tableau: combien de temps durera l’attente avant le troisième tome ?

Vous avez aimé le premier tome ?  vous adorerez le deuxième !  Vous ne connaissez pas Lynwood Miller ?  il est plus que temps de succomber à son charme !

Je remercie chaleureusement les éditions Lajouanie pour leur confiance.

4ème Couverture

Lynwood Miller, le retour !

Le beau mais ténébreux ex-GI coule le parfait amour avec la jeune, belle mais très curieuse Éli. Tous deux profitent béatement des douceurs de l’été pyrénéen lorsqu’un coup de téléphone vient rompre cette quiétude : le père de Lynwood est décédé. L’ancien membre des forces spéciales américaines va devoir retourner au Texas pour l’enterrement. Il va lui falloir aussi révéler à ce qui reste de sa famillle qu’il n’est pas mort depuis vingt ans ! Sa fiancée est, bien sûr, du voyage. Tout juste arrivé dans le ranch familial pour les obsèques, le couple découvre que des truands font pression sur James, le frère de Lynwood, qui doit juger – et condamner ? – un redoutable trafiquant…

Drogue, assassinat, enlèvement, poursuites, massacre, rien ne manque à cette nouvelle aventure de Lynwood Miller au pays des cow-boys et… du gaz de schiste. Il faudra toute la détermination et les compétences particulières de l’ancien soldat et les pouvoirs quelque peu stupéfiants d’Éli pour sauver leurs proches des agissements de la pègre.

Editeur: Lajouanie, 256 pages, date sortie: 15 septembre 2017

Akwaba – Jean Louis Rouillan

Akwaba – Jean Louis Rouillan

Akwaba, un manuscrit en quête d’un éditeur.

Je me suis écartée du chemin des polars, j’ai suivi mon instinct et je suis très heureuse de cette belle découverte, un vrai cadeau du ciel !  J’avais une très légère crainte que le récit tombe dans la mièvrerie ou l’eau de rose, rassurez vous, il n’en est rien, bien au contraire.

Nous sommes à la fin du 19è siècle, Jean quitte l’Indochine, il s’installe en Côte d’Ivoire pour se lancer dans une plantation d’ananas.  Dès son arrivée et au mépris des conventions sociales, il a une liaison avec Awa, une belle et mystérieuse ivoirienne.  Il rencontre ensuite Mely, une jeune bordelaise exilée par son père sur un navire à destination de l’Afrique, suite à l’échec d’un mariage arrangé.  Ils tomberont éperdument amoureux, alors que tout les oppose.  Nous allons suivre le couple pendant trente ans. Les hauts, les bas, les coups du sort, les joies, les peines, les infidélités, la naissance d’un fils,  les révolutions technologiques, le succès de la plantation, la vie dans cette colonie, le monde qui continue de tourner, la guerre, la mort.  Le récit d’une vie, et quelle vie !

A peine ai je mis le nez dedans, j’ai été emportée, transportée, immergée à 100%  dans cette fabuleuse histoire. On suit et découvre la vie sur cette terre d’Afrique, la modernité qui s’installe petit à petit, les rites, la sorcellerie, les guérisseurs, les marabouts.

Une saga d’aventures, un magnifique roman d’amour baigné du soleil africain, une ode à la sensualité.   On s’y croirait tellement l’écriture est visuelle et nous fait ressentir les couleurs, les odeurs, les parfums sucrés, la chaleur… tout nous enivre dans ce roman sensuel, envoûtant et passionnant.  J’ai l’ai lu quasi en apnée, tous les sens en éveil, en ressentant toute la palette des émotions.

Je me permets de citer l’auteur en terminant: « Un récit d’une vie entre Voie lactée et un Chemin des drames, où quand on pense que tout est fini, on découvre que rien ne l’est jamais tout à fait.  Que certains êtres sont liés… comme l’arbre et l’écorce. »

Je croise les doigts et tout ce que je peux pour que ce manuscrit rencontre un éditeur. Si besoin, j’irai frapper à la porte des éditeurs.

Un tout grand merci à Jean Louis Rouillan pour sa confiance.

 

Glaise – Franck Bouysse

Glaise – Franck Bouysse

Un coup de foudre !

Il m’est difficile de vous parler de ce roman.  Pour la première fois, les mots me manquent et je sais qu’ils ne seront pas à la hauteur de l’immense talent de Franck Bouysse.

Le plus beau roman lu depuis longtemps !  Un éblouissement  !

Je préfère vous laisser découvrir l’histoire, juste quelques mots.  Août 1914, nous sommes à Saint Paul de Salers, petit village du Cantal.  Les hommes sont partis au front.  Seules restent les femmes, les jeunes, les vieux, les estropiés pour s’occuper des fermes, des animaux et survivre dans les campagnes profondes, dans les coulisses de cette guerre cruelle.

