Akwaba – Jean Louis Rouillan

Akwaba – Jean Louis Rouillan

Akwaba, un manuscrit en quête d’un éditeur.

Je me suis écartée du chemin des polars, j’ai suivi mon instinct et je suis très heureuse de cette belle découverte, un vrai cadeau du ciel !  J’avais une très légère crainte que le récit tombe dans la mièvrerie ou l’eau de rose, rassurez vous, il n’en est rien, bien au contraire.

Nous sommes à la fin du 19è siècle, Jean quitte l’Indochine, il s’installe en Côte d’Ivoire pour se lancer dans une plantation d’ananas.  Dès son arrivée et au mépris des conventions sociales, il a une liaison avec Awa, une belle et mystérieuse ivoirienne.  Il rencontre ensuite Mely, une jeune bordelaise exilée par son père sur un navire à destination de l’Afrique, suite à l’échec d’un mariage arrangé.  Ils tomberont éperdument amoureux, alors que tout les oppose.  Nous allons suivre le couple pendant trente ans. Les hauts, les bas, les coups du sort, les joies, les peines, les infidélités, la naissance d’un fils,  les révolutions technologiques, le succès de la plantation, la vie dans cette colonie, le monde qui continue de tourner, la guerre, la mort.  Le récit d’une vie, et quelle vie !

A peine ai je mis le nez dedans, j’ai été emportée, transportée, immergée à 100%  dans cette fabuleuse histoire. On suit et découvre la vie sur cette terre d’Afrique, la modernité qui s’installe petit à petit, les rites, la sorcellerie, les guérisseurs, les marabouts.

Une saga d’aventures, un magnifique roman d’amour baigné du soleil africain, une ode à la sensualité.   On s’y croirait tellement l’écriture est visuelle et nous fait ressentir les couleurs, les odeurs, les parfums sucrés, la chaleur… tout nous enivre dans ce roman sensuel, envoûtant et passionnant.  J’ai l’ai lu quasi en apnée, tous les sens en éveil, en ressentant toute la palette des émotions.

Je me permets de citer l’auteur en terminant: « Un récit d’une vie entre Voie lactée et un Chemin des drames, où quand on pense que tout est fini, on découvre que rien ne l’est jamais tout à fait.  Que certains êtres sont liés… comme l’arbre et l’écorce. »

Je croise les doigts et tout ce que je peux pour que ce manuscrit rencontre un éditeur. Si besoin, j’irai frapper à la porte des éditeurs.

Un tout grand merci à Jean Louis Rouillan pour sa confiance.

 

Glaise – Franck Bouysse

Glaise – Franck Bouysse

Un coup de foudre !

Il m’est difficile de vous parler de ce roman.  Pour la première fois, les mots me manquent et je sais qu’ils ne seront pas à la hauteur de l’immense talent de Franck Bouysse.

Le plus beau roman lu depuis longtemps !  Un éblouissement  !

Je préfère vous laisser découvrir l’histoire, juste quelques mots.  Août 1914, nous sommes à Saint Paul de Salers, petit village du Cantal.  Les hommes sont partis au front.  Seules restent les femmes, les jeunes, les vieux, les estropiés pour s’occuper des fermes, des animaux et survivre dans les campagnes profondes, dans les coulisses de cette guerre cruelle.

Réduire Glaise à un roman noir serait une grave erreur.  C’est un roman immense, sublime, d’une puissance inouïe. Un roman magistral et brillant.

Une histoire d’amour, de passion, d’initiation.  Une histoire de haine, de rage, d’injustice et de rancoeurs. Un hymne à la vie.

La noirceur côtoie la lumière, la beauté se combine à la rudesse, le désespoir se conjugue à l’espoir.

J’ai lu Glaise en deux soirées, happée par les personnages extraordinaires, d’une grande humanité. J’ai été bouleversée, ensorcelée, envoûtée et émue jusqu’aux tripes.

Franck Bouysse est  un conteur, un raconteur, un magicien des mots.  Son écriture est finement ciselée, travaillée, les mots sont d’une justesse et d’une sensibilité incroyable, une beauté et une poésie rare s’en dégagent.

Je laisse mes larmes couler toutes seules en tournant la dernière page.  Glaise me hantera très longtemps.

Je remercie chaleureusement La Manufacture de livres pour sa confiance.

4ème Couverture

Au pied du Puy-Violent dans le Cantal, à Saint-Paul de Salers, dans la chaleur de ce mois d’août 1914, les hommes se résignent à partir pour la guerre, là- bas, loin. Les dernières consignes sont données aux femmes et aux enfants, même si on pense revenir avant l’automne, les travaux de champs ne patienteront pas.

Chez les Landry, le père est mobilisé, ne reste que Victor toute juste quinze ans, en tête à tête avec sa mère et qui ne peut compter que sur Léonard, le vieux voisin devenu son ami. Dans une ferme voisine, c’est le fils qui est parti laissant son père, Valette, à ses rancoeurs et à sa rage : une main atrophiée lors d’un accident l’empêche d’accomplir son devoir et d’accompagner les autres hommes.
Même son frère, celui de la ville, est parti à la guerre. Il a envoyé Hélène et sa fille Marie se réfugier dans la ferme des Valette.

L’arrivée des deux femmes perdue va bouleverser l’ordre immuable de la vie dans ces montagnes.

Editeur: La Manufacture de livres, 425 pages, date sortie: 7 septembre 2017

Qui a tué Heidi ? – Marc Voltenauer

Qui a tué Heidi ? – Marc Voltenauer

Oh joie, Marc Voltenauer est de retour !  

Après le succès de son excellent premier polar Le dragon du Muveran, la question que tout le monde se posait: va-t-il parvenir à négocier le deuxième virage avec Qui a tué Heidi ?

Je vous l’avoue, quand j’ai aimé le premier livre d’un auteur, j’ouvre toujours le deuxième avec une certaine appréhension, et si je suis déçue ?

Je n’ai pas lu Qui a tué Heidi ?,  je l’ai dévoré et adoré.

Dans ce deuxième opus, nous sommes de retour à Gryon, petit village pas si paisible des Alpes vaudoises en Suisse et nous allons voyager à Lausanne, Berlin, Genève et Moscou.

Une intrigue complexe et tordue mêlant des magouilles immobilières, des querelles de paysans, l’assassinat d’une vache et d’un éleveur, un politicien abattu à l’opéra de Berlin en pleine représentation de la Walkyrie, des disparitions inquiétantes de jeunes femmes.  Mais que vient faire Litso Ice, un horrible tueur à gages russe, au milieu de tout cet imbroglio ?   Et qui est l’homme qui s’enivrait du parfum de sa mère ?

L’inspecteur Andreas et son compagnon reprennent du service pour notre plus grand plaisir.  Ils auront bien du mal à y voir clair pour démêler les fils d’une passionnante intrigue qui nous tiendra en haleine jusqu’à la toute dernière page.

La construction est impeccable, les pièces du puzzle se mettent en place petit à petit.  Les personnages sont de plus en plus attachants et gagnent en profondeur.  Nous explorons la complexité et la part d’ombre d’Andreas qui sera fort secoué et malmené dans cette enquête.

La plume s’est affinée, les chapitres très courts créent un sentiment d’urgence et une impossibilité à lâcher l’histoire, les pages se tournent à une vitesse folle, je reprend mon souffle entre les nombreux rebondissements, en m’égarant sur de fausses pistes.  Je devine le coupable, cette fois c’est sûr, j’ai trouvé… et non, j’aurai tout faux jusqu’au bout !

Marc Voltenauer est d’une cruauté sans nom (et oui, j’ose le dire !) en nous offrant une fin ouverte, en forme de cliffhanger !  Dieu que l’attente de la suite sera longue !

Son premier polar était très bon, son deuxième est excellent.

Et si vous avez aimé Le dragon du muveran, vous adorerez Qui a tué Heidi ?

N’attendez plus !

Je remercie chaleureusement Marc Voltenaueur pour sa confiance et l’envoi de son roman.

4ème Couverture

Un chassé-croisé infernal « Andreas fonçait au volant de sa vieille BMW. Il enchaînait les virages et jouait avec les limites qu’imposait la route sinueuse. Les haut-parleurs diffusaient encore la chanson. Le refrain lancinant résonnait au fond de lui comme un écho de son état intérieur. » Qu’a-t-il bien pu arriver à l’inspecteur Auer ? Un tueur à gages abat un politicien à l’opéra de Berlin, en plein milieu d’une représentation. Sa prochaine destination : Genève. Et puis, Gryon. Gryon où Andreas Auer, qui vient d’être suspendu par le commandant de la police, décide d aider un ami paysan à la ferme pour sortir de sa déprime. Gryon, ce petit village si paisible. Paisible ? Pas si sûr… Dans la chambre de sa mère, un homme rumine ses fantasmes les plus fous. Il est prêt à passer à l’acte. Un chassé-croisé infernal se profile, et va tout balayer sur son passage. Andreas et les siens en sortiront-ils indemnes ?