Réduire Glaise à un roman noir serait une grave erreur.  C’est un roman immense, sublime, d’une puissance inouïe. Un roman magistral et brillant.

Une histoire d’amour, de passion, d’initiation.  Une histoire de haine, de rage, d’injustice et de rancoeurs. Un hymne à la vie.

La noirceur côtoie la lumière, la beauté se combine à la rudesse, le désespoir se conjugue à l’espoir.

J’ai lu Glaise en deux soirées, happée par les personnages extraordinaires, d’une grande humanité. J’ai été bouleversée, ensorcelée, envoûtée et émue jusqu’aux tripes.

Franck Bouysse est  un conteur, un raconteur, un magicien des mots.  Son écriture est finement ciselée, travaillée, les mots sont d’une justesse et d’une sensibilité incroyable, une beauté et une poésie rare s’en dégagent.

Je laisse mes larmes couler toutes seules en tournant la dernière page.  Glaise me hantera très longtemps.

Je remercie chaleureusement La Manufacture de livres pour sa confiance.

4ème Couverture

Au pied du Puy-Violent dans le Cantal, à Saint-Paul de Salers, dans la chaleur de ce mois d’août 1914, les hommes se résignent à partir pour la guerre, là- bas, loin. Les dernières consignes sont données aux femmes et aux enfants, même si on pense revenir avant l’automne, les travaux de champs ne patienteront pas.

Chez les Landry, le père est mobilisé, ne reste que Victor toute juste quinze ans, en tête à tête avec sa mère et qui ne peut compter que sur Léonard, le vieux voisin devenu son ami. Dans une ferme voisine, c’est le fils qui est parti laissant son père, Valette, à ses rancoeurs et à sa rage : une main atrophiée lors d’un accident l’empêche d’accomplir son devoir et d’accompagner les autres hommes.
Même son frère, celui de la ville, est parti à la guerre. Il a envoyé Hélène et sa fille Marie se réfugier dans la ferme des Valette.

L’arrivée des deux femmes perdue va bouleverser l’ordre immuable de la vie dans ces montagnes.

Editeur: La Manufacture de livres, 425 pages, date sortie: 7 septembre 2017

Qui a tué Heidi ? – Marc Voltenauer

Qui a tué Heidi ? – Marc Voltenauer

Oh joie, Marc Voltenauer est de retour !  

Après le succès de son excellent premier polar Le dragon du Muveran, la question que tout le monde se posait: va-t-il parvenir à négocier le deuxième virage avec Qui a tué Heidi ?

Je vous l’avoue, quand j’ai aimé le premier livre d’un auteur, j’ouvre toujours le deuxième avec une certaine appréhension, et si je suis déçue ?

Je n’ai pas lu Qui a tué Heidi ?,  je l’ai dévoré et adoré.

Dans ce deuxième opus, nous sommes de retour à Gryon, petit village pas si paisible des Alpes vaudoises en Suisse et nous allons voyager à Lausanne, Berlin, Genève et Moscou.

Une intrigue complexe et tordue mêlant des magouilles immobilières, des querelles de paysans, l’assassinat d’une vache et d’un éleveur, un politicien abattu à l’opéra de Berlin en pleine représentation de la Walkyrie, des disparitions inquiétantes de jeunes femmes.  Mais que vient faire Litso Ice, un horrible tueur à gages russe, au milieu de tout cet imbroglio ?   Et qui est l’homme qui s’enivrait du parfum de sa mère ?

L’inspecteur Andreas et son compagnon reprennent du service pour notre plus grand plaisir.  Ils auront bien du mal à y voir clair pour démêler les fils d’une passionnante intrigue qui nous tiendra en haleine jusqu’à la toute dernière page.

La construction est impeccable, les pièces du puzzle se mettent en place petit à petit.  Les personnages sont de plus en plus attachants et gagnent en profondeur.  Nous explorons la complexité et la part d’ombre d’Andreas qui sera fort secoué et malmené dans cette enquête.

La plume s’est affinée, les chapitres très courts créent un sentiment d’urgence et une impossibilité à lâcher l’histoire, les pages se tournent à une vitesse folle, je reprend mon souffle entre les nombreux rebondissements, en m’égarant sur de fausses pistes.  Je devine le coupable, cette fois c’est sûr, j’ai trouvé… et non, j’aurai tout faux jusqu’au bout !

Marc Voltenauer est d’une cruauté sans nom (et oui, j’ose le dire !) en nous offrant une fin ouverte, en forme de cliffhanger !  Dieu que l’attente de la suite sera longue !