Editeur: Slatkine et Cie, 445 pages, date sortie: 25 août 2017 (France/Belgique, 7 septembre 2017)

Fidèle au poste – Amélie Antoine

Fidèle au poste – Amélie Antoine

Je suis tombée en amour avec Amélie Antoine en lisant son dernier roman Quand on a que l’humour . Mais ça, vous le savez si vous avez lu ma chronique.

Fidèle au poste,  son premier roman a fait couler beaucoup d’encre depuis sa sortie, j’avais fort envie de le lire et j’avais si peur en même temps.  Peur d’être déçue et de tomber de haut.

Et miracle… la magie a opéré !

Amélie Antoine est douée, je le crie haut et fort !

Trois voix, trois histoires.  Chloé, elle meurt noyée mais elle continue à nous parler et nous raconter tout ce qu’elle voit depuis là-haut.  Gabriel, le mari de Chloé, le veuf éploré qui n’arrive pas à faire son deuil.  Emma, la photographe qui rencontre Gabriel et nous raconte une histoire d’amour.  Serait on dans le film Ghost ou le Sixième sens ?  Je ne vous en dirai pas plus, ce serait criminel et gâcherait tout votre plaisir de lecture.

Amélie Antoine nous parle d’Amour… comment se reconstruire et aimer à nouveau quand on a perdu sa moitié ?  De deuil… comment accueillir les larmes, la tristesse et faire face pour continuer à vivre ? De vengeance… ah et quelle vengeance !

Une intrigue machiavélique, diablement réussie.  Un roman psychologique bluffant et angoissant de bout en bout.

Une écriture simple mais tellement addictive, impossible de lâcher l’histoire avant la fin, les pages se tournent toutes seules.  Amélie Antoine nous bouscule, nous balade, nous étonne… et nous offre non pas un mais deux énormes twist. Je n’ai rien vu venir, j’ai adoré la fin, une fin de la mort qui tue, la surprise est totale !

Coup de coeur et coup de maître pour un premier roman.

Allez y, n’attendez plus !

4ème Couverture

Mai 2013. Chloé et Gabriel, mariés depuis plusieurs années, mènent une existence heureuse à Saint-Malo, jusqu’au jour où la jeune femme trouve la mort au cours d’une baignade.
Gabriel, incapable de surmonter seul son chagrin, se décide à chercher du soutien auprès d’un groupe de parole. Il fait alors la connaissance d’Emma, une photographe récemment arrivée en ville, qui l’aide à traverser cette épreuve du deuil.
Pourtant, Chloé semble toujours très présente – trop peut-être ? – et Gabriel ne parvient pas à l’oublier et à se reconstruire aussi facilement.
Que s’est-il réellement passé ?
Qu’est-il véritablement arrivé à la jeune femme ?
Emma est-elle vraiment celle qu’elle semble être ?
Et si la réalité n’était pas telle que le jeune veuf la voit ?

Editeur: Livre de Poche, 320 pages, date sortie: 22 février 2017 (édition originale Michel Lafon, mars 2016)

La nuit n’est jamais complète – Niko Tackian

La nuit n’est jamais complète – Niko Tackian

Coup de coeur !

Après avoir lu Toxique,  j’avais envie de découvrir au plus vite les autres romans de Niko Tackian et je ne regrette pas le voyage.

Si je devais résumer La nuit n’est jamais complète en sept mots, je dirais: Déstabilisant, Captivant, Hypnotisant, Envoûtant, Suffocant, Eblouissant, Angoissant.

Je l’ai lu d’une traite, durant une nuit d’orage, entortillée dans mes draps, en immersion totale, entrain de guetter l’apparition des gros yeux jaunes dans ma chambre.  Jouissance absolue !

Une citation d’Elisabeth Kübler-Ross au début d’un polar, étrange ou paradoxal me direz-vous. Comme le titre faisant référence au poème de Paul Eluard.  J’ai aimé d’emblée.

La nuit n’est jamais complète est un huis clos oppressant dans l’immensité du désert, c’est vraiment pas banal.  Dès les premières pages, l’auteur nous happe dans sa toile et nous enferme dans un cauchemar pour jouer avec nos peurs et distiller une angoisse qui ne nous lâchera pas.  Aucun moment de répit n’est offert dans ce suspense intense.   Nous oscillons à la frontière entre fantastique et réalité dans un mystère s’épaississant au fil des pages.

Niko Tackian nous fait ressentir comme personne cette ambiance suffocante et lourde tant son écriture est précise et visuelle, j’ai eu l’impression de regarder un film tout en lisant.  Une histoire impossible à raconter,  juste une expérience très forte à vivre.

Pas un seul instant, on arrive à deviner où l’auteur va nous emmener.  Il nous balade dans un voyage initiatique au coeur de nos peurs, quand nos nuits sont peuplées de cauchemars.  Une ode à la vie.  La vie côtoie la mort ou est-ce l’inverse ?  Et au milieu de tout ça, une très belle relation entre Jimmy le père et sa fille Arielle, fort touchant.

Le final, ah le final… tellement imprévisible avec une grosse dose d’émotions, scotchée comme après un terrible choc frontal.  J’ai adoré !

Niko Tackian a vraiment un énorme talent.

4ème Couverture

La route à perte de vue au milieu d’un désert de rocaille. Arielle et Jimmy parcourent le bitume au volant de leur vieille Ford. Mais quand le père et la fille tombent sur un barrage de police et sont obligés de passer la nuit sur place, tout dérape… Ils se réveillent seuls, abandonnés, naufragés de l’asphalte.  A quelques kilomètres de là, deux immenses tours métalliques se dressent, cadavres rongés par la rouille et le temps. Quelques maisons en tôle froissée se serrent pour se protéger du vent. Cette ancienne mine sera leur refuge. Ou leur pire cauchemar…
Mais ce voyage au cœur des ténèbres est-il vraiment un hasard ?

Editeur: Pocket, 256 pages, sortie: 13 avril 2017 – éditions Scrineo, sortie 3 mars 2016

Pour que rien ne s’efface – Catherine Locandro

Pour que rien ne s’efface – Catherine Locandro

Un magnifique roman choral tout en émotions.

L’histoire débute comme un polar, une femme de 65 ans est retrouvée morte et décomposée dans la solitude d’une chambre de bonne à Paris.  Qui était Lila Beaulieu ?

Douze personnes qui l’ont connue ou croisée rembobinent leurs souvenirs et racontent tour à tour, par petites touches, la vie de Lila Beaulieu.

Une vie faite de solitude,  de peurs, de silences, de fêlures, de blessures, de drames.  Une vie lourde du poids du passé et de ses culpabilités.  Une vie dessinée avec des rêves, des espoirs, des choix, des rencontres, des ruptures.

Et, se faufile LA grande question : que faisons-nous de nos vies ?

C’est tragique et terriblement humain…. Beau, touchant, tout en nuances… Noir et lumineux… D’une justesse et d’une finesse incroyable.

La plume de Catherine Locandro est remarquable de sensibilité et de délicatesse.

Un coup de coeur pour ce sublime portrait de femme.

Je remercie chaleureusement les éditions Héloïse d’Ormesson pour leur confiance.

4ème Couverture

Comme un film que l’on rembobine, cette histoire commence par la fin. Une banale levée de corps par l’équipe des pompes funèbres, celui d’une femme de 65 ans retrouvée dans un studio parisien, entre des magazines, photos éparses et cadavres de bouteilles. Triste spectacle de l’ultime solitude. Pourtant la défunte est loin d’être une inconnue. Elle fut une icône du cinéma. Un rôle qui changea sa vie, et précipita sa chute. Quelle sombre histoire se cache derrière ce destin tragique ?

Editeur: Héloïse d’Ormesson, 205 pages, date sortie: 12 janvier 2017

Trop de morts au pays des merveilles – Morgan Audic

Trop de morts au pays des merveilles – Morgan Audic

Coup de maître  !

Le Breton Morgan Audic frappe TRES fort avec son premier thriller.

Une maîtrise impressionnante et une totale réussite !