Son premier polar était très bon, son deuxième est excellent.

Et si vous avez aimé Le dragon du muveran, vous adorerez Qui a tué Heidi ?

N’attendez plus !

Je remercie chaleureusement Marc Voltenaueur pour sa confiance et l’envoi de son roman.

4ème Couverture

Un chassé-croisé infernal « Andreas fonçait au volant de sa vieille BMW. Il enchaînait les virages et jouait avec les limites qu’imposait la route sinueuse. Les haut-parleurs diffusaient encore la chanson. Le refrain lancinant résonnait au fond de lui comme un écho de son état intérieur. » Qu’a-t-il bien pu arriver à l’inspecteur Auer ? Un tueur à gages abat un politicien à l’opéra de Berlin, en plein milieu d’une représentation. Sa prochaine destination : Genève. Et puis, Gryon. Gryon où Andreas Auer, qui vient d’être suspendu par le commandant de la police, décide d aider un ami paysan à la ferme pour sortir de sa déprime. Gryon, ce petit village si paisible. Paisible ? Pas si sûr… Dans la chambre de sa mère, un homme rumine ses fantasmes les plus fous. Il est prêt à passer à l’acte. Un chassé-croisé infernal se profile, et va tout balayer sur son passage. Andreas et les siens en sortiront-ils indemnes ?

Editeur: Slatkine et Cie, 445 pages, date sortie: 25 août 2017 (France/Belgique, 7 septembre 2017)

Fidèle au poste – Amélie Antoine

Fidèle au poste – Amélie Antoine

Je suis tombée en amour avec Amélie Antoine en lisant son dernier roman Quand on a que l’humour . Mais ça, vous le savez si vous avez lu ma chronique.

Fidèle au poste,  son premier roman a fait couler beaucoup d’encre depuis sa sortie, j’avais fort envie de le lire et j’avais si peur en même temps.  Peur d’être déçue et de tomber de haut.

Et miracle… la magie a opéré !

Amélie Antoine est douée, je le crie haut et fort !

Trois voix, trois histoires.  Chloé, elle meurt noyée mais elle continue à nous parler et nous raconter tout ce qu’elle voit depuis là-haut.  Gabriel, le mari de Chloé, le veuf éploré qui n’arrive pas à faire son deuil.  Emma, la photographe qui rencontre Gabriel et nous raconte une histoire d’amour.  Serait on dans le film Ghost ou le Sixième sens ?  Je ne vous en dirai pas plus, ce serait criminel et gâcherait tout votre plaisir de lecture.

Amélie Antoine nous parle d’Amour… comment se reconstruire et aimer à nouveau quand on a perdu sa moitié ?  De deuil… comment accueillir les larmes, la tristesse et faire face pour continuer à vivre ? De vengeance… ah et quelle vengeance !

Une intrigue machiavélique, diablement réussie.  Un roman psychologique bluffant et angoissant de bout en bout.

Une écriture simple mais tellement addictive, impossible de lâcher l’histoire avant la fin, les pages se tournent toutes seules.  Amélie Antoine nous bouscule, nous balade, nous étonne… et nous offre non pas un mais deux énormes twist. Je n’ai rien vu venir, j’ai adoré la fin, une fin de la mort qui tue, la surprise est totale !

Coup de coeur et coup de maître pour un premier roman.

Allez y, n’attendez plus !

4ème Couverture

Mai 2013. Chloé et Gabriel, mariés depuis plusieurs années, mènent une existence heureuse à Saint-Malo, jusqu’au jour où la jeune femme trouve la mort au cours d’une baignade.
Gabriel, incapable de surmonter seul son chagrin, se décide à chercher du soutien auprès d’un groupe de parole. Il fait alors la connaissance d’Emma, une photographe récemment arrivée en ville, qui l’aide à traverser cette épreuve du deuil.
Pourtant, Chloé semble toujours très présente – trop peut-être ? – et Gabriel ne parvient pas à l’oublier et à se reconstruire aussi facilement.
Que s’est-il réellement passé ?
Qu’est-il véritablement arrivé à la jeune femme ?
Emma est-elle vraiment celle qu’elle semble être ?
Et si la réalité n’était pas telle que le jeune veuf la voit ?

Editeur: Livre de Poche, 320 pages, date sortie: 22 février 2017 (édition originale Michel Lafon, mars 2016)

La nuit n’est jamais complète – Niko Tackian

La nuit n’est jamais complète – Niko Tackian

Coup de coeur !

Après avoir lu Toxique,  j’avais envie de découvrir au plus vite les autres romans de Niko Tackian et je ne regrette pas le voyage.