Alice a mystérieusement disparu. Peu de temps après sa disparition, son mari l’avocat Anderssen est devenu amnésique suite à un grave accident de voiture. Soupçonné de l’avoir tuée, il la cherche en vain depuis trois ans avec l’aide d’un détective et reçoit d’étranges messages de la part du Corbeau.  Un tueur en série « Le Marionnettiste » est sous les verrous,  des nouveaux meurtres apparaissent, semblables aux siens, s’agit il d’un copycat ?  toutes les jeunes filles sont blondes et ressemblent à Alice.  Alice fait elle partie des victimes ?  Diane, une boxeuse professionnelle au caractère plus que trempé, ex flic, virée de la police, va reprendre du service.  C’est elle qui avait mené l’enquête sur Le Marionnettiste.

Une double enquête fort excitante, une construction vertigineuse en tiroirs, une intrigue très originale et alambiquée, un scénario en béton, un rythme d’enfer sans aucun temps mort.  Au fil du roman, les rebondissements se multiplient, le suspense s’intensifie, cela devient carrément haletant, difficile de lâcher l’histoire.

C’est magnifiquement écrit, Morgan Audic a un vrai style et une plume très fluide.

L’auteur sème des indices, nous avançons sur des fausses pistes pendant que les cadavres s’accumulent et que les magouilles pointent le bout du nez.  Notre route croisera un procureur, des flics qui se tirent dans les pattes, des Roms, des avocats, un détective, un médecin qui donne dans l’humanitaire et Diane en personnage central.

Nous sommes bluffés plus d’une fois et baladés jusqu’au dénouement final totalement imprévu.  Du grand art,  bravo Morgan Audic !  C’est pour découvrir de telles pépites que je suis une serial lectrice.

Un auteur que je suivrai de très très près !

Lisez-le, lisez-le, et lisez-le ! 

Je remercie chaleureusement les éditions du Rouergue pour leur confiance.

4ème Couverture

Depuis trois ans Alice, la femme de Christian Andersen, avocat au barreau de Paris, a disparu. Et depuis trois ans, les gens qui l’entourent se posent la même question : Andersen a-t-il tué sa femme ? Andersen rendu amnésique par un grave accident quelques jours après qu’Alice a disparu et qui cherche en vain à retrouver la mémoire. Andersen qui reçoit des SMS énigmatiques, en forme de questions cryptées. Andersen, le mari inconsolable qui emploie un détective pour retrouver sa femme, si belle, si blonde, si étrangement semblable aux victimes du désormais célèbre Marionnettiste, le tueur aux rituels macabres que la brigade criminelle traque en vain depuis des mois et qui tue, justement, à nouveau. De quoi remettre en selle l’ex-lieutenant, Diane Kellerman, révoquée pour violence et prête à péter de nouveau les plombs. Dans un premier roman où les indices prennent la forme de charades, Morgan Audic tisse un jeu de faux-semblants, de trompe-l’oeil et de chausse-trappes aussi fascinant qu’un conte pour enfants diaboliques.

Editeur: Rouergue (coll. Rouerge noir), 357 pages, date sortie: 6 avril 2016

Projet Anastasis – Jacques Vandroux

Projet Anastasis – Jacques Vandroux

 Et si c’était vrai ?

  J’ai dévoré cet époustouflant roman et j’ai jubilé du début à la fin.

Conquise et emballée totalement !

L’auteur m’a accrochée et  scotchée dès les premières pages pour me relâcher complètement essoufflée à la toute dernière ligne.

Thriller, roman d’aventures sur fond historique-politique avec un brin d’espionnage et d’anticipation.

Ca commence très fort avec un attentat qui secoue le coeur de Notre Dame à Paris.  La panique, la pagaille, les morts et la disparition d’un enfant de six ans, petit fils d’un homme politique français.  Un privé est engagé pour le retrouver, il ne sait pas très bien dans quoi il va mettre les pieds.  Le voilà plongé au coeur d’un vaste complot, d’une énigme mystérieuse, d’une machination politique et diabolique prenant ses sources au coeur du IIIè Reich durant la seconde guerre mondiale.  Je ne vous en dirai pas plus, ce serait criminel !

L’histoire est haletante et palpitante, elle nous fera voyager de Paris à Munich, en passant par les Vosges, l’Alsace, la Bretagne, l’île de Malte et nous allons croiser des diplomates, des flics et politiciens corrompus, des scientifiques fous et allumés.

Jacques Vandroux a une imagination débordante, son intrigue est complexe et passionnante, sans jamais perdre le lecteur.  Aucun répit dans cette histoire palpitante et captivante, une course poursuite qui nous balade de surprises en rebondissements et fait méchamment grimper notre taux d’adrénaline. Quel rythme soutenu pour cette lecture hautement addictive !

Le style est fluide, vif, nerveux, l’écriture très visuelle, (l’adaptation cinéma ne doit pas être loin) et les personnages sont bien campés, bien croqués.

Toute cette histoire me donne froid dans le dos et au final, je me pose une question: sommes nous si loin de la réalité ?

Plongez dans ce Projet Anastasis, vous ne regretterez pas l’aventure.

Je remercie chaleureusement les éditions Robert Laffont pour leur confiance.

4ème Couverture

Jean Legarec, responsable d’une agence privée de renseignements, est un expert en affaires sensibles. Mais il est loin d’imaginer ce qui l’attend lorsqu’il accepte d’enquêter sur la disparition d’un enfant. Ce dernier, petit-fils d’un homme politique influent, a été enlevé lors du chaos qui a suivi un attentat perpétré à Notre-Dame de Paris. Très vite, Legarec découvre qu’il ne s’agit pas d’un  » simple  » kidnapping, mais d’un large complot dont les racines remontent au Troisième Reich.
Aidé de Béatrice, la tante du garçon, il va devoir plonger au coeur des heures les plus sombres de l’histoire européenne. Et ce, alors même que son attirance grandissante pour Béatrice menace d’obscurcir son jugement… Parviendra-t-il à mettre de côté ses sentiments personnels pour sauver un enfant innocent de cette toile infernale ?

Editeur: Robert Laffont, 528 pages, date sortie: 8 juin 2017

Au fond de l’eau – Paula Hawkins

Au fond de l’eau – Paula Hawkins

J’ai plongé tout AU FOND DE L’EAU, je suis restée le plus longtemps possible en apnée, j’avais peur de briser « la magie » en remontant.  

J’ai eu un terrible coup de coeur !

Après le succès phénoménal de La fille du train, la comparaison parait inévitable,  l’auteur était attendue au tournant avec une pression considérable sur les épaules.  Allait-elle passer le test du deuxième ? Elle y réussit haut la main, elle nous surprend et nous offre un thriller psychologique encore plus brillant.  Je vous le dis d’emblée, si vous n’avez pas aimé La fille du train, tentez quand même l’expérience et jetez vous à l’eau, c’est très différent, vous ne regretterez pas votre plongée.  Si vous avez aimé, vous adorerez celui ci !

Nous sommes à Beckford, petit village anglais, connu pour sa falaise et sa rivière maudite où les femmes viennent se suicider en se noyant.  Un village qui inspire des légendes et des fantasmes.  Tout parait calme à la surface de l’eau…méfiez vous !

Au fond de l’eau est un thriller psychologique, un roman d’atmosphère empli de fantômes du passé. Un magnifique portrait de trois femmes ‘disfonctionnantes’, l’histoire de deux soeurs engluées dans leurs souvenirs et leurs souffrances du passé.

C’est hypnotique, envoûtant, angoissant, assez lent mais terriblement addictif.

Un roman polyphonique avec une douzaine de voix qui s’entrecroisent, racontent et épaississent le mystère.  Cela pourrait sembler complexe et difficile à suivre, mais je vous assure, avec un peu d’attention au début et à condition de ne pas déposer son cerveau en lisant, tout devient simple à suivre.

Dans son roman féministe et sensible, Paula Hawkins  fait remonter à la surface les violences faites aux femmes insoumises (celles qu’on tente de réduire au silence), le harcèlement, la discrimination, les jalousies, les ressentiments, les rivalités mixées d’humiliations et de honte.

L’auteur a un don particulier pour investiguer l’âme humaine, fouiller ses personnages dans leurs zones d’ombre et instiller une tension extrême à travers son écriture raffinée et subtile.

Une intrigue profonde et étonnante qui nous tient en haleine jusqu’au dénouement.

Un roman dans lequel on entre lentement, pas à pas, comme dans l’eau froide, qui finit par vous immerger complètement pour vous laisser une empreinte très particulière.

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine pour leur confiance.