Si je devais résumer La nuit n’est jamais complète en sept mots, je dirais: Déstabilisant, Captivant, Hypnotisant, Envoûtant, Suffocant, Eblouissant, Angoissant.

Je l’ai lu d’une traite, durant une nuit d’orage, entortillée dans mes draps, en immersion totale, entrain de guetter l’apparition des gros yeux jaunes dans ma chambre.  Jouissance absolue !

Une citation d’Elisabeth Kübler-Ross au début d’un polar, étrange ou paradoxal me direz-vous. Comme le titre faisant référence au poème de Paul Eluard.  J’ai aimé d’emblée.

La nuit n’est jamais complète est un huis clos oppressant dans l’immensité du désert, c’est vraiment pas banal.  Dès les premières pages, l’auteur nous happe dans sa toile et nous enferme dans un cauchemar pour jouer avec nos peurs et distiller une angoisse qui ne nous lâchera pas.  Aucun moment de répit n’est offert dans ce suspense intense.   Nous oscillons à la frontière entre fantastique et réalité dans un mystère s’épaississant au fil des pages.

Niko Tackian nous fait ressentir comme personne cette ambiance suffocante et lourde tant son écriture est précise et visuelle, j’ai eu l’impression de regarder un film tout en lisant.  Une histoire impossible à raconter,  juste une expérience très forte à vivre.

Pas un seul instant, on arrive à deviner où l’auteur va nous emmener.  Il nous balade dans un voyage initiatique au coeur de nos peurs, quand nos nuits sont peuplées de cauchemars.  Une ode à la vie.  La vie côtoie la mort ou est-ce l’inverse ?  Et au milieu de tout ça, une très belle relation entre Jimmy le père et sa fille Arielle, fort touchant.

Le final, ah le final… tellement imprévisible avec une grosse dose d’émotions, scotchée comme après un terrible choc frontal.  J’ai adoré !

Niko Tackian a vraiment un énorme talent.

4ème Couverture

La route à perte de vue au milieu d’un désert de rocaille. Arielle et Jimmy parcourent le bitume au volant de leur vieille Ford. Mais quand le père et la fille tombent sur un barrage de police et sont obligés de passer la nuit sur place, tout dérape… Ils se réveillent seuls, abandonnés, naufragés de l’asphalte.  A quelques kilomètres de là, deux immenses tours métalliques se dressent, cadavres rongés par la rouille et le temps. Quelques maisons en tôle froissée se serrent pour se protéger du vent. Cette ancienne mine sera leur refuge. Ou leur pire cauchemar…
Mais ce voyage au cœur des ténèbres est-il vraiment un hasard ?

Editeur: Pocket, 256 pages, sortie: 13 avril 2017 – éditions Scrineo, sortie 3 mars 2016

Pour que rien ne s’efface – Catherine Locandro

Pour que rien ne s’efface – Catherine Locandro

Un magnifique roman choral tout en émotions.

L’histoire débute comme un polar, une femme de 65 ans est retrouvée morte et décomposée dans la solitude d’une chambre de bonne à Paris.  Qui était Lila Beaulieu ?

Douze personnes qui l’ont connue ou croisée rembobinent leurs souvenirs et racontent tour à tour, par petites touches, la vie de Lila Beaulieu.

Une vie faite de solitude,  de peurs, de silences, de fêlures, de blessures, de drames.  Une vie lourde du poids du passé et de ses culpabilités.  Une vie dessinée avec des rêves, des espoirs, des choix, des rencontres, des ruptures.

Et, se faufile LA grande question : que faisons-nous de nos vies ?

C’est tragique et terriblement humain…. Beau, touchant, tout en nuances… Noir et lumineux… D’une justesse et d’une finesse incroyable.

La plume de Catherine Locandro est remarquable de sensibilité et de délicatesse.

Un coup de coeur pour ce sublime portrait de femme.

Je remercie chaleureusement les éditions Héloïse d’Ormesson pour leur confiance.

4ème Couverture

Comme un film que l’on rembobine, cette histoire commence par la fin. Une banale levée de corps par l’équipe des pompes funèbres, celui d’une femme de 65 ans retrouvée dans un studio parisien, entre des magazines, photos éparses et cadavres de bouteilles. Triste spectacle de l’ultime solitude. Pourtant la défunte est loin d’être une inconnue. Elle fut une icône du cinéma. Un rôle qui changea sa vie, et précipita sa chute. Quelle sombre histoire se cache derrière ce destin tragique ?

Editeur: Héloïse d’Ormesson, 205 pages, date sortie: 12 janvier 2017