4ème Couverture

Une semaine avant sa mort, Nel a appelé sa sœur, Julia. Qui n’a pas voulu lui répondre. Alors que le corps de Nel vient d’être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, leur ville natale, Julia est effrayée à l’idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D’affronter l e prétendu suicide de sa sœur ? De s’occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu’elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu’elle a toujours fui ? Plus que tout encore, c’est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent.

Editeur: Sonatine, 416 pages, sortie: 8 juin 2017

Quand on a que l’humour – Amélie Antoine

Quand on a que l’humour – Amélie Antoine

Un livre lumineux, un livre rare, un livre ESSENTIEL…

J’ai adoré au delà de tout !

Ce n’est pas mon genre de lecture habituel mais pour la petite histoire, j’ai flashé sur la sublime couverture et j’ai lu le titre avec un énorme lapsus, j’y ai vu « Quand on a que l’amour » en pensant à Brel… du coup il me fallait le lire à tout prix.

J’ai envie d’aligner des lignes entières d’adjectifs pour en parler mais cela ne sera pas suffisant.  Une pure merveille, un diamant précieux, une pépite magnifique, un roman initiatique, émouvant, profond et bouleversant, d’une justesse incroyable et plein de vie, c’est fort, puissant et intense, c’est beau.

Je ne vous raconterai rien de l’histoire sous peine de spoiler, elle est en deux parties et se lit comme un polar avec une intrigue.

Une histoire D’AMOUR… de solitude… de non-dits… une histoire de liens et de deuils… une quête de sens du temps qui passe, que faisons-nous de nos vies ?

Amélie Antoine a une plume sublime de grande conteuse.  Des mots qui touchent en profondeur, des mots justes qui ébranlent l’Ame.  Ses mots ont une musique particulière, emplie de poésie et de sensibilité.  Une rare sensibilité, pas le pathos inutile, pas la sensiblerie mièvre à deux balles, pas le monde tout rose des bisounours.

Amélie, elle nous prend par la main pour nous raconter l’histoire d’Edouard. Elle nous percute en plein coeur, nous remue les tripes et nous retourne le cerveau.  J’ai ri, j’ai ri triste, j’ai pleuré, j’ai terminé émue avec une grosse boule dans la gorge, heureuse d’avoir rencontré Edouard.

Amélie, elle est toute jeune et elle nous offre un roman d’une telle maturité et sagesse, elle a dû vivre dix vies, c’est pas possible autrement.  Elle va tellement loin dans la psychologie de ses personnages, elles les fouillent, les décortiquent jusqu’au tréfonds.  Elle regarde les doutes et les fragilités qui se cachent derrière les masques.  Elle met en lumière les blessures qui ne cicatrisent jamais, avec lesquelles il nous faut composer.  Elle écoute les silences remplis de mots… ces mots qu’on ne dit pas, qu’on ose pas, qui s’accumulent comme un poison au fond de nous.

Edouard, l’humoriste, le clown qui fait rire… c’est vous, c’est moi, c’est tous les humains.  On se croit différents mais au final, on est tous pareils, on fait du mieux qu’on peut, maladroits dans nos relations et nos fragilités, on tente de s’en sortir en bricolant nos vies.

Quand on a que l’humour a résonné tellement fort en moi, je suis certaine qu’il fera écho chez vous.

Et comme dirait le héros du livre, Edouard Bresson, si vous le lisez, alors tout ira bien.

Et si vous dites aux gens que vous les aimez, ça ira encore mieux !

La vie, c’est ici et maintenant, ne passez pas à côté.

Amélie Antoine est l’auteure d’un premier roman, un polar « Fidèle au poste », il a remporté un énorme succès, je ne l’ai pas lu mais je m’empresse de le faire.

4ème Couverture

C’est l’histoire d’un humoriste en pleine gloire, adulé de tous, mais qui pense ne pas le mériter.
Un homme que tout le monde envie et admire, mais que personne ne connaît vraiment.
Un homme blessé qui s’est accroché au rire comme on se cramponne à une bouée de sauvetage.
C’est aussi l’histoire d’un garçon qui aurait voulu un père plus présent.
Un garçon qui a grandi dans l’attente et l’incompréhension.
Un garçon qui a laissé la colère et le ressentiment le dévorer.

C’est une histoire de paillettes et de célébrité, mais, surtout, l’histoire d’un père et d’un fils à qui il aura fallu plus d’une vie pour se trouver.

Editeur: Michel Lafon, 424 pages, sortie le 4 mai 2